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LACINIUS Sommaire du Rosaire d'Arnauld de Villeneuve (1546)



SOMMAIRE DU ROSAIRE 
d'Arnauld de Villeneuve

Extraits faits par Lacinius des œuvres d’Arnauld de Villeneuve, dans lesquelles la
préparation de notre Pierre est expliquée de manière pratique et transparente.

Venise, 1546

Nous avons appris tout ce que Bonus pouvait nous dire des premiers principes des métaux et de leur génération. Nous allons donc maintenant considérer de manière pratique et théorique l’élaboration de notre Pierre, puisque la pratique et la théorie s’aident mutuellement : la pratique s’informe de la théorie, et la théorie est corrigée et vérifiée par la pratique. Maintenant, comme Arnauld de Villeneuve, nous a donné dans son Rosaire, un traité pratique sur la Pierre des Philosophes, je disposerai certaines de ses remarques en chapitres suivant le plan suivant :
Le premier chapitre montre qu’il y a une Pierre des Philosophes, car il y a une essence, et une méthode, à la fois dans la Médecine blanche et la Médecine rouge. La Médecine rouge est simplement un développement ultérieur de la blanche.
Le second chapitre montre d’où la Pierre est extraite. Observez bien la réponse.
Le troisième chapitre montre que la principale difficulté de notre œuvre consiste à découvrir la première matière des métaux.
Le quatrième chapitre montre que notre première opération physique est de dissoudre la Pierre en son Mercure, ou matière première de tous les métaux. D’où le philosophe dit que nous devons premièrement peiner pour dissoudre et sublimer les deux luminaires, le premier degré de Notre Art est de les réduire en argent-vif. A moins que les corps ne perdent leur nature corporelle, et deviennent spirituels, nous ne pourrons effecteur aucun progrès dans notre œuvre. La solution d’un corps s’effectue par l’opération de l’esprit, et est suivie de la coagulation de l’esprit. Alors le corps se mêle à l’esprit, et l’esprit avec le corps.
Le cinquième chapitre montre les quatre principales méthodes dans ce Magistère : Dissolution, Purification, Réduction, Fixation. Dissoudre c’est faire l’épais subtil ; purifier c’est faire le sombre lumineux ; réduire c’est faire l’humide sec ; fixer c’est résoudre et coaguler l’esprit en son propre corps, ou corps solide.
Le chapitre six montre la dissolution de la Pierre, et son inhumation, ce qui est le premier régime. La dissolution s’effectue par le Mercure purifié. Par ceci nous pouvons avoir le soufre et le Mercure de la matière d’où l’or et l’argent se sont développés dans les entrailles de la terre.
Le chapitre sept montre le second régime : l’Ablution et purification du noir, ou matière corrompue et fétide, afin qu’elle devienne lumineuse, claire et sans tache — laquelle ablution est effectuée par la division de la Pierre en ses quatre éléments et la purification de chaque élément.
Arnauld nous dit que tous les métaux sont générés à partir de l’argent-vif et du soufre, qui coagule l’argent-vif par le moyen des sa chaleur ou vapeur ; puisque tout élément sec boit naturellement son élément humide. L’Argent-vif dans son essence est composé d’une terre sulfureuse blanche et subtile, mélangée à une eau éclatante, pour ne faire qu’une substance, qui ne peut rester immobile sur une surface plane.
Il est de nature homogène, et est soit entièrement fixe, soit évaporé entièrement dans le feu. Par constante sublimation il est purifié, digéré, et épaissi, et ainsi se coagule graduellement en un soufre blanc et rouge. Ce processus de constante dissolution et coagulation est effectué par la Nature en non moins d’un millier d’années ; mais l’Art par la médiation de la Nature, accompli ceci en très peu de temps. Alors, si nous désirons préparer la médecine, nous devons à la fois accélérer et imiter la Nature.
L’Argent-vif est la matière et l’élément de tous les métaux ; et tous lorsqu’ils sont fondus, sont convertis en lui, et il se combine avec eux en même temps, dans certains il est plus pur que dans d’autres en fonction de son soufre extérieur corruptif. Mais l’argent-vif est coagulé par la vertu de son propre soufre intérieur incombustible. Le philosophe nous dit ce soufre blanc, incombustible congèle le mercure, et est la meilleur chose possible qui puisse être utilisée pour la conversion du mercure en bon argent. Si le soufre est pur, et bon, et que d’un autre coté il est d’une brillance rouge, et contient une douce chaleur sans la violence combustible du soufre naturel, c’est la meilleur chose qui puisse être utilisée pour convertir le Mercure en soleil.
Le cuivre est le résultat de bon argent-vif et de soufre combustible impur. Le fer est produit par de l’argent-vif poreux et impur, et du soufre impur. L’étain a un bon argent-vif pur mais son soufre est mauvais et mal mélangé. Le plomb a un argent-vif grossier, mauvais, pondéreux et terrestre, et un soufre mauvais, fétide et infirme. Aussi enfin Aristote nous dit-il
Le soufre commun extérieur, est la cause de l’imperfection des métaux. Il y a deux sortes de soufre dans chaque métal excepté dans l’or, le soufre extérieur combustible et le soufre intérieur incombustible, qui appartient à la composition substantielle de l’argent-vif. Le soufre extérieur peut être séparé et enlevé par la calcination ; le soufre intérieur est inséparable de l’argent-vif par la calcination dans le feu. L’Argent-vif retient ce dernier qui ne peut être enlevé car il lui est homogène : le premier est repoussé et rejeté, et exposé à l’action du feu qui le consume. La propriété de ce soufre externe, est d’être toujours brûlé par le feu, ou dans ses compositions avec l’argent-vif, de brûler, corrompre, et noircir. C’est l’argent-vif donc qui perfectionne les corps et les sauve de la combustion, car plus les corps sont de la nature de l’argent-vif, moins ils sont sujets à la combustion. Et comme l’argent-vif empêche la combustion, ainsi est-il la cause de la fusibilité des métaux, et c’est par ce moyen que la teinture s’infiltre dans les métaux, puisqu’il reçoit l’homogène influence de la teinture dans ses plus petites parties. L’Argent-vif plus rapidement à l’argent-vif, qu’à l’or, ou à l’argent car ces deux métaux sont plus homogènes à lui. Il n’en est pas de même avec les autres métaux, tant qu’ils ne sont pas purgés de leur soufre corruptif.
Ce sont alors les corps les plus parfaits qui contiennent la plus grande proportion d’argent-vif, tandis que ceux qui en contiennent moins sont moins parfaits. Il contient en lui-même sont propre bon soufre, au moyen duquel il est coagulé en or et argent, mais par différentes méthodes de digestion. Si le soufre est blanc, il digérera l’argent-vif en argent ; si d’un autre côté il a montré une rouge brillance, et a un feu noble et non destructif, il coagulera l’argent-vif en or, et l’élixir est composé à partir d’or. Observez que les deux soufres blanc et rouges sont en réalité la même matière métallique ; mais ils sont plus ou moins puissant du fait de leur différent degré de digestion. D’où le philosophe dit que l’or à un soufre rouge, et que l’argent a un soufre blanc. Mais comme nous assure Avicenne, ce soufre n’est pas trouvé sur la terre, autrement qu’en ces deux ; donc si nous préparons subtilement ces corps, nous aurons le soufre rouge et l’argent-vif de la même matière, sur la terre, dont l’or et l’argent sont fait sont fait sous la terre : car ce sont des corps lumineux, dont les rayons teignent les autres corps avec le vrai rouge et blanc. Ainsi la teinture rouge est obtenue de l’or, et la blanche de l’argent.

Chapitre I.

Montrant qu’il n’y a qu’une Pierre des Philosophes
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Arnauld de Villeneuve dit qu’il n’y a qu’une Pierre des Philosophes, et qu’il n’y a qu’une Médecine, à laquelle rien n’est ajoutée et à laquelle rien n’est retranché, excepté ce qui lui est étranger. Son soufre externe du vif-argent vulgaire lui est étranger ; son soufre interne appartient à sa propre nature, et c’est en cela qu’elle doit être convertie par notre magistère. N’introduisez en elle aucune poudre, ou eau, ou aucune substance étrangère, car aucune matière hétérogène ne doit entrer en sa composition. Si quelque matière étrangère lui est ajoutée, elle est immédiatement corrompue, et ne devient pas ce que vous désirez. La Pierre elle-même, pour qu’elle puisse pénétrer les métaux communs, doit atteindre un état de grande fixité et de subtilité pour qu’elle puisse devenir une médecine pour les corps corrompus.

Chapitre II.

D’où s’extrait la Pierre Physique.

Notre Pierre physique, ou Médecine, peut être obtenue de tous les métaux ; mais est trouvée en la plus haute perfection en l’or et l’argent. Sans le Soleil et son ombre, la Lune, nous ne pouvons avoir aucun vif-argent teignant, et fou est celui qui tente d’accomplir notre Magistère en leur absence. D’un autre côté, celui qui sait comment teinter l’argent-vif avec le Soleil et la Lune, celui-là est en possession de notre arcane qui peut devenir le soufre rouge, mais qui au commencement est appelé soufre blanc. L’or est le père, et l’argent la mère de la substance proche de notre Pierre, car notre médecine est élaborée hors de ces corps, et préparée avec leur soufre ou arsenic. Il peut être, en fait possible de l’élaborer à partir d’autres corps, mais elle est plus à portée de main, et plus facile, dans l’argent-vif, qui est le père des lumière et racines de tous les métaux. De ceci ils ont tous été fait, et en ceci ils retournent tous. Ce qui est maintenant notre Pierre n’est pas l’argent-vif, mais elle fit partie de lui, et c’est d’où vient sa luminosité, sa résistance au feu et ce qui cause sa perfection. Ne travaillez avec rien d’autre que le Mercure et le Soleil pour le Soleil, et le Mercure et la Lune pour la Lune.

Chapitre III.

Il est impossible pour la Pierre d’être perfectionnée par seulement la substance des métaux.

De même que l’eau ne peut s’élever au-dessus du niveau de sa source, la merveilleuse Teinture, qui doit transmuter tous les métaux communs en or et argent, ne peut possiblement pas être perfectionnée à partir de la substance seule des métaux, même s’il s’agit d’or et d’argent. L’élixir doit être bien plus digéré et purifié que ceux-ci. Si l’or et l’argent donnaient de leur perfection aux autres métaux, il deviendrait eux-mêmes imparfait. La teinture qui doit communiquer la perfection à tous les autres corps métalliques doit posséder elle-même une super abondance de perfection digestive et d’excellence mûre. La plupart des Alchimistes s’arrêtent à la substance avec laquelle ils ont commencé, et par conséquent leur projection ne génère rien.

Chapitre IV.

De la première Opération de notre Magistère.

Notre premier travail, suivant Arnauld, doit être de dissoudre notre Pierre dans son Mercure ou première matière. Les espèces peuvent seulement être transmutées par réduction de leur matière en générique Première Matière. Donc nous devons réduire notre Pierre en argent-vif. Par la projection de la Teinture, les espèces, ou propriétés des espèces, ne sont pas changées, mais seulement les quantités de métal individuelles appartenant à l’espèce. L’argent en tant qu’espèce métallique n’est jamais changé en or, qui a immédiatement sa propre espèce, mais les individus de cette espèce métallique ou d’une autre peuvent aussi changer. Votre première étape donc doit être d’effectuer la dissolution de l’or et de l’argent dans l’argent-vif. D’où les Sages disent : Tant que les corps ne sont pas devenus incorporels aucun progrès ne peut être fait. Par conséquent, le vrai commencement, de notre œuvre est la solution de notre corps, car les corps, lorsqu’ils sont dissous, deviennent spirituels en leur nature, et sont aussi en même temps plus fixe que l’esprit, bien qu’ils soient dissout avec lui. Car la solution du corps signifie la coagulation de l’esprit, et vice versa ; chacun abandonne quelque chose de sa propre nature : ils se rencontrent à mi-chemin, et alors deviennent une substance inséparable, telle l’eau mélangée avec l’eau.

Chapitre V.

De l’investigation parfaite de la Pierre Physique
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Il est alors clair, que l’opération de notre Pierre est l’opération de la Nature. La glace est de l’eau car elle se dissout dans l’eau, aussi notre Pierre qui se dissout dans l’argent-vif, est par cela prouvée être de l’argent-vif. Notre opération est une conservation des éléments, et amicale conjonction de l’humide avec le sec, et du froid avec le chaud. Mais le sec devient humide, et le froid devient chaud uniquement par le moyen d’une substance intermédiaire. Si donc le sec est converti en froid, et le froid en humide, et l’humide en chaud, et le chaud en sec, alors vous avez tout le Magistère. Les quatre degrés de notre œuvre sont la solution, la purification, la réduction, et la fixation dont la signification des termes a déjà été expliquée. La solution est l’épais en subtil ; la purification le sombre en lumineux ; la réduction de l’humide en sec ; la fixation le volatil en fixe. Que la Pierre par conséquent soit dissoute avec le meilleur Mercure, purgée de ses terrestréités et de sa nature humide, par le moyen de la sublimation, puis réduite ensuite. Puis qu’elle soit broyée deux fois puis placée au Bain-Marie.

Comment le Mercure est Nettoyé.

Sublimez notre Mercure une ou deux fois avec du vitriol et du sel, jusqu’à ce qu’il devienne très blanc et brillant. Lorsqu’il est devenu volatil, mettez le dans l’eau chaude, pour qu’il devienne de nouveau de l’argent-vif ; enlevez l’eau, et utilisez-le pour notre Magistère. Mettez-le en poudre, et faites-le tremper dans sa propre eau, et digérez-le au Bain-Marie ; distillez-le par un filtre. Observez l’apparition d’une huile noire à la surface, qui est le véritable signe que la dissolution est complète. Observez bien je répète, de peur qu’il ne s’évapore en fumée, et ce que vous faites avec le blanc, faites-le aussi avec le rouge. La différence entre la Médecine Solaire et la Médecine Lunaire, est que la Solaire contient la Lunaire, mais la Lunaire ne contient pas la Solaire, la Solaire a en plus une substance rougeâtre ou dorée. Soyez patient et n’essayez pas d’extraire la Teinture, la hâte brûle, au lieu de mûrir et la digérer notre substance. Gardez à l’esprit que la principale erreur en cet Art est la hâte, qui se termine en la combustion de tout. Trop de feu au commencement est au détriment de la teinture, et consume la médecine.
Broyez et refroidissez ; avec patience, et réitérez ce processus encore et encore, parce que ce qui est trempé dans l’eau est adoucit. Plus vous broyez la substance, plus elle deviendra douce, et plus les parties grossières sont subtilisées, jusqu’à ce que l’union de l’esprit t le corps survienne. Car par le moyen du broyage, de l’adoucissement et de la digestion, les parties adhérentes entre elles par la viscosité de l’eau dans les corps sont séparées. Les corps qui sont dissous, sont réduit à la nature des esprits, et leur union devient par conséquent indissoluble, comme celle de l’eau mélangée avec de l’eau : car la Nature se réjouit lorsque le marié est uni à la mariée. Les choses qui ne peuvent être dissoutes sont dénuées de parties subtiles et douces. Je vous prie par conséquent d’œuvrer à la dissolution de la Pierre, désintégrant ses parties grossières afin que le grossier puisse être rejeté et le travail effectué avec le subtil.
Chapitre VI.

De l’inhumation de la Pierre.

Lorsque la Pierre est dissoute, exposez le tout à une douce chaleur, pour une meilleur putréfaction et digestion, et pour la consommation du rite conjugal, durant l’espace d’un mois Philosophique, à savoir, de trente jours, jusqu’à ce que le danger de la combustion soit éloigné par la digestion et l’inhumation. Que tout soit bouilli sur un feu doux, jusqu’à ce que toute la substance se résolve en matière première, et devienne vraiment comme l’argent-vif. Le signe indiquant la complète solution, est la noirceur, qui apparaît après un certain temps, que nous appelons aussi la tête du Corbeau.
Lorsque la Pierre est entièrement dissoute dans le Bain-Marie, elle doit être filtrée. La noirceur est le signe que le processus de volatilisation est accompli.

Récapitulation du Premier Régime.

Sublimez le Mercure, et dissolvez le ; puis soumettez toute la substance à la coction, jusqu’à ce qu’elle soit réduite en sa première nature, à savoir, jusqu’à ce que nous ayons le soufre et l’argent-vif, de la même manière que dans les mines elle est digérée en or et argent. Et celui qui a ce Magistère a un trésor éternel.

Chapitre VII.

Du second Régime ou de la Purification.

Le second régime de la Pierre est sont ablution, c’est-à-dire, enlever tout ce qui est noir, corrompu, et fétide en elle, ce qui la rendra très brillante, claire et pure. Ceci s’effectue par la division des éléments, la distillation des eaux, et la solution de la Pierre, parce qu’il y a deux éléments secs ou pierreux, et deux éléments humides ou aqueux. Les éléments secs sont le feu et la terre, les aqueux sont l’air et l’Eau. Le feu purifie l’eau par distillation, et ainsi tous les éléments sont nettoyés et deviennent assimilés les uns les autres. Ainsi est notre Pierre divisée en quatre éléments, qui peuvent être mieux subtilisés, et nettoyés de leurs souillures, et ensuite plus étroitement conjoint. Mais rien n’est jamais né, ou développé, ou animé, excepté après la putréfaction et la digestion. S’il n’y a pas de putréfaction, il ne peut y avoir de fonte et de solution, et s’il n’y a pas de solution, rien ne peut être accompli.

De la Division de la Pierre en quatre Eléments.

Prenez la Pierre dans son état putréfié, nettoyez-la en nettoyant les quatre éléments, par distillation sur un feu léger et égal. Prenez l’eau. Puis augmentez doucement le feu, jusqu’à ce que tout l’air soit mélangé avec le feu, et ce qui demeure au fond, étant brûlé est la terre noire et sèche. L’eau est nettoyée au Bain-Marie, mais l’air et le feu sont distillés par les cendres, et la partie grossière de la terre demeure dessous, tandis que les parties les plus subtiles sont envoyées par le haut. La terre se dessèche et se fixe, l’eau Purifie et nettoie. L’air et le feu teignent, et causent la fluidité ; par quoi il est nécessaire d’avoir beaucoup d’eau et d’air. La quantité de la Teinture sera en proportion de la quantité d’air. Cherchez par conséquent, mon cher, en tout ce travail à forcer le Mercure à s’unir, afin que vous ayez suffisamment d’air ; et si vous êtes capable de d’effectuer cela par lui-même, vous serez l’explorateur du potentiel de conquête qui réside dans la plus haute perfection de la Nature. Après ces opérations il est encore nécessaire que la Médecine soit mûrie et nourrie sur le feu, tel un enfant est nourri au sein.

De l’Ablution de l’eau.

Lorsque vous avez séparé les éléments de la Pierre, nettoyez-les, nettoyez l’air et l’eau en distillant sept fois. D’un autre côté le feu et la terre doivent être bien calcinés. Distillez l’air et l’eau séparément, car l’air est plus précieuse que l’eau. L’air teint la terre, et y infuse la vie et l’âme sensible. L’air et l’eau doivent être protégés de la chaleur excessive, ou ils seront séchés. Ceci est fait par l’inhumation. Quand la purification est complète, toute la substance est merveilleusement blanche et brillante. Le sédiment de la terre dans la distillation doit être soigneusement enlevé et mis à part avec la noirceur de la terre déjà mentionnée. Mettez aussi à part l’eau qui a été distillée sept fois, car elle est la médecine et l’Eau de Vie qui lave le Laiton. Et ce que vous faites avec l’eau blanche, faites-le aussi avec la rouge ; il n’y a pas de différence entre elles excepté que l’une teint en blanc et l’autre en rouge.

De l’Ablution de l’Air.

Séparez l’air du feu par distillation, à savoir, par les cendres. Ce qui distille est pratiquement de l’air pur ; ce qui reste au fond est le feu sec. L’air est l’huile et la teinture, l’or et l’âme des Sages, l’onguent par lequel tout notre Magistère s’effectue. Le feu et l’air doivent être distillés ensemble car ils sont de même nature. Si vous mêlez la Pierre avec le feu, elle sera rouge, et aura toutes les vertus de la Teinture Rouge.

Comment l’huile est-elle extraite de toutes choses.

Mettez le corps dont vous voulez tirer l’huile, dans suffisamment de Mercure purifié pour le recouvrir complètement, d’une hauteur de quatre ou huit pouces, ou mieux si plus ; puis mettez sur le feu. L’huile, ou air, commencera rapidement à faire des bulles à travers l’argent-vif. Collectez soigneusement, et si nécessaire, si l’argent-vif commence à faiblir, ajoutez de nouveau de l’argent-vif pur et chaud, et continuez la coction jusqu’à ce que vous ayez obtenu l’huile. Cette huile doit être alors purifiée par inhumation et distillée sept fois par l’alambic, jusqu’à ce qu’elle soit blanc brillant. Elle flottera sur la surface de notre eau. Mettez-la à part, car elle est la Teinture huileuse, l’Ame Dorée, et l’Onguent des Philosophes, qui colore, teint, fixe et rend fluide. Une fine lame de métal trempée en elle sera changée en argent, s’il s’agit de la blanche et en or s’il s’agit de la rouge. Mais ne mélangez pas l’huile de l’or avec l’huile de l’argent, ou vice versa, car chacune à sa propre raison d’être, l’une teint en blanc et l’autre en rouge.

De la différence entre l’Huile et l’eau.

L‘eau nettoie seulement, l’huile teint et colore. Si vous trempez un chiffon dans de l’eau pure, il deviendra plus propre qu’il n’était, mis l’eau s’évaporera. Si vous le trempez dans l’huile colorée, il sera saturé par la couleur, et vous ne serez capable d’enlever cette couleur qu’en brûlant le chiffon. Car l’huile est plus épaisse et plus intense, et en même temps plus légère que l’eau. Néanmoins, c’est par le moyen de l’eau, et de l’eau que nous obtenons l’huile. L’eau est l’esprit, qui retient l’huile, ou âme, comme l’âme retient le corps. Notre coagulation s’effectue par l’huile, car elle retient la substance volatile. Semez l’âme dans une terre blanche et feuilletée, car elle la retiendra : puis lorsqu’elle fait l’ascension de la terre au cieux, et sera redescendue sur la terre, elle aura reçu la force des choses supérieures et inférieures.

Du nettoyage du Feu et de la Terre.

Prenez les sédiments impurs obtenus après le nettoyage de l’huile, et mettez-les avec le feu puisqu’ils sont le feu, et ayez la noirceur et la rougeur qui doivent être broyés avec la première eau, brûlés doucement jusqu’à ce qu’ils deviennent une poudre sèche, privée de l’humidité de l’air. De même, les sédiments de l’eau doivent aussi être combinés avec la terre, et calcinés trois fois jusqu’à ce qu’ils deviennent blancs et secs. Calcinez le feu avec le feu, la terre avec la terre, jusqu’à ce qu’ils soient purs et libres de toute noirceur ; ce qui monte du feu est l’huile rouge, ce qui monte de la terre est la précieuse huile blanche. Effectuez toutes ces opérations et gardez soigneusement à part le résultat.

La cause de l’Ablution selon Platon.

D‘après Platon, vous devez au maximum de votre habileté effectuer la séparation des élément : nettoyez l’eau et l’air par la distillation, et la terre par la chaleur et la calcination, jusqu’à ce que rien de l’âme ne demeure dans le corps, à savoir quand rien ne s’en évapore plus, si on la place sur une plaque de métal potée au rouge. En aucune partie de nos opérations nous n’avons besoin d’autre eau que notre eau blanche, ni d’autre huile que notre huile de couleur blanche et orange, ni aucun feu excepté notre feu rouge, ni aucune terre exceptée celle qui est pâle ou légèrement blanche. Mais donc, si vous préparez les éléments, la terre sera prête pour la solution, l’eau efficace pour la digestion, et l’huile en laquelle est le feu, éminemment adaptée et teignante. Si à la fin votre processus ne vous donne pas de tels éléments, cela est l’indication d’une erreur ; et en la corrigeant avec ce qui a été dit, cela sera plus facile que de recommencer. Gardez chaque élément scellé dans un flacon bien bouché, et notez dessus leurs noms, et leurs propriétés, car il serai fatal de les prendre l’une pour l’autre.

Du troisième Régime qui est celui de la réduction.

Le troisième régime consiste à ramener l’humidité de l’eau sur la terre sèche, afin qu’elle recouvre son humidité perdue. Puisque le feu et la terre sont deux éléments secs, ils doivent premièrement être conjoints avant que d’entreprendre cette restauration. Alors l’élément sec sera disposé à boire plus de cette humidité qu’il ne l’était auparavant, car la calcination désintègre le corps et le vide tellement de son eau, qu’il absorbera cette humidité aqueuse avec avidité.
Arnauld ici, dispose un chapitre sur albification et la sublimation de la terre par de fréquents broyages, imbibitions, et digestion du Mercure. Lorsque ce procédé est entièrement accompli, ce qui est quand il s’élève blanc comme de la neige, nous avons une terre bonne, feuilletée, brillante et blanche, ou soufre blanc incombustible. Si vous désirez obtenir le soufre rouge, dissolvez ce soufre blanc dans l’eau rouge, par le moyen du broyage, de la saturation et de bonne décoction ; coagulez alternativement en pierre et dissolvez ce qui est coagulé dans l’eau rouge. A la troisième fois, sublimez le tout dans un feu ardent, et ce qui s’élèvera sera le soufre blanc neigeux, tandis que ce qui demeurera au fond sera rouge, comme de l’écarlate. Ainsi vous voyez que tandis qu’il y a trois degrés différents dans notre Magistère, il y a en réalité une seule Pierre.

De la vraie manière de remettre l’Eau sur la Terre
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Versez d’abord sur la terre (que vous avez finement broyée) un cinquantième de part de sa propre quantité d’eau ; car il est nécessaire au commencement de donner peu d’eau à la terre, comme on donne peu de nourriture peu de nourriture au début, puis plus graduellement. Ceci doit être répété encore et encore, avec grande patience, en versant de plus en plus d’eau sur la terre à chaque fois, mais pas plus que la terre ne peut absorber à chaque fois ; après chaque trituration et effusion, le tout doit être soumis à une méticuleuse coction de huit jour à chaque fois. Sans une continuelle patiente irrigation la terre ne peut porter de fruits. Continuez la trituration et l’assation jusqu’à ce que l’eau est été absorbée et bue, alors la terre est devenue blanche. L’eau doit être administrée avec sobriété après chaque calcination ; une trop grande abondance provoquera des conditions de tempêtes, pas assez convertira la matière en cendres luisantes. Le degré de chaleur appliqué devra être celui du fumier de cheval. Après l’imbibition, elle doit être inhumée pendant sept jours. Il y a trois couleurs, qui marquent les trois stades de ce processus. La couleur noire montre que la substance est toujours imparfaite : après son apparition, la chaleur de feu doit être légèrement augmentée. En répétant constamment ce processus la terre deviendra rapidement blanche ; et alors vous devrez apercevoir la couleur orange. Plus l’eau sera limpide, plus la terre sera limpide ; plus la terre sera lavée, plus elle deviendra blanche.
Les choses sont sublimées soit d’elles-mêmes, si elles sont esprits, ou si elles sont des corps par le moyen d’une substance spirituelle. Notre terre n’est pas sublimée en chaux suivant ces conditions, à moins qu’elle ne soit auparavant subtilement incorporée au mercure. Alors vous devrez broyer la terre, et la saturer avec le mercure, et les digérer pour qu’ils deviennent un corps. Ceci doit être répété de nouveau encore et encore, ou autrement les sublimations ne peuvent pas s’effectuer, car la terre ne sera pas dûment incorporée avec le mercure. La sublimation dépend de la réduction du corps en une matière et une nature subtile. Par le moyen de cette sublimation les corps sont libérés de leurs éléments grossiers, et réduit en leur première matière, qui peut être ensuite parfaitement développée. Si vous désirez changer la substance sublimée en argent, la terre et le mercure doivent être blanc : si vous désirer la changer en or, ils doivent tous deux être rouge, et la poudre doit être incérée. Lorsque le Mercure est sublimé pour la Lune, rien d’autre ne doit lui être mêlé, car pour la couleur du Soleil n’entre pas en la Lune, ni la Lune dans le Soleil. Ne mélangez pas ce qui s’élève avec ce qui demeure au fond ce qui demeure au fond doit être de nouveau broyé et saturé, jusqu’à ce que tout soit sublimé ou incorporé au Mercure. Dans la sublimation de Mercure vous verrez une terre très blanche, comme de la neige, et comme si cela était une poudre morte adhérant aux parois de l’aludel. Réitérez les sublimations jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de fèces restantes. Bientôt ce qui s’élève s’attachera à la chape en une poudre blanche feuilletée. Ce sont les cendres supérieures, tandis que ce qui demeure au fond est le sédiment infect et qui doit être enlevé. De cette manière le soufre blanc ou teinture blanche est parfait.

Le quatrième Régime, qui consiste en la Fixation, et pour cela nous il nous faut un ferment.

La quatrième opération est de fixer le soufre blanc et le soufre rouge sur un corps fixe, à savoir, l’argent et l’or respectivement. Sa une fermentation adaptée la Lune ne peut devenir Soleil, mais la substance n’ayant rien pour l’en empêcher retournera en eau. Elle doit donc être incorporée avec le corps à partir duquel elle a été préparée, à savoir, la Lune ou le Soleil. Il est nécessaire en fait, de l’Unir à son propre corps. Pour ceci mélangez-la avec le ferment (blanc ou rouge), qui l’assimilera en sa propre nature. Ne mélangez pas le ferment d’un soufre (blanc) avec un autre soufre (rouge) : le résultat serai décevant. Le ferment de l’or est l’or, et le ferment de l’argent, l’argent, et il n’y a pas d’autres ferments convenables de part le monde, car rien ne fixe qui ne soit lui-même fixé.

Le poids du ferment doit être supérieur, ou au moins égal à celui de son Soufre.

La quantité du soufre volatil dans tout ferment ne doit pas être supérieur que celui de son corps. S’il y a une prépondérance du corps dit Platon, cela changera rapidement le soufre volatil en une poudre de sa propre couleur, à savoir, soit celle de l’or ou celle de l’argent. Le soufre le peut pénétrer les corps sinon par l’intermédiaire de l’eau, la substance intermédiaire entre le soufre et le ferment. Par conséquent mettez premièrement la terre, puis ensuite l’air (Avicenne). Si vous désirez obtenir la Teinture rouge, mettez en la quatrième partie du feu, puisque la Teinture blanche n’a besoin que de trois éléments, mais la teinture rouge à besoin aussi du feu. Par conséquent, Ouvrez, et scellez, dissolvez et coagulez, lavez et sécher, car l’eau est l’intermédiaire qui joint les teintures de l’huile, de l’air et du feu. Si vous prenez premièrement l’huile puis ensuite la terre, l’huile se mortifiera dans la terre, car l’eau y pénétrera. Si vous prenez premièrement l’eau et l’huile, l’huile flottera sur l’eau. Mais si vous prenez en premier l’eau et ensuite la terre, l’eau l’emportera sur la terre. Rendez fixe par conséquent l’eau avec la terre jusqu’à ce qu’elle y adhère. Si l’un des quatre est détruit, tout mourra ; si l’un a plus d’âme que l’autre, tout sera inutile. Le ferment est l’âme, faites en sorte d’arranger votre fermentation afin qu’elle produise une poudre calcinée, dissoute et dure. Si la fermentation n’est pas effectuée correctement, tout le Magistère échouera.

De l’utilité de diviser les quatre éléments.

Si vous ne divisez pas la Pierre en ses quatre éléments, l’âme ne peut être correctement unie avec le corps. Si vous ne mélangez pas le corps avec ce sur quoi vous voulez effectuer la projection, le corps n’aimera pas l’esprit. Si vous ne combinez pas le ferment avec l’élixir, le corps sur lequel est faite la projection n’est pas dûment coloré. Si vous ne sublimez pas tout ce que vous mettez dans l’élixir, ce sera de l’or et de l’argent brut, et si le tout n’est préparé, il ne résistera pas au feu. Finalement, sans l’effort d’adoucissant et durcir, l’or et l’argent manqueront de docilité dans l’opération. La terre qui est mise dans l’élixir doit être sublimée, dans le but que le tout soit complètement uni. Si vous désirez projeter l’élixir, faites la terre de la substance du corps que vous voulez changer, et mettez dedans le ferment (comme susdit), si c’est de l’or, de l’or, et si c’est de l’argent, de l’argent. Vous devez combiner le ferment avec le même corps que sur lequel vous désirez projeter l’élixir. Le corps et le ferment qui sont combinés dans l’élixir doivent être une poudre deux ou trois fois sublimée. Chaque sublimation accroîtra la vertu de l’élixir, nommément de un sur cent, de cent sur mille et ainsi jusqu’à l’infini.

On doit faire attention à la proportion de chaque substance

Si vous désire préparer notre Pierre, vous devez savoir combien d’eau, d’air, de feu et d’air, lorsqu’elle est respectivement calcinée, dissoute et réduite. Dans le premier cas, il y aura une plus de sec, plus de chaleur, moins d’humide, moins de froid. Dans le second il y aura plus de froid, moins de chaleur, plus d’humide et moins de sec. Dans la troisième, il y aura plus de chaleur, moins d’humide, plus de sec et moins de froid
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Comment les Eléments sont améliorés, et comment la Fusion de la Médecine est faite.

Dans la conjonction de la Pierre, espérez trois principales couleurs, en premier le noir, puis le blanc, puis le rouge. Prenez garde que la teinture ne devienne pas rouge avant de devenir noire, car alors elle périra par la combustion, et prenez garde qu’aucune couleurs n’apparaissent avant leur temps et dans le bon ordre. Si le rouge vient avant le noir, ou avant le blanc, décoctez le tout dans l’eau blanche jusqu’à ce que la bonne couleur revienne. Notez aussi que la décoction par l’inhumation évite l’erreur de la combustion, et restaure l’humidité perdue. La purification et la dissolution sont le résultat de l’eau, non commune mais mercurielle. Nous calcinons la médecine afin de mieux la dissoudre, la mieux nettoyer, fixer et fondre et que par conséquent les corps puissent recevoir une meilleure imprégnation, et soient de ce fait plus complètement pénétrés. Vers la fin du Magistère il est toujours meilleur de dissoudre le ferment soit blanc soit rouge, afin qu’il puisse s’amalgamer plus rapidement. Toutes les parties ne sont pas séparées par la mauvaise dissolution, mais la séparation est suffisamment complète pour assurer la suppression de toutes les impuretés. Si le métal qui doit être changé au moyen de notre Médecine, n’a pas assez de couleur, il faut y ajouter plus de Médecine ; s’il en a de trop la dose devra être moindre. Si la Médecine n’est pas suffisamment fixe, le remède consiste à répéter la dissolution et la coagulation plusieurs fois. S’il est trop ferme, plus d’air, qui est l’air de la Pierre doit lui être ajouté ; et observez, en règle générale, que pour la fixation vous devez avoir plus d’éléments froid et chaud, et moins de chaud et d’humide.

Des quantités devant être observée dans la Fixation.

Toute la Nature est gouvernée par le rapport et la proportion ; en conséquence, dans la fixation de notre Pierre, nous devons savoir combien il nous faut d’eau, d’air, de terre et de feu. Si les proportions correctes ne sont pas observées, tout notre ouvrage sera un échec. Trop ou pas assez de terre, d’air, de feu et d’eau engendreront des défauts correspondants. Je parle ici des Elixirs en général, mais le feu n’est pas introduit comme un élément de l’élixir blanc. Les éléments lourds dans notre substance et le ferment sont appelés terre : ceux qui s’élèvent vers le haut sont décrit comme l’air et l’eau. Pour la fixation en terre, dans le cas de la Teinture blanche, il doit toujours y avoir plus de terre que des autres éléments. S’il y a une once et demie d’air, et deux onces d’eau, il doit y avoir deux onces trois quart de terre, et rois fois plus du ferment de la terre qu’il y a de soufre blanc. S’il y a une once de soufre blanc, il doit y avoir trois onces de ferment. Ajoutez deux onces d’eau, une once et demie d’air, et l’élixir sera complet. Pour la Teinture solaire, qui est d’une qualité plus chaude que la Lune, il nous faut deux onces de terre, trois d’eau, autant d’air, et une once et demie de feux — car s’il y a beaucoup d’eau et peu de feu, le feu sera étouffé. Les éléments lourds, telle la terre et l’eau, sont plus utiles pour produire la fixation et le reste, les éléments légers, à savoir l’air et le feu, son plus utile pour la fusion et la Teinture. Ne mangez pas ce que vous ne buvez pas, ni ne buvez ce que vous ne mangé, mais manger et buvez l’un après l’autre en accord avec les nécessités de notre Art.

De la Fixation et de la Composition de l’Elixir Blanc.

Aucun corps qui n’a été auparavant purifié peut retenir son âme. Donc buvons après avoir mangé et non vice versa. Fixez bien, mélangez bien, teignez bien : et vous aurez le complet Magistère. Broyez bien dans un mortier de porphyre, trois parts d’argent en poudre pur avec deux fois sa quantité d’argent-vif blanc, jusqu’à ce que le Mercure est bu tout l’argent, et que le composé est la consistance du beurre. Purifiez-le avec du vinaigre et du sel, jusqu’à ce que le vinaigre en sorte pur et clair ; puis lavez le sel avec le de l’eau douce claire et séchez devant le feu. Broyez avec une part de soufre blanc jusqu’à ce qu’ils deviennent un seul corps, incérez avec une part de son eau blanche, et sublimez petit à petit sur le feu, jusqu’à ce que tout ce qui est volatile soit monté en haut ; enlevez du feu, laissez refroidir et collectez les particules qui se sont mise sur les bords du vaisseau ; répétez le processus de broyer, saturer et sublimer — réduisant constamment ce qui monte avec ce qui demeure fixe en dessous, jusqu’à ce que tout soit fixe, ce qui se fait naturellement par la vertu coagulante de notre soufre fixe. En bref, étudiez la Nature, et fournissez-lui les nécessaires conditions extérieures : alors vous pourrez lui faire confiance pour effectuer le reste. Lorsque votre terre est imprégnée vous pouvez espérer une naissance en temps voulu par la Nature ; et lorsque la naissance aura eu lieu, nourrissez-la et fortifiez-la afin qu’elle puisse supporter le feu, et il vous sera possible de faire les projections.

De la Réduction de l’Air sur l’Elixir Blanc.

Lorsque la terre est fixe, broyez-la, et saturez-la en l’arrosant avec une part de son air, et sublimez en accroissant régulièrement le feu, jusqu’à ce que par constante sublimation tout soit fixe. Puis exposez à un bon feu pendant vingt quatre heures, puis à un feu plus ardent pendant un autre jour et nuit, puis à un feu très ardent de fusion le troisième jour et nuit. La terre sera alors fixe avec la terre et l’air.

Incération de l’Elixir Blanc.

Prenez une dragme de la plaque cristalline que vous trouverez au fond du vaisseau ; mettez-la dans un fin creuset sur un feu modéré, et versez doucement dessus un peu de son air, jusqu’à ce qu’elle devienne liquide comme de la cire, sans fumer. Testez sur une lame chaude, et si elle fond rapidement comme de la cire, l’incération est achevée. Si ce n’est pas le cas, continuer à verser dessus graduellement de son huile blanche, jusqu’à ce qu’elle devienne comme de la cire fondue, sans fumer. Continuez la sublimation jusqu’à ce que toute la substance soi fixe. Cela arrive lorsque par la sublimation vous avez fixé la partie la plus pure de la terre, et réitéré la sublimation sur la partie non fixe avec la partie fixe, jusqu’à ce que le tout soit fixe. Essayez sa fusibilité par un bon feu ; si le résultat est satisfaisant, la sublimation n’a pas besoin d’être continuée. Sinon, continuez la sublimation sur la partie non fixe. Puis laissez refroidir, et vous avez une Teinture sans prix, dont une part transmutera 1000 parts de Mercure — purifié avec du sel dissout dans du vinaigre — ou de métal commun, en argent le plus pur, meilleur que celui de la mine.

De la composition de l’Elixir Rouge.

L‘Elixir Rouge — pour transformer les métaux en or — est préparé de la même manière que l’Elixir Blanc, l’or étant dans ce cas substitué à l’argent. Pour toute substance blanche une substance rouge de la même espèce ; à la place de poudre d’argent mettez de la poudre d’or, et de l’eau de Mercurielle faite rouge avec le feu de la Pierre. Sublimez la substance encore et encore jusqu’à ce que tout l’argent-vif soit devenu fixe. Lorsque les trois quarts de l’eau rouge sont devenus fixe, placez le tout pendant vingt quatre heures sur un feu modéré, afin de mieux nettoyer et fixer. Enlevez ensuite, et mettez dans un creuset, sur un feu modéré. Versez dessus son huile rouge, jusqu’à ce que tout soit liquide comme de la cire sans fumée. Une partie de cette Teinture Rouge projetée sur de l’argent, ou de l’argent-vif purifié — avec du sel et du vinaigre — change mille pat de l’un ou l’autre en or le plus pur, meilleur que celui de la mine pouvant endurer tous les tests. Ainsi les Sages disent que leur or et leur argent ne son pas l’or et l’argent de la multitude voyant qu’ils sont distingués par une infiniment plus grande pureté.

De la Multiplication des Médecines.

Si vous dissolvez ces médecines, après leur fixation et saturation avec leur huile blanche ou rouge, jusqu’à ce quelles fluent comme de la cire, puis ensuite dans leur Mercure blanc ou rouge, jusqu’à se qu’ils soient comme de l’eau claire, et ensuite les coagulez par une douce digestion, et de nouveau les faites liquides avec leurs huiles sur le feu jusqu’à ce qu’elles fluent en un rien de temps, leur vertu en la projection sera doublée. Si lorsqu’elles sont dissoutes, vous les distillez une fois, leur pouvoir est multiplié cent fois. Pour multiplier les médecines, dissolvez l’esprit de chaque respectivement dans leurs eaux par inhumation. Séparez de chaque son huile par distillation, puis leur eau, puis leur feu, et la terre demeurera en bas. Réduisez l’eau par sublimation sur la terre, jusqu’à ce qu’elle soit fixée avec la terre ; puis satures avec l’huile, ou air, et la teinture jusqu’à ce le tout soit fixe et liquide comme de la cire ; sa vertu est alors multipliée par dix, répétez l’opération, et sa vertu est multipliée à chaque fois par cent, mille, dix mille fois, etc. Plus la Médecine est dissoute, sublimée et coagulée, plus puissante elle devient ; à chaque sublimation sa vertu est multipliée par dix.

Que voulons nous dire par Dissolution et Sublimation ?

Lorsque je parle de solution, vous ne devez pas penser que l’élixir se dissout complètement dans l’eau, mais seulement qu’il est subtilisé autant qu’il est possible d’avoirs ses parties divisées, que ce qui est sec soit fait humide, ce qui est grossier fait simple, puisque le dissolution est pratiquée seulement pour le travail de la subtilisation, mais pas la sublimation, et dans le but d’unir le corps avec l’esprit. La subtilisation des corps est la dissolution dans l’eau, car la distillation ou dissolution amène la Pierre de potentiel à effectif, dans laquelle le corps et l’esprit se rencontre chacun à mi-chemin, et sont ainsi inséparablement conjoints. La confortation des corps avec les esprits se fait lorsque les corps son subtilisés, car autrement ils ne pourraient retenir les esprits. Je n’en ai pas dit beaucoup, mais si vous ne comprenez pas quelque chose dans mes remarques, relisez les encore et encore, jusqu’à ce que vous soyez entièrement imprégné de leurs sens. Ce que nous avons dit sont les vraies règles, et vous ne devez pas vous en écarter ni à droite, ni à gauche, ou vous irez de travers. Si vous ne comprenez pas, ne me blâmez pas, mais blâmez votre ignorance.

Comment faire la projection

Maintenant, voyant qu’il est quelque peu difficile de fondre un million de parties ensembles, procédez comme suit lorsque vous voulez effectuer la projection : Prenez cent parts de Mercure, purifié par le vinaigre et le sel ; mettez dans un creuset sur le feu ; lorsqu’il y a début d’ébullition, ajoutez une part de votre Elixir, projetez le tout sur cent autres parts de Mercure purifié bouillant. Puis projetez une part de ce mélange sur cent autres parts de Mercure purifié, et le tout sera transformé en notre Elixir. Puis prenez une part de cette dernière coagulation et projetez sur cent parts de Mercure purifié, et il deviendra l’or ou l’argent le plus pur, suivant que la Teinture est blanche ou rouge. Et ceci est le Rosaire des Philosophes, portant des roses parfumées, à la fois blanches et rouges, l’extrait essentiel de nombreux livres, n’ayant rien de superflu, n’omettant rien d’utile, pour la production infinie du Soleil et de la Lune. Notre Médecine a aussi le pouvoir de guérir toutes les maladies et infirmités, les inflammations et débilités : et transforme un homme vieux en jeune homme. Si la maladie est installée depuis un mois, elle peut être guérie en un jour ; si elle dure depuis une année, elle sera guérie en douze jours ; si elle dure depuis plusieurs années, elle sera guérie en un mois. C’est pour cette raison que cette Médecine est apprécie au-dessus de tous les trésors du monde.

Récapitulation de tout l’œuvre.

Premièrement sublimez la substance, et purgez-la de toutes ses impuretés corrompante ; dissolvez aussi avec cela ses ajouts blancs ou rouges jusqu’à ce que le tout soit subtil et volatile autant qu’il soit possible. Puis fixez par toutes les méthodes jusqu’à ce qu’elle puisse supporter l’épreuve du feu. Après cela, sublimez la partie fixe de la Pierre avec sa partie volatile ; faites que le fixe devienne volatile et le volatil fixe, par solution et sublimations alternées ; continuez ainsi et fixez-les ensemble jusqu’à ce qu’ils forment une Teinture liquide blanche ou rouge. De cette manière vous obtenez l’arcane sans prix qui est au-dessus de tous les trésors du monde. Adonnez-vous entièrement à cette étude ; méditez dessus nuit et jour ; et avant tout vérifiez la vérité de vos théories par la constante pratique. Vous ne trouverez rien de plus clair et plus simple dans tous les livres des Sages, que ce que je vous ai dit. Priez la Trinité et gloire de la Bénite Vierge Marie.

Fin du sommaire du Rosaire d’Arnauld.