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PARACELSE Méthode pour extraire le Mercure à partir de tous les métaux





METHODE POUR EXTRAIRE LE MERCURE A PARTIR DE TOUS LES METAUX

PARACELSE

Extraire le Mercure des corps métalliques n’est rien d’autre que de les réduire, ou de les réduire en leur première matière : c’est-à-dire, en Mercure coulant tel, en fait, qu’il était dans le centre de la terre avant la génération des métaux, à savoir une vapeur humide et visqueuse, contenant invisiblement en elle-même le Mercure et le Soufre naturels, ou principes de tous les métaux. Un tel Mercure a une puissance indescriptible et possède des secrets divins.
La réduction, dont nous avons parlé est faite par l’eau mercurielle, laquelle n’a pas été connue de Jean de Rupescissa, ou d’autres, de quelque manière qu’ils puissent se vanter. Elle doit, donc, être soigneusement étudiée et traitée avec une assiduité sans fatigue. Pour préparer l’eau mercurielle susmentionnée il doit être fait ainsi :
Prendre trois livres de Mercure sublimées sept fois par le Vitriol, le Sel-Nitre, et l’Alun ; une livre et demi de Sel ammoniac, blanc et net trois fois sublimé du sel. Les pulvériser ensemble, les alcooliser, et on les sublimer dans un aludel au bain de sable pendant neuf heures. Quand la masse s’est refroidie, enlever le sublimé avec une plume, et le sublimer avec le reste comme ci-dessus. Répéter cette opération quatre fois, jusqu’à ce qu’il ne sublime plus, et que dans le fond reste une masse noire et fluide comme de la cire. Après l’avoir refroidie, l’enlever ; la pulvériser de nouveau, et l’imbiber dans un plat de verre plusieurs fois avec de l’eau préparée du Sel ammoniac. Quand elle est spontanément coagulée, imbiber la à nouveau et sécher la, réitérer ce processus neuf ou dix fois, jusqu’à ce qu’elle ne se coagule plus qu’à peine.
La pulvériser très finement sur le marbre dans un endroit humide, et la dissoudre dans une belle huile, que vous devez rectifier de toutes ses impuretés et résidus par distillation au bain de cendres. Conserver soigneusement cette eau, parce qu’elle est de loin le summun de toutes les eaux. En prendre huit onces et la mettre dans un plat avec de l’or le plus pur ou de l’argent soigneusement nettoyé, une once et demie en poids. Placer ce mélange dans un vaisseau fermé dans un bain de cendres chaudes en digestion pendant une période de huit heures. Alors vous verrez que votre corps au fond du vaisseau est transmuté en une vapeur subtile ou Mercure. Après avoir fait une solution avec la totalité de l’eau mercurielle, la séparer, par sublimation dans un alambic au-dessus d’un feu lent, de sa première matière, et la conserver soigneusement dans un vaisseau en verre.
Vous aurez ainsi le vrai Mercure du corps, qui sera utilisé dans les cas désespérés, pourvu qu’il soit utilisé précautionneusement, il sera trouvé des choses merveilleuses et célestes, qui ne devront pas être révélés aux personnes indignes.
LE SOUFRE DES MÉTAUX
Le Soufre des métaux est [un corps] d’aspect huileux extrait des métaux proprement dit, doté d’un grand nombre de vertus pour la santé de l’homme. Un autre soufre est tiré des métaux avant qu’ils n’aient subi le feu, comme les marcassites d’or et d’argent et autres, qui prennent rang et excellence selon la noblesse du minerai. De même il est également extrait du minerai de marcassite et cobalt, selon la nature et la propriété de chacun.
Le mode plus commun pour l’extraire est de prendre de l’Acetum [NDT : Le contexte général de l’ouvrage indiquerait qu’il s’agit d’un vinaigre très purifié] soigneusement distillé, qui a été maintenu vingt-quatre heures sur le Caput Mortuum provenant du Vitriol distillé, Sel, Salpêtre, [NDT : peut-être Sel Nitre] et Alun, et qui ont eux-mêmes également été distillés au moyen d’un alambic. Aussi, je dis, que vous devez verser sur le corps métallique pulvérisé dans un vaisseau en verre de sorte qu’il y en est une hauteur de sept doigts. Le placer alors dans le fumier de cheval pendant neuf jours. L’Acetum coloré distille dans les cendres jusqu’à ce qu’il devienne une huile superflue, que vous rectifierez dans un bain, ou au soleil. Vous aurez alors le vrai Soufre des corps métalliques, que vous emploierez heureusement selon votre volonté.
L’extraction peut également être faite au moyen d’un astringent et très soigneusement séparé par lessivage. Mais d’autres soufres sont moins appropriés pour l’usage corporel interne à cause de l’alcali des cendres, hors desquelles nous extrayons une [clavellated ??] substance corrosive, et également à cause de la chaux avec laquelle sont composées certaines lixiviations. Le soufre ainsi extrait peut être lavé avec de l’eau édulcorée et être précipité. La digestion suivante exige un double de temps. Le lessivage doit également être rectifié de tout dépôt terreux au moyen de la sublimation, de sorte que le soufre ne puisse pas être incorporé avec lui et devenir corrosif ce qui causerait des troubles aux personnes malades. Il est possible d’empêcher ceci si la séparation indiquée est faite. Voilà ce qui concerne les matériaux crus [bruts].
Mais maintenant, ceux-ci ayant été fondus et épurés, vous pouvez en tirer leur soufre. Il n’y a rien de plus certain, de plus noble, ou une meilleure voie que par l’eau du sel ou par son huile, préparée de la manière que j’ai clairement décrit dans mon traité sur l’Alchimie. Telle une eau extraite des fondements et des racines de leur liquide naturel hors de tous les corps métalliques, ou un soufre et un crocus des plus excellents tant pour l’usage médicinal, que pour les travails alchimiques. Ils résolvent et ouvre tous les métaux en les changeant de sa nature métallique en une autre selon les différentes intentions et manipulations de l’opérateur.
LE CROCUS DES MÉTAUX, OU SA TEINTURE
Le Crocus des métaux est de quatre sortes : du Soleil, de Venus, de Mars, et de Chalybs [NDT : Fils de Mars =Acier, d’après F.Noël:Dictionnaire de la Fable édition 1823]. Le meilleur est celui de Chalybs. Il est extrait par réverbération ou par la calcination, réduisant les dits corps à de la poussière. De la même manière, du fer sur parc est rongé par la rouille. La détérioration de la rouille est faite par l’imbibition de ces choses qui produisent la rouille, et par une décoction extrayant la couleur de la rouille.
Prendre de l’Urine décantée et séparée de son dépôt, plusieurs tasses, dans laquelle on dissoudra trois poignées de sel gemme. Quand vous l’aurez passé, le faire bouillir et l’écrémer soigneusement. Après cela dissoudre encore une poignée de vitriol écrasé, avec deux ou trois onces de Sel Ammoniac et écrémer encore soigneusement. Avec ce liquide imbiber quelques quantités préparées à l’avance, et faire bouillir jusqu’à ce qu’elles puissent être pulvérisées. Chauffer la poussière ainsi produite dans un four à réverbère au-dessus d’un feu puissant, la remuant continuellement avec une tige de fer, jusqu’à ce qu’elle change de sa propre couleur à une autre, et passe enfin en un ton de violet très brillant. De ceci vous pouvez facilement, avec de l’esprit de vin ou de l’acetum distillé, retirer la teinture, et quand elle est extraite par la séparation des éléments, vous rassemblerez ce qui reste au fond du verre, avec quoi vous pourrez produire des effets merveilleux, tout à la fois dans le corps et sans le corps.
Pour la fabrication du crocus de Venus, prendre une ou deux livres de vert de gris soigneusement alcoolisé [NDT : Il semblerait que le terme « alcoolisé » ait aussi le sens de « pulvérisé » dans ce texte], verser là-dessus abondamment de l’Acetum distillé, en remuant trois fois par jour. Verser doucement l’Acetum coloré, et le sublimer complètement au bain de cendres jusqu’à ce qu’il soit sec. Cette poudre doit être ensuite lavée neuf fois avec de l’eau chaude pour la libérer de toute son âcreté, et puis séchée. Vous aurez alors préparé le Crocus de Venus, ou Fleur de Laiton, à partir de celui-ci, si vous souhaitez, vous pouvez facilement extraire une huile selon les instructions données dans le livre de la Grand Chirurgie, où également son utilisation est expliquée.
Le Crocus du Soleil doit être extrait par l’eau du sel, par lequel la nature métallique, ou la malléabilité, est détruite. Quand le résidu a été lavé avec de l’eau chaude, le Crocus peut être extrait au moyen de l’esprit de vin ; et étant séparé de nouveau, le Crocus restera au fond. Il est changé en liquide, ou vraie quintessence du Soleil, au moyen de l’élévation et sublimation avec les cinq différents degrés du feu. Avec lui vous pouvez produire des effets merveilleux. Mais cela ne demande pas une simple imagination, mais un actif et habile opérateur.

FIN