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PERNETY Dictionnaire Mytho-Hermétique A à D





DICTIONNAIRE MYTHO-HERMETIQUE

Dom Pernety


A à D
*

A


Aabam est le même que plomb.

Aabartamen. Voyez Saturne. Ruland.

Abadir. Pierre que Rhée substitua à Jupiter qu'elle venait de mettre au monde, et qu'elle présenta à Saturne qui devait le dévorer. Priscien.
Dans le système des Philosophes Hermétiques, c'est la fixation de la matière, qui commence au règne de Jupiter, après la couleur noire. Voyez Jupiter, Saturne, Rhée, Regne, et le livre 3 des Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées, chap. 3 et suivant.

Abaster, Abastor. Nom d'un des chevaux qui tirait le char de Pluton. Les uns n'en ont compté que trois, Abaster, Amethée et Nonius ; d'autres, avec Claudien ( lib. I, de raptu Proserpinoe), en admettent quatre, Aethon, Orphné, Nycté et Abastor. Leurs noms seuls déclarent ce qu'on entendait par ces chevaux, c'est-à-dire, la putréfaction et la volatilisation de la matière des Philosophes dans le vase, pendant que cette matière est au noir, ou qu'elle a atteint la couleur noire, signe de la véritable dissolution. L'un de ces noms signifie noir, l'autre obscure, le troisième nuit, etc. Voyez les Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées, liv. 3, chap. 6.

Abesamen est la boue ou le cambouis qui s'attache aux essieux des roues. Johnson.

Ablution en termes de Philosophie Spagyrique, ne signifie pas l'action de laver quelque chose avec de l'eau ou autre liqueur; mais purifier la matière qui est en putréfaction, au moyen d'un feu continué sans interruption, jusqu'à ce que la matière, de noire, devienne blanche. Voici les termes de l'un d'entre eux. Ablution est une abstersion ou lavement de la noirceur, tache, souillure, puanteur, etc., de la matière, par la continuation du second degré du feu d'Egypte. Anonymus Epist. ad Nortman, filium dilectum. Le même dit ailleurs que les Philosophes entendent aussi par les eaux, les rayons et la lueur de leur feu.
Les Anciens ont caché cette ablution sous l'énigme de la Salamandre, qu'ils disent se nourrir dans le feu; et du lin incombustible, qui s'y purifie et s'y blanchit, sans s'y consumer.

Abneleitem, c'est l'alun.

Aboit ou abit, c'est la céruse.

Abramane est un nom supposé pour former la fiction de Zoroastre sur la création du monde, et la manifestation de la lumière. Un Auteur anonyme, qui s'arroge le nom de Philosophe Hermétique sans l'être en effet, a fait une dissertation sur Abramane et Zoroastre. Elle a pour titre: Eloge du Poème lyrique de l'Opéra de Zoroastre. A Paris, chez d'Houry fils, 1750. Voyez Amelite.

Abreuver, c'est digérer, cuire la matière du grand œuvre. On dit abreuver, parce que cette matière, en se volatilisant, monte en espèce de vapeurs qui retombent sur la terre demeurée au fond du vase. Voyez Laver, Lavemens.

Abric, c'est le soufre des Philosophes, non le soufre du vulgaire, ou tout autre soufre minéral ou métallique naturel. Voyez Soufre.

Absemir, un des noms que les Philosophes ont donné à la matière de l'Art.

Absyrthe, frère de Médée, qu'elle coupa en morceaux, et dont elle dispersa les membres sur le chemin qu'elle prit, en s'enfuyant avec Jason. Cette fable ne signifie autre chose que la dissolution de la matière dans la seconde opération de l'œuvre. Voyez les Fables dévoilées, liv. 2, c. I.

Abyla, montagne d'Afrique auprès du détroit de Gibraltar. C'est une des Colonnes d'Hercule. On la nomme aujourd'hui Lamina. Voyez les Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées, liv. 5.

Acaid. C'est un des noms barbares que les Chymistes ont donné au vinaigre.

Acalach, ou le Sel, suivant la façon de s'exprimer des Sectateurs de la Philosophie Spagyrique. Planiscampi.

Acalai, c'est le Sel.

Acanor, pot de terre percé de plusieurs trous dans son fond et dans ses côtés, Johnson et Paracelse.

Acartum , est un des noms du minium. D'autres le nomment Azimar.
Acato, ou la Suie.

Acazdir ou Alcani, ou Alomba. C'est la même chose que le Jupiter des Chymistes, ou l'étain. Johnson.

Accatum, signifie le clinquant, l'oripeau.

Acedia ou Acadia suivant Planiscampi. Fourneau en usage dans la Spagyrique, ainsi nommé de ce qu'il ne demande que très peu de soins pour y entretenir le feu.

Acetum acerrimum, Eau mercurielle des Sages.

Achachi ou Eau de lumière: C'est le Mercure des Philosophes; ainsi nommé de ce que, par sa vertu active, il purifie leur laiton, et le fait passer de la couleur noire à la blanche, qu'ils appellent lumière.

Achamech. Quelques Chymistes ont donné ce nom aux scories de l'argent. Johnson.

Acheloys, Fleuve de la Grèce, que les Poètes ont feint être fils du Soleil et de la Terre; ravageait toutes les terres qu'il arrosait; Hercule le lia.
Cet Acheloys, selon les Philosophes Spagyriques, est le Mercure philosophique dont les esprits consument et dissolvent tout ce qu'on y met. Le Philosophe, comme un autre Hercule, le lie, c'est-à-dire, fixe et coagule ces esprits selon l'Art ; et par ce moyen lui arrache une corne, qui devient corne d'abondance, c'est-à-dire, en fait la pierre philosophale, qui, par sa multiplication et sa projection, enrichit et produit l'abondance de toutes sortes de biens. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 5.
Acheron, Fleuve de l'Enfer, le premier qui se présentait aux ombres qui descendaient dans l'Empire de Pluton. C'est la première putréfaction de la matière avant l'entière dissolution.Les Poètes ont feint en conséquence que les eaux de ce fleuve prétendu étaient puantes, amères et de très mauvais goût. Ce qui a fait dire aux philosophes Hermétiques, que leur eau mercurielle, dans cet état, est amère, sentant l'odeur des cadavres, et très venimeuse. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, 1. 3. c. 6.

Acheruse, marais ou lac de la Tesprotie, par lequel passe le fleuve Acheron, qui de-là va se précipiter dans les Enfers. C'est par là que Pluton se sauva quand il enleva Proserpine. Voyez l'explication de cette fable dans le livre 4e des Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, chap. de Cérès.

Achille , fils de Pelée et de Thétis, Héros sans lequel les Grecs n'auraient pu s'emparer de la ville de Troie. Voyez cette fable et son explication dans tout le cours du livre 6e des Fables Egypt. et Grecq. dévoilées.

Acide, Or philosophique, soufre des Sages, ou le magistère parvenu à la couleur rouge.

Acier. Les Philosophes ont beaucoup parlé de leur acier, entre autres le Cosmopolite et le Philalèthe. Ce qui a donné occasion à plus d'un Chymiste de chercher la pierre philosophale dans l'acier, métal que l'on emploie à faire des outils; mais en vain travaillent-ils sur ce métal comme sur les autres. L'acier des Sages est la mine de leur or philosophique, un esprit pur par-dessus tout, un feu infernal et secret, très volatil dans son genre, et réceptacle des vertus supérieures et inférieures, le miracle du monde, que Dieu a scellé de son sceau, enfin la clef de tout l'œuvre philosophique. C'est la partie la plus pure et volatile de la matière, dont les Sages font le grand œuvre. Il n'a point d'autres noms dans aucune langue, qui ne signifie la quintessence des choses de l'Univers. Les Philosophes lui ont donné le nom d'acier, parce qu'il a une telle sympathie avec la terre d'où on l'extrait, qu'il y est sans cesse rappelé, comme à son Aimant.
Acordina. C'est la Tuthie.

Acrise père de Danaé, mère de Persée, qui coupa la tête de Méduse, dont le seul aspect transformait tous les êtres vivants en rochers. Voyez cette fable et son explication chymique dans le 3e livre des Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, chap. 14. par. 3.

Acsuo. Terme de la Philosophie Spagyrique, qu'on emploie pour signifier le corail rouge.

Acureb, veut dire du Verre. Planiscampi.

Acusto, signifie le Nitre.

Adabisi ou Adebezi. Tortue des Philosophes Spagyriques.

Adam est un nom que les Philosophes ont donné à leur magistère lorsqu'il est parfait au rouge, parce que leur matière étant la quintessence de l'Univers et la première matière de tous les individus de la Nature, elle a un parfait rapport avec Adam, dans lequel Dieu ramassa la plus pure substance de tous les êtres, et que d'ailleurs Adam, qui signifie rouge, exprime la couleur et les qualités du magistère.

Adamite. Espèce de tartre blanc, ou terre feuillée, que les Philosophes Hermétiques ont nommé Terre adamique, Tartre, Terre vierge, Adamita, etc.

Adaptation. Voyez Convenance.

Adarige. Nom que quelques Chymistes ont donné au sel armoniac. On dit aussi Adirige.

Adarnech, ou Adarneth, ou Azarnet. C'est l'orpiment, en termes de Chymie.

Adarris. La fleur ou l'écume salée de l'eau de la mer.

Addition. Voyez Ajouter.

Adebessi. C'est la tortue des Philosophes, c'est-à-dire l'écorce qui renferme la vraie matière du mercure des Sages. Un Auteur interrogé quelle était la matière crue de l'Art, répondit: c'est la tortue avec la graisse de la vigne ; et un emblème philosophique représente Basile Valentin apprêtant une tortue avec du vin.

Adeg. Lait aigri. Johns.

Adech. Les Philosophes Hermétiques donnent ce nom à la partie de l'homme que nous nommons communément l'aine; quelquefois ils entendent aussi l'esprit, qui se forme des idées communes des choses pour les imiter dans les ouvrages de ses mains.
Adehem ou Alhohonec. Lame de fer, de cuivre ou d'autres matières. Johnson.

Ader, ou Ado, ou Adho. Lait frais et nouveau duquel on a enlevé la crème. Johnson.

Ades. Voyez Pluton.

Adhæc. Esprit qui entretient la vie et le mouvement dans le corps des animaux. Les Philosophes Hermétiques distinguent dans l'homme trois parties qui constituent son humanité; savoir, l'âme, l'esprit et le corps. L'âme immortelle et spirituelle qui se nourrit et s'entretient de Dieu même, comme en étant une espèce d'extension, suivant ce qu'en dit Hermès dans son Asclepius; l'esprit qui tient comme le milieu entre l'âme et le corps pour les unir ensemble, et qui se nourrit de ce qu'il y a de plus subtil dans la nature, et de la quintessence des éléments, au moyen de la respiration; et enfin le corps crasse et terrestre, qui se nourrit de terre et d'eau, comme en ayant été composé. Voyez le Traité de Physique dans le premier volume des Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées et réduites au même principe, dont ce Dictionnaire n'est qu'une espèce de Table raisonnée.

Adhebe, même chose qu'Adec.

Adho. Voyez Ader.

Adibat. Mercure des Philosophes Hermétiques.

Adirlapis. C'est le Sel armoniac.

Admete, roi de Thessalie, dont Apollon, après avoir été chassé du Ciel, garda les troupeaux. Apollon en ayant été bien traité, obtint des Parques qu'il ne mourût pas, s'il trouvait quelqu'un qui voulût bien s'offrir à la mort pour lui. Alceste son épouse et son amante se présenta, et fut sacrifiée. Hercule descendit dans le ténébreux séjour de Pluton, et en ayant délivré Alceste, il la rendit à Admete son ami. Voyez Alceste.

Administrer. Donner, fournir, procurer.

Admisurab. C'est la terre philosophique.

Ado. Voyez Ader.

Adoniades ou Adoniennes. Fêtes en l'honneur d'Adonis. Voyez son article.

Adonis. La Fable nous rapporte qu'Adonis fut aimé de Vénus; qu'il fut tué à la chasse par un sanglier furieux, et que Vénus en étant informée, accourut à lui pour le secourir; elle rencontra dans son chemin un rosier à fleurs blanches, aux épines duquel s'étant piqué le pied, il en sortit du sang qui changea en rouge la couleur blanche des fleurs. Les Syriens adoraient particulièrement Adonis, comme les Egyptiens Apis; l'un et l'autre signifiaient la matière Philosophique, qui aimée de Vénus, c'est-à-dire de la Lune Philosophique, se réunissent ensemble et se prêtent un secours mutuel. Isis et Osiris étaient le mari et la femme, le frère et la sœur, le fils et la mère ; et les deux histoires sont tout-à-fait semblables. Un sanglier tue Adonis, Vénus y court; Typhon tue Osiris, Isis y accourt: celle-ci ramasse les membres dispersés d'Osiris; Vénus cache Adonis blessé sous une laitue. Tout cela représente allégoriquement ce qui se passe dans le vase Philosophique, comme le savent les Adeptes. Voyez l'explication de cette fiction dans les Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées, T. 2.

Adorat. Terme barbare de Chymie, qui signifie le poids de quatre livres.

Ados ou Adot. Eau ferrée. Elle se fait en faisant rougir au feu un morceau de fer plusieurs fois, et qu'on éteint autant de fois dans de l'eau pure.

Adoucir, c'est le même que cuire. C'est dans ce sens que Raymond Lulle dit que leur feu adoucit les choses aigres et amères. La cuisson des Philosophes n'est qu'une pure digestion continuée au même degré du feu des Sages.

Adram, ou Sel gemme.

Adraragi. L'un des noms que les anciens Chymistes ont donné au safran commun, et que les Chymistes Hermétiques donnent à la matière de leur Art, quand elle est parvenue par la cuisson à la couleur safranée.

Adrasté. Nymphe aux soins de laquelle Rhée confia l'éducation de son fils Jupiter, après l'avoir sauvé de la voracité de Saturne. Voyez les Fables Fgypt. et Grecques, liv. 3, chap. 4.

Adrop. Nom que les Philosophes Hermétiques ont donné à la matière qu'ils emploient dans le grand œuvre. Guy du Mont (Guido de Monte ) a fait un traité qui a pour titre de Philosophico Adrop, inséré dans le VIe tome du Théâtre Chymique.
Adsamar. On trouve ce terme dans quelques Alchymistes, pour signifier urine.

Adulphur. Cendre, ou sable.

Aduma. La pierre des Philosophes parvenue au rouge, avant qu'elle soit élixir.

Æaque. V. Eaque - Eacus.

Æea. Isle où Circé faisait son séjour. Voyez le livre 2, chap. I, des Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées.

Ællo. L'une des Harpies. Voyez les Fables Égypt. et Grecq. dévoilées, liv. 2, chap. I.

Æson. Père de Jason, selon la Fable, fut rajeuni par Médée, après qu'elle l'eut fait couper en petits morceaux, et fait cuire dans une chaudière. Cette fable, selon les Chymistes, signifie que la matière du grand couvre semble mourir dans le vase par la putréfaction, et puis revit, et pour ainsi dire, rajeunit en devenant poudre au blanc et puis au rouge. C'est ce qu'on peut voir dans tous les livres des vrais Philosophes. Voyez les Fables citées dans l'art. précédent.

Æsphara. Incinération de la chair ou de la substance du corps des animaux. Planiscampi.

Ætès. Roi de Colchos, père de Médée, possesseur de la Toison d'Or, que les Argonautes lui enlevèrent. Il était fils du Soleil. Voyez ce que signifie cette fiction, dans le liv. 2, chap. 1 des Fables Egypt. et Grecques dévoilées.

Æthna. Montagne de la Sicile, qui vomit toujours des flammes ou de la fumée. Les Poètes ont feint que Jupiter renferma dessous un des Géants qui voulaient chasser les Dieux du ciel; que les tremblements de terre, que l'on ressent dans les environs, sont occasionnés par les mouvement que se donne ce Géant, pour choisir une situation moins gênante, et que les flammes et la fumée qui sortent par le sommet de cette montagne, sont celles de la forge de Vulcain, que ce Dieu, forgeron des foudres de Jupiter et des armes des Héros, a établie dessous. Quelques Chymistes donnent à leur feu le nom d'Æthna, parce qu'il agit perpétuellement, et n'est pas toujours manifeste.

Æthon. L'un des chevaux qui traînaient le char de Pluton. V. Abaster.

Æthra ou Ethre. Fille de Pithée, femme d'Egée, et mère de Thésée. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, l. 6. c. 3.

Affax et Affaris. Toutes sortes d'attramens.

Affenique ou Affenicum. Johnson dit que les Chymistes donnent ce nom à l'âme des choses.

Affeos ou Affros. Mot corrompu du mot grec aphros, écume. Les Chymistes le prennent dans le même sens.

Affermer. Assurer, donner pour certain.

Affidra. C'est la céruse.

Afflamber. Voyez Enflamber.

Afformas. Ancien terme chymique, qui veut dire du verre.

Affragar. C'est le minium selon Rullandus, et le vert-de-gris suivant Planiscampi.

Affrengi. C'est encore le minium.

Affrodine. Nom que les Chymistes ont corrompu du grec Aphrodite, et par lequel ils entendent Vénus, et le cuivre.

Affroton. Ecumeux. Voyez Affeos.

Affrop. Nom que les Philosophes Spagyriques donnent à la matière du grand œuvre.

Agalla. Sel préparé, suivant Planiscampi.

Agamemnon. Chef de l'armée des Grecs qui firent le siège de Troie. Voyez sa généalogie et son histoire, et ce qu'elles signifient chimiquement, dans tout le livre 6 des Fables Egypt. et Grecques dévoilées.

Agar. Nom donné à la chaux des Philosophes par les Alchymistes, et à la chaux commune par quelques anciens sectateurs de la Chymie vulgaire. Ils l'ont aussi appelée Algit, et Algerit..

Agazoph. Voyez Periminel.

Age d'Or ou Siècle d'Or. Temps du règne de Saturne. Voyez ce qu'on doit entendre par l'âge d'or, dans le liv. 2, chap. 6 des Fables Egypt. et Grecques dévoilées.
Age signifie aussi règne, chez les Philosophes. Voyez Règne.
Agenor. Père de Cadmus et d'Europe. Voyez l'explication des fables inventées sous leurs noms, liv. 3 ch. 14. par. 5 des Fab. Egypt. et Grecq. dévoilées.

Agent. L'Alchymie reconnaît plusieurs agents dans l'opération de l'œuvre, deux en puissance, et deux actuels, qui mettent en action ceux qui n'étaient d'abord agents qu'en puissance. Les deux agents actuels sont le feu céleste et le feu central, qui préparent la matière à l'Artiste. Après la préparation de la pierre faite par l'Artiste, ces deux agents se réduisent en un seul, qui est le feu philosophique. Les deux agents en puissance sont le soufre et le feu inné de la matière, qui pour devenir agents actuels n'ont besoin que d'être excités par le feu philosophique. Il y a encore un autre agent sur lequel les Philosophes ont presque tous gardé le silence, et le rejettent même en apparence; c'est le feu élémentaire qu'ils ne nomment jamais, et dont ils ne parlent que par énigmes, pour tromper et donner la torture à ceux qui veulent entreprendre le grand œuvre. Après la connaissance de la matière, tout le secret gît dans l'administration et le régime de ce feu.Agent. L'agent interne des Alchymistes est le feu inné de la matière, qui étant excité par l'externe, digère, putréfie, et cuit cette matière beaucoup mieux que le feu élémentaire ne saurait faire. Cet agent est le plus grand secret de l'Art; et pour l'obtenir, il faut se comporter comme Thétis avec Achille. Un des Ecrivains modernes sur cet Art (Pontanus) dit, qu'il est minéral, égal, continuel, qu'il ne produit point de vapeurs, s'il n'est excité avec trop de violence; qu'il participe du soufre, qu'il n'est point pris ou tiré de la matière, qu'il dissout et ramasse, qu'il calcine, congèle et coagule tout; qu'il s'acquiert par industrie et par l'art, et qu'il coûte peu de frais, s'il en coûte quelques-uns.

Agneau, est aussi un des noms de la matière que les vrais Chymistes emploient pour faire la pierre Philosophale. Quand cette matière a passé par les différentes préparations requises pour la purifier de ses parties hétérogènes, on lui donne quelquefois le nom d'agneau sans tache, agnus immaculatus, comme on peut le voir dans le livre qui a pour titre: Enarratio methodica trium Gebri verborum, composé par Philalethe.

Ahot. Nom donné au lait des Philosophes, qu'ils appellent lait de la Vierge, et que les Chymistes vulgaires donnent au lait commun.

Ahusal. C'est le soufre Philosophique, et non le soufre vulgaire, comme l'ont mal interprété la plupart des Chymistes, qui l'ont aussi nommé Akibot, Alchimit.

Aiar, ou Pierre Borique.

Aiarazath. Voyez Alahabar.

Ajax. Héros Grec qui se signala au siège de Troie, et qui ayant violé Cassandre dans le temple de Minerve, fut foudroyé par cette Déesse en punition de son crime. Voyez son histoire, liv. 6 des Fables Egypt. et Grecq. dévoilées.Il y avait au même siège un autre Héros du même nom, fils de Télamon et d'Hésione, il disputa avec Ulysse pour avoir les armes d'Achille. Voyez le livre cité ci-devant.
Aibachest ou Aibathest. Nom que quelques Chymistes ont donné à la matière de la pierre purifiée et ses parties hétérogènes; et parvenu au blanc après la putréfaction.

Aidonée. Voyez Pluton.

Aigle. Nom que les Philosophes Hermétiques ont donné à leur mercure après sa sublimation. Ils l'ont ainsi appelé, premièrement à cause de sa volatilité; secondement, parce que comme l'aigle dévore les autres oiseaux, le mercure des Sages détruit, dévore, et réduit l'or même à sa première matière en le réincrudant. Chaque sublimation, suivant Philalèthe, est une aigle; et quoique sept suffisent, on peut les pousser jusqu'à dix. Ainsi, quand ils disent qu'il faut mettre sept aigles pour combattre le lion, nous n'entendons pas, dit le même Auteur, qu'il faille mettre sept parties de mercure ou de volatil contre le lion ou une partie du fixe, mais notre mercure sublimé et exalté sept fois. Plus il y aura d'aigle contre le lion, dit Basile Valentin, moins le combat sera long. Tourmentez le lion, ajoute le même Auteur, jusqu'à ce que l'ennui le prenne et qu'il désire la mort. Faites-en autant de l'aigle jusqu'à ce qu'elle pleure; recueillez ses larmes et le sang du lion, et mêlez-les ensemble dans le vase philosophique. Tout cela ne signifie que la dissolution de la matière, et sa volatilisation. L'aigle était un oiseau consacré à Jupiter, par la raison que le Mercure des Sages se volatilise, et emporte le fixe avec lui, dans le temps que le Jupiter des Philosophes, ou la couleur grise, succède à Saturne, ou à la couleur noire. L'aigle que Jupiter envoya pour dévorer le foie de Prométhée, ne signifie aussi que l'action du volatil sur le fixe ou pierre ignée, qu'ils ont appelé minière de feu céleste. C'est pourquoi on a feint que Prométhée avait volé le feu du ciel; et que, pour le punir, Jupiter le fit attacher à un rocher, qui désigne la pierre fixe des Sages, et que son foie, la partie la plus chaude de l'homme, y était continuellement dévoré par une aigle, quelques-uns ont dit un vautour, ce qui revient au même. Cette aigle était dite, pour cette raison, fille de Typhon et d'Echidna, c'est-à-dire de la putréfaction de la matière. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 5, ch. 17.
Les Spagyriques appellent Aigle le sel armoniac, et le mercure sublimé, à cause de la facilité avec laquelle ils se subliment. Mais ce n'est ni du mercure vulgaire, ni du sel armoniac des Droguistes qu'on doit l'entendre; c'est de ceux des Philosophes.
Aigle dévorant le lion. Expression Hermétique, qui exprime la volatilisation du fixe par le volatil, ou du soufre par le mercure des Sages.
Aigle étendue. Sel armoniac sublimé dans la Chymie vulgaire, et volatilisation de la matière dans le sens Hermétique.

Aigle volante. Mercure des Philosophes.

Aigu. C'est le magistère au rouge.

Aimant. Les Sages n'ont pas fait moins d'éloges de leur aimant que de leur acier. Mais il ne faut pas s'imaginer que cet aimant soit l'aimant vulgaire. Ils ne lui ont ordonné ce nom qu'à cause de sa sympathie naturelle avec ce qu'ils appellent leur acier. Celui-ci est la mine de leur or, et l'aimant est la mine de leur acier. Le centre de cet aimant renferme un sel caché, un menstrue propre à calciner l'or philosophique. Ce sel préparé forme leur mercure, avec lequel ils font le magistère des Sages au blanc et au rouge. Il devient une mine de feu céleste, qui sert de ferment à leur pierre, pour la multiplier, en faire l'élixir, la poudre de projection, et la médecine universelle. Et tout cela se fait par une opération simple, sans beaucoup de frais, mais dans un temps un peu long. Les Sages donnent aussi le nom d'aimant à leur mercure déjà fait, et à la partie fixée de la matière qui fixe le volatil.

Ajouter. On ne doit pas, par ce terme penser que les Philosophes prétendent qu'il faille ajouter une matière nouvelle à celle qui est déjà dans le vase, mais seulement qu'il faut continuer à cuire. Et quand ils disent nous n'ôtons rien, ni nous n'ajoutons rien à la pierre, il faut les entendre à la lettre; mais quand ils disent ensuite, nous en ôtons seulement le superflu, et nous lui ajoutons ce qui lui manque, c'est-à-dire que nous lui donnons la perfection qu'elle n'avait pas, au moyen des opérations du magistère.

Air. Est aussi un nom que les Chymistes Hermétiques donnent à leur mercure subtilisé, et sublimé en fleurs blanches, ou terre très tenue, qu'ils appellent aussi l'Oiseau d'Hermès, l'aigle, etc. Alexandre dit dans la Tourbe, ou Code de vérité, quand vous aurez tiré l'eau de l'air, l'air du feu, et le feu de la terre, vous aurez fait tout l'œuvre. Aristote le Chymiste dit aussi: il faut changer l'air en eau, convertir cette eau en feu, de ce feu extraire l'air; car c'est du feu chymique fixé, et de notre eau que l'on fait l'air, qu'il faut convertir en feu, duquel en continuant l'opération, on fait la terre, et de cette terre le feu. Et ainsi nous convertissons les éléments l'un en l'autre, car en convertissant les éléments on trouve ce qu'on cherche. L'air des Philosophes n'est donc qu'une eau coagulée par le feu, et réduite en poudre ou fleurs blanches très subtiles.

Airain d'Hermès. Terme de Chymie, dont se servent les Philosophes Hermétiques pour signifier le corps imparfait dont ils doivent se servir pour l'œuvre de la pierre. Ils lui donnent également ce nom, avant qu'il soit purifié de ses hétérogénéités, comme pendant la putréfaction et la décoction continuée qu'il lui faut pour le rendre soufre incombustible. Ils le nomment aussi Laiton, Orpiment, Lion vert, Arsenic, et de divers autres noms qu'on peut voir au terme Matière, et dans les articles qui les concernent.

Airain Noir. Matière des Philosophes pendant la putréfaction, ou leur laiton qu'il faut blanchir.

Airain Blanc. C'est le laiton blanchi, ou la pierre au blanc.

Airain Incombustible. Magistère au rouge parfait, parce qu'alors il ne craint plus les atteintes du feu.

Airazat. Quelques Chymistes ont donné ce nom au Saturne, mais il faut l'entendre de celui des Philosophes.

Aitmad. C'est l'antimoine vulgaire suivant les Chymistes, l'antimoine Saturnal, ou Philosophique, quand on le prend Hermétiquement. Voyez le livre Artéphius à ce sujet.

Aizoi. Johnson donne ce nom à la joubarbe, dans son traité de Lue Hungaricâ, p. 100.

Akem. Paracelse a employé ce terme pour signifier du beurre cuit. Johnson.

Akibrit. Voyez Alkibric.

Akilibat ou Alotin. C'est la térébenthine, suivant Planiscampi.

Alabari ou Airazat. Plomb des Philosophes, qu'ils ont aussi appelé Cœur de Saturne. C'est proprement la matière de l'Art, qui se tire de la race de Saturne.

Alacab. Sel armoniac Philosophique, que les Chymistes vulgaires interprètent du sel armoniac commun.

Alacap. Voy. Aigle des Philosophes.

Alceani. Terme de science Hermétique. C'est le changement de la forme superficielle des métaux, comme la déalbation de Vénus, qui est une fausse teinture de laine ou argent, etc. Planiscampi.

Alafar. C'est le vase Philosophique, et non le vase de verre qui renferme la matière de l'œuvre.

Alafarangi. Action de laver et d'épurer le plomb brûlé. Planiscampi.

Alafor, ou le Sel alkali.

Alahabar ou Alooc. Même chose qu'Alabari

Alartar. C'est l'æs-ustum, ou cuivre brûlé.
Alasalet. Quelques Chymistes ont donné ce nom au sel armoniac.

Alastrob. Voyez Alabari.

Alatans. Nom que quelques-uns ont donné à la litharge. Johnson.

Alaurat. C'est le nitre des Philosophes, et non le salpêtre vulgaire, sur lequel tant de Chymistes se sont exercés à pure perte.

Alazer. Soufre vif, ou Ambrosien. Il est rougeâtre, transparent, et ressemble beaucoup à l'orpiment fixé. Quelques Chymistes peu versés dans le véritable sens des Auteurs Hermétiques, particulièrement de Geber, ont pris ce soufre pour celui des Philosophes, qui n'est autre que leur matière parvenue à la couleur de ce soufre Ambrosien, au moyen de la cuisson Philosophique.

Albait ou Alfura. Un des noms de la céruse.

Albanum. Sel d'urine.

Albaras. Arsenic.

Albar Æris. Terre feuillée des Philosophes, ou leur laiton blanchi, leur Lune, leur Diane nue; enfin leur matière parvenue au blanc.

Alberick. Cuivre décapé et blanchi par quelques opérations chymiques. On y réussit avec l'arsenic, mais le cuivre reste cassant, et comme régulifié.

Albestos. Matière onctueuse, et bitumineuse, combustible, et de couleur de fer. On la trouve dans l'Arcadie, et Johnson dit qu'on ne peut l'éteindre quand elle est allumée. Je croirais que cet Auteur se trompe, et qu'il a pris le sens contraire de celui qu'il fallait, parce que la pierre amiante qui est de deux espèces, se nomme Albestes et Albeston. L'une et l'autre sont incombustibles. Les anciens se servaient de la scissile, qui ressemble à l'alun de plume, pour faire une toile dans laquelle ils brûlaient les corps des morts, pour en conserver les cendres. On trouve ces deux sortes d'amiantes sur les montagnes des Pyrénées. Il y croît aussi une plante, si nous en croyons Pomet, qui mise dans l'eau pour y être rouie comme le chanvre, et ensuite travaillée de même, produit une toile incombustible.

Albetud. Les Chymistes ont quelquefois donné ce nom au galbanum.

Albification. Voyez Blanchir.

Albimec. C'est l'orpiment.

Albor. Urine.

Alborach. Matière des Philosophes parvenue à la blancheur.

Alborca. V. Mercure Philosophique.

Albos. Creuset.

Albotar. Céruse.

Albotim, Albotai, Albotra. Même chose que Albotar, ou céruse.

Albusao. C'est le soufre des Sages; quelques Chymistes ont donné ce nom au soufre commun.
Alcabrick .V. Alkibric.

Alcady. Vitriol ou attrament blanc, ou sel blanc des Sages.

Alcafiel. Antimoine Philosophique ou matière Saturnienne propre à l'œuvre des Sages.

Alcalhal. Vinaigre en terme de Chymie vulgaire; mais ce vinaigre n'est pas celui des Philosophes, qui n'est autre chose que leur eau pontique, ou leur mercure dissolvant.

Alcaligatam. Composition chymique faite avec de la mumie et de l'esprit alkali; si l'on y ajoute du mercure doux, c'est, dit Planiscampi, un admirable remède pour la goutte, et surtout si elle procède d'un reste de maladie vénérienne.

Alcamor. V. Alahabar.

Alcani. V. Acazdir.

Alcanna ou Alcona. Espèce de canne ou arbrisseau creux et noueux dont les Arabes se servaient autrefois pour faire des piques. On l'emploie aujourd'hui dans la médecine, au lieu de gayac. Johnson.

Alcaol. Signifie quelquefois du lait aigri, et d'autre fois du mercure. Johnson. Cet auteur aurait dû dire qu'en termes de Philosophie Hermétique, lait aigri et mercure des Sages ne font qu'une même chose.

Alcebris Vif. C'est, en Chymie, le soufre vif ou naturel; mais dans l'art Hermétique c'est la pierre ignée, la matière parvenue au rouge dans la première opération des Philosophes.
Alcée. V. Hercule.

Alceste. Fille de Pélias et femme d'Admete, offrit sa vie pour sauver celle de son mari. Hercule descendit aux Enfers; après y avoir lié le Cerbère, il ramena Alceste dans le séjour des vivants, et la rendit à son époux. Voyez le liv. 5, ch. 21, des Fables Egypt. et Grecques dévoilées.

Alchabric. Voyez Alkibric

Alchaest. Voyez Alkaest.

Alcharit ou Zaibach. C'est le mercure, mais celui des Philosophes.

Alchazanon. Boue qui tombe des meules à aiguiser. On en fait un mastic excellent. Johnson.

Alchieram. Nom que quelques Chymistes ont donné à la tête morte, qui reste au fond de la cucurbite après la distillation. Rullandus.

Alchitram. Le même qu'Alchieram. On trouve ce nom dans quelques Chymistes, pour signifier l'huile de genièvre, la poix liquide, et Rullandus le donne à l'arsenic préparé.

Alchitura. C'est la poix liquide.

Alchonor. V. Alahabar.

Alchymie. Presque tous les Auteurs varient sur la définition de cette science, parce qu'il y en a de deux sortes, l'une vraie et l'autre fausse. La première se définit, selon Denis Zachaire, une partie de la Philosophie naturelle, qui apprend à faire les métaux sur la terre, en imitant les opérations de la Nature sous terre, d'aussi près qu'il est possible. Paracelse dit que l'Alchymie est une science qui montre à transmuer les genres des métaux l'un en l'autre.
Mais la vraie définition qu'on peut tirer de tout ce que les bons Auteurs disent de la vraie Alchymie, est telle: l'Alchymie est une science et l'art de faire une poudre fermentative, qui transmue les métaux imparfaits en or et qui sert de remède universel à tous les maux naturels des hommes, des animaux et des plantes. La fausse Alchymie ne peut mieux se définir, que l'art de se rendre misérable tant du côté de la fortune que de la santé.
La vraie consiste à perfectionner les métaux, et à entretenir la santé. La fausse à détruire l'un et l'autre.
La première emploie les agents de la Nature, et imite ses opérations. La seconde travaille sur des principes erronés, et emploie pour agent le tyran et le destructeur de la Nature. La première, d'une matière vile et en petite quantité, fait une chose très précieuse. La seconde, d'une matière très précieuse, de l'or même, fait une matière très vile, de la fumée et de la cendre.
Le résultat de la vraie est la guérison prompte de toutes les maladies qui affligent l'humanité. Le résultat de la fausse sont ces mêmes maux, qui surviennent communément aux souffleurs.
L'Alchymie est tombée dans le mépris, depuis que grand nombre de mauvais Artistes en ont imposé aux gens trop crédules et ignorants, par leurs supercheries. L'or est l'objet de l'ambition des hommes; les dangers auxquels l'on est obligé de s'exposer sur mer et sur terre, pour se procurer ce précieux métal, ne rebutent que peu de gens. Un homme se présente; il sait, dit-il, le moyen de faire croître dans votre propre maison la minière de tous les trésors, sans d'autres risques que celui d'une partie de ceux que vous possédez. Sur son verbiage, dont on ne connaît pas le faux, parce qu'on ignore le procédé de la Nature, on se laisse gagner, on sème son or, et l'on ne recueille que de la fumée; on se ruine, on finit enfin par détester l'imposteur, et douter de la vérité de l'existence de l'Alchymie, parce qu'on n'est pas parvenu au but qu'elle se propose en prenant un chemin opposé à celui qui y conduit.
Il est peu d'Artistes vrais Alchymistes; il en est beaucoup qui travaillent selon les principes de la Chymie vulgaire. Ces derniers puisent dans leur art des sophistications sans nombre; c'est lui qui fournit tous ces imposteurs, qui, après s'être ruinés, cherchent à ruiner les autres. C'est lui que l'on devrait mépriser par ces raisons, si l'on n'en avait de plus fortes de l'estimer, par le grand nombre de ses découvertes utiles à la société.Les vrais Alchymistes ne font point trophée de leur science; ils ne cherchent pas à escroquer l'argent d'autrui, parce que, comme disait Morien au Roi Calid, celui qui possède tout, n'a besoin de rien. Ils font part de leurs biens à ceux qui en manquent. Ils ne vendent point leur secret; s'ils en communiquent la connaissance à quelques amis, ce n'est encore qu'à ceux qu'ils croient dignes de le posséder et d'en faire usage selon le bon plaisir de Dieu. Ils connaissent la Nature et ses opérations, et se servent de ces connaissances, pour parvenir, comme dit S.Paul, à celle du Créateur. Qu'on lise les ouvrages d'Hermès Trismégiste, leur chef, ceux de Geber, de Morien, de Saint-Raymond Lulle, du Cosmopolite, de d'Espagnet, et de tant d'autres Philosophes Alchymistes. Il n'en est pas un seul qui ne prêche sans cesse l'amour de Dieu et du prochain, qui ne déclame contre les faux Alchymistes, et qui ne publie hautement que les procédés de la vraie Chymie ou Alchymie sont les mêmes que ceux que la Nature emploie, quoique abrégés par le secours de l'Art; mais absolument différent de ceux qui sont en usage dans la Chymie vulgaire. Qu'on ne se flatte donc pas d'y parvenir par son moyen; et qu'elle serve de pierre de touche à ceux qui seraient exposés à être trompés par des charlatans et des imposteurs. Le type ou modèle de l'art Alchimique ou Hermétique, n'est autre que la Nature elle-même. L'Art plus puissant que la Nature, par les mêmes voies qu'elle lui marque, dégage, en certains cas, plus parfaitement les vertus naturelles des corps des prisons où elles étaient renfermées; il amplifie leur sphère d'activité, et rassemble les principes qui les vivifient. Les opérations de la Nature ne diffèrent qu'en termes seulement des opérations de l'Alchymie, qui sont au nombre de sept ; savoir : calcination, putréfaction, solution, distillation, sublimation, conjonction, coagulation ou fixation. Mais ces termes doivent s'entendre philosophiquement, c'est-à-dire conformément au procédé de la Nature, qu'il faut bien connaître avant de vouloir l'imiter. Le feu qui sert le plus dans les opérations alchimiques, n'est pas le feu vulgaire de nos cuisines, connu sous le nom de feu élémentaire. C'est un feu céleste répandu partout, qui est la principale cause de la pierre, tant vantée des Philosophes, dont ils disent qu'il est le père. Et ce feu n'agirait cependant pas, s'il n'était excité par un feu céleste volatil, qui se tire par la distillation philosophique d'une terre connue des Philosophes, qu'ils appellent la mère de leur pierre. Becher a pris la défense et démontré l'existence de l'Alchymie, dans son Supplément de sa Physique.

Alcimad. Voyez Atimad.

Alcimede, femme d'Eson et mère de Jason. Voyez les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 2, chap. I.

Alcmene, femme d'Amphytrion, fut trompée par Jupiter, sous la forme de son époux, et avec le secours de Mercure, sous la figure de Sosie; il en naquit Hercule. Les Alchymistes disent qu'Alcmene représente l'eau métallique qui est mariée avec l'or des Philosophes, sous le nom d'Amphytrion; Jupiter qui est le symbole du soufre, se joint à cette eau par l'adresse du Chymiste, ou Sosie; et de cette union naît Hercule, ou le mercure Philosophique. Voyez les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 5, ch. I et suivants.

Alcob. C'est l'æs-ustum. Quelques-uns l'interprètent du sel armoniac; mais il doit s'entendre du mercure des Philosophes.

Alcofol. Voy. Atimad. On dit aussi AlcoSol.

Alcohol. C'est l'antimoine.

Alcol. Quelques Chymistes ont donné ce nom au vinaigre.

Alcolisme. Action de triturer, broyer, corroder, réduire en poudre.

Alcone. Oripeau, laiton, en fait de Chymie; mais en termes Hermétiques, c'est le laiton des Philosophes, qu'il faut blanchir.

Alcool. Glaceati Corneoli. Poudre de cristal, très-subtile et impalpable.

Alcool est le nom que les Chymistes donnent à toutes les substances pures, extraites par distillations, ou autrement, des corps des animaux, végétaux ou minéraux. C'est ce que d'autres appellent Esprits.
Paracelse donne aussi ce nom aux poudres très subtiles, telles que la fleur de farine, quand elles sont sans mélange. Mais ce terme ne s'applique guère aujourd'hui par les Chymistes qu'à l'esprit de vin rectifié.
Alcool Minéral. Substance très pénétrante, et la plus subtile partie des éléments, très fixe, et extrêmement digérée par un feu astral et invisible. Cette substance se trouve dans tous les mixtes; mais l'Art l'extrait d'un seul pour la faire entrer dans la composition de la pierre philosophale, et de l'élixir universel, qui sert de médecine à toutes les maladies des trois règnes.

Alcoolisation. Réduction d'un corps en ses plus petites parties; c'est la même chose, selon les Philosophes Spagyriques, que calcination philosophique ; car ils se servent indifféremment de l'un et de l'autre de ces termes pour exprimer la même chose. Il ne faut cependant pas confondre l'alcoolisation avec la calcination des Chymistes vulgaires; car dans la science Hermétique, on ne se sert de ce dernier terme que par similitude.
Alcophil Noir, Alcophil nigra. C'est un des noms que les Alchymistes ont donné à l'antimoine. On dit aussi Alcophit.

Alcore. C'est le talc.

Alcubrit ou Alcubrith. V. Alkibric.

Alcur. Soufre.

Alebion. Frère de Libys, tué par Hercule. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 5, chap. 12.

Alec. C'est le sel.

Alech. Même chose que vitriol.

Alecharit. Mercure commun et non vulgaire, mais celui des Philosophes.

Alechil. Nom que quelques Chymistes ont donné au trépied sur lequel on pose quelque vase, pendant les opérations chymiques.

Alecto. L'une des Furies, qui avec ses deux soeurs, Tysiphone et Mégere, filles de l'Achéron et de la Nuit, selon quelques-uns, filles de Jupiter, selon d'autres, furent constituées pour tourmenter les ombres dans le royaume de Pluton. Elles représentent l'action de l'eau mercurielle, appelée Dragon, sur la partie fixe de la matière, pendant la putréfaction et la volatilisation. Voyez le livre 3 des Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, chap. 6.

Alectorie. Lapis Alectorius. Espèce de pierre brillante et presque transparente comme du cristal, de la grosseur d'une fève. On la trouve dans le ventricule des vieux chapons et des vieux coqs, si l'on en doit croire Albert. Les anciens disaient que l'alectorie rendait l'homme qui la portait courageux, très-fort, et lui procurait beaucoup de richesses. C'est pour cela, disaient ils, que Milon Crotoniate sortait toujours victorieux du combat. Ils la regardaient aussi comme un philtre, et lui donnaient la propriété de modérer la soif. Johnson.

Alefantes. C'est le Flos solis.

Alembaci. Plomb brûlé ou calciné.

Alembic. Les Philosophes Hermétiques donnent quelquefois ce nom à leur mercure, parce que c'est par son moyen qu'ils font leurs prétendues distillations, sublimations, etc.

Alembroth. Nom que les Philosophes Spagyriques ont donné quelquefois au sel de leur mercure, qu'ils appellent aussi le sel des Philosophes, et la clef de l'Art.
Alembroth est encore le nom que quelques Chymistes ont donné au sel de tartre, qu'ils ont aussi appelé le Magistère des Magistères. Johnson. Rull.

Alemzadar. Sel armoniac.

Alernet. Orpiment.

Ales. Tout sel composé du mélange de plusieurs autres sels.

Aleth. Jupiter des Philosophes, et l'étain des Chymistes.

Aleusanti. Voyez Alosanti.
Alexanthi. Fleurs d'airain.

Alexir. Toute médecine chymique.

Alezaram. Lavure de plomb, ou Saturne des Philosophes nettoyé et blanchi.

Alfacio. V. Atimad

Alfacta ou Alfata. C'est le même que distillation.

Alfadidam. Scories, écume de fer, non celle qui reste dans la fournaise, mais celles qu'on appelle aussi pailles de fer, qui tombent auprès de l'enclume, quand on y bat le fer au marteau.

Alfatida. Cuivre brûlé. Il signifie aussi limaille de cuivre.

Alfidus. Le même que Céruse.

Alfol. Sel armoniac, en fait de Chymie vulgaire; et l'aigle des Philosophes, quand il s'agit de science Hermétique.

Alfur. Safran commun pour les Chymistes, et safran des Sages, ou la matière des Philosophes parvenue, par la digestion, à la couleur de safran.

Alfura ou Albait. La céruse, ou la matière de l'œuvre parvenue au blanc.

Alfusa. C'est la tuthie.

Algali. Nitre. En termes de science Hermétique, c'est la première matière de l'œuvre.
Algamet. Charbon.

Algatia. Civette.

Algeroth. Poudre du mercure de vie.

Algibich. Voyez Alkibric.

Alhenot. V. Alahabar.

Alhofol. Antimoine.

Alhohonec. Voyez Adehem.

Alhohonoc. Voyez Alahabar.

Alias. Même chose que Vase.

Aliba. Une des colonnes qu'Hercule planta aux confins de la Mauritanie. Voyez les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 5, chap. 12.

Aligule. Toute confection chymique.

Aliment de la Pierre. C'est le feu.

Alinzadir et Alinziadir. C'est le sel armoniac.

Aliocab. Sel armoniac.

Alistites. Sel armoniac.

Alix. Sel commun préparé.

Alkaest. Liqueur qui, selon Paracelse et Van-Helmont, dissout tous les corps visibles, et les réduit à leur première matière. Il diffère de ce que les vrais Chymistes appellent leur Mercure. Cette dissolution est naturelle, douce, sans corrosion; elle conserve la semence des corps, la dispose à la génération; au lieu que les dissolutions des Chymistes ordinaires se font par des eaux fortes, qui participent, dans leurs effets, du feu élémentaire qui détruit et tue, au lieu de vivifier. C'est pourquoi les Philosophes Hermétiques disent: Les Chymistes détruisent, nous édifions; ils brûlent par le feu, nous par l'eau; ils tuent, nous ressuscitons. Ils lavent par l'eau, nous par le feu, etc. Paracelse en décrit la préparation dans son livre 2. de Nat. rerum.Martin Rullandus dit que l'Alkaest est un mercure préparé, non du tartre, comme quelques uns l'ont cru, trompés par un endroit de Van-Helmont, où il dit en parlant de l'Alkaest: si vous ne pouvez parvenir à découvrir ce secret du feu, apprenez au moins à rendre le sel de tartre volatil, pour faire vos dissolutions par son moyen. Van-Helmont, de Febribus. Michel Toxite dit aussi que l'Alkaest est un mercure préparé pour les maladies du foie.Plusieurs Chymistes ont prétendu que l'Alkaest ne différait point du grand et du petit circulé de Paracelse, fait avec l'esprit de sel commun; d'autres ont cru l'avoir trouvé dans l'étymologie du nom même Alkali est, comme si l'on disait c'est du sel alkali; mais comme les sels alkalis des cendres, de la soude, du tartre, etc., ne produisaient pas l'effet de l'alkaest, on imagina d'alkaliser le nitre en le fixant. Glauber en fit son sel, auquel il donna le nom de sel admirable. Mais ni les uns ni les autres n'ont réussi. Un Auteur, dont je ne me rappelle pas le nom, dit que c'est une liqueur très commune chez les Arabes. Paracelse ni Van-Helmont n'ont expliqué assez clairement ce qu'ils entendaient par cette liqueur dissolvante, pour qu'on puisse la deviner par la lecture de leurs ouvrages. Il diffère du dissolvant des Philosophes, en ce que celui-ci s'unit inséparablement à ce qu'il dissout, et l'autre s'en sépare sans diminution.

Alkal. Cendres gravelées ou clavelées.

Alkalac. Sel fixe.

Alkalap. Etain, Jupiter.

Alkalat. Fleur de sel, sel sublimé.

Alkalid. V. Allor

Alkalie. Vase des Philosophes.

Alkant. Mercure des Sages.

Alkara. Cucurbite.

Alkasor. Pierre au rouge, ou le soufre.

Alkaut. Mercure, ou argent vif.

Alkautum. Nom que quelques Chymistes ont donné à l'arsenic; d'autres au cuivre brûlé ou æs-ustum. Johnson.

Alkibert. Voyez Alkibric.

Alkibic, Alkibric. Soufre des Sages, ou la matière philosophique parvenue à la couleur de pourpre dans la première préparation. Alors c'est leur soufre vif, leur or, leur Apollon, leur minière de feu céleste, leur Prométhée, leur Osiris, etc.

Alkin. Cendres gravelées, ou cendres des Philosophes, qu'il ne faut pas mépriser, dit Morien, parce qu'elles contiennent le diadème de leur Roi, leur Bacchus, leur Esculape, etc.

Alkir. C'est la fumée et les charbons.

Alkoel. Johnson dit que c'est une espèce de plomb très fin, tiré des mines où l'on trouve le lapis lazuli; quelques-uns ont appelé ce plomb Antimoine.

Alkooliser. Voyez Alcoolisation.

Alkosor. Camphre.

Alky-Plomb. Voyez Altey-Plomb.

Allabor, Alcamor, Alchonor, Allarinoch, Alracas. Tous ces noms signifient la même chose qu'Alahabar.

Allor. Æs-ustum en grenailles.

Allutel. V. Aludel.

Almacauda. Litharge.

Almagra. Les Chymistes ordinaires donnent ce nom au bol, au cuivre, au laiton; mais les Philosophes Chymistes ne l'entendent que de la matière de leur pierre. O bon Roi, vous devez savoir parfaitement avant toutes choses, que la fumée rouge, et la fumée blanche, et le lion vert, et almagra, et l'immondice de la mort, et le limpide, et le sang, et l'eudica, et la terre fétide, sont des choses dans lesquelles consiste tout le magistère. Morien. Almagra est le laiton que j'ai nommé ci-dessus la terre rouge. Idem. C'est-à-dire le soufre Philosophique.

Almakist. Litharge.

Almarago. Corail.

Almarcat. Litharge, ou scories de l'or.

Almargaz. Plomb réduit en litharge dans la coupelle.

Almargen et Almargol. Corail.

Almarkasite. Voyez Mercure.

Almartack. Litharge calcinée.

Almarzida Litharge d'argent.

Almat. Céruse, ou rouille de plomb.

Almatkasite. Argent vif.

Alme ou Alma. Eau philosophique.

Almechafide. Cuivre, airain.

Almene. Sel gemme.

Almetai. Scories de fer.

Almiba. Etain, Jupiter.

Almisa. C'est le musc, si nous en croyons Planiscampi.

Almisadir ou Almizadir. Vert-de-gris, rouille de cuivre. Paracelse semble l'entendre dans ce sens là, quand il s'écrit par un Z. au lieu d'un S. Mais les Philosophes appellent leur sel armoniac, Almisadir, Almisadit, et quelquefois Almisadu.

Almisarub. Terre philosophique, qu'il faut cultiver pour y semer le grain d'or qui doit produire au centuple, et davantage. Voyez TERRE FEUILLÉE.

Alnec ou Allenec. Etain, Jupiter.

Alo. Sel commun pour la Chymie et sel des métaux pour le sens Hermétique.

Alocaf. Sel armoniac.

Alofil. Bande de linge, qu'on emploie pour sceller les vases. Johnson.

Alomba. V. Alahabar, Acazdir.

Alombari. Plomb brulé. Planiscampi.

Alooc. Voyez Alahabar.

Alos. Sel en général.

Alosanthi. Fleurs de sel.

Aloset. Mercure des Philosophes.

Alotin. Voyez Akilibat.

Alous. Fils du Soleil et d'Antiope. Voyez les Fables Egypt. et Grecques, liv. 3, chap. 14, par. 6.

Alrachas. Voyez Alahabar.

Alsech. Alun.
Alselat. Cuivre brûlé, æs-ustum.

Alsufir. Couleur rouge qui survient au magistere des Sages à la fin des opérations. Calid. chap. 1. des Secrets de l'Alchymie.

Altafor. Camphre.

Altambus. Pierre rouge, ou pierre du sang humain; c'est l'élixir Philosophique.

Altara. Cucurbite.

Altey-Plomb. Sel de Saturne, ou matière douce, extraite du Plomb, au moyen du vinaigre. Johnson. Voyez Ame De Saturne.

Althanaca. Orpiment.

Altimar. Æs-ustum, cuivre calciné.

Altimion. Scories de plomb.

Altingat. Vert-de-gris, rouille de cuivre.

Altinuraum. Vitriol, attrament.

Altit. Assa foetida.

Altofet. Antimoine.

Aluach ou Aluhec. Jupiter, étain.

Aludel ou Alutel. Vase requis pour le grand œuvre. Geber le décrit ainsi dans la 4o partie du liv. I de sa Somme de la perfection. L'Aludel doit être fait d'un verre épais également partout; toute autre matière ne vaut rien pour cet effet, à moins qu'elle ne soit d'une substance qui ait beaucoup d'affinité avec le verre, telle que celle des cailloux. Car le verre seul est propre par sa consistance et en substance inaltérable à retenir les esprits ténus et subtils des mixtes, qui s'évaporeraient par les pores des autres matières. Les métaux mêmes ne valent rien pour cela, parce que l'affinité qu'ils ont avec les esprits minéraux et métalliques en feraient une réunion, au lieu de les laisser sublimer. Mais Geber, comme les autres Philosophes, n'entend pas toujours le vase de verre, par le terme Aludel; souvent et le plus communément ils désignent sous ce nom le vase philosophique, qu'il ne faut pas confondre avec le vase dans lequel on renferme la matière. C'est pourquoi quand ils disent de sceller hermétiquement l'Aludel, cela veut dire, qu'il faut fixer le mercure des Sages. Voyez Vase.
Les Chymistes vulgaires ont interprété Aludel par fourneau, cucurbite; lorsque les Adeptes en parlent en semblant indiquer un fourneau, il faut l'entendre de leur fourneau secret, qui quelquefois se prend pour la matière de laquelle ils extraient leur mercure; d'autres fois, de leur soufre animé, vif, ou pierre ignée, qui entretient et conserve le feu interne et agissant de l'œuvre. Aludel se prend encore pour le mercure même animé.

Aludit. Mercure des Sages.

Aluech. Jupiter, étain purifié.

Alumboti. Plomb calciné.

Alumonodig. Sel armoniac.

Alun. Nom que les Philosophes ont donné quelquefois à leur sel, qui n'est pas l'alun vulgaire; mais un sel principe de l'alun, des autres sels, des minéraux et des métaux.Alun Alafuri. Sel alkali.
Alun De Alap. Sel de Grece. Planisccmpi.Alun Alkali. C'est le nitre fixé.
Alun Alkori. Nitre simple.
Alun Marin. Esprit humide de l'air, qui vivifie tous les êtres sublunaires, par la chaleur qui l'accompagne.Alun Syrach, Alun Alkokar, Alun Alfurin.
Alun calciné.

Alunibur. Argent, Lune des Philosophes, leur pierre au blanc parfait.

Alunsel. Quelques Chymistes appellent ainsi les gouttes qui tombent du chapiteau de l'alambic dans le récipient. Rullandus.

Alusar. Manne.

Alusen. Toute matière soufrée.

Alusir. Nom que quelques Adeptes ont donné à la pierre fixée au rouge de couleur de pourpre.

Alzafar. Cuivre brûlé.

Alzegi. Attramens.

Alzemafor. Cinabre.

Alzernad. Magistère au rouge.

Alzilat. Poids de trois grains. Johnson.

Amalgamer. Faire la réunion du mercure philosophique avec le soufre ou l'or des Sages; non pas à la manière des Chymistes vulgaires, en broyant dans un mortier ou autrement, une matière solide avec un corps liquide, mais en conduisant le feu des Philosophes, suivant le régime prescrit; c'est-à-dire, en perfectionnant l'œuvre par la cuisson ou digestion continuée, au feu égal, sulfureux, environné et qui ne brûle pas. Voyez Artephius, sur le régime du Feu.

Amalgra ou Almagra. Soufre des Philosophes, ou pierre au rouge.

Amar. Vinaigre des Sages, et leur dissolvant. Les Chymistes vulgaires ont quelquefois donné ce nom au vinaigre commun.

Amalthée. Chèvre qui fournit le lait dont les Nymphes nourrirent Jupiter. Ce Dieu la transporta au ciel, et fit présent à ses nourrices d'une des cornes de cette chèvre, à laquelle il donna la propriété de procurer à ces Nymphes tout ce qu'elles désireraient; elle en prit le nom de Corne d'abondance. Voyez-en l'explication chymique, liv. 3, chap. 4, et ailleurs, des Fables Egyptiennes et Grecq. dévoilées.

Amazones. Les histoires anciennes sont pleines des actions de ces femmes guerrières, ainsi nommées. On compte au nombre des travaux d'Hercule la victoire qu'il fut obligé de remporter sur elles, pour pouvoir enlever à Hyppolite leur Reine, un baudrier orné de diamants et de rubis qu'Euristhée avait demandé à Hercule. Après que celui-ci eut pris cette Reine, il la donna à Thésée qui l'avait accompagné, et porta le baudrier à Euristhée. Les Philosophes hermétiques expliquent ce travail d'Hercule dans le même sens que ses autres travaux. C'est une allégorie, disent-ils, de la perfection du grand œuvre de la pierre, et de la médecine parfaite au blanc et au rouge, représentée par ce baudrier, orné de rubis et de diamants; parce qu'il n'y a rien au monde de si précieux que cette médecine universelle. Voyez les Fables Egyptiennes et Grecq. dévoilées, liv. 5.

Ambroisie. Nourriture des Dieux; c'est le mercure des Philosophes Hermétiques, principe de tous les métaux.

Ame. Magistere parfait au rouge; parce qu'alors il est proprement le ferment qui anime la pierre pour en faire l'élixir. Les Chymistes donnent aussi ce nom au soufre moyen, parce que, de même que l'âme conserve le corps par une chaleur et un humide radical qui empêchent la dissolution des parties, de même le soufre moyen, comme un baume, agglutine les parties, en conserve l'union et la cohésion.

Ame De Saturne . Anima Saturni, ou Althea plumbi. Terme de Chymie. Douceur très suave du plomb, extraite avec le vinaigre, puis précipitée avez l'eau commune. Planisc.

Ame Du Vitriol. Soufre vitriolique que l'on extrait de la façon suivante: ayez des terrines vernissées, tenant environ quatre pintes chacune; mettez-y trois bonnes pintes d'eau de pluie filtrée, et trois poignées de vitriol commun en poudre; remuez bien le tout, et laissez dissoudre le vitriol, après avoir mis les vases à l'air ou au soleil; il se formera sur la superficie de l'eau une pellicule de couleur d'arc-en-ciel, que vous enlèverez adroitement avec une cuiller de verre ou d'ivoire, et la mettrez dans un vase ou creuset, qui puisse résister au feu. Après avoir enlevé cette première, vous agiterez l'eau, et quand elle sera reposée, il se formera une seconde pellicule, que vous enlèverez comme la première. Vous continuerez l'opération jusqu'à ce qu'il ne s'en forme plus. Cette Ame de Vitriol mise à un feu violent, devient rouge comme du sang, et ne s'y consume pas. Lorsque les vases sont à l'air, il faut les garantir de la pluie et de la poussière. Cette poudre rouge, mêlée en petite quantité avec du cuivre décapé et liquéfié, y fait un effet surprenant, de même qu'avec les autres métaux. Minsych.

Ame Sensible. C'est le sel armoniac, suivant Manget.

Amelite. Les Egyptiens donnaient ce nom à la femme imaginaire de Zoroastre, et n'entendaient par-là que l'humidité de l'air subtil, extrêmement raréfié, servant de véhicule au feu céleste signifié par Zoroastre, qui, faute de cet air pur et délié, ne pourrait se manifester sensiblement. Leur union indivisible, qui fait la vie de tous les êtres de la Nature, a été de tous les temps le digne objet de l'attention et du culte des anciens Philosophes Naturalistes, ainsi que l'Histoire nous l'apprend en traitant des religions les plus accréditées. L'on feint qu'Abramane ou Denis, Prince des ténèbres, est opposé à Zoroastre, auquel ce premier déclare une guerre ambitieuse, dont l'événement ne peut être qu'à la gloire de Zoroastre, c'est-à-dire à celle de la lumière, puisque les ténèbres ne sont qu'une privation de lumière, et qu'une privation n'a point d'existence.

Amender. On trouve ce terme dans presque tous les Auteurs Chymiques, pour signifier perfectionner. La nature s'amende en nature; nature amende nature: ils entendent par ces termes, que la nature se sert toujours dans ses opérations de choses homogènes pour perfectionner ses ouvrages, et que les parties de matière qui composent les individus d'un règne, sont plus propres à perfectionner les individus de ce même règne, que celles qui seraient prises d'un autre. Ainsi un métal n'est pas propre à perfectionner un végétal, et un végétal le serait encore moins à l'égard du minéral. Mais comme la nature tend toujours à la perfection des êtres, et qu'elle emploie les voies les plus simples et par degrés, le règne minéral ayant été en quelque façon créé le premier, a pu servir de base au règne végétal; et le règne animal, comme le plus parfait, a été formé des deux autres, se nourrit et s'entretient d'eux, sans cependant qu'ils puissent se servir mutuellement de semence; parce que chaque règne a la sienne spécifiée et déterminée. Il faut donc prendre celle du minéral pour faire l'œuvre des Philosophes, et non celles des deux autres règnes.

Amene. Sel marin ou commun.

Amentum. Alun.

Amethée. Nom d'un des chevaux qui tiraient le char de Pluton. V. Abaster.

Amianthe. Pierre incombustible. Voyez Albestos. Les Philosophes ont donné le nom d'Amianthe à leur pierre, parce qu'elle résiste aux atteintes du feu le plus violent.

Amisadir. Voyez Almisadir.
Amisader et Amisadir. Sel armoniac philosophique.

Amithaon. Fils de Créthée, et oncle de Jason. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. liv. 2, chap. I.

Ammon. Le même que Jupiter, Dieu des Egyptiens. Voyez le livre I des Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, sect. 3, chap. 8.Ammon fut adoré en Lybie sous la figure d'un bélier, soit parce que Jupiter, en se sauvant avec les autres Dieux en Egypte, pour se soustraire à la poursuite des Géants, prit la forme de cet animal; soit, comme le disent d'autres, que Jupiter sous la figure d'un bélier, ait fait sourdre une fontaine, pour désaltérer l'armée de Bacchus.

Amnis Alkalisatus. Quelques Chymistes Spagyriques ont ainsi nommé les sources d'eau, qui en passant et se filtrant à travers les terres calcaires, se sont imprégnées de sels alkalis.

Amogabriel. Cinabre.

Amphion. Fils de Jupiter et d'Antiope. Il bâtit la ville de Thèbes, et les pierres s'arrangeaient d'elles-mêmes au son de sa lyre; Mercure avait été son maître de musique. Voyez les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 3, chap. 14, par. 6.

Amphytrion. Epoux d'Alcmene, selon la Fable. Voyez ce qu'il signifie selon Explication des Alchymistes dans l'art. Alcmene

Amycus , Roi de Bebrycie, fils de Neptune et de la Nymphe Melie, défiait les étrangers aux palets; Pollux, un des Argonautes, accepta le défi, et tua Amycus. Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. I, chap. I.

An. Soufre des Philosophes, ainsi nommé parce qu'étant en même temps leur Apollon, leur Soleil, il dirige ensuite les opérations de la pierre pendant le cours des quatre saisons de l'année philosophique, requises pour la perfection de l'œuvre. C'est pourquoi ils l'ont aussi appelle le Père de la pierre.

Anacab. Sel armoniac des Sages.

Anachron. Voyez Anathron.

Anathron. Espèce de sel qui croît sur les pierres, et qui diffère du salpêtre. Quand on le fait cuire, il devient une espèce d'alun acide. Si l'on pousse le feu, il prend la forme et la transparence du verre, et laisse une écume, que les Anciens regardaient faussement comme un fiel de verre. Ils l'appelaient Fæx vitri. Planiscampi. Rulland le nomme Sagimen vitri Baurac.

Anaton. Signifie quelquefois l'écume ou sel de verre; mais ordinairement on le prend pour le sel nitre.

Anatosier. Sel armoniac.

Anatris. Mercure.

Anatrum. Verre coloré de différentes couleurs. On l'appelle plus communément Terre sarrasine ou Smaltum.

Anatum. Coque d'œuf.

Ancée. Fils de Neptune et d'Astipalée, fut un des Argonautes; il succéda à Typhis dans la conduite du navire Argo. Fabl. Egyptiennes et Grecques dévoilées, liv. 2, chap. I.

Anchise. Père d'Enée, qui le sauva sur ses épaules de l'embrasement de la ville de Troie, après que les Grecs s'en fussent rendus les maîtres. Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, Descente d'Enée aux Enfers.

Anchre. C'est la chaux, ainsi nommée à cause de la propriété qu'elle a de fixer les choses volatiles.

Ancinar. Borax.

Ancosa. Laque.

Andena. Chalybs Orientalis, est un acier qu'on nous apporte de l'Orient. Il se liquéfie au feu, comme les autres métaux, et peut être jeté en moules. Rulland.

Androgine ou Hermaphrodite. Nom que les Chymistes Hermétiques ont donné à la matière purifiée de leur pierre, après la conjonction. C'est proprement leur mercure, qu'ils appellent mâle et femelle, Rebis, et de tant d'autres noms, qu'on peut voir dans l'article Matière.
Ils l'ont nommé ainsi, parce qu'ils disent que leur matière se suffit à elle même pour engendrer, et mettre au monde l'enfant royal, plus parfait que ses parents. Que leur matière est une; c'est leur azoth duquel ils répètent souvent que l'azoth et le feu suffisent à l'Artiste; que néanmoins elle conçoit, elle engendre, elle nourrit, elle manifeste enfin ce Phénix tant désiré, sans addition d'autre matière étrangère. Il faut cependant savoir que leur matière est composée de deux et même de trois, sel, soufre et mercure; mais que tout n'est autre que le fixe et le volatil qui étant joints et réunis dans les opérations, ne sont plus qu'une matière qu'ils appellent alors Androgyne, Rebis, etc.

Andromede. Fille de Cephée et de Cassiopée, fut exposée à un monstre marin, et délivrée par Persée qui l'épousa. La Fable feint que tout cela se passa en Ethiopie, parce que les Philosophes emploient l'allégorie des dragons qui combattent entre eux, ou qui sont vaincus par des Héros, pour exprimer le combat du fixe et du volatil dans le temps que la dissolution de la matière la rend noire comme de la poix fondue. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. liv. 3, chap. 14, par. 3.

Andurac. Orpiment rouge.

Aneric. Soufre.

Anerit. Soufre vif.

Anfaka. Présure, matière fixe des Sages.

Anficarto-Esprit. Esprit de sel.

Anfir-Fils. Mercure philosophique.

Anfuka. Matière coagulée. En termes de science Hermétique, c'est le soufre fixe et incombustible des Philosophes, qui fixe le mercure, et en fait l'élixir propre à fixer en or les métaux imparfaits.

Anges. Les Philosophes Chymiques donnent quelquefois ce nom à la matière volatile de leur pierre. Ils disent alors que leur corps est spiritualisé; et qu'on ne réussira jamais dans le grand œuvre, si on ne corporifie les esprits, et ne spiritualise les corps. Cette opération est la sublimation philosophique; et l'on doit savoir que le fixe ne se sublime jamais, s'il n'est aidé du volatil.

Angle. La chose à trois angles. Terme de science Hermétique. Les Philosophes disent que leur matière, ou le mercure philosophal, est une chose qui a trois angles en sa substance, quatre en sa vertu, deux en sa matière, et une en sa racine. Ces trois angles sont le sel, soufre et mercure; les quatre sont les éléments ; les deux, le fixe et le volatil; et une, c'est la matière éloignée, ou le chaos d'où tout a été fait.

Aniada. Terme de Philosophie Spagyrique, qui veut dire les forces et les vertus des astres, dont, disent-ils, nous recevons les influences célestes par l'imagination et la fantaisie. Dans le sens moral, ce sont les grâces que nous recevons par les Sacrements. Rulland.

Aniadin. Signifie longue vie, selon les Philosophes Chymiques. Planiscampi.

Aniadum. Selon le sens moral des Philosophes Hermétiques, veut dire les grâces que le Saint-Esprit infuse en nous. Ou, selon Rulland, c'est l'homme même spirituel, régénéré en nous, après qu'on a dépouillé l'homme terrestre ou le vieil Adam.

Animal. Les Philosophes Hermétiques ont donné ce nom à leur matière, après qu'elle a passé par la putréfaction. Son nom naturel est Animal; et quand elle a ce nom, elle sent bon, et il ne demeure ni obscurité, ni mauvaise odeur en elle. Morien.
Animal est aussi un des noms que les Philosophes Hermétiques ont donné à la matière préparée de la pierre. Prenez, avec la bénédiction de Jésus-Christ, l'animal avec tout son sang. On l'appelle Animal, parce qu'elle croît dans la sublimation, et qu'elle a une âme de couleur sanguine, à savoir l'esprit invisible de vitriol. Joan. de Rupe Scissa.

Animation, en termes de science Hermétique. Donner au mercure un esprit métallique, qui le vivifie, pour ainsi dire, et le rend propre à produire le soufre philosophique. Le Philalèthe et Bernard Trévisan ont beaucoup parlé de cette animation. Le Trévisan l'appelle alors, Mercure double. Quelques Chymistes ont entendu les paroles du Philalèthe comme s'il parlait du mercure vulgaire, mêlé avec l'or aussi vulgaire; mais il faut l'expliquer du mercure et de l'or vif des Philosophes.

Animer. Donner au mercure philosophique une âme métallique. Voyez Animation.

Anneau du Souverain Lien. Termes de Philosophie Chymique, qui signifient les différentes liaisons des quatre éléments qui semblent faire une chaîne dont le mercure philosophal est le produit, et comme l'anneau qui les unit.
Anneau d'Or, couvert d'argent. C'est la pierre au blanc, qui dans son extérieur est blanche, et cache l'or, ou la rougeur dans son intérieur. Quelques-uns l'ont dit du nitre.

Année. Les Philosophes ont un calcul différent du calendrier vulgaire, quand il s'agit de compter leurs années, leurs mois, leurs semaines et leurs jours. Ils comparent le temps qu'il faut pour parfaire l'œuvre à l'année commune, parce qu'ils partagent leurs opérations en quatre temps, comme l'année commune en quatre saisons. Ils ont adopté les mêmes dénominations, et on les trouvera expliquées dans leurs articles.
Philalèthe dit que les Sages réduisent les années en mois, les mois en semaines, et les semaines en jours; mais cette réduction n'est pas encore une règle générale, suivant laquelle on doit s'imaginer que les Philosophes travaillent, puisque l'Adepte, qui fit la projection devant Helvetius le père, lui dit que l'œuvre pouvait se faire en quatre jours. On peut consulter là-dessus le Vitulus Aureus du même Helvetius.
Philalèthe fait même remarquer qu'il faut entendre cette réduction de l'année, de la médecine du troisième ordre, et même de l'année philosophique. C'est dans le même sens qu'il faut expliquer Pline, lorsqu'il dit, que l'année philosophique est le mois commun; il fallait ajouter philosophique.
D'autres disent que l'année philosophique est de sept ans et neuf mois. Au bout des trois premières années le mercure ou vinaigre philosophique devient médecine; après cinq ans, le mercure ne l'est plus, c'est la terre feuillée; et sept ans expirés parfont le magistère et la médecine universelle, auquel temps il faut encore ajouter neuf mois pour l'élixir ou poudre de projection.
On peut dire, en général, que l'année des Philosophes n'est pas déterminée par le nombre des jours. Si l'agent ou le feu philosophique est bien administré suivant les règles de l'art, l'œuvre sera plus tôt finie. Mais quelque nombre de jours que l'on emploie, l'année Hermétique sera toujours complète, parce qu'elle aura eu ses quatre saisons. L'hiver qui est le commencement de l'œuvre, dure jusqu'après la putréfaction: le printemps commence lorsque la matière sortant de la putréfaction se volatilise, et passe de la couleur noire à la blanche; l'été dure depuis que la couleur blanche se change en couleur orangée jusqu'au rouge de rubis. Alors c'est l'automne, temps où l'Artiste recueille les fruits de ses travaux.
Ainsi, quand les Philosophes disent qu'il faut trois ans pour parfaire l'œuvre, ils ont raison dans leur sens; mais il ne faut pas l'entendre de trois années vulgaires: c'est des trois opérations requises: la première, pour faire leur soufre ou minière du feu; la seconde, pour la pierre ou l'élixir; la troisième, pour la multiplication: et comme on peut répéter la multiplication jusqu'à sept fois, quelques-uns ont dit qu'il fallait neuf ans, d'autres douze. Ce qui ne doit s'entendre que de la réitération de chaque opération; puisque Morien nous assure que la seconde est une répétition de la première. Philalèthe a nommé les trois premières opérations, les médecines du premier, du second et du troisième ordre de Géber. Voyez TEMPS .

Annora. Terme de Chymie, qui signifie en général de la chaux vive; mais plus particulièrement de la chaux de coquilles d'œufs.

Anodé. Urine.

Anontage. Pierre philosophale.

Anoxadic. Sel armoniac.

An-Pere ou Pere De L'année. C'est le soufre des Philosophes, ou leur Soleil, ainsi nommé de ce qu'il dirige le cours de l'année Hermétique dans la seconde opération et les suivantes.

Antaric, Antaris, Antarit, Sont trois termes qui ne signifient que la même chose; c'est-à-dire le mercure des Sages.

Anthos. Fleur de Romarin. Rosmarinus. Paracelse a transporté cette signification aux métaux, et s'est servi de ce terme pour signifier leur quintessence, ou l'élixir aurifique. Voyez les Archidoxes, et son traité de Natura rerum

Anthée, fils de Neptune et de la Terre, géant d'une prodigieuse grandeur. Il faisait son séjour dans les déserts de la Lybie, où il obligeait les passants à lutter contre lui, et les étouffait. Hercule le combattit, et vint à bout de l'étouffer entre ses bras, après l'avoir soulevé et lui avoir fait perdre terre. Voyez ce que l'on doit entendre Hermétiquement, liv. 5, chap. 15, des Fables Egypt. et Grecq. dévoilées.

Anticar. Borax.

Antimoine. Nom que les Philosophes ont donné à la matière sulfureuse mercurielle qui fait partie du composé philosophique. Tout le secret donc de ce vinaigre antimonial, consiste en ce que par son moyen nous sachions tirer du corps de la magnésie l'argent vif qui ne brûle point. C'est là l'antimoine et le sublimé mercuriel. Artephius.
Les Chymistes se trompent quand ils prennent l'antimoine vulgaire pour la matière des Sages. La chose à laquelle les Philosophes donnent le nom d'antimoine est leur eau permanente, leur eau céleste, en un mot, leur mercure; parce que celui-ci nettoie, purifie et lave l'or philosophique, comme l'antimoine commun purifie l'or vulgaire. Basile Valentin dit que l'antimoine préparé spagyriquement, est un antidote contre tous les venins. Il l'appelle le grand Arcane, la Pierre de feu; et avance qu'il a tant de vertus, qu'aucun homme n'est capable de les découvrir toutes: et que peu s'en faut qu'il n'ait toutes les propriétés de la pierre Philosophale, tant pour la guérison des maladies du corps humain. que pour la transmutation métallique. Voyez son Triomphe de l'antimoine.

Antimum. Miel du printemps.

Antiope. Fille de Nyctée, et femme de Lycus, qui la répudia et la chassa pour épouser Dircé, parce qu'il apprit que Jupiter, métamorphosé en Satyre, avait joui d'Antiope. Amphion et Zéthus naquirent de ce commerce. Lorsqu'ils furent devenus grands, ils vengèrent leur mère en faisant périr Lycus et Dircé. Voyez les Fables Egypt. et Grecques, liv. 3, chap. 14, par. 6.
Antiope, que quelques-uns nomment Hippolite, une des Amazones que combattit Thésée. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 5, chap. l3 et 22, et liv. 6, ch. 3.

Anubis, Dieu des Egyptiens, était le symbole de Mercure. On l'adorait sous la figure d'un homme ayant une tête de chien, et un caducée à la main droite. Voyez ce qu'on entendait par Anubis, Fables Egypt. et Grecq. dév., liv. I, ch. 8.
Anucar. Borax.

Aphebriock. Soufre philosophique.

Aphidegi. Céruse.

Aphrodisie. Les Adeptes donnent quelquefois ce nom à leur matière, au temps où la pierre est parvenue à être ce qu'ils appellent Vénus, et disent qu'elle a pour lors atteint l'âge de Vénus, c'est-à-dire la couleur orangée.

Aphrodite. Voyez Vénus.

Aphronitum. Ecume de nitre. Il y a beaucoup de relations et de rapports entre l'écume du nitre et le nitre même, comme le sel avec son écume. L'écume du nitre est la même chose que la fleur des pierres et des murailles; c'est une matière légère, friable, âcre. Il faut choisir celle qui tire sur la couleur de pourpre. L'écume du nitre varie selon les matières et les lieux où elle croît. L'aphronitum differe de la fleur des pierres d'Asie en ce qu'il n'est point brûlé; s'il était résout au feu, il aurait les mêmes propriétés et les mêmes vertus. Rul.

Apis, chez les anciens Egyptiens, était un bœuf noir partout le corps, excepté une tache blanche en forme de croissant ou approchant, que les Prêtres nourrissaient dans le temple de Vulcain, auquel ils le sacrifiaient au bout de quelques années, en le noyant, et lui donnaient ensuite le nom de Serapis. Ils faisaient après un grand deuil de sa mort jusqu'à ce qu'ils en eussent trouvé un semblable pour lui être substitué. Ce bœuf, selon l'explication des Philosophes Spagyriques, porte par sa couleur noire et blanche, le vrai caractère de la matière de leur œuvre, et le symbole d'Osiris et d'Isis. Ce que les Grecs ont ensuite imité par la fable du Minotaure, les bœufs de Geryon, les boeufs de Jason et les autres. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. I, section 3, chap. I.

Apollon, Fils de Jupiter et de Latone, selon Hérodote, fils de Dionysius et d'Isis. Mais il importe peu de qui Apollon soit né, s'il faut rapporter cette fable comme une allégorie du grand œuvre, suivant le sentiment des Philosophes Hermétiques. Car, selon eux, il faut entendre la même chose par Osiris et par Jupiter, par Latone, Isis et Junon. Cependant il semble qu'il convient mieux de dire que Latone fut sa nourrice et sa mère en en même temps. On prend communément Apollon pour le soleil qui nous éclaire, et les Chymistes pour le soleil ou partie agente de leur œuvre, comme ils prennent leur lune pour la femelle ou la partie patiente. C'est pourquoi ils expliquent et appliquent aux opérations de leur Art toutes les choses que la Fable nous a apprises d'Apollon, et ses fils Orphée, Hymenée et Jaleme qu'il eut de Calliope, Delphus qu'il eut d'Acachallide, Coronus de Chrisorte, Linus de Terpsichore, Esculape de Coronis. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 3, chap. 12. Apollon est regardé comme le maître des Muses, l'inventeur de la Médecine, comme Devin, Oracle et Poète, et comme Guerrier armé d'arc et de flèches, puisque c'est lui qui tua le serpent Typhon, dit Python par anagramme.

Apospermatismum Draconis. Mercure de Saturne.

Appareiller. Apprêter, disposer, mettre une chose avec une autre. Voyez l'article suivant.

Apposition. Lorsque les Chymistes Hermétiques disent qu'il faut commencer par l'apposition du Mercure citrin pour passer de la couleur blanche à la rouge, cette façon de parler ne doit pas s'entendre d'une addition de mercure à la matière qui est dans le vase, puisqu'ils ont soin d'avertir qu'elle a en elle tout ce qui lui est nécessaire pour sa perfection. Ces termes signifient seulement qu'il faut continuer la cuisson, pour que la couleur citrine succède à la blanche, puis l'orangée, et enfin la rouge, au moyen de la digestion du mercure des Philosophes. Voyez Ajouter.

Aquala. Arsenic philosophique.

Aquaolves. Vinaigre distillé. Les Chymistes emploient quelquefois ce terme pour signifier l'eau-forte. Johnson.

Aquastre. Nom que Paracelse a donné à ce que nous appelons esprit, tant celui que nous entendons par âme, que l'esprit purement animal. Il l'appelle ainsi, parce qu'il est dit dans l'Ecriture que l'esprit de Dieu était porté sur les eaux.

Aquilena. C'est un nom que Paracelse a donné à la plante connue sous celui de consoude-royale, ou pied-d'alouette.

Aracab. Aigle des Philosophes.

Araceum. Lut pour sceller les vases. Planisc.

Arancon. Laiton, ou matière de l'oeuvre en putréfaction.

Araxos. Suie.

Arbres. Arbores. Paracelse a donné ce nom aux tumeurs et aux marques qui ternissent et défigurent la couleur vive et naturelle de la peau; et il ne les appelle ainsi que dans leur commencement, et avant qu'elles soient tournées en ulcères.
Arbre est aussi le nom que les Philosophes ont donné à la matière de la pierre philosophale, parce qu'elle est végétative. Le grand arbre des Philosophes, c'est leur mercure, leur teinture, leur principe, et leur racine; quelquefois c'est l'ouvrage de la pierre. Un Auteur anonyme a fait à ce sujet un traité intitulé: de l'Arbre solaire, de Arbore solari. On le trouve dans le 6e tome du Théâtre Chymique. Le Cosmopolite, dans son Enigme adressée aux Enfants de la vérité, suppose qu'il fut transporté dans une Ile ornée de tout ce que la nature peut produire de plus précieux, entre autres de deux arbres, l'un solaire et l'autre lunaire, c'est-à-dire, dont l'un produisait de l'or, et l'autre de l'argent.Arbre D'argent. Magistère au blanc, ou la matière après la putréfaction.
Arbre D'or ou Solaire. C'est la pierre au rouge.Arbre De Mer. C'est le corail, et les madrepores.Arbre De Vie. Nom que les Philosophes Hermétiques ont donné quelquefois à leur mercure; mais plus communément à leur élixir, parce qu'il est alors la médecine des trois règnes, ou leur panacée universelle; qu'il ressuscite les morts, c'est-à-dire les métaux imparfaits, qu'il élève à la perfection de l'argent, s'il est au blanc, et à celle de l'or, s'il est au rouge. Ils l'ont aussi appelé Bois de vie.

Arcaltes. Paracelse nomme ainsi le fondement de la terre, ou la colonne par laquelle il suppose allégoriquement qu'elle est soutenue. Il la nomme aussi Archaltes, et Rullandus Archates.

Arcane. (Médecine) Paracelse dit qu'on entend par ce terme une substance incorporelle, immortelle, fort au-dessus des connaissances des hommes et de leur intelligence. Mais il n'entend cette incorporéité que relativement, et par comparaison avec nos corps; et il ajoute que les arcanes sont d'une excellence fort au-dessus de la matière dont nos corps sont composés; qu'ils diffèrent comme le blanc du noir; et que la propriété essentielle de ces arcanes est de changer, altérer, restaurer et conserver nos corps. L'arcane est proprement la substance qui renferme toute la vertu des corps, dont elle est tirée. Le même Paracelse distingue deux sortes d'arcanes; l'un qu'il appelle perpétuel, le second pour la perpétuité. Il subdivise ensuite ces deux en quatre, qui sont, la première matière, le mercure de vie, la pierre des Philosophes, et la teinture. Les propriétés du premier arcane ou de la première matière, sont de rajeunir l'homme qui en fait usage, et de lui donner une nouvelle vie, comme celle qui arrive aux végétaux, qui se dépouillent de leurs feuilles tous les ans, et se renouvellent l'année d'après.La pierre des Philosophes agit sur nos corps comme le feu sur la peau de la salamandre; elle en nettoie les taches, les purifie et les renouvelle, en consumant toutes leurs impuretés, en y introduisant de nouvelles forces, et un baume plein de vigueur, qui fortifie la nature humaine.
Le mercure de vie fait à peu près le même effet; en renouvelant la nature il fait tomber les cheveux, les ongles, la peau, et en fait revenir d'autres à la place.
La teinture montre ses effets à la manière de Rebis, qui transmue l'argent et les autres métaux en or, Elle agit de même sur le corps humain, elle le teint, le purge de tout ce qui peut le corrompre, et lui donne une pureté et une excellence au-dessus de tout ce qu'on peut imaginer. Elle fortifie les organes, et augmente tellement le principe de vie, qu'elle en prolonge la durée fort au-delà des bornes ordinaires. Idem.
Arcane se prend aussi pour toutes sortes de teintures tant métalliques, que végétales ou animales. Paracelse l'a employé plusieurs fois dans ce sens là.
Arcane, en termes de science Hermétique, doit s'entendre de l'eau mercurielle épaissie, ou mercure animé par la réunion du soufre philosophique.

Archée de la Nature. Les Physiciens et particulièrement les Philosophes Spagyriques appellent ainsi l'agent universel, et particulier à chaque individu; ce qui met toute la Nature en mouvement, dispose les germes et les semences de tous les êtres sublunaires à produire et à multiplier leurs espèces.

Archemore, fils de Lycurgue, fut nourri par Hypsiphile, et mourut tout jeune de la morsure d'un serpent. On institua en son honneur les jeux Néméens. Voyez les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 4, chap. 8.
Archilat. C'est la pesanteur ou le poids de trois grains.

Arcos. Æs-ustum, cuivre brûlé.

Arécie. Isle où abordèrent les Argonautes dans leur voyage de la Colchide, pour la conquête de la toison d'or. Voyez les Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées liv. 2, chap. I.

Aremaros. Cinabre.

Arena. Matière de la pierre dissoute et en putréfaction.

Arenamen, Arénarmei. Bol Armene ou d'Arménie.

Arès, en termes de science Hermétique, signifie le dispensateur de la Nature, caché dans les trois principes, soufre, sel et mercure, dont ils disent que tout est composé dans le monde. Ils ajoutent que ce dispensateur donne la forme aux individus, et en diversifie les espèces, de manière que l'un ne prenne point la matière spécifique de l'autre. Arès n'est point cependant l'Archée de la Nature ou Iliaster dont voyez l'article; mais après que celui-ci a tout disposé pour les genres, Arès succède et arrange les formes et les espèces des individus.

Aréton. Laiton des Philosophes.

Arethuse, fille de Nérée et de Doris, compagne de Diane, fut changée en une fontaine du même nom. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 4, chap. 3.

Arfard. Arsenic philosophique.

Arfiora. Céruse. En termes de science Hermétique, c'est le Saturne des Sages, ou la matière parvenue au blanc, après avoir passé par la putréfaction. C'est ce que les Adeptes appellent aussi leur Diane nue, leur Lune, etc.

Argent. Lorsque les Philosophes disent, notre Argent ou notre Lune, ce n'est pas de l'argent vulgaire, dont on fait les ustensiles, les meubles et la monnaie, qu'ils parlent; c'est de leur matière quand elle est parvenue au blanc parfait par le moyen de la cuisson. Ce terme s'entend aussi de leur eau mercurielle, qu'ils appellent aussi Femelle, Beja, Sperme, etc. Quelques-uns le nomment Or blanc, Or crud.
Argent Communiquant. Les Philosophes ont donné ce nom au sel qui entre dans la composition de la pierre philosophale. Jean de Roquetaillade.
Argent De Mercure. Elixir au blanc, ainsi nommé de ce qu'il est composé du mercure philosophique.
Argent Du Peuple. Quelques Chymistes ont donné ce nom au sel. Johns.
Argent-Vif des Philosophes. Il faut faire attention qu'argent-vif et vif-argent n'est pas la même chose. Le vif-argent est le mercure vulgaire, et l'argent-vif est celui des Philosophes Hermétiques. Ils s'expriment ainsi pour marquer l'action et la vie de leur mercure, qui est la semence des métaux, au lieu que le vulgaire est un métal déjà fait. Ils lui ont donné le nom d'argent-vif, parce qu'il est volatil, blanc, clair, froid, humide, coulant, et susceptible de coagulation, comme le vulgaire, dont il est la semence. Voyez Mercure Philosophique.
Argent-vif. Ce terme signifie quelquefois, non le mercure des Sages, mais leur magistère au blanc, qui en est composé. Les Philosophes lui ont donné ce nom par équivoque, pour le distinguer de l'argent commun et vulgaire, qu'ils appellent Argent mort.
Argent-vif Exalté. Lune des Philosophes, ainsi nommée de ce que ce mercure est purifié et poussé à un degré de perfection qu'il n'avait pas avant d'être parvenu au blanc.Argent-vif Animé. Mercure des Sages après son union avec la pierre ignée, le soufre philosophique.Argent-vif Coagulé ou Purifié. C'est le magistère au blanc.

Argo. Nom que la Fable a donné au navire que montait Jason, quant il fut à la conquête de la toison d'or avec Hercule, Hylas, Orphée, Etalide, Amphion, Augias, Calaïs, Castor, Pollux, Céphée, Iphide, Eson, Lyncée, Mopse, Méléagre, Pelée, Télamon, Zetis et plusieurs autres.Les Alchymistes expliquent cette expédition comme une allégorie de la pierre Philosophale, et particulierement parce que le navire était fabriqué des chênes parlans de Dodone. V. Jason, Argonautes, et le traité des Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 2, chap. I.

Argonautes. Héros qui, selon la Fable, accompagneront Jason pour faire la conquête de la toison d'or. Quelque explication morale ou physique qu'on ait voulu donner à cette Fables on n'a pu réussir à en faire d'application plus juste qu'en la regardant, avec les Alchymistes, comme une allégorie du grand œuvre de la médecine universelle, ou pierre philosophale. Tous les Chefs de cette expédition ont vécu selon la Fable, dans des temps si éloignés les uns des autres, qu'il n'est pas possible de donner la moindre vraisemblance à leur réunion. Aloysius.Martianus, outre plusieurs autres, a fait un volume entier sous le titre de Aureum vellus ou Toison d'or, pour expliquer chimiquement cette expédition. Il est peu d'Auteurs Alchimiques qui n'en aient parlé. Et à dire la vérité, l'étymologie du nom de Jason, qui veut dire art de guérir, suffirait seule pour rendre vraisemblable l'explication des Philosophes Hermétiques. Voyez les Fables Egyptiennes et Grecques, liv. 2, chap. I.

Argus (Yeux d'). Les Chymistes Hermétiques ont dit que les yeux d'argus furent transportés sur les plumes de la queue du Pan, pour signifier les différentes couleurs qui surviennent à la matière de la pierre pendant la coction.

Ariadne. Fille de Minos et de Pasiphaé, favorisa Thésée dans son entreprise contre le Minotaure, et lui donna un peloton de fil, au moyen duquel il sortit du labyrinthe, après qu'il eut vaincu ce monstre. Thésée l'enleva et l'épousa. Arrivés dans l'isle de Naxo, Thésée y laissa Ariadne, que Bacchus épousa dans la suite. Voyez les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 3, chap. I, & liv. 5, ch. 14, par. 2.

Aries ou Belier. Ces termes sont mystérieux dans les écrits des Philosophes Chymiques; ils disent que leur matière se tire du ventre d'Aries. Quelques-uns prenant ces termes à la lettre ont cru que cette matière était de la fiente de Bélier; mais les Philosophes parlent du Bélier, signe du Zodiaque, et non du Bélier animal.
Aridura ou Sécheresse, est un des noms que Paracelse a donné à la maladie que nous appelons Phtysie, et les Anglais Consomption.

Arles Crudum. Petites gouttes d'eau qui tombent au mois de Juin, en forme de rosée, semblable à celle du mois de Mai. Rul. D'autres, selon le même Auteur, les appellent Hydatis, Stalagnei, Stagen, Straax.

Arop. V. Adrop.

Aroph. Mandragore. Paracelse dit que l'Aroph guérit la pierre des reins et la gravelle.

Arroser. Cuire, digérer la matière philosophique. Ce terme ne doit s'appliquer qu'au temps où la matière se sublime en vapeurs et retombe sur la matière en forme de gouttes de pluie et de rosée, c'est-à-dire, après la putréfaction.

Arsag. Arsenic.

Arsaneck. Arsenic sublimé. On dit aussi Arcanec, et Artanech. Johnson.

Arsenic, en termes de Chymie Hermétique, se prend tantôt pour le mercure des Sages, tantôt pour la matière dont il se tire, et tantôt pour la matière en putréfaction. Quelques-uns ayant trouvé dans les vers d'une des Sybilles, que le nom de la matière d'ou se tire le mercure philosophal, était composé de neuf lettres, dont quatre sont voyelles, les autres consonnes, qu'une des syllabes est composée de trois lettres, les autres de deux, ont cru avoir trouvé cette matière dans Arsenicum, d'autant plus que les Philosophes disent que leur matière est un poison des plus dangereux; mais la matière de la pierre est celle-là même dont l'arsenic et les autres mixtes ont été formés, et le mercure des Sages ne se tire pas de l'arsenic; puisque l'arsenic se vend chez les Apothicaires et les Droguistes, et la minière du mercure se trouve partout, dans les bois, sur les montagnes, sur les vallées, sur l'eau, sur terre, et par tous pays.
Philalèthe et plusieurs autres Philosophes ont aussi donné le nom d'Arsenic à leur matière en putréfaction, parce qu'alors elle est un poison très subtil et très violent. Quelquefois ils entendent par Arsenic leur principe volatil, qui fait l'office de femelle. C'est leur Mercure, leur Lune, leur Vénus, leur Saturnie végétale, leur Lion vert, etc. Ce nom d'Arsenic lui vient de ce qu'il blanchit leur or, comme l'arsenic vulgaire blanchit le cuivre.

Art Sacerdotal était, chez les Egyptiens, celui que nous appelons actuellement la Philosophie Hermétique. Voyez l'Introduction du livre I. des Hiéroglyphes Egyptiens. Alkandi cité par Kirker.
Cet art consistait dans la connaissance parfaite des procédés de la Nature dans la production des mixtes, et ne s'enseignait que par des hiéroglyphes et des termes mystérieux, dont on ne donnait la véritable explication qu'à ceux qu'une épreuve très longue faisait juger dignes d'être initiés dans un si grand mystère. Les Prêtres étaient obligés de garder le secret sous peine de mort à ceux qui le violeraient. Il ne se communiquait que dans le Sanctuaire. Saint Justin, quest. ad Ortod. Pythagore consentit à souffrir la circoncision pour y être initié. S. Clement. Alex. l. 1. Strom.
Arueris. Dieu d'Egypte. Sa mere vint au monde enceinte de lui. Voyez les Fables egypt. et Grecq. devoilées, liv.I.

Aruncula Grande. C'est la matière de la pierre des Sages.

Asabon. Savon. En fait de science Hermétique, c'est l'azoth des Philosophes, avec lequel ils blanchissent leur laiton.

Asabum. Etain, Jupiter des Sages.

Asagen. Sang de dragon.

Asagi. Vitriol, ou attrament rouge.

Asamar. Vert-de-gris.

Asmon. Sel armoniac. Voyez Almisadir.

Ascalaphe, fils du fleuve Acheron et d'Orphnée, Nymphe des Enfers, fut changé en hibou, pour avoir accusé Proserpine d'avoir mangé trois grains de grenade. Homere dit Ascalaphe fils de Mars et d'Astioché. Voyez l'explication de cette fiction dans le liv. 4, chap. 3 des Fables Egypt. et Grecques dévoilées.

Asclepios. V. Esculape.

Asdenegi. Pierre Ematite.

Aseb ou Asep. Alun.

Ased. Lion des Philosophes.

Asenec. Soleil ou or des Sages.

Asfor. Alun.

Asinat. Nom Arabe donné à l'antimoine. Basile Valentin, dans son Char triomphal de ce minéral.

Asingar. Vert-de-gris.

Asmaga. Alliage des métaux.

Asmarcech. Litharge.

Asmum. Poids pour peser; tels sont, la livre, l'once, le gros, etc.

Asope, fils de l'Océan et de Thétis, fut père d'Egine, enlevée par Jupiter transformé en feu. Asope poursuivant Jupiter fut métamorphosé en fleuve par ce Dieu. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 3, chap. 14, par. 6.

Asoper. Quelques Chymistes ont ainsi appelé la suie.

Asrob. Matière des Philosophes en putréfaction, leur Tête de Corbeau, leur Saturne.

Assa-Foetida. Les Philosophes Hermétiques ont donné ce nom à leur mercure, dit Riplée, parce qu'il en a l'odeur, lorsqu'il est nouvellement extrait de sa minière. Cette odeur, dit Raymond Lulle, est des plus fortes; mais par la circulation elle se change en une quintessence d'une odeur la plus suave, et devient une médecine contre la lèpre et les autres maladies.

Assageai. Sang de dragon. Planiscampi.
Assation. Action de digérer, cuire, sublimer, volatiliser, fixer la matière de l'oeuvre.

Astioché. Mere d'Ascalaphe et d'Ialmenus, qu'elle mit au monde dans la maison d'Actor. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. liv. 4, chap. 3. Astioché fut aussi mere de Tlepoleme, qu'elle avait eu d'Hercule.

Astre, en termes de Chymie, est la substance ignée, fixe, principe de la multiplication, extension et génération de tout. Cette substance tend toujours d'elle-même à la génération; mais elle n'agit qu'autant qu'elle est excitée par la chaleur céleste, qui se trouve partout.

Astrum. Terme dont les Philosophes chymiques se servent pour signifier une plus grande vertu, puissance, propriété, acquise par la préparation qu'on a donnée à une chose. Comme astrum du soufre, ou astrum sulphuris, signifie le soufre réduit en huile, dont les vertus surpassent de beaucoup celles du soufre en nature. Astrum salis ou du sel, c'est le sel réduit en eau ou en huile. Astrum mercurii ou du mercure, c'est du mercure sublimé. On donne ce nom aux alcools, aux quintessences des choses.

Asub. Terme Arabe que les Latins expriment par Alumen, et les Français par Alun.

Asubedegi. Johnson explique ce terme de Paracelse par Caillou taillé pour couper les autres pierres, comme le diamant pour couper le verre.

Asugar. Vert-de-gris.

Atac. Nitre, ou salpêtre philosophique.

Atalante, fille de Schænée, avait une agilité si grande à la course qu'on ne pouvait l'égaler; ce qui engagea son père à ne vouloir la donner en mariage qu'à celui qui l'atteindrait. Après que plusieurs l'eurent tentée inutilement, Hyppomenes, par le conseil de Vénus, prit trois pommes d'or qu'il jetait après elle en la suivant; pendant qu'elle s'amusait à les ramasser l'une après l'autres Hyppomenes avançait toujours chemin, et trouva par ce moyen celui de l'atteindre. Etant un jour lasse de la chasses elle donna un coup de poinçon dans un rocher, placé auprès d'un temple d'Esculape, et en fit sortir une fontaine, de l'eau de laquelle elle se désaltéra.
Atalante, disent les Philosophes Spagyriques, n'est autre que la matière volatile du grand œuvre qui ne peut être arrêtée que par la matière fixe signifiée par les pommes d'or, puisqu'il n'y a rien de plus fixe que la matière radicale de l'or. Quand on dit qu'elle fit sortir une fontaine du rocher, c'est que la pierre philosophale donne de l'eau, dont on fait de la terre, puis encore de l'eau, etc. On ajoute qu'Atalante coucha dans le temple de sa mère avec Hyppomenes; c'est qu'on met dans le vase philosophique le fixe et le volatil, dont on fait comme le mariage, dont il est tant parlé dans les livres des Philosophes. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 2, chap. 3. Il y a une autre Atalante, fille de Jasius, qui se trouva à la chasse de Calydon; elle fut changée en lionne. L'une et l'autre ne sont chimiquement que la même personne, et par conséquent la même chose.

Atebras. Vaisseau sublimatoire des Chymistes. Johnson.
Athamas, fils d'Eole, épousa Néphélé, de laquelle il eut Phrixus et Hellen, qui donnerent occasion à l'expédition des Argonautes. Voyez liv. 4, chap. 9 des Fables Egypt. et Grecq. dévoilées.

Athanor. En termes de Chymie vulgaire, est un fourneau ayant la forme d'un quarré, ou d'un quarré long, auprès duquel est une tour, qui communique à un des côtés par un tuyau. On remplit de charbons cette tour, on l'allume, et la chaleur se communique au fourneau par le tuyau. Je ne m'arrêterai pas à en faire une description plus détaillée, parce que chaque Chymiste la fait faire à sa guise. On lui a donné le nom d'Athanor par similitude au fourneau secret des Philosophes, qui conserve son feu continuellement et au même degré. Mais ce dernier n'est pas un fourneau de l'espèce de celui des Chymistes. Leur Athanor est leur matière animée par un feu philosophique, inné dans cette matière, mais qui y est engourdi, et ne peut se développer que par l'art. Voyez Fourneau, Feu.

Atimad, ou Alcophil. Antimoine. On dit aussi Alcimad, Alfacio.

Atlas, fils de Jupiter et de Clymene, ou de la Nymphe Asie, fut averti par l'Oracle de se donner de garde d'un des fils de Jupiter. Persée en ayant été mal accueilli, lui présenta la tête de Méduse, qui le métamorphosa en la montagne qui porte le nom d'Atlas. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 3 c. 14, par. 3.

Attrament. Vitriol.

Attrament Fusible. Alcali
Atrée, fils de Pélops et d'Hyppodamie, pere d'Agamemnon et de Ménélas, fut ennemi juré de Thyeste son frères et faisant semblant de se réconcilier avec lui, il l'invita à un repas, où il lui présenta en mets deux de ses enfants, dont le Soleil eut tant d'horreur, qu'il retourna en arrière. Cette fable ne signifie autre chose chimiquement, que la réincrudation de l'or des Philosophes, qui par la dissolution retourne à sa première matière. Voyez le reste de cette fable expliquée dans le livre 3, ch. 14, par. 4 des Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées.

Atrop. V. Adrop.

Attingat ou Atingar. Vert-de-gris.

Attingir. Cucurbite de terre. Johnson.

Attrempence D'alphidius. Terme de philosophie chymique C'est le mercure philosophal, dans lequel on dispose par la cuisson l'équilibre des quatre éléments, de manière qu'ils ne puissent plus se surmonter, et fassent par leur union un mixte incorruptible.

Atureb. Verre.

Averich. Soufre.

Augias, fils du Soleil et de Naupidame. Eurystée ordonna à Hercule de nettoyer l'étable où Augias tenait ses boeufs, qui étaient en grand nombre. Augias promit pour récompense à Hercule, de lui donner la dixième partie de ses bestiaux. Hercule accepta l'offre, et nettoya l'étable en y faisant passer le fleuve Alphée. Augias refusa de tenir sa promesses et Hercule le tua pour s'en venger. Voyez les Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées, liv. 5, chap. 8.

Avora. Chaux d'œufs.

Aurancum et Auraneum. Paracelse et plusieurs autres ont ainsi appelé les coques d'oeufs.

Auraric. Mercure des Philosophes.

Autel. Quelques Adeptes ont donné ce nom à leur mercure, et à leur matière dans le vase pendant les opérations. Voyez-en un exemple, Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 3, chap. 14, par. 3.

Automne. Temps où l'Artiste recueille les fruits de ses travaux. Il est d'une complexion froide et sèche. Souvenez-vous donc bien qu'il faut dissoudre en hiver, cuire au printemps, coaguler en été, et cueillir les fruits en automne, c'est-à-dire, donner la teinture.

Auver. Eau douce. Paracelse, dans son traité de la Nature des choses.

Ayborzat. Galbanum.

Aycafort. Voyez Alartar.

Aycophes et Aycupher. Cuivre brûlé.

Aymant ou Aimant. Matière au moyen de laquelle les Philosophes savent extraire leur eau mercurielle, qui ne mouille pas les mains, des rayons du soleil et de la lune. Sachez que l'arbre solaire tire son origine de cette eau, dit le Cosmopolite, qu'elle seule est capable de le dissoudre, et qu'elle s'extrait des rayons du soleil et de la lune par la force de notre aimant, que j'ai ci-devant nommé acier. Philalethe s'en est servi dans le même sens. Voyez Aimant.

Azaa. Matiere de la pierre des Sages.

Azamo. Chaleur Indienne. Termes dont se sont servis quelques Alchymistes pour déterminer un degré du feu propre à l'œuvre philosophique. Voyez Feu Des Philosophes.

Azaphora. Cuivre brûlé, ou æs-ustum.

Azarnet. V. Adarnech.

Azec. Attrament, vitriol.

Azeci. Vitriol philosophique.

Azedegim. Pierre Ematite.

Azeg. Vitriol.

Azegi. Attrament vitriolique.

Azel. Alun.

Azemasor. Cinabre, quelquefois le minium; mais dans ce dernier cas, c'est le minium des Philosophes, ou la pierre parvenue au rouge.

Azet. Voyez Azoth.

Azimar, selon Rulland, veut dire du vert-de-gris ou fleur d'airain, ou même de l'æs-ustum; et selon Planiscampi, il signifie du minium.

Azinaban. Terme dont les Philosophes Spagyriques ont usé pour signifier les fèces, ou l'impur qu'ils séparent de la matière pure des Sages.

Azoc. Mercure des Philosophes. Ce n'est pas le mercure vulgaire crud, tiré simplement de sa mine, mais un mercure extrait des corps dissous par l'argent-vif; ce qui fait un mercure bien plus mûr. Bern. Trévisan, Epît., à Thomas de Boulogne.
C'est avec ce mercure que les Philosophes lavent leur laiton; c'est lui qui purifie le corps impur avec l'aide du feu; et par le moyen de cet azoc on parfait la médecine propre à guérir toutes les maladies des trois règnes de la Nature. Cet azoc doit se faire de l'élixir. Ibid.

Azoch. V. Azoth.

Azog. V. Azoth.

Azogen. Sang de dragon. C'est la pierre au rouge, parce qu'elle est formée du mercure des Philosophes, qu'ils appellent Dragon.

Azomar et Azimar. Cinabre, suivant quelques Chymistes; et le minium, selon d'autres. Johnson.

Azomses. Mercure des Philosophes.

Azon. Mercure des Sages, purifié et travaillé.

Azonec. Sel armoniac, ou l'aigle philosophique. Voyez Mercure.

Azoth. Nom que les Philosophes Hermétiques ont donné plus communément à leur mercure. Ces choses sont en la miséricorde de Dieu, et nous avons seulement besoin dans notre œuvre de l'azoth et du feu. Basile Valentin. Le feu et l'azoth lavent et nettoient le laiton, c'est-à-dire la terre noire et lui ôtent son obscurité. Clang. Bucc. Le feu et l'eau, qui est l'azoth lavent le laiton et le nettoient de sa noirceur. Arn. de Vill. Il faut faire deux parts du corps coagulé, dont l'une servira d'azoth pour laver et mondifier l'autre, qui s'appelle laiton, qu'il faut blanchir. Nic. Flam. Quand les Philosophes disent que l'azoth et le feu suffisent pour l'œuvre, c'est-à-dire que la matière préparée et bien purifiée, ou le mercure philosophal suffisent à l'Artiste pour le commencement et la perfection de tout l'œuvre; mais le mercure doit être tiré de sa minière par un artifice ingénieux. Bernard Trévisan dit (la Parole délaissée) que tout le monde voit cette minière altérée et changée en une matière blanche et sèche, en manière de pierre, de laquelle l'argent-vif et le soufre philosophiques sont extraits par une forte ignition. Les Philosophes ont donné beaucoup de noms à cet Azoth; Quintessence astrale Serf-fugitif, Esprit animé, Ethelia, Auraric, etc. Voyez Mercure et Matière .
Azoth, selon Planiscampi, signifie moyen d'union, de conservation, ou médecine universelle. Il fait aussi remarquer que le terme Azoth doit être regardé comme le principe et la fin de tout corps, et qu'il renferme toutes les propriétés cabalistiques, comme il contient la première et la dernière lettre des trois langues matrices, l'Aleph et le Thau des Hébreux, l'alpha et l'Omega des Grecs, l'A et le Z des Latins.
Azoth est aussi le nom que quelques Chymistes vulgaires ont donné à un précipité de mercure commun, ou vulgaire, fait (comme ils le disent) per se. On en trouve la manière dans la Chymie Médicinale de M. Malouin, T. II. pag. 196. On a aussi nommé ce précipité de mercure, Azoth de Hestingius, et Or horizontal, parce que sa couleur est d'un rouge jaunâtre approchant de la couleur aurore.

Azub. Alun.

Azubo. Vase Hermétique.

Azuc. Corail rouge.

Azumen. Terme arabe employé par quelques Chymistes pour signifier poids.
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Bacar. Signifie un poids, suivant Rulland.

Bacchanales. Fêtes instituées en l'honneur de Bacchus. V. Orgies, Dyonisiennes.

Bacchantes. Prêtresses de Bacchus, qui couraient de nuit vêtues de peaux de pantheres, de tigres, les cheveux épars, des torches et des flambeaux allumés à la main. Elles dansaient au son des tambours en criant souvent: Euhoê Bacche. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 3, ch. 14, par. 2 et liv. 4, ch. I.

Bacchus. Fils de Jupiter et de Sémélé, fille de Cadmus. La Fable dit qu'il naquit des cendres de sa mère, comme Esculape. Elle nous le représente ailé, ayant des cornes, une tête de taureau, mâle et femelle, jeune et vieil, barbu, et sans barbe. C'est le même que les Egyptiens nommaient Dyonisius. Toutes les histoires que l'on fait de lui, ne sont, au sentiment des Philosophes Spagyriques, qu'une allégorie des opérations de leur Art, qu'ils appellent par excellence le grand œuvre. Bacchus est le même, selon eux, qu'Adonis, Apollon, le Soleil, Osiris et tant d'autres, comme le témoigne Orphée dans son Hymne à Adonis, où il dit que tous ces noms différents n'indiquent que la même personne. On le feint quelquefois ailé pour désigner le moment de sa volatilisation, ayant une tête de taureau ou de bouc, parce que ces animaux lui étaient consacrés comme à Osiris; mâle et femelle, à cause que la matière des Philosophes, ou leur Rebis, est androgyne; jeune et vieil, parce que cette matière semble rajeunir dans les opérations, comme on peut le voir dans l'article Vieillard. Voyez les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 3, c. 14, par. 2.

Bagedia. Poids de douze onces, ou d'une livre, selon l'usage de la Médecine.

Baiac ou Beiac. Céruse.

Baigner. Les Philosophes Chymiques disent qu'ils préparent un bain pour le Soleil et la Lune, pour le Roi et la Reine, etc. Dans les figures d'Abraham Juif, rapportées par Flamel, est un Roi, dit celui-ci, ayant un grand coutelas, qui fait tuer en sa présence par des Soldats, quantité de petits enfants, les mères desquels pleuraient aux pieds des impitoyables Gendarmes, et ce sang était puis après mis dans un grand Vaisseau, dans lequel le Soleil et la Lune du Ciel se venaient baigner. Cette fontaine est seulement pour le Roi du pays, qu'elle connaît bien, et lui elle; et est dedans icelle fontaine à se baigner, deux cent quatre-vingt deux jours. Trévisan. Ils entendent quelquefois par baigner, cuire la matière, la faire circuler dans l'œuf.

Baigner. Remarquez que calciner, teindre, laver, blanchir, baigner, etc. font une même chose, et que tous ces mots veulent dire seulement cuire la matière, jusqu'à ce qu'elle soit parfaite. Synesius.

Bain. Vinaigre des Sages, avec lequel ils lavent leur laiton; c'est leur dissolvant, qu'ils appellent leur Mercure.

Bain de Diane. Voyez Mercure Philosophique .

Bain du Roi. Eau permanente, ou mercure des Sages, à laquelle ils ont donné le nom de Bain du Roi, parce que leur or est lavé et baigné par cette eau qui s'en distille et s'y recohobe sans cesse, jusqu'à ce que la sublimation l'ait desséchée.

Bain du Soleil. C'est la même chose que bain du Roi, parce que l'or est le Roi des métaux, et que ce bain ou mercure des Sages mondifie l'or philosophique.

Bain-Marie, en termes de Science Hermétique, est le fourneau des Sages, le fourneau secret, et non celui des Chymistes vulgaires. On donne quelquefois ce nom au mercure philosophal. Ce qu'ils appellent Bain s'entend aussi d'une matière réduite en forme de liqueur, comme quand on veut faire la projection sur un métal, ils disent qu'il doit être au bain, c'est-à-dire en fusion.

Balitistere. Terre rouge, ou matière de l'œuvre parvenue à la couleur rouge par la digestion du feu philosophique.

Balziam. Fèves.

Barach du Pain. C'est le nitre tiré du sel. Johnson.

Barcata. Ouverture, crevasse par où la chaleur d'un fourneau peut s'échapper.

Bardadia. Le poids d'une livre.

Barna. Vase de verre.

Barnaas, Barnabas, Barnabus. Salpêtre des Philosophes, ou leur vinaigre très aigre.Barurac. Verre.

Based ou Besed. Corail.

Basilic. Les Philosophes Chymistes ont donné quelquefois ce nom à leur mercure, parce qu'il dissout tout. Quelques-uns l'entendent de la pierre au blanc, et d'autres de la pierre au rouge; parce que comme les Anciens disaient que le Basilic tuait par sa seule vue ceux sur qui il la fixait, de même la poudre de projection faite de la pierre au blanc, ou au rouge, et projetée sur le mercure ou les autres métaux, les tue, pour ainsi dire, en les fixant, et les change en argent ou en or.

Bassad. Corail.

Basura. Semence.

Batitura-Rami. Ecailles ou scories de cuivre. Batitura de l'airain se prend aussi pour les scories de quelque métal que ce soit. Johns.

Battre, en termes de science Hermétique. Agiter trop fort la matière, donner un feu trop violent. Quand les esprits sont trop battus, disent les Philosophes, ils soutiennent impatiemment le choc, ils s'élèvent et cassent le vaisseau, ou se brûlent.

Battus ou Batte. Berger changé en pierre de touche par Mercure, pour avoir violé la promesse qu'il lui avait faite de ne pas découvrir le vol des bœufs d'Admete, de la garde desquels Apollon s'était chargé. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 3, chap. 14, par. I.

Baudrier. On compte parmi les travaux d'Hercule la victoire qu'il remporta sur les Amazones, à la Reine desquelles il enleva le baudrier garni de diamants et de rubis. Les Alchymistes disent que par ce baudrier, il faut entendre la pierre philosophale et la médecine au blanc et au rouge, signifiée par la blancheur des diamants et la couleur rouge des rubis.

Baul. Urine.

Baume universel de la Nature. C'est, selon les Philosophes Spagyriques, leur élixir au blanc ou au rouge, qui guérit toutes les infirmités des trois règnes de la Nature, et perfectionne tous ses individus.

Baume Externe des Eléments. Quintessence de mercure.

Baurac. Les Chymistes vulgaires ont interprété ce terme, l'écume du verre. Mais les Philosophes Hermétiques l'entendent de la matière de la pierre philosophale qui ne se tire pas des fèces du verre ni de son écume, mais d'une matière qui renferme les quatre éléments sous deux choses visibles, l'eau et la terre; non l'eau de pluie, de fontaine, de mer ou aucune eau semblable; ni une terre telle que celle sur laquelle nous marchons; mais une eau céleste, vive, permanente et sèche, et une terre vierge, adamique, vitriolique, feuillée, qui se tire du centre de la terre, et qui néanmoins se trouve par toute la terre habitée. Voyez Raymond Lulle et les autres Philosophes, dans la Bibliothèque curieuse Chymique de Manget. C'est la pierre au blanc.
Baurac se prend aussi pour toute espèce de chose salée.

Bayda. Cucurbite.

Bdellerum. Sangsue.

Bdola. Soufre.

Bélier. Soufre des Philosophes parfait au rouge. Il a pris ce nom de sa qualité chaude et sèche, comme celle du bélier. Les Adeptes disent qu'ils tirent leur acier du ventre du bélier, et ils appellent aussi cet acier leur aimant. Voyez Aries. Mais quand le Cosmopolite et Philalèthe s'expriment ainsi, ils entendent parler de la matière même de l'œuvre, de laquelle ils font leur soufre.

Belisis, Corail des Philosophes.

Bellérophon, fils de Glauque, après divers exploits, combattit la Chimère, et s'en défit au moyen des secours que les Dieux lui donnèrent. Voyez les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 3, chap. 14, par. 3.

Bellone. Déesse de la guerre, confondue souvent avec Minerve et Pallas, dont vous voyez les articles.

Bembel ou Benibel. Terme de science Hermétique. Mercure philosophal, ou l'ouvrage de la pierre des Sages. Dict. Herm.

Berinbruch. Pierre qu'on trouve aux environs de Spire, dont les effets surprenans sont rapportés dans les ouvrages de Duchêne, de la Violette, dit Quercetan, dans ceux d'Anselme de Boot, et de Crollius.

Besec. Mercure des Sages.

Besed. Corail.

Bête venimeuse des Sages. Les Philosophes Hermétiques prennent ces termes tantôt pour le mercure, et tantôt pour la pierre parfaite. Dans le premier sens, c'est parce que le mercure est un dissolvant universel; et dans le second, parce que la pierre parfaite au blanc ou au rouge change la nature des métaux, les détruit, pour ainsi dire, pour leur donner une nouvelle forme intrinsèque, en les transmuant en or ou argent.

Beurre. Matière des Sages, qu'ils ont nommée beurre, parce qu'elle est visqueuse, et qu'elle se sépare de son eau, comme le beurre du petit-lait.

Bhacta. Terre rouge.

Biarchetunsim. Céruse.

Biche. Les Poètes ont feint qu'Hercule avait pris à la course et tué une Biche, dont les pieds étaient d'airain et les cornes d'or. C'est une fable bien visible, puisqu'on ne vit jamais un tel animal, et les Philosophes Spagyriques prétendent qu'elle renferme les opérations du grand œuvre; que sous le nom de cette Biche, il faut entendre le suc métallique, ou la partie volatile du mercure, que la partie plus sulfureuse arrête et précipite dans le fond du vase, et la coagule avec lui, d'où lui naissent des cornes d'or; c'est-à-dire, la pierre philosophale. Voyez les Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées, liv. 2, ch. 4.

Bien des Biens. Pierre philosophale, dont l'acquisition emporte avec elle tous les biens de ce monde, les richesses et la santé.

Bien a plusieurs Noms. Mercure animé.

Biladen. Acier.

Bimater. V. Bacchus.

Bitrinati. Tout vase de verre.

Blacinal. Plusieurs métaux fondus ensemble.

Blanc-Esprit. Mercure des Sages.

Blanc du Noir. Magistère au blanc parfait, qui n'a pu parvenir à la blancheur qu'en passant par la couleur noire, vrai indice de la parfaite putréfaction.

Blancheur. Les Philosophes disent que lorsque la blancheur survient à la matière du grand œuvre, la vie a vaincu la mort, que leur Roi est ressuscité, que la terre et l'eau sont devenues air, que c'est le régime de la Lune, que leur enfant est né, et que le Ciel et la Terre sont mariés, parce que la blancheur indique le mariage ou l'union du fixe et du volatil, du mâle et de la femelle, etc. La blancheur après la putréfaction est un signe que l'Artiste a bien opéré. La matière a pour lors acquis un degré de fixité que le feu ne saurait détruire; c'est pourquoi il ne faut que continuer le feu pour perfectionner le magistère au rouge; et lorsque l'Artiste voit la parfaite blancheur, les Philosophes disent qu'il faut déchirer les livres, parce qu'ils deviennent inutiles.

Blancheur Capillaire. Elle précède la parfaite blancheur dans l'œuvre de la pierre philosophale. Ce sont des espèces de petits filaments blancs qui paraissent à mesure que la noirceur ou le règne de Saturne passe, et que le règne de Jupiter lui succède.
Le Blanchir des Philosophes. C'est cuire la matière jusqu'au blanc parfait. Blanchissez le laiton et déchirez vos livres, crainte que vos cœurs ne soient déchirés par l'inquiétude. Code de Vérité.

Bodid. Oeuf des Philosophes.

Boeuf. Animal adoré en Egypte. Voyez Apis, Serapis. La Fable feint qu'Hercule enleva les bœufs de Geryon, Mercure ceux qu'Apollon gardait pour Admete. Voyez l'explication de ces fictions dans les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. I, chap. I et suiv., liv. 2, chap. 14, par. I et liv. 5, chap. 12.

Bof. Chaux vive.

Bois. Voyez Arbre.

Bois D'or. Arbre solaire des Philosophes.

Bois De Perroquet. C'est l'aloès.

Bois De Paradis. Aloès.

Bois De Vie. C'est la pierre parfaite, qui devenue médecine universelle, guérit toutes les infirmités du corps humain, et conserve l'homme en santé jusqu'au terme prescrit par la Sagesse divine.

Boiteux (le). C'est, en termes de Chymie Hermétique, Vulcain ou le feu, que la Fable nous représente sous la forme d'un homme boiteux. Basile Valentin l'a représenté ainsi dans la planche qui est à la tête de la première de ses douze Clefs.

Bol judaïque. Guimauve.

Bolesis. Le même que Belisis.

Boleson. Baume.

Borades. Limaille des métaux.

Borax. Pierre des Philosophes au blanc.

Borée, fils d'Astrée, enleva Orithie, dont il eut Calaïs et: Zethe. Vovez les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 2, chap. I.

Borin. Vinaigre térébenthiné, ou alcalisé.

Boritis. C'est la matière des Sages en putréfaction, ou au noir.

Botrachium. Ache de Sardaigne, appelée par les Botanistes Apium risus.

Botum Barbatum. Col d'une cucurbite mis et inséré dans le col d'une autre.

Bouc. Animal adoré chez les Egyptiens. Ces peuples l'avaient consacré à Osiris, et les Grecs à Bacchus, comme étant le symbole du principe fécondant de la nature, ce feu inné qui vivifie tout. Voyez les Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées, liv. I, sect. 3, chap. 5.
Le Bouc servait aux Egyptiens dans leurs figures hiéroglyphiques pour signifier la partie de la matière de la pierre philosophale, que les Alchymistes nomment leur soufre; c'est pourquoi les Egyptiens avaient consacré cet animal à Bacchus, qui n'était autre chez eux qu'Osiris, à qui ils avaient aussi donné les noms d'Apollon, Adonis, etc.

Boue. Les Philosophes ont quelquefois donné ce nom à leur matière; ce qui a induit en erreur plusieurs Chymistes qui ont travaillé sur la boue et le limon. Mais Philalèthe nous apprend qu'on ne doit appliquer ce nom de boue que lorsque la matière est en putréfaction.

Bracium. Cuivre, Vénus.

Braricia. Verre.

Brase. Charbons.

Bretan. Bois de Brésil.

Briarée, fils du Ciel et de la Terre, le plus terrible et le plus redoutable de tous les Géans. Tous les noms des Géants signifient quelque chose qui tend à la destruction, comme la tempête, la fureur, le tonnerre, les vents impétueux, etc. On peut voir là-dessus l'Histoire du Ciel de M.Peluche, qui en donne les étymologies fort au long. Voyez ce qu'ils signifient chimiquement dans les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 3, ch. 2, 3 et 4.

Briséïs, fille de Brisès, se nommait d'abord Hippodamie. Lorsque les Grecs s'emparèrent de la ville de Lyrnesse, Briséïs captive échut par le sort à Achille. Agamemnon la lui ayant enlevée de force, Achille en conçut un tel dépit, qu'il chercha tous les moyens de s'en venger, et ne voulut prendre les armes contre les Troyens, que pour venger la mort de son ami Patrocle. Voyez les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 6. C'est par la colère d'Achille qu'Homère commence son Iliade.

Bromius. Surnom de Bacchus. Voyez Bacchus.

Brouillard. Vapeur épaisse, ressemblant à un brouillard, qui s'élève de la matière, et se condense dans l'air des Philosophes, d'où elle retombe pour arroser leur terre, la purifier et la féconder.

Broyer. En termes de Chymie, c'est cuire la matière, et non la piler dans un mortier, ou autrement.

Brûler. Assare, en termes de Philosophie chymique, ne doit pas se prendre pour calciner ou mettre au feu mais cuire simplement la matière dans son vase, et à feu doux.

Brumazar. Nom que quelques Philosophes chysiques ont donné à leur mercure. C'est une vapeur grasse, onctueuse, dont l'Auteur de Clangor Buccinoe parle en ces termes: le pain fermenté et cuit est dans son degré de perfection; de même l'or quand il est purifié par le feu, est un corps fixe, et n'est plus susceptible de fermentation, s'il n'est mêlé avec Brumazar, c'est-à-dire la première matière des métaux, dans lequel il se résout en cette première matière. Prenons donc cette première de laquelle l'or est composé, et au moyen de l'art nous en ferons le ferment philosophique. Beeher.

Bubaste. V. Diane.

Burac. Toute espèce de sel.

Burina. Poix.

Busiris, Roi d'Egypte, tuait et massacrait ses hôtes. Hercule le vainquit et le tua. Ce Busiris, selon les Alchymistes, est le soufre incombustible et les impuretés qui enveloppent la vraie matière de la pierre, et la tiennent comme dans un état de mort. L'Artiste détruit par le feu ces impuretés, et en délivre par ce moyen l'Egypte, qui représente la terre philosophique.
D'autres expliquent cette fable différemment. Busiris, selon eux, est pris pour le mercure philosophique, dont l'activité des esprits dissout, putréfie, et donne, pour ainsi dire, la mort à tous les métaux avec lesquels on le mêle. L'Artiste dans les opérations de la pierre philosophale, fixe et coagule ces esprits mercuriels.


C

Cab. Or philosophique.

Cabalatar et Cabalatur. Sel nitre des Sages.

Cabebi. Mâchefer. abeh.

Cabel. Excrément humain.

Cabet. Ecailles du fer.

Cabiria. Surnom de Cérès. Voyez CERES.

Cachymia. Ecume ou scorie d'argent.

Cacus. Fils de Vulcain selon la Fable, est, suivant, l'explication des Alchimistes, le feu commun. Cacus représenté comme un monstre terrible, demi homme, et vomissant toujours du feu, ce sont les fourneaux des Chymistes ordinaires et des Fondeurs, qui vomissent sans cesse un feu contre nature, qui ravage tout ce qu'on lui présente, qui le détruit, et en change toute la nature. Ce Cacus est vaincu par Hercule, le symbole du mercure des Philosophes, qui dans la transmutation corrige ce que Cacus avait gâté, en enlevant les troupeaux d'Hercule, c'est-à-dire en rendant les métaux ordinaires sans vie, et en leur ôtant cette qualité générative que l'on trouve dans la matière métallique qui sert de base à toutes les opérations du grand œuvre. Quelques Alchymistes donnent à leur soufre le nom de Cacus, et celui d'Hercule à leur sel. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 5, chap. 20.

Cadegi. Voyez MALABATHRON.

Cadima Auri. Litharge d'or.

Cadmie. Est un des noms que les Philosophes ont donné à la matière de leur pierre. Quelques-uns ont aussi nommé Cadmie les parties hétérogènes de cette matière, qu'il ne faut point faire entrer dans l'œuvre. C'est proprement la pierre au rouge.

Cadmus. Fils d'Agenor, Roi de Phénicie, fut envoyé par son père à la poursuite d'Europe sa sœur, enlevée par Jupiter, métamorphosé en taureau blanc. Il bâtit la ville de Thèbes, épousa Hermione ou Harmonie, fille de Mars, et furent l'un et l'autre changés en serpents. Voyez les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 1, sect. 4.

Caducée. Les Philosophes Chimiques ont donné à leur dissolvant le nom de Caducée de Mercure, parce qu'ils prétendent que les inventeurs de la Fable avaient intention d'indiquer ce dissolvant par le Caducée. C'est pourquoi Abraham Juif met dans sa première figure hiéroglyphique un Mercure tenant son caducée, et Saturne avec sa faux qui semble vouloir couper les jambes et les ailes à Mercure. Voyez son origine, ses propriétés et son usage dans les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, article de Mercure, liv. 3, ch. 14, § 1. On a aussi donné le caducée à Bacchus.
Le caducée était composé de trois parties, de la tige d'or surmontée d'une pomme de fer, et de deux serpents, qui semblent vouloir se dévorer. L'un de ces serpents représente la partie volatile de la matière philosophique, l'autre signifie la partie fixe, qui se combattent dans le vase; l'or philosophique dont la tige est le symbole, les met d'accord en les fixant l'un et l'autre, et en les réunissant en un seul corps inséparablement.

Caffa. Camphre.

Cagastrique. Ça qui n'est pas nécessaire dans le corps de l'homme, et ce qui n'y est quasi mis par la Nature que comme un ornement; tels sont les cheveux, la barbe, le poil, les mamelles, etc., au contraire de ce qui y est yliastrique, comme le cœur, les parties nobles, etc.

Cagastrum. Terme que Paracelse a inventé pour signifier l'image de quelque chose de réel, ou une chose qui n'est telle qu'en apparence. C'est le contraire d'yliastrum. Il dit que cagastrum est ce que le sel nitre est à la première matière de tout, ou comme la chair de l'homme à sa première matière. La chair d'Adam, après le péché, devint cagastrique. Il y a de même deux sortes de vie, l'une est yliastrique ou celle de l'esprit, et l'autre cagastrique ou celle de la partie animale. Paracelse, de Azoth.

Cahos et Tombeau d'où doit sortir l'Esprit. Les Physiciens Chymistes entendent par ces termes la matière de la pierre pendant le temps de la putréfaction, lorsqu'elle est noire, et que les éléments semblent alors confondus ensemble.

Caillé. Matière des Sages coagulée.

Caïn. Nom que les Philosophes ont donné à leur matière en putréfaction et parvenue au noir, peut-être à cause de la malédiction que Dieu prononça contre lui, au sujet du meurtre qu'il avait commis envers son frère Abel, ou parce que les désordres de ses descendants furent la cause du déluge, qui fit périr presque tout le genre humain. Ce déluge est figuré par la dissolution de la matière, et ses effets par la putréfaction.

Cal. Arsenic philosophique ou la matière des Chymistes Hermétiques, tant pendant la dissolution, parce qu'alors elle est un grand poison, que lorsqu'elle est parvenue au blanc. Voyez ARSENIC.

Calais. Fils de Borée, et l'un des plus célèbres Argonautes, poursuivit, avec son frère Zethès, les Harpies qui désolaient le bon homme Phinée. On les représentait avec des ailes et des cheveux azurés. Hercule les fit périr. Voyez les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 2, chap. 1.

Calambac. Aloès.

Calcadin. Colcotar, ou matière des Philosophes parvenue au rouge.

Calcadis. Vitriol. Quelques Chymistes ont donné ce nom au sel alkali.

Calcaton. Trochisque d'arsenic. Johnson.

Calchas. Devin fameux de l'armée des Grecs, qui, aidés de ses conseils, firent de grands exploits contre les Troyens. Il indiqua aux premiers le moyen d'apaiser le courroux de Diane, et prédit que la ville de Troye ne pourrait être prise qu'après la neuvième année du siège, sur ce qu'un dragon avait dévoré en leur présence neuf petits moineaux et leur mère. Calchas mourut de chagrin pour avoir trouvé un certain Mopse plus habile que lui dans l'art de deviner. Voyez les Fables Egypt. et Grecques, liv. 6.

Calcination. Purification et pulvérisation des corps par le moyen du feu extérieur qui en désunit les parties en séparant ou évaporant l'humide qui les liait, et en faisait un corps solide. Les Philosophes Spagyriques se servent quelquefois indifféremment des termes de calcination, corruption, et putréfaction, pour signifier la même chose. Ils entendent cependant plus souvent par le terme de calcination, l'opération qui suit celle de la rubification de la pierre. Il y a encore une autre calcination proprement dite, et telle qu'on l'entend communément, qui est requise dans la préparation de la matière. C'est une purification ou mondification de cette même matière, que quelques-uns appellent rectification, d'autres ablution, d'autres séparation, dont voyez les articles.
La calcination philosophique se fait avec le feu humide, ou eau pontique des Sages, qui réduit les corps à leurs premiers principes, sans détruire leurs vertus séminales et germinatives ; au lieu que la calcination faite par le feu vulgaire, détruit les semences des corps, ce qui lui a fait donner le nom de Tyran de la Nature.
Il y a deux sortes de calcinations vulgaires; l'une qui se fait à feu ouvert, telle que celle de la cendre; et celle qui se fait dans des vases fermés. Dans la première, les parties sulfureuses volatiles s'envolent en partie, et privent par-là les sels d'une force et d'une vertu qu'ils conservent dans la seconde espèce de calcination. Tous les sels tirés des cendres de celles-ci se cristallisent, et il n'en est pas de même des autres, qu'on ne peut avoir que par l'évaporation de l'humidité poussée au sec.
Il y a diverses sortes de calcinations, Les unes qu'on appelle sèches, les autres humides, les unes corrosives, les autres qui ne le sont point.
Les calcinations humides sont vaporeuses ou immersives.
Les vaporeuses se font en exposant des corps métalliques ou autres, à la fumée ou à l'exhalaison de quelque matière. Les immersives se font en mettant le corps qu'on veut calciner dans des liqueurs corrosives, comme eaux-fortes ou esprits ardents, de manière qu'elles y soient submergées.
Les calcinations sèches sont proprement ce qu'on appelle Cémentations, dont voyez l'article.
On appelle aussi calcination sèche, celle qui se fait par le feu, telle que celle de la chaux à bâtir, de la soude, des sels qu'on blanchit dans des creusets, des cendres qui viennent du bois brûlé ou d'autres matières.
Dans ces calcinations sèches, on distingue encore celles qui se font à feu ouvert, à feu clos, et à feu de réverbère. Voyez. FEU, REVERBERE.
Quelquefois calciner la matière, c'est la blanchir et la purger de sa noirceur par l'Art, le feu philosophique, et l'azoth. Le signe de la parfaite calcination est la blancheur.

Calcinatoire. Le vaisseau Calcinatoire des Philosophes Hermétiques n'est autre que l'œuf des Sages.

Calcinatum Majus. Tout ce qui est adouci par l'Art chymique, et qui n'a pas cette douceur de sa nature, comme le mercure doux, l'âme du plomb, le sel et autres semblables préparations. Planiscampi.

CALCINATUM MINUS. Tout ce qui est doux naturellement.

Calciner. En termes de Philosophie chymique. Voyez CALCINATION.

Calcitari. C'est l'alkali en général.

Calcitea. Tragacanthe.

Calcitheos. Litharge, ou laiton blanchi des Philosophes.

Calcitis. Voyez CALCADIN.

Calcocos. Cuivre brûlé, ou Aes ustum.

Calcokeumenos. Aes ustum.

Calcota. Colcotar philosophique.

Calcutium. Cuivre brûlé.

Galdar. Etain, ou Jupiter.

Calgfur. Terme arabe, dont quelques Chymistes se sont servis pour dire du girofle.

Calide. Trochisque d'arsenic.

Calidité. Qualité de la matière fixe des Philosophes. Ils ont donné ce nom de calidité à leur mâle, ou fixe. Le premier est appelé calidité et siccité, ou soufre; le dernier, argent-vif, ou frigidité et humidité. Flamel.

Caliette. Champignon du genévrier. Calix Chymicus. Verre d'antimoine. Callecamenon. Cuivre brûlé. Callena. Salpêtre.

Callirhoé. Fille de l'Océan, et femme de Chrysaor. Voyez l'article de ce dernier.

Cahnet. Antimoine des Philosophes.

Calpé. Montagne élevée sur les confins de l'Espagne du côté de l'Afrique, vers le détroit de Gibraltar. Les Poètes ont feint qu'Hercule la sépara d'une autre qui est vis-à-vis en Afrique, et nommée Abyla. Ces deux avant cette séparation n'en faisaient qu'une. Ce sont ce qu'ils ont aussi appelé les Colonnes d'Hercule. Voyez les Fab. , Egypt. et Grecq. dévoilées, liv 5, chap. 12.

Calticis. Voyez CALCADIN.

Calufal. C'est l'huile des Indes. I^Calusa-Cyptas. Cristal.

Cambar. Matière des Sages parvenue à la blancheur.

Cambic-Suc. C'est la gomme Guttagamba.

Cambill. Terre rouge des Philosophes.

Cambyse. Roi de Perse, s'étant emparé de l'Egypte, tua le bœuf Apis, se moqua des Dieux de l'Egypte comme fabuleux, et envoya son armée pour détruire le temple de Jupiter Ammon. Il retourna dans son pays avec des richesses immenses. Voyez les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 1, sect. 2.

Camereth. Mercure des Philosophes fixé au rouge, ou le soufre des Sages.

Cames et Carnet. Argent, ou matière philosophique poussée au blanc.

Cancinpericon. Fumier ou ventre de cheval, échauffé.

Cancre ou Cancer. La pierre des Philosophes fixée au rouge, ainsi nommée à cause de sa complexion chaude et sèche, et de sa vertu ignée, qui l'a fait nommer Pierre de feu, Minière de feu céleste.

Canicule (Feu de). Quelques Philosophes Hermétiques ont ainsi appelé leur troisième feu, ou degré de feu, par comparaison à la chaleur de la Canicule, qui est la plus forte de toute l'année. Ce n'est pas qu'il faille augmenter le feu extérieur au troisième degré, puisqu'ils disent qu'il doit être égal et continu pendant tout le cours de l'œuvre : cette augmentation doit s'entendre du feu intérieur. Cette équivoque a induit beaucoup de gens en erreur.

Canope. L'un des Dieux adorés en Egypte. Il était représenté sous la figure d'un vase ovale posé sur une de ses pointes; l'autre opposée portait une tête d'homme; et sur le vase étaient figurés plusieurs hiéroglyphes. Voyez ce qu'on doit entendre par Canope, dans le livre 1, ch. 9 des Fables Egypt. et Grecq. dévoilées.

Cantacon. Safran des Philosophes. Quelques Chymistes l'ont interprété du safran commun.

Canze, Canna, Garnit. Vase chymique. Johnson.

Cape. Terre minérale qui fait corps et compose les pierres métalliques avec le métal, et qui n'est point métal elle-même. C'est cette matière pierreuse qui occasionne les opérations qu'il faut nécessairement faire pour tirer l'aloi des métaux, afin de les en séparer, et de les avoir purs. On tire les métaux de leurs capes, au moyen de repassement.

Capricorne. Manget dit que quelques Chymistes ont donné ce nom au plomb. Il aurait dit vrai s'il l'avait expliqué du plomb ou Saturne des Philosophes; et ils l'ont ainsi appelé, parce que le Capricorne désigne le solstice d'hiver, comme la matière de l'œuvre parvenue au noir, ou Saturne des Philosophes, indique leur hiver.

Carab. Gousse des légumes.

Caraha. Nom que les Alchymistes ont donné à un de leurs vaisseaux philosophiques ; c'est le premier : le second se nomme Aludel, dont voyez l'article.

Cardel. Moutarde.

Cardir. Jupiter, ou Pétain.

Cardis. Mars, ou le fer.

Carena. La vingt-quatrième partie d'une goutte. Johnson.

Carmiti. La pesanteur d'une obole ou d'une maille. Johnson.

Garumfel. Girofle.

Carsuflé. Voyez CORSUFLE.

Casibo. Cyprès.

Casmet. Antimoine.

Caspa. La matière philosophique au blanc.

Cassibor et Cassidbott. Coriandre.

Cassiopée. Femme de Céphée Roi d'Ethiopie, s'étant vantée d'être plus belle que les Néréïdes, en fut punie par l'obligation où elle se trouva d'exposer sa fille Andromède pour être dévorée par un Monstre marin. Persée tua ce Monstre, et la délivra. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 3, ch. 14, § 3.

Castor et Pollux. Frères jumeaux, fils de Jupiter et de Léda, femme de Tyndare. Jupiter changé en cigne ayant eu commerce avec Léda, elle accoucha de deux œufs, chacun desquels renfermait deux jumeaux; de l'un sortirent Pollux et Hélène, de l'autre Castor et Clytemnestre.
Castor et Pollux accompagneront Jason dans son expédition de Colchos pour la conquête de la toison d'or, où Pollux tua Amycus. Castor ayant été tué par Lyncée, Pollux obtint de Jupiter de pouvoir communiquer son immortalité à Castor, et ils en jouissaient alternativement. Voyez les Fables Egypt. et Grecques, liv. 2, ch. 1, liv. 3, ch. 14, § 4 et liv. 6, ch. 3.

Cathochites. Substance gommeuse et glutineuse, qui se trouve dans l'île de Corse, selon Solinus et Pline. Johnson dit qu'elle a la propriété d'attirer la chair et les mains, auxquelles elle s'attache fortement, comme l'aimant attire le fer, l'ambre des pailles, etc.

Catillia ou Cartilia. Poids de neuf onces.

Catma. Nom que quelques Chymistes ont donné à l'or en limaille. Johnson.

Catrobil. Terre commune chez les Chymistes vulgaires, et terre des Philosophes chez les Adeptes.

Caucase. Montagne d'Asie, sur laquelle la Fable dit que Jupiter fit attacher Prométhée, et lui faisait dévorer le foie par une aigle, en punition de ce qu'il avait dérobé le feu du Ciel. Suivant le sens des Chymistes Hermétiques, le mont Caucase n'est autre que le mont Philosophique, ou le vase de l'Art et de la Nature, parce qu'à ce dernier est attaché et lié le feu des Philosophes, que d'Espagnet et plusieurs autres appellent Minière de feu céleste. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 5, ch. 17.

Cauda Vulpis Rubicurdi. Minium du plomb.

Cécrops. Fondateur du Royaume d'Athènes, était originaire d'Egypte, d'où il porta le culte des Dieux dans la Grèce. La Fable dit qu'il était moitié homme et moitié serpent. Voyez les Fables Egypt. et Grecques, liv. 1, sect. 4.

Cedue. L'air.

Ceinture de Vénus, appelée Ceste. Elle avait, selon la Fable, la propriété non seulement de rendre aimable celle qui la portait, mais encore de rallumer les feux d'une passion éteinte; c'est pourquoi Junon, brouillée avec Jupiter, emprunta de Vénus cette ceinture, pour captiver la bienveillance de ce Dieu. Mercure étant encore enfant, joignit à ses autres friponneries, le vol de cette mystérieuse ceinture. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 3, chap. 14, § 1 et liv. 6.
Les Philosophes Hermétiques expliquent cette ceinture du petit cercle de couleurs différentes qui se forme autour de la matière à chaque fois qu'elle commence à changer de couleur.

Celeno. La Fable en admet deux, l'une fille d'Atlas, laquelle eut commerce avec Jupiter; l'autre était une des Harpies, fille de Jupiter et de la Terre. Les Poètes, et ceux qui ont dit après eux que les sept filles d'Arias ont formé les sept Pléiades, et que chacune d'elles a un rapport avec une des planètes, donnent Celeno à Saturne. On dirait qu'ils ont consulté les Adeptes pour donner cette explication;
elle ne pouvait en effet y mieux convenir, puisque Celeno vient d'un mot grec qui signifie obscurité, noirceur, et le Saturne des Philosophes n'est autre que la matière de l'œuvre parvenue au noir pendant qu'elle est en putréfaction. On peut voir dans l'article Harpie ce qu'elle signifie de plus. Voyez aussi les Fabl. Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 2, chap. 1.

Celopa ou Chelopa. Jalap.

Cendre. Les Sectateurs de la science Hermétique appellent souvent cendre la matière de la pierre putréfiée dans l'aludel, parce que la chaleur extérieure agissant sur le mixte du vaisseau, en sépare l'humide qui en liait les parties, et après l'avoir desséché, laisse le mixte comme une poudre, ou cendre, et la matière dans cet état est en putréfaction ou corruption; car l'un et l'autre terme se prennent indifféremment pour signifier la même chose.
Les Philosophes Hermétiques disent qu'il ne faut pas mépriser la cendre, et Morien dit qu'elle est le diadème du Roi. Il faut entendre ces termes de la matière après qu'elle a été en putréfaction ; parce qu'alors elle semble de la cendre, et que de cette cendre doit sortir le soufre philosophique, qui est le diadème du Roi.

CENDRE DE TARTRE. Soufre des Philosophes parfait au rouge.

Ceniotemium. Mercure préparé pour la vérole.

Centaures (Les). Etaient fils d'Ixion et d'une nuée, excepté le Centaure Chiron, qui fut fils de Saturne et Philivre. Ils avaient la partie supérieure du corps de forme humaine, et depuis la ceinture jusqu'au bas, de la forme d'un cheval. Ayant été invités aux noces de Pyrithoüs, il y cherchèrent querelle aux Lapithes, et il y eut un sanglant combat entre eux, où les derniers restèrent vainqueurs. Hercule vint après, et acheva de les détruire.
Le mariage de Pyrithoüs avec Déiadamie est celui des Philosophes, qui se fait dans le vase avec le fixe igné et le volatil mercuriel. Avant la parfaite réunion des deux, il se fait un combat de l'un et de l'autre, qui produit la dissolution et la volatilisation indiquées par les Lapithes, dont le nom signifie s'élever avec arrogance. Voyez l'explication plus étendue dans le liv. 5, ch. 6 des Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées.

Centre du Monde. C'est la matière de la pierre des Philosophes, et la pierre même quand elle est dans sa perfection. Les Philosophes l'ont ainsi nommée, parce qu'ils disent que toutes les propriétés de l'Univers y sont comme réunies.

CENTRE DE L'ŒUF. C'est le jaune.

Cepini. C'est le vinaigre.

Ceration. Temps où la matière passe de la couleur noire à la grise et puis à la blanche; ce qui se fait par la seule digestion et cuisson continuées sans addition de quoi que ce soit.

Cerauno-Cryson. Or fulminant.

Cerbère. Dans le sens des Chymistes vulgaires, c'est le nitre; mais les Philosophes entendent bien autre chose par le Cerbère de la Fable. Les Poètes Philosophes ont imaginé qu'un chien à trois têtes, la gueule béante, gardait la porte des Enfers, et qu'il y était enchaîné par une chaîne triple. Les Alchymistes prétendent que toutes les fables des anciens Poètes ne sont que des énigmes, dont ils se sont servis pour cacher les opérations de la pierre philosophale. Ils disent en conséquence qu'il faut entendre par Cerbère ce chien à trois têtes, ou la matière de la pierre philosophale composée de sel, de soufre et de mercure, renfermée dans le triple vase des Philosophes, qui sont les trois chaînes qui lient Cerbère; ou que la matière est elle-même le palais de Pluton, Dieu des Enfers, et que le triple vaisseau est le chien à trois têtes qui garde la porte du palais et en empêche l'entrée. Cette dernière explication me paraît plus vraisemblable; car il est dit que Cerbère vomissait du feu; ce qui est le propre des fourneaux. On ne doit pas cependant entendre par-là que les fourneaux des Alchymistes vomissent du feu comme ceux des Chymistes ordinaires; car le feu de la Philosophie Spagyrique n'est pas le feu vulgaire, mais le feu de la nature, un feu qui échauffe sans brûler. Et qui connaîtra ce feu, et la manière de le graduer, est bien avancé dans la science Hermétique. Que celui qui veut étudier cette science ait donc Hercule, et sache le marier à propos avec Thésée son compagnon inséparable, il aura bientôt le secret des trois règnes.

Cercle. En termes de science Hermétique, signifie circulation de la matière dans l'œuf des Philosophes. C'est dans ce sens qu'ils appellent leur opération le mouvement des cieux, les révolutions circulaires des éléments, et qu'ils nomment aussi le grand œuvre la Quadrature du cercle Physique. Michel Majer a fait un petit traité sur ce sujet, qui a pour titre : De Circulo quadrato Physico, sive de Auro.
Ils divisent aussi la pratique de la pierre philosophale en sept cercles ou opérations; et tout consiste cependant à dissoudre et à coaguler. Le premier cercle est la réduction de la matière en eau. Le second est de coaguler cette eau en terre fixe. Le troisième est la digestion de la matière, qui se fait très lentement; c'est pourquoi les Philosophes disent que les révolutions de ce cercle se font dans le fourneau secret. Elle cuit la nourriture de l'enfant des Sages, et la convertit en parties homogènes, comme l'estomac prépare les aliments pour les tourner en la substance du corps. D'Espagnet n'admet que trois cercles, par la répétition desquels on parvient, dit-il, à réduire l'eau en terre, et à concilier les ennemis, c'est-à-dire, le volatil avec le fixe, l'humide avec le sec, le froid avec le chaud, l'eau avec le feu.

Cerdac. Mercure.

Cérès. Fille de Saturne et d'Ops, et sœur de Jupiter et de Neptune, de Pluton et de Junon. Cérès fut regardée comme mère de Plutus et de Proserpine; Pluton enleva celle-ci et la constitua Reine des Enfers. Voyez cette fable et son explication Chymique dans les Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées, liv. 4, ch. 2 et 3.

Cerveau ou Cœur de cerf. Terme de Chymie. C'est la matière des Philosophes; quand elle est convertie en air, on l'appelle Cerveau; lorsqu'elle est devenue feu, on lui donne le nom de Cœur de cerf. Quelques Alchymistes disent qu'alors le cerf est livré aux chiens, pour être dévoré; c'est-à-dire qu'on l'expose à l'action du feu pour y être digérée et fixée.

Cervelle de bœuf. C'est, en termes de Chymie, du tartre brûlé. Johnson.

Céruse. (Sc. Herm.) Quelques Chymistes se sont imaginé que la céruse était la matière des Philosophes, parce qu'elle est faite du plomb, et que les Adeptes disent que leur Mercure est fils de Saturne; mais, si l'on s'en rapporte à Philalèthe, ils entendent par Céruse le magistère au blanc; comme on peut le voir dans son traité qui a pour titre : Enarratio methodica trium medicinarum Gebri.

Ceste de Vénus. Voyez CEINTURE.

Cexim. Vinaigre.

Chaia. Matière des Philosophes parvenue à la couleur blanche.

Chacef. Vase de terre. Johnson.

Chalcos. Cuivre.

Chalcute. Aes ustum, ou cuivre brûlé.

Chaleur. Action du feu, qui produit sur les corps un effet plus ou moins vif, selon que les parties ignées sont en plus grande ou moindre quantité, et plus ou moins agitées. Lorsque cette action du feu est modérée, elle est proprement dite chaleur lorsqu'elle est violente jusqu'à causer la séparation des parties des corps sur lesquels elle agit, on doit l'appeler adustion, ignition.
Nous ne jugeons des degrés de chaleur que par les sens, et par ses effets. On distingue plusieurs sortes de chaleurs, la naturelle et l'artificielle, l'interne et l'externe.
La naturelle est l'effet du feu inné dans tous les Etres, qui fut implanté et communiqué à la matière dès la création, lorsque l'esprit de Dieu était porté sur les eaux. Cette chaleur donne la vie à tout, parce qu'elle est une émanation du principe de la vie par essence. Dès que cette portioncule de vie abandonne un sujet, la dissolution des parties succède à cet abandon, parce qu'elle en était le lien.
Deux causes contraires produisent cet effet; le froid son ennemi lorsqu'il domine, et l'action même de ce feu poussée à un degré trop violent.
Par le premier, cette chaleur naturelle surmontée, abandonne la circonférence et se retire au centre; alors les parties éloignées, privées du lien qui les unissait, se séparent de proche en proche, changent de conformation organique ; et cette chaleur ne trouvant plus la même matière disposée comme elle doit l'être pour être animée, agit sur elle différemment. Elle fait comme un effort dans le centre; les parties voisines trop violemment agitées, communiquent leur mouvement immodéré à celles qui les touchent, celles-ci aux autres, d'où naît la fermentation; à celle-ci succède la corruption; enfin, une nouvelle génération.
Le froid n'est pas toujours nécessaire pour causer la dissolution des parties des mixtes : la chaleur innée augmentée au-delà du degré requis pour l'entretien de la vie du corps qu'elle vivifie, en cause aussi la destruction.
Les parties fatiguées par trop de mouvement, se détachent, se dérangent, et ouvrent un passage libre à ce feu, qui s'évanouit pour ainsi dire, et laisse après lui des marques funestes de son action et de son absence. Cette chaleur naturelle est proprement celle que nous appelons interne.
Il y a une autre chaleur naturelle, celle du soleil. L'interne, dont nous venons de parler, semble n'être qu'une chaleur en puissance, qui n'agirait point, si elle n'était excitée par la chaleur naturelle externe, ou par la chaleur artificielle.
On l'appelle artificielle, parce que l'Art la manifeste, l'augmente ou la diminue, et la dirige à son gré. Les Artistes lui donnent plusieurs noms pris des matières qu'ils emploient, ou des opérations qu'ils font par son moyen. On trouvera tous ces noms expliqués dans l'article.

Chambar. Magnésie philosophique.

Chambelech. Elixir.

Champs Elysées. Lieu de repos, où les Poètes ont feint que Mercure conduisait les âmes des Héros et des justes après leur mort. Voyez ce qu'on doit entendre par les Champs Elysées, dans l'explication de la Descente d'Enée aux Enfers, à la fin des Fables Egypt. et Grecq. dévoilées.

Chandel. Coloquinte.

Changer les natures. Voyez. NATURE.

Chanque. Nitre des Philosophes.

Chaos. Veut dire confusion et mélange. C'était, selon les Anciens, la matière de l'Univers avant qu'elle eût reçu une forme déterminée. Les Philosophes ont donné par similitude le nom de Chaos à la matière de l'œuvre en putréfaction, parce qu'alors les éléments ou principes de la pierre y sont tellement en confusion, que l'on ne saurait les distinguer. Ce chaos se développe par la volatilisation; cet abîme d'eau laisse voir peu à peu la terre à mesure que l'humidité se sublime au haut du vase. C'est pourquoi les Chymistes Hermétiques ont cru pouvoir comparer leur œuvre, ou ce qui s'y passe pendant les opérations, au développement de l'Univers lors de la création.

Chapiteau. Quelques Chymistes ont ainsi appelé la lessive et l'eau de savon. Johnson.

CHAPITEAU D'ALAMBIC. Les Philosophes ont donné ce nom à la matière de l'œuvre parvenue au noir.

Charbon. Presque tous les Philosophes disent que leur feu n'est point un feu de charbon; et ils disent vrai, parce qu'ils ne regardent pas le feu de nos cuisines, ou des laboratoires chymiques, comme leur feu. Quand il s'agit du régime du feu, il faut l'entendre du régime du feu philosophique, et non du feu de charbon. Philalèthe et plusieurs autres, comme Denis Zachaire, parlent du feu de charbon comme d'un feu nécessaire à l'œuvre. Ce dernier dit, entre autres, que ses parents voyant la quantité de menus charbons dont il avait fait provision, lui disaient qu'il serait accusé de faire la fausse monnaie. Philalèthe dit que celui qui entreprend l'œuvre ne doit pas être du nombre des pauvres, à cause des dépenses de vase et de charbons dont il faut faire usage. Il réduit même la quantité qu'il en faut pour tout l'œuvre, à cent mesures pour les trois ans entiers. Voyez sur cela son ouvrage qui a pour titre : Enarratio methodica trium medicinarum Gebri. On ne doit cependant pas prendre toutes ses paroles à la lettre, car d'Espagnet que Philalèthe a suivi pas à pas, dit qu'il reste très peu de dépenses à faire à celui qui a les matières préparées et convenables à l'œuvre. Il faut du charbon, mais dans un temps seulement, qui est celui de l'épreuve.

CHARBONS DU CIEL. Ce sont les étoiles.

CHARBONS HUMAINS. Excréments des hommes.

Chariot de Phaëton. C'est un des noms que les Philosophes Chimiques ont donné au grand œuvre. Phaëton est le symbole des mauvais Artistes, qui ayant tout ce qu'il faut pour faire la pierre, ignorent le feu philosophique, pu ne savent pas le conduire, et brûlent la matière, représentée par la Terre à laquelle ce fils du Soleil mit le feu pour n'avoir pas su conduire le chariot de son père.

Charon. Fils de l'Erèbe et de la Nuit, selon Hésiode, était le Nautonnier des Enfers; il passait les âmes séparées des corps par les trois fleuves, l'Achéron, le Styx et le Cocyte. Les Chymistes Hermétiques regardent Charon comme le symbole de la couleur grise qui n'est qu'un passage de la noire à la blanche; et les trois fleuves sont les putréfactions qui arrivent dans les trois opérations de l'œuvre, que Géber a nommé la Médecine du premier, du second et du troisième ordre. Dans chacune, la matière doit se dissoudre et se putréfier, et parvenir à la couleur noire, à laquelle succède la grise, qui est Charon; c'est pourquoi on le dit fils de l'Erèbe et de la Nuit. Pendants cette couleur grise la matière se volatilise, l'esprit se sépare du corps, et le laiton philosophique se blanchit : voilà le passage des âmes par les trois fleuves pour parvenir aux Champs Elysées, représentés par la blancheur. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 3, ch. 6.

Chartre des Philosophes. C'est la Table d'Emeraude d'Hermès, ainsi nommée parce que c'est le premier écrit connu sur la pierre philosophale. Quelques-uns ont pris ces termes dans le sens de prison, et ont entendu le fourneau et l'œuf des Philosophes.

Chat. Cet animal était un symbole hiéroglyphique chez les Egyptiens, qui l'adoraient sous le nom d'Aelurus. Il représentait la Lune ou Mercure Philosophique, parce que le Chat semble ressentir les effets des influences lunaires. On remarque en effet des vicissitudes de grandeur dans la prunelle des yeux de cet animal. Elle se conforme aux changements des phases de la Lune. Elle augmente lorsque cette planète est dans son croissant; elle diminue lorsque la Lune est dans son déclin.

Chaux. En termes de Chymie, se dit de toutes formes de corps réduits en poudres impalpables, soit par l'action du feu, soit par les eaux fortes. Quelques-uns prétendent qu'on ne doit donner le nom de Chaux qu'aux poudres des corps métalliques ou des minéraux; et que celles des autres doivent se nommer cendres. On dit Chaux de Lune ou d'argent, Chaux de Saturne ou de plomb, etc.

CHAUX DES PELERINS. C'est le tartre.

CHAUX-VIVE est aussi un terme de Science Hermétique, que les Sages ont employé pour signifier la matière, au blanc.

Chef-d'œuvre de l'Art. C'est la pierre des Philosophes, l'élixir parfait au rouge. Quelques Chymistes lui ont donné ce nom avec raison, puisque c'est la plus excellente chose que l'homme ait pu imaginer pour son bien-être.

Cheissi ou Cheiri. Paracelse le prend pour le mercure quand il parle des minéraux, et pour des fleurs lorsqu'il est question des végétaux. Ainsi lorsqu'il dit de la fleur Cheizi ou Cheiri tirée de l'argent, il faut entendre l'élixir philosophique au blanc. Quelques autres le prennent pour l'antimoine, d'autres pour l'or potable. Johnson.

Chelopa. Jalap.

Chêne creux. Fourneau des Sages. La Fable parle d'un chêne creux contre lequel Cadmus perça le dragon qui avait dévoré ses compagnons. La lance qu'employa Cadmus est le feu, le serpent signifie le mercure. Le chêne creux étant le fourneau secret des Sages, on voit pourquoi les Anciens l'avaient consacré à Rhéa, femme de Saturne.

Chesep. L'air que nous respirons ; c'est aussi celui des Philosophes. Si vous ne tirez l'eau de l'air, la terre de l'eau, et le feu de la terre, vous ne réussirez point dans l'œuvre, disent Avicenne et Aristote.

Cheval. Les Chymistes Hermétiques ont souvent pris cet animal pour le symbole des parties volatiles de leur matière, à cause de sa légèreté à la course. C'est pour cela qu'ils ont imaginé anciennement des chevaux pour traîner le char du Soleil et des Dieux. Laomedon refusa à Hercule les chevaux qu'il lui avait promis pour récompense de ce qu'il avait délivré Hésionne. Hercule fit manger Dio-mede à ses propres chevaux. Voyez les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, 1. 5, c. 11 et 14.

Cheveux. C'est le Rebis philosophique.

Chèvre Amalthée. Voyez AMALTHEE. La Chèvre était adorée en Egypte comme le Bouc, dont voyez l'article.

Chibur ou Chibut. Soufre des Sages quand il est parvenu à la couleur rouge.

Chien. Cet animal était en grande vénération chez les Egyptiens, sous le nom d'Anubis. Il était chez eux le symbole du Mercure des Sages; aussi les Anciens l'avaient-ils consacré à ce Dieu ailé. Plusieurs ont donné le nom de Chien à la matière du grand œuvre. L'un l'appelle Chien d'Arménie, l'autre dit que le Loup et le Chien se trouvent dans cette matière; qu'ils ont une même origine, et néanmoins que le Loup vient d'Orient, et le Chien d'Occident. Rafis. L'un représente le fixe et l'autre le volatil de la matière.

CHIEN D'ARMENIE est un des noms que les Philosophes Hermétiques ont donné à leur soufre, ou au sperme mâle de leur pierre.

Chienne de Corascene. Est un des noms que les Philosophes chymiques ont donné à leur mercure, ou sperme féminin de leur pierre.

Chimère (la). Fille de Typhon et d'Echidna, était un monstre ayant la tête et la poitrine du lion, le ventre et le train de derrière d'une chèvre, et une queue de dragon. Bellerophon fut envoyé pour combattre la Chimère, et demeura vainqueur avec le secours du cheval Pégase, et les armes dont les Dieux lui avaient fait présent. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 3, c. 14, § 3.

Chiron. Le Centaure, fils de Saturne et de Phillyre. Chiron devint le maître d'Esculape, de Jason, d'Achille, etc. S'étant blessé par mégarde, avec une des flèches d'Hercule son disciple, la plaie s'envenima au point qu'il en mourut, après avoir obtenu cette grâce de Jupiter. Voyez les Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées, dans les articles des Dieux et des Héros susnommés.

Chisir minérale. Soufre principe des métaux.

Chisti Pabulum. Urine d'un enfant.

Chop-China. C'est le Kina.

Chose vile. Lorsque les Philosophes ont dit que leur matière est vile, méprisée, jetée dans les rues et sur les fumiers, ils ont parié sincèrement, paraboliquement, et allégoriquement. On la jette réellement, parce qu'on en ignore le prix; mais quand ils l'appellent une chose vile, c'est qu'on ne jette communément que les choses viles et méprisables, et que leur matière en putréfaction ressemble à tout ce qui est putréfié, que l'on jette sur le fumier à cause de sa puanteur, et qu'on regarde non seulement comme inutile, mais comme dommageable. Il ne faut donc pas s'imaginer que la matière des Sages, quoique si commune dans son principe que tout le monde peut l'avoir, se trouve toute préparée en mercure. On donne à la vérité ce soin à la Nature, mais il faut l'aider, en lui fournissant ce qui est requis, et de la maniera requise.
Ceux qui prennent le mercure vulgaire pour cette chose vile, se trompent donc bien lourdement. Paracelse dit au sujet de cette matière, que la pierre qu'une femme jette à sa vache, vaut souvent mieux que la vache même.

CHOSE (la) qui a les pieds noirs, le corps blanc et la tête rouge. C'est, en termes de Science Hermétique, l'ouvrage de la pierre; parce que la matière devient d'abord noire dans la putréfaction, puis blanche dans la régénération, enfin rouge dans la fixation. Les Philosophes ne parlent guère que de ces trois couleurs, parce qu'elles sont les principales, et que les autres durent fort peu.

CHOSE UNIQUE. Matière des Philosophes après la conjonction de l'esprit et du corps, ou mercure animé des Sages. Cette matière est véritablement unique dans son espèce, quoique fort commune, et que personne ne puisse s'en passer; mais elle acquiert encore mieux cette qualité d'unique après sa putréfaction. Elle contient tout, quoiqu'elle ne ressemble proprement à rien de ce qui existe dans le monde. Elle est eau, elle est terre, elle est feu, elle est air, et ne ressemble à aucun de ces éléments. Comme elle renferme les propriétés et les vertus des choses supérieures et inférieures de l'Univers, on lui donne à juste titre les noms de tous les individus, sans qu'elle soit nullement spécifiée à aucun d'eux en particulier. Cette diversité de noms a trompé et induit tous les jours en erreur un grand nombre de gens qui cherchent la pierre; mais elle n'a proprement qu'un nom connu de tout le monde, des hommes comme des femmes, des vieux comme des enfants, des savants comme des ignorants; parce que, comme dit Morien, elle est pour le riche comme pour le pauvre, pour l'avare comme pour le prodigue, pour les vieux et les jeunes, pour ceux qui sont debout comme pour ceux qui sont assis; et, comme dit Basile Valentin, qu'elle renferme toutes choses, parce qu'elle est toutes choses.
II faut bien distinguer la matière des Sages avant la putréfaction et après la putréfaction. Dans le premier cas, elle est telle que je l'ai décrite lorsque j'ai dit qu'elle était pour tout le monde; dans le second, elle est proprement la matière des Sages; elle est leur mercure, et la minière de leurs métaux; et c'est d'elle qu'ils disent que leur mercure renferme tout ce que cherchent les Philosophes. C'est leur Azoth qui suffit avec le feu.

Chronos. Voyez SATURNE.

Chrysaor. Fils de Neptune et de Méduse, selon quelques-uns; et selon d'autres, né du seul sang qui coula de la blessure faite à Méduse par Persée. Chrysaor fut père de Geryon. Voyez cette fiction expliquée dans les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 3, ch. 14, § 3.

Chryséis. Fille de Chrysès, prêtre d'Apollon, échut par le sort à Agamemnon, Chef de l'armée des Grecs qui allaient faire le siège de la ville de Troye. Chrysès la demanda à Agamemnon, qui la lui refusa. Ce père désolé s'adressa à Apollon; et ce Dieu, pour venger son Prêtre, suscita une peste effroyable dans le camp des Grecs. Calchas consulté, répondit qu'il fallait rendre Chryséis à son père, et que la peste cesserait. Agamemnon s'y détermina, quoique malgré lui, et la peste cessa. Voyez ce que signifie cette fiction dans le livre 6 des Fables Egypt. et Grecques dévoilées.

Chrysès. Voyez l'article précédent.

Chrysocalcos. Oripeau.

Chrysor. Vulcain des Phéniciens. Voyez VULCAIN.

Chybur. Soufre. Paracelse dit (Lib. de Nat. rerum) qu'il n'y a point de meilleur remède que le Chybur, pour les maladies du poumon, quand il est préparé et sublimé trois fois avec des chaux minérales.

Chyle. Matière des Philosophes en putréfaction.

Cibation. Nutrition de la matière sèche des Philosophes avec son propre lait, donné modérément. Riplée. Si l'on donne ce lait en trop grande abondance, l'enfant deviendra hydropique, et la terre sera submergée par le déluge. Il faut donc l'administrer peu à peu et avec proportion.

Cibur et Chibut. Voyez CHYBUR.

Cicebrum. C'est l'eau des Philosophes.

Cidmia. Litharge.

Ciel. Ce terme a différents sens chez les Philosophes Hermétiques. Il se prend en général pour le vase des Sages, dans lequel font leur séjour Saturne, Jupiter et tous les autres Dieux.

CIEL VEGETABLE, C'est leur eau mercurielle, leur quintessence céleste tirée du vin philosophique. Christophe Parisien.

CIEL DES PHILOSOPHES. Se prend aussi pour la quintessence ou matière plus épurée des éléments. Telle est la pierre philosophale et l'élixir parfait au rouge. Paracelse a fait un ouvrage qui porte pour titre : Cœlum Philosophorum. Il y traite de tous les métaux sous les noms des planètes, et il y dit dans l'article de Saturne, que si les Alchymistes savaient ce qu'il contient, ils ne travailleraient que sur cette matière.

CIEL. Les Philosophes Hermétiques ont aussi donné ce nom au feu céleste qui anime les corps élémentés. Les corps sont plus forts ou plus faibles, selon qu'ils contiennent plus ou moins de ce feu; et leur longue durée dépend de la forte union de l'esprit céleste avec l'humide radical. Cette union est ce que les Philosophes appellent le Ciel et la Terre réunis et conjoints, le Frère et la Sœur, Gabritius et Beja, l'Epoux et l'Epouse qui s'embrassent très étroitement ; parce que l'esprit volatil ne sert de rien, s'il n'est rendu fixe en la nature duquel il doit passer.

Cimmériennes (Ombres). Ce sont les brouillards qui s'élèvent dans le vase philosophique pendant la putréfaction.

Cinabre. Matière métallique, de laquelle on tire le mercure vulgaire.
Les anciens donnent aussi ce nom au sang de dragon. Pline, liv. 33, ch. 7, de son Histoire Naturelle, l'appelle Cinabre des Indes, pour le distinguer du métallique; et ajoute qu'il se forme du sang des dragons qui se battent contre les éléphants, dont l'énorme poids les accable, quand l'éléphant tombe sur eux en mourant.
On trouve aussi le nom de Cinabre dans plusieurs Auteurs, pour dire Minium.
Plusieurs Chymistes ont mal-à-propos pris le Cinabre vulgaire et naturel pour la matière de l'œuvre des Philosophes; on ne saurait en tirer que du mercure commun, ou argent-vif vulgaire. Le Cinabre des Sages est leur mercure sublimé, purifié, fixé au rouge, qu'ils appellent soufre. C'est alors ce serviteur rouge dont parle Trévisan.

Cinyras. Est accusé par les Poètes d'avoir commis un inceste avec sa propre fille Myrrha, et de cet inceste, disent-ils, naquit Adonis. Voyez ce que signifie cette fiction dans les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 4, ch. 4.

Circé. L'enchanteresse, fille du Soleil et de la Nymphe Perseis; elle était sœur d'étés, Roi de Colchos. Jason et Médée se retirèrent chez elle, après qu'ils se furent emparés de la Toison d'or. Voyez les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 2, chap. 1.

Circulation. Est un terme de Science Hermétique, qui, outre le sens chymique, signifie encore la réitération des opérations du grand œuvre pour la multiplication de la quantité et des qualités de la pierre.

Cire. Matière des Sages poussée au blanc.

Ciseaux. C'est le feu des Philosophes, de même que la lance, l'épée, etc.

Cist ou Kist. Mesure des liquides, contenant deux pintes ou quatre livres. Johnson.

Clanchedest. Acier.

Clarete. Blanc d'œuf.

Clarté. En termes de Science Hermétique, signifie la blancheur qui succède à la noirceur de la matière en putréfaction.

Clef. Terme de Science Hermétique, qui signifie tant la connaissance de la matière propre à l'œuvre, que la manière de la travailler. Il se prend aussi pour les marques de l'ouvrage bien ou mal conduit. Dans ce dernier sens, la première clef est la noirceur qui doit paraître au plus tard après le quarantième ou quarante-deuxième jour, faute de laquelle couleur l'Artiste doit croire qu'il n'a pas bien opéré, et il faut alors recommencer. Basile Valentin, Religieux Bénédictin, a fait un ouvrage sur la pierre philosophale, intitulé les Douze Clefs. Georges Riplée, Anglais, en a fait un sur le même sujet, qui a pour titre, les Douze Portes.

Clibaniquement. Suivant la proportion du fourneau. Flamel dit, d'après Calid, si ton feu n'est mesuré clibaniquement; c'est-à-dire, avec poids et mesure des matières, qui ne sont que le soufre et le mercure des Philosophes.

Clouer. Fixer la matière volatile, par la digestion que l'on en fait quand elle est mêlée avec la fixe.
Clytemnestre. Fille de Jupiter et de Léda, et femme d'Agamemnon, qu'elle fit mourir après son retour de la guerre de Troye, pour jouir plus à son aise de son amant Egysthe. Oreste, fils d'Agamemnon, vengea la mort de son père, et fit périr sa mère avec Egysthe dans le temple d'Apollon. Voyez les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 3, chap. 14, § 4.

Coagulation. Terme de Physique et de Chymie. C'est le lien de la composition des mixtes, qui fait le mutuel attouchement des parties. La coagulation n'est que le rudiment de la fixation. Il y a deux sortes de coagulations, comme deux sortes de solutions. L'une se fait par le froid, l'autre par le chaud, et chacune se subdivise encore en deux; l'une est permanente, l'autre ne l'est pas. La première s'appelle fixation, et l'autre simplement coagulation. Les métaux sont un exemple de celle-là, les sels le sont de celle-ci.
La coagulation philosophique est la réunion inséparable du fixe et du volatil en une masse si fixe qu'elle ne craint point les atteintes du feu le plus violent, et communique sa fixité aux métaux qu'elle transmue.

Coagule. Présure.

Coaguler. En termes de Chymie Hermétique, signifie donner une consistance aux choses liquides, non en en faisant un corps compacte, ou dont les parties seraient liées comme celles du lait devenu fromage, mais en les desséchant de leur humidité superflue, et en réduisant le liquide en poudre, et puis en pierre.
Les Philosophes Chymiques appellent aussi coaguler, cuire la matière jusqu'à la perfection du blanc ou du rouge.

Cobales. Voyez SATYRES.

Cobastoli. Cendre.

Cocilio. Poids de onze onces. Johnson.

Cocyte. L'un des fleuves ou marais de l'Enfer. Voyez PLUTON, ENFER.

Cœlus. Voyez CIEL.

Cœur. Quelques Chymistes ont donné ce nom au feu, d'autres à l'or quand ils ont parlé des métaux. Johnson.

Cohob. Sable.

Cohobation. Digestion et circulation de la matière dans le vase, pendant lesquelles la partie volatile monte au haut du vase, et en retombant elle se mêlé, pénètre et se cohobe d'elle-même avec la partie fixe qui se trouve au fond. Telle est la cohobation philosophique; terme employé seulement par similitude, et par comparaison avec la cohobation prise dans le sens des Chymistes vulgaires.

Cohober. Est aussi un terme de Science Hermétique, qui se dit dans le même sens des Chymistes, mais cependant sans addition de nouvelle matière, et sans le secours de l'Artiste.

Cohoph. Paracelse se sert souvent de ce terme, au lieu de cohober, cohobation.

Cohos. Toutes les parties du corps renfermées sous la peau. Quelques Chymistes l'ont employé par allusion au terme de chaos, et pour faire voir le contraste de l'ordre et de l'arrangement des parties du corps humain, avec la confusion du chaos.

Colère. Les Philosophes Hermétiques disent qu'il faut bien prendre garde de ne pas trop pousser Vulcain, de peur d'irriter Mercure, dont la colère est fort à craindre pour l'Artiste, parce que se trouvant trop pressé, il briserait les portes de sa prison, et s'enfuirait sans espérance de le rattraper; c'est-à-dire qu'il ne faut pas trop pousser le feu, afin que le mercure, ou esprits volatils de la matière, ne casse pas le vase; ce qui arriverait infailliblement sans cette attention : ou si le vase était assez fort pour résister, le mercure se brûlerait et deviendrait inutile.
Quelques Adeptes ont donné le nom de colère à la madère parvenue à la couleur orangée.

Colle. On trouve ce terme dans quelques Chymistes, pour signifier le fiel de taureau. Johnson.

COLLE D'OR. Borax ou chrysocolle des Anciens. Colle d'or, dans le sens Hermétique, veut dire la matière des Philosophes en putréfaction après le mélange du mercure et de l'or des Sages. Cette réunion a pris chez eux le nom de Mariage.

Colombe. D'Espagnet et Philalèthe ont employé l'allégorie de la Colombe, pour désigner la partie volatile de la matière de l'œuvre des Sages. Le premier a emprunté de Virgile (Eneid. liv. 6.) ce qu'il dit de celle de Vénus, pour le temps de la génération du fils du Soleil ou règne de Vénus philosophique. Le second a dit que les colombes de Diane sont les seules qui soient capables d'adoucir la férocité du dragon; c'est pour le temps de la volatilisation, où les parties de la matière sont dans un grand mouvement, qui cesse à mesure que la couleur blanche, ou la Diane Hermétique se perfectionne. Les Souffleurs doivent bien faire attention à cela, s'ils ne veulent pas perdre leur argent à faire des mélanges fous d'argent vulgaire avec d'autres matières pour parvenir au magistère des Philosophes.

Colonnes d'Hercule. Ce sont deux montagnes situées au détroit de Gibraltar; l'une est appelée Calpé, du côté de l'Espagne; celle qui est à l'opposite en Afrique, se nommait Abyla. Voyez ces deux articles.

Combustion. Vieux mot que l'on trouve dans les ouvrages de quelques Chymistes pour signifier l'action trop violente du feu sur la matière.

Comerisson. Est un des noms de la pierre des Sages parvenue à la blancheur.

Cometz. Une demi-goutte.

Comidi et Comisdi. Gomme arabique.

Commixtion. Quelques Philosophes ont substitué ce terme à ceux de conjonction, mariage, union. La commixtion se fait pendant la putréfaction, parce que le fixe et le volatil se mêlent alors pour ne plus se séparer.

Compagnon. Mercure philosophique animé de son soufre, et poussé au blanc.

Compar. Les Adeptes entendent par ce terme le fixe et le volatil, mercure et l'or des Sages, qui agissent successivement dans l'œuvre; le mercure ou la femelle prend d'abord la domination, jusqu'à la fin de la putréfaction; lorsque la matière commence à se dessécher et à blanchir, l'or prend le dessus. Ils travaillent ensuite de concert à la perfection de l'œuvre.

Complexion. Temps où la matière est dans une parfaite dissolution; ce qui est indiqué par une couleur très noire. Le terme de complexion signifie le même que putréfaction, submersion, mixtion.

Composé. Le composé des Philosophes est ce qu'ils appellent aussi leur compost, leur confection. Donc cette noirceur de couleur enseigne qu'en ce commencement la matière ou le composé commence à se pourrir, et se dissoudre en poudre plus menue que les atomes du soleil, lesquels se changent ensuite en eau permanente. Flamel.

Composition. Mélange des principes matériels de l'œuvre. Ce terme veut dire la même chose que mixtion, assemblage de plusieurs choses, mais de même nature, c'est-à-dire l'union du mercure et du soufre des Philosophes, qui, quoique deux choses différentes, sortent néanmoins de la même racine, comme les feuilles et les fleurs d'une plante.

Compost. En termes de Philosophie chymique, signifie la matière de la pierre au noir; parce qu'alors les quatre éléments sont comme unis.

Conception. Mariage, union qui se fait du volatil et du fixe de la matière des Philosophes pendant qu'elle est en putréfaction. Les Chymistes Hermétiques disent que la conception du fils du Soleil et de leur jeune Roi se fait dans ce temps-là. Ce terme a été employé par comparaison à la naissance de l'homme et des animaux.

Concierge du Palais. (Sc. Herm.) Plusieurs Chymistes ont interprété ce terme de l'Artiste; mais Bernard, Comte de la Marche Trévisanne, connu sous le nom du bon Trévisan, l'entendait du mercure ou eau philosophique, qui administre au fourneau secret la chaleur requise, parce que ce fourneau secret et le vase philosophique ne sont autre que cette eau, comme on peut le voir dans les articles Vase, Fourneau secret.

Conder. Encens mâle, Oliban.

Confection. Mélange de plusieurs choses, c'est-à-dire du mercure et du soufre philosophique. L'œuf des Philosophes, dit Flamel, est un matras de verre, que tu vois peint en forme d'écritoire, et qui est plein de confection de l'Art, c'est-à-dire, de l'écume de la mer rouge, et du souffle du vent mercuriel.

Confiture. Elixir des Philosophes. Qu'il soit fait confiture composée d'espèce de pierre, et qu'il en soit fait une médecine pour guérir, purger et transmuer tous corps en vraie Lune. Flamel.

Congélation. En termes de Science Hermétique, signifie la même chose que coagulation. C'est proprement un endurcissement d'une chose molle, par le dessèchement de l'humidité et la (fixation du volatil. C'est dans ce sens qu'Hermès a dit que la force de la matière sera parfaite, si l'eau est réduite en terre; parce que tout le magistère consiste à réduire la matière en eau par la solution, et à la faire retourner en terre par la coagulation. Congeler, teindre et fixer ne sont que la même opération continuée dans le même vaisseau.

Congeler. Signifie faire le mariage, réunir le volatil au fixe, joindre les natures, faire la paix entre les ennemis; ce qui se fait d'abord par la solution, et puis par la coagulation.

Conjonction. Réunion des natures répugnantes et contraires en unité parfaite. Cette conjonction les convertit tellement l'une en l'autre, qu'elle en fait un mariage indissoluble même à la plus grande violence du feu. Les Philosophes définissent encore cette conjonction, un assemblage et une réunion des qualités séparées, ou une adéquation des principes. Riplée.
Il y a trois espèces de conjonction. La première est appelée double. Elle se fait entre l'agent et le patient, le mâle et la femelle, la forme et la matière, le mercure et le soufre, le subtil et l'épais.
La seconde s'appelle triple, parce qu'elle réunit trois choses, le corps, l'âme et l'esprit. Faites donc en sorte de réduire la trinité à l'unité.
La troisième est dite quadruple, parce qu'elle réunit les quatre éléments en un seul visible, mais qui renferme les trois autres. Souvenez-vous, dit Riplée, que le mâle a cinq vais-seaux requis pour la fécondité, et la femelle quinze. Sachez donc que notre Soleil doit avoir trois parties de son eau, et notre Lune neuf.
CONJONCTION signifie aussi l'union du fixe et du volatil, du frère et de la sœur, du Soleil et de la Lune. Elle se fait pendant la noirceur qui survient à la matière pendant la putréfaction. Les Philosophes l'appellent aussi Conception, Union des éléments, Commixtion.
CONJONCTION DE L'AME AVEC LE CORPS. Expression Hermétique, qui signifie le moment où la matière parvient au blanc. A l'heure de la blancheur, ou de la conjonction de l'âme avec le corps (dit Philalèthe) on verra de grands miracles; c'est-à-dire, toutes les couleurs imaginables.
CONJONCTION TETRAPTIVE. Mélange intime des principes du composé des Sages.

Connexion. Voyez COMPOSITION, MIXTION.

Contrition. En termes de Philosophie chymique, signifie réduire en poudre, mais seulement en desséchant l'humidité de la matière par le régime du feu, et non pas qu'il faille la broyer dans un mortier ou autrement.

Convenance ou Adaptation. Est lorsque la projection se fait sur un métal en fusion, ou réduit en forme coulante ou mercurielle; alors on dit que ce métal a de la convenance, ou similitude de nature avec l'élixir fait du mercure des Sages. Les Philosophes recommandent aussi de choisir pour faire l'œuvre une matière qui ait de la convenance avec le métal, parce que d'un arbre on ne fait pas un bœuf, ni d'un bœuf un métal.

Conversion des éléments. (Sc. Hermét.) Ceux qui prennent à la lettre les termes des Philosophes Hermétiques, se sont imaginés que leurs éléments étaient en effet quatre choses distinctes et séparées, qu'il fallait extraire d'une matière, et qu'il fallait ensuite convertir l'une en l'autre; c'est-à-dire, faire par exemple de l'huile de l'eau, et de la terre du feu, ou du feu faire de l'air, et de l'air faire de l'eau, et de l'eau faire de la terre. Par les opérations de la Chymie vulgaire on extrait de chaque mixte quatre choses, un esprit, une eau flegmatique, une huile, et une terre appelée caput mortuum, ou tête morte. D'autres ont nommé ces quatre choses un sel, un soufre, un mercure, et une terre damnée, ou inutile. Ceux qui se sont imaginés parvenir au magistère des Philosophes par ces opérations de la Chymie vulgaire, ont donné le nom d'air à l'huile, que d'autres ont appelée soufre, celui de feu à l'esprit, celui d'eau à l'eau flegmatique, et enfin celui de terre, les uns au sel, les autres à la terre damnée. Mais les éléments des Philosophes sont tout-à-fait différons ; leurs opérations sont celles de la Nature et non de la Chymie vulgaire; leur feu est renfermé dans leur terre et ne s'en sépare point, et leur air est contenu dans leur eau. Ils n'ont donc que deux éléments visibles, dont il faut faire la conversion; c'est-à-dire que leur eau change leur terre en sa nature liquide d'eau, et qu'ensuite tout le composé qui était devenu eau, doit devenir terre; en devenant eau, tout devient volatil, et étant réduit en terre, tout devient fixe. Ainsi quand ils par-lent du froid et de l'humide, il faut entendre leur eau, et le chaud et le sec sont leur terre.

Convertir les éléments. Termes de Chymie Hermétique. Dissoudre et coaguler; faire le corps esprit, et l'esprit corps, le volatil fixe, et le fixe volatil : tout cela ne signifie que la même chose. La Nature aidée de l'Art, le fait dans le même vase des Philosophes par la même opération continuée. Lorsque la matière est bien purifiée et scellée dans l'œuf, u s'agit seulement de conduire le feu.

Copher. Bitume ou Asphalte.

Copulation. Mélange du fixe et du volatil, que les Adeptes appellent mâle et femelle.

Coq. Animal que les Anciens avaient consacré à Minerve et à Mercure. Les Chymistes Hermétiques ont comparé leur feu au Coq, à cause de sa vigueur, de son activité et de son ardeur, et ont donné en conséquence le nom de Coq a leur soufre parfait au rouge.

Corail rouge. Est un des noms que les Philosophes ont donné à leur pierre quand elle est fixée au rouge, qui est le degré de sa perfection. C'est sans doute pour cette raison que les Anciens ont feint que le corail s'était formé comme Chrysaor, du sang répandu de la blessure que Persée fit à Méduse; puisque les Philosophes Hermétiques ont pris également Chrysaor et le corail pour symbole de leur soufre parfait.

Corbatum. Cuivre.

Corbeau. En termes de Science Hermétique, signifie la matière au noir dans le temps de la putréfaction. Alors ils l'appellent aussi la Tête du corbeau, qui est lépreuse, qu'il faut blanchir, en la lavant sept fois dans les eaux du Jourdain, comme Nahaman. Ce sont les imbibitions, sublimations, cohobations, etc. de la matière, qui se font d'elles-mêmes dans le vase par le seul régime du feu.

Corbins. Ouvrage de la pierre des Philosophes. Dict. Herm.

Cordumeni. Cardamome.

Corne d'Amalthée. Les Philosophes Hermétiques disent que cette fable doit s'expliquer de la pierre philoso-phale, parce qu'outre les biens de la. fortune, elle donne tous les biens capables de satisfaire les désirs de l'hom-me dans ce monde. Voyez les Fables. Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 3. ch. 4.

CORNE DE CERF. Bec du chapiteau des alambics, selon quelques Chymistes.

Corocrum. Ferment de la pierre.

Coronis. La Fable en nomme deux, l'une comptée parmi les Hyades, l'autre mère d'Esculape; celle-ci périt de la main d'Apollon, et fut changée en corneille. Voyez les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 3, ch. 12, § 2.

Corps. Les Philosophes appellent corps ce qu'ils nomment aussi métaux. C'est pourquoi ils parlent souvent de corps parfaits et de corps imparfaits. On ne réussira jamais à faire une bonne multiplication, si l'on ne réduit les corps parfaits en leur première matière, c'est-à-dire en mercure; parce que dès qu'ils sont parfaits, on ne peut rien en faire de plus, tant qu'ils resteront dans cet état de perfection.
CORPS se prend aussi par les Chymistes pour le sel philosophique, ou leur terre feuillée qui s'imprègne du soufre et du mercure comme d'une âme et d'un esprit. Vous ne réussirez jamais, disent-ils, si vous ne spiritualisez le corps, et ne corporifiez l'esprit; c'est-à-dire, si vous ne rendez le fixe volatil, et le volatil fixe. Ils appellent aussi corps leur magnésie, leur ferment, leur teinture; et ils disent en conséquence que le corps ne pénètre point les corps sans le secours de son esprit.
CORPS IMPARFAIT. C'est l'arsenic des Philosophes, leur Lune, leur femelle. Dès le commencement de l'œuvre, il faut calciner le corps parfait en le mariant avec le corps imparfait. Phil. On doit aussi purifier ce corps en lui ôtant tout son soufre superflu, brûlant et combustible, et manifester ce qu'il a dans son intérieur. Le signe de sa parfaite sublimation ou dépuration, est une couleur blanche, céleste, éclatante comme celle de l'argent le plus fin bien bruni, et dans ses cassures, l'éclat du marbre ou de l'acier le plus poli. Alors cette femme prostituée est rétablie dans son état de virginité intacte, et peut être donnée en mariage au Soleil terrestre, quoiqu'elle soit sa mère et sa sœur. Philal.
CORPS DISSOLUBLE. C'est la minière même du mercure dissolvant des Sages. C'est le corps terrestre que ce mercure doit laver et purifier. Ce qui a engagé les Philosophes à dire que le mercure engrosse sa propre mère, qu'il la fait mourir, qu'il la purifie, la ressuscite enfin avec lui-même, parce qu'il s'y unit si intimement, qu'il ne s'en sépare jamais. Ce corps est fixe, et le mercure est volatil. Il doit subir la torture du feu et de l'eau, mourir et renaître par l'eau et l'esprit, pour parvenir enfin à un repos éternel. Philalèthe dit que la couleur de ce corps est brune, un peu rougeâtre et sans éclat; qu'il doit être dissout et exalté; il faut ensuite qu'il subisse la mort, qu'il ressuscite, et qu'il monte au ciel, pour y être glorifié. Pour le dire sans énigme, c'est le soufre parfait au rouge, qui doit être dissout par le mercure, dont il a été formé; et lui-même forme l'Androgyne ou Rebis des Philosophes après son union avec le mercure.
CORPS BLANC. Terre feuillée des Philosophes, ou magistère au blanc.
CORPS IMPROPREMENT DIT. Magistère ou mercure des Sages, lorsqu'il n'est pas encore entièrement fixé.
CORPS LE PLUS VOISIN. Les Philosophes ont ainsi appelé leur magistère au blanc, parce qu'il est dans un état qui approche le plus de la fixité parfaite, qui est leur magistère au rouge.
CORPS IMMONDE. C'est le mercure avant sa préparation; quelquefois dans le temps de sa putréfaction dans l'œuf philosophal, et alors on l'appelle aussi Corps mort.
CORPS CONFUS. Voyez CORPS IMMONDE.
CORPS MIXTE. Matière au noir.
CORPS NET ET PUR. Matière au blanc.
CORPS PROPRE DE L'ART. C'est la pierre au rouge, ou l'or des Philosophes.
CORPS ROUGE. V. CORPS PROPRE.
CORPS MORT. La matière au noir pendant la putréfaction, appelée aussi Mort, Nuit, Ténèbres, Sépulcre, Tombeau, etc.

Correctum. Vinaigre distillé.

Corrosif. Les Philosophes rejettent de l'œuvre toute eau forte, ou autre dissolvant corrosif. Ceux-là se trompent donc bien fort, qui tourmentent les métaux, l'or, l'argent, le mercure, par les eaux-fortes pour en faire le dissolvant philosophique, ou pour en tirer le soufre et la teinture aurifique. Le mercure des Sages doit dissoudre l'or (des Philosophes) sans corrosion, comme l'eau chaude dissout la glace.

Corrosion. Action du sel et du souffre mercuriels, volatils et très raréfiés de certains corps, qui par leur pénétration et sulfuréité brûlent et désunissent les parties des corps avec lesquels ils sont mêlés. On remarque cette action dans l'eau-forte, qui prouve cette définition quand on altère son activité par la précipitation de ce soufre mercuriel. Elle perd alors toute son ignéité et sa vertu corrosive. Cette précipitation se fait par la fixation de ce soufre volatil, cette fixation par la condensation, cette condensation par la réfrigération intrinsèque, et cette réfrigération par l'addition des sels lixivieux.
On doit conclure de là que plus on raréfie un esprit ardent, tel, par exemple, que celui du vin, plus on a un corrosif violent, ou un soufre ou un sel mercuriel de plus en plus corrosif, selon qu'il est plus rectifié par les distillations réitérées.

Corsuflé ou Carsuflé. Soufre des Philosophes fixé au rouge.

Cortex Maris. Mercure des Sages.

Coruscus. La Piloselle.

Corybantes. Prêtres de Cybele, mère des Dieux. Ils solemnisaient les fêtes de cette Déesse au son du tambour, et dansaient au son des flûtes, des trompettes, en faisant un grand bruit avec leurs armes. C'est par ce moyen qu'ils empêchèrent Saturne d'entendre les cris du petit Jupiter, que Rhée avait confié à leurs soins. Voyez ce qu'on doit entendre par les Corybantes, Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 3, chap. 4.

Cos. Ile qu'Hercule ravagea, selon la Fable; parce qu'Eurypile, Roi de l'île, ne l'avait pas bien reçu. Les Philosophes Spagyriques regardent l'île de Cos comme le symbole de leur matière mise dans le vase pour y être digérée. Si l'on y met trop de mercure, qui n'est autre chose qu'Hercule, le vase se brisera, toute la matière se répandra ou se dissipera; et c'est le ravage qu'Hercule fit dans l'île de Cos. Il faut donc avoir grand soin de ne pas verser trop abondamment le mercure sur la matière contenue dans le vase, elle en serait inondée. Si l'on en met trop peu, le feu y prendra, le vase se brisera, et tout sera perdu. Il faut arroser souvent et peu à peu. C'est cette précaution manquée, qui fait que beaucoup d'Alchymistes ne réussissent pas, quoiqu'ils travaillent d'ailleurs sur la vraie matière, et qu'ils se servent des fourneaux et du feu philosophique requis dans les opérations du grand œuvre.

Cosmai. Teinture ou eau de safran.

Cosmec et Cosmet. Antimoine des Philosophes et des Chymistes vulgaires.

Cosmétique. Nom que l'on donne en général à tous les remèdes faits pour corriger les défauts de la peau, et entretenir la beauté, ou la procurer. Ce terme a été fait de Cosmet, Antimoine, parce que les Anciens employaient beaucoup ce minéral à l'usage dont nous venons de parler. L'Ecriture sainte en parle en plus d'un endroit.

Cosumet. Voyez COSMEC.

Cotonorium. Liqueur.

Couleur. Les couleurs des choses, et particulièrement des fleurs, ont leur principe dans le soufre et le sel mercuriels des corps colorés. Une preuve bien convaincante, c'est qu'à mesure que ces parties volatiles s'évaporent, la couleur s'évanouit, du moins son éclat et sa vivacité, et fait place à une autre couleur moins vive, composée d'un soufre plus terrestre et moins subtil. Il est d'ailleurs certain qu'on ne trouve point de couleurs dont le sujet ne soit gras, oléagineux et très combustible.
COULEUR. Les Philosophes Hermétiques regardent les couleurs qui surviennent à la matière pendant l'opération du grand œuvre, comme les clefs de cet Art, et les indices certains de la vérité et bonté de la matière, et du bon régime du feu. Ils en comptent trois principales qui se succèdent, mais dont la succession est interrompue par quelques autres couleurs passagères et de peu de durée. La première principale est la couleur noire, qui doit se faire voir au quarante-deuxième jour au plus tard. Elle disparaît peu à peu, et fait place a la blanche. A celle-ci succède la citrine, qu'ils appellent leur or. Enfin, la couleur rouge se montre, et c'est la fleur de leur or, leur couronne royale, etc. Les couleurs passagères sont la verte, qui marque l'animation et la végétation de la matière; la grise, ou le règne de Jupiter, qui suit immédiatement la noire, ou le règne de Saturne; les couleurs de la queue du paon. La couleur Tyrienne, ou couleur de pourpre, indique la perfection de la pierre.
Si la couleur rouge paraît avant la noire, c'est un signe qu'on a trop poussé le feu, et que l'ouvrage ne réussira pas. Il faut alors recommencer.
La noire est un indice de putréfaction et d'entière dissolution de la matière. Elle doit toujours précéder la blanche et la rouge.
La blanche marque la fixation bien avancée de la matière; et la rouge sa fixation parfaite.
Toutes ces couleurs doivent reparaître dans l'opération de la multiplication; mais elles sont d'une durée d'autant plus courte, qu'on réitère plus souvent les opérations pour perfectionner et multiplier la quantité et les qualités de la pierre.
Lorsque la matière est comme de la poix noire fondue, ils l'appellent le Noir plus noir que le noir même, leur Plomb, leur Saturne, leur Corbeau, etc. Et ils disent qu'il faut alors couper la tête du Corbeau avec le glaive ou l'épée, c'est-à-dire avec le feu, en continuant jusqu'à ce que le Corbeau se blanchisse.
Ces différentes couleurs, que la matière prend en se cuisant, ont donné lieu aux Philosophes d'appeler cette matière de presque tous les noms des individus de la Nature. Son odeur et ses propriétés lui en ont fait donner quelques autres; et ils avouent dans leurs Ouvrages, qu'ils n'ont jamais nommé cette matière par son nom propre vulgaire, au moins lorsqu'ils en ont parlé pour la désigner. On peut voir une partie de ces noms dans l'article Matière des Philosophes.

Couleuvre. Serpent ou reptile honoré par les Païens comme représentant Esculape. Voyez ESCULAPE. Les Poètes ont feint que les Gorgones et les Furies avaient des couleuvres entrelacées dans leurs cheveux. Voyez MEDUSE. On représentait Saturne ayant à la main une couleuvre qui dévore sa queue. Voyez SATURNE.
Les Philosophes Hermétiques ont donné le nom de Serpent et de Couleuvre à la matière de leur Art. Voyez les Figures d'Abraham Juif, dans Flamel.

Couper avec des ciseaux ou tout autre instrument, signifie cuire, digérer la matière sans ouvrir ni remuer le vase. Ainsi couper la tête du Corbeau, veut dire continuer la cuisson et la digestion de la matière de l'œuvre parvenue à la couleur noire, pour la faire passer à la grise, et dé-là à la blanche. Les ciseaux, l'épée, la lance, sont le feu philosophique.

Couronne céleste, Corona Cœlica. En termes d'Alchymie, signifie Esprit de vin. Mais quand Raymond Lulle et les autres Philosophes parlent de l'esprit de vin, du vin blanc, du vin rouge, il ne faut pas les prendre à la lettre; ils entendent par ces termes le mercure rouge et le mercure blanc qu'ils emploient dans le grand œuvre.
COURONNE ROYALE. C'est la pierre parfaite au rouge, et propre à faire la pierre de projection.
COURONNE VICTORIEUSE. C'est la même chose que Couronne royale. Quelques Philosophes ont cependant donné ce nom à la matière lorsqu'elle commence à sortir de la putréfaction, ou de la couleur noire; parce qu'ils disent qu'alors la mort est vaincue, et que leur Roi triomphe des horreurs du tombeau, et de l'empire des ténèbres.

Couvercle du vase. C'est le noir plus noir que le noir même, ou la matière parfaitement dissoute, et dans une entière putréfaction.

Crachat de la Lune. C'est la matière de pierre philosophale avant sa préparation. Les Sages donnent aussi ce nom à leur mercure préparé.
Plusieurs Chymistes ont donné le nom de Crachat de la Lune, ou Sputum Lunœ, ou flos cœli, et ont travaillé avec lui, comme sur la véritable matière du grand œuvre; et il est vrai que ce flos cœli est bien capable d'induire en erreur. Il est assez difficile de décider de sa nature. C'est une espèce d'eau congelée, sans odeur et sans saveur, ressemblant à une fraise de peau verte, qui sort de terre pendant la nuit, ou d'abord après la cessation d'un grand orage. Dans les plus grandes chaleurs, cette matière conserve une froideur très grande quand on la tient à l'ombre. Sa matière aqueuse est très volatile, et s'évapore à la moindre chaleur à travers une peau extrêmement mince qui la contient. Elle ne se dissout ni dans le vinaigre, ni dans l'eau, ni dans l'esprit de vin; mais si on renferme le flos cœli tout nouveau dans un vase bien scellé et luté, il s'y dissout de lui-même en une eau extrêmement puante, sentant comme les excréments humains, très corrompus, ce qui manifeste une abondance de soufre volatil. Au commencement de la dissolution, l'eau dans laquelle se résout cette matière, paraît de couleur bleu céleste, puis violette, ensuite rouge, pourprée, et s'éclaircissant après cela, elle devient couleur d'aurore, et enfin ambrée couleur d'or. La pellicule surnage très longtemps dans cette eau; et il se précipite au fond du matras, dès le commencement de la dissolution, une espèce 4e poudre blanche comme de l'amidon. Mais pour cela il faut avoir cueilli le flos cœli avant le lever du soleil, et l'avoir nettoyé exactement, morceau à morceau, de toute la terre et autres matières étrangères qui pourriraient s'y être attachées. Plusieurs personnes m'ont assuré qu'on faisait avec le flos cœli un excellent remède pour guérir un nombre de maladies. Il faut avoir soin de ne point toucher ni cueillir le flos cœli avec aucun métal, mais seulement avec du bois ou du verre.

Craie blanche. Matière de l'Art parvenue au blanc.
CRAIE NOIRE. Matière pendant la putréfaction.

Crète (Ile de) dans laquelle fut élevé Jupiter. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, 1. 3, ch. 4.

Créthée. Fils d'Eole, père d'Eson et d'Amythaon. Voyez le liv. 2, ch. 1, des Fables Egypt. et Grecques dévoilées.

Crible. Les Philosophes ont donné ce nom à leur aimant ou corps imparfait, qu'ils ont aussi appelé Argent-vif d'Occident, et assez souvent Mercure des Philosophes, coagulé et non fixe; c'est la même matière qu'ils ont nommée Dragon Babylonien, Lion vert, Vinaigre très aigre, Eau de la mer, Feu secret, Saturnie végétale, Herbe triomphante qui croît sur les montagnes; mais proprement leur Lune, Sœur et femme du Soleil, son Ombre, Eve, Beya, Fille de Saturne, et Vénus; enfin leur Femelle.

Cribler. C'est cuire la matière, et la purifier par la sublimation philosophique.

Crocodile. Les Chymistes Hermétiques, à l'imitation des Egyptiens, ont mis le crocodile dans leurs hiéroglyphes, pour symbole de la matière de leur œuvre; parce qu'il vit sur terre et dans l'eau, et que leur matière est aussi eau et terre alternativement.

Crocomma. Marc de l'huile.

Crocus. Jeune homme, qui étant devenu éperdument amoureux de la Nymphe Smilax, fut changé en une plante que nous nommons safran. Les Chymistes Hermétiques ont quelquefois appelé Crocus, ou safran, leur matière fixée au rouge-orangé.

Croix. Les croix, en Chymie vulgaire, sont des caractères qui indiquent le creuset, le vinaigre, et le vinaigre distillé. Mais en fait de Science Hermétique, la croix est, comme chez les Egyptiens, le symbole des quatre éléments. Et comme la pierre philosophale est, disent-ils, composée de la plus pure substance des éléments grossiers, c'est-à-dire, de la substance même des éléments principes, ils ont dit : in cruce salus, le salut est dans la croix; par similitude du salut de nos âmes rachetées par le sang de Jésus-Christ attaché sur l'arbre de la croix. Quelques-uns d'entre eux ont même poussé la hardiesse plus loin, et n'ont pas craint d'employer les termes du nouveau Testament pour former leurs allégories et leurs énigmes. Jean de Roquetaillade, connu sous le nom de Jean de Rupe Scissa, et Arnaud de Villeneuve disent dans leurs ouvrages sur la composition de la pierre des Philosophes : ; il faut que le Fils de l'Homme soit élevé sur la croix avant que d'être glorifié; pour désigner la volatilisation de la partie fixée et ignée de la matière. Jean de Dee, Anglais, a fait dans son traité de l'Œuvre des Sages, une comparaison très étendue de la pierre philosophale, avec le mystère de notre Rédemption. Son traité a pour titre : Monas Hieroglyphica.

Crybtit. Soufre. Voyez KYBRIC.

Cryptographie. Art d'écrire en caractères non apparents, ou inconnus, ou défigurés, qu'on appelle communément écriture en chiffres. Cette manière d'écrire est en usage particulièrement parmi les Ambassadeurs des Princes, afin que si leurs lettres étaient interceptées, on ne puisse pas déchiffrer ce qu'elles contiennent. Chacun peut se former une cryptographie à sa guise. Cardan, Trithème, Schot, Kircher. Porta et plusieurs autres ont fait des traités sur cet Art.
Les Philosophes Hermétiques, toujours attentifs à cacher le secret de leur Art, ont quelquefois usé de ce moyen dans les ouvrages qu'ils ont faits sur la manière de procéder dans les opérations du grand œuvre. Ce sont eux qui ont inventé les caractères qui sont en usage encore aujourd'hui dans les livres de Chymie, pour signifier tant les drogues que les opérations requises pour leurs préparations. On trouve ces caractères chymiques, avec leur explication, dans presque tous les ouvrages modernes qui traitent de la Chymie vulgaire; je crois qu'il est inutile de les rapporter ici, d'autant plus qu'on les trouve rarement dans les traités Hermétiques qui nous restent. Mais comme on y voit quelquefois d'autres caractères, et des manières d'écrire et de s'exprimer qui ne sont pas ordinaires, j'en insérerai quelques exemples dans cet article.

Premier exemple.

L Antimoine.
M Asphalte ou bitume.
N Orpiment.
O Sel armoniac.
P Or.
Q Orpiment rouge.
Y Vitriol Romain.
Z Soufre.
[ Alun.
A Alun de plume.
B Sel nitre.
.°. Mercure.
R Mercure.

Second exemple.

Les opérations de l'œuvre exprimées par les douze signes.

L La calcination.
M La congélation.
N La fixation.
O La dissolution.
P La digestion.
Q La distillation.
Y La sublimation.
Z La séparation.
[ L'incération.
A La fermentation.
B La multiplication.
.°. La projection.

D'autres ayant égard aux influences des signes et des planètes sur les membres et parties du corps humain, ont substitué les noms de ces membres aux noms des signes par lesquels ils signifiaient les opérations, ou les choses dont nous venons de parler. Ils en ont même formé divers alphabets.
Quand il s'est agi d'exprimer des nombres arithmétiques ils ont fait usage des planètes et des signes.
1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8.
ou
1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8.
9. 10. 11. 12.
ou
1. 2. 3. 4. 5. 6. 7.
8. 9. 10. 100. 200.
Quelques-uns ont employé les caractères chymiques au lieu des lettres de l'alphabet, de la manière qu'on le trouve expliqué dans le Bouquet chymique de Planiscampi.

On y trouve aussi des chiffres au lieu de lettres, ainsi,
1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9.
a. e. i. o. u. l. m. n. r.
ou
9. 8. 7. 6. 5. 4. 3. 2. 1.
a. e. i. o. u. l. m. n. r.
Ou avec tout l'alphabet mêlé avec des chiffres, de la manière suivante :
l. b. c. d. 2. f. g. 3. k. 6. 7.
a. b. c. d. e. f. g. h. i. k. l. m.
8. 4. p. q. 9. s. t. 5. x. y. z.
n. o. p. q. r. s. t. u. x. y. z.
Autrement en changeant les lettres, et les substituant les unes aux autres;
prenant, par exemple, l'n pour l'a, ainsi :
a. b. c. d. e. f. g. h. i. l. m.
n. o. p. q. r. s. t. u. x. y. z.
On prend dans l'exemple précédent l'a pour l'n, le b pour l'o, et ainsi de suite. Et par conversion l'n pour l'a, l'a pour le b, etc.
On en voit qui ont pris les caractères des planètes pour indiquer les sept jours de la semaine, par les noms qui leur conviennent, et les ont aussi appliqués aux sept opérations de l'art Hermétique; savoir, à la dissolution, putréfaction, calcination, distillation, coagulation, sublimation, et fixation. Ils ont donné aussi les douze consonnes b, c, d, f, g, l, m, n, p, q, r, s, t, aux douze mois de l'année, aux douze signes, et aux douze régimes de l'Art. Et q, x, z, k, aux quatre éléments, aux quatre saisons, aux quatre vents cardinaux, aux quatre humeurs du corps humain; ils ont réservé l'h pour exprimer l'esprit universel du monde parce que c'est une lettre aspirée, et que cet esprit du monde se trouve dans l'air plus particulièrement.
Quelques-uns ont écrit à rebours à la manière des Hébreux, ainsi :
Prenez la matière que vous savez ; faites-en le mercure selon l'art, et de ce mercure vous ferez l'œuvre.
Zenerp al ereitam euq suov zevas ; setiaf-ne el erucrem noies tra'l, te ed ec erucrem suov zeref ervuœ'l.
Ceux qui ont voulu mieux cacher la chose, ont ajouté une lettre inutile au commencement, au milieu, et à la fin de chaque mot. Exemple :
L'azoth des Philosophes est leur mercure.
Ml'azothi adoesp uphiloqsophesa lesati plerur imeracuret.
Ces exemples doivent suffire pour montrer les diverses façons d'écrire en manière cachée; mais ils ont employé aussi des figures symboliques et des hiéroglyphes sur lesquels on ne peut donner aucune règle certaine, parce que chaque Philosophe les a imaginés à sa fantaisie, comme on peut le voir dans les Figures de Senior, d'Abraham Juif, de Flamel, de Majer, de Basile Valentin, et de tant d'autres.

Cubit. Terre ou soufre rouge des Sages.

Cucurbite. Fourneau secret des Philosophes; quelquefois le vase qui contient la matière du fourneau secret, dans lequel se cuit et se digère la matière de l'art Hermétique.

Cuire. C'est laisser agir la matière unique dans son unique vase, par le feu philosophique, sans jamais y toucher, jusqu'au point connu des Sages;
c'est-à-dire jusqu'à la perfection de chaque opération, ou disposition, pour s'expliquer comme Morier.

Cuivre et Laiton, ou Leton. Matière au noir, qu'il faut blanchir.
Curcum. Curcuma.

Curetes. Peuples de l'île de Candie, qu'on nommait autrefois l'île de Crète. On a souvent confondu les Curetes avec les Corybantes et les Dactyles; on les a aussi appelés Idéens, à cause du fameux mont Ida qui se trouve dans cette Ile. Comme les Anciens entendaient par les Curetés la même chose que par les Corybantes, voyez l'article de ces derniers.

Cyane. Nymphe de Sicile, fut changée en la fontaine de ce nom par Pluton, parce qu'elle avait mis quelques obstacles à l'enlèvement de Proserpine. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 4, ch. 3.

Cyanées. Deux Iles autrement appelées Symplegades, qui se trouvent à l'entrée du Pont-Euxin. Les Argonautes passèrent entre ces deux écueils, qui se heurtaient l'un contre l'autre, à ce que dit la Fable. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 2, ch. 1.

Cybele. Mère des Dieux et des Hommes. Hésiode la fait fille du Ciel et de la Terre, et femme de Saturne. Cette Déesse avait plusieurs noms; on l'appelait Ops, Proserpine, Cérès, Isis, Rhée. On la représentait ayant une couronne sur la tête, formée de plusieurs tours, et une clef à la main, assise dans un char traîné par quatre lions. Voyez Isis, Cérès, Rhée, dans les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 1, ch. 4; liv. 4, ch. 2 et 3; liv. 3, ch.4.

Cycima. Litharge.

Cyclopes. Géants nés du Ciel et de la Terre, selon Hésiode; de Neptune et d'Amphitrite, suivant Euripide. Les Poètes nous les ont représentés comme ministres de Vulcain pour le service de sa forge. Ils n'avaient qu'un œil rond au milieu du front.
Apollon, pour se venger de ce qu'ils avaient forgé les foudres dont Jupiter frappa Esculape, les tua à coups de flèches, ce qui fut cause que Jupiter le bannit du Ciel. Voyez les Fables Egypt. et Grecques dans les chapitres de Vulcain et d'Apollon.

Cydar. Etain, ou Jupiter.

Cygne. Oiseau dont le plumage est d'une blancheur éblouissante. Il était consacré à Vénus et à Apollon. Les Philosophes Hermétiques l'ont très souvent pris pour le symbole de leur matière parvenue au blanc.

Cygnus. La Fable fait mention de plusieurs personnages de ce nom, l'un frère ou proche parent de Phaëton, l'autre fils de Neptune, tous deux changés en cygnes. Ce qui signifie la même chose quant au sens hermétique; puisque, comme fils de Neptune, il est sorti de l'eau mercurielle, ou mer philosophique, qui étant le principe de l'Apollon des Sages, père de Phaëton, le frère de celui-ci ne saurait manquer d'être aussi très proche parent du premier. On les dit tous deux changés en cygnes, parce que tant dans la première opération que dans la seconde, la matière doit passer du noir à la couleur blanche. Dans la première opération se fait la métamorphose du fils de Neptune, et dans la seconde celle du frère de Phaëton.
Il y a encore un troisième Cygnus, fils de Mars. Hercule tua celui-ci, et emmena son fils Hylas dans le temps de l'expédition pour la conquête de la Toison d'or. Tuer ou fixer le volatil sont une même chose dans le sens des Philosophes. Ainsi changer le fils de Neptune en cygne, ou tuer Cygnus, ne sont qu'une et même chose, parce que la couleur blanche ne se manifeste que lorsque la matière se fixe dans la première opération. Dans la seconde, le fixe qui avait été volatilisé par la dissolution et la putréfaction, se fixe une seconde fois en parvenant au blanc. Hercule emmené avec lui Hylas dans la conquête de la Toison d'or; cet Hylas est l'enfant philosophique, dont Hercule prend soin jusqu'à la perfection de l'œuvre, qui est proprement la conquête de la Toison d'or.

Cyllene. Montagne d'Arcadie sur laquelle Maïa mit Mercure au monde, d'où il fut nommé Cyllenien. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, 1. 3, ch. 4, § 1.

Cynabar. Cinabre.

Cynocéphale. Espèce de singe ayant la tête de chien. Les Egyptiens révéraient beaucoup ce monstre, parce que les Prêtres leur faisaient entendre que c'était Osiris; pendant que ces mêmes Prêtres ne regardaient Osiris que comme le symbole de la partie de la matière du grand œuvre qu'ils appelaient le Mâle, le Soufre, le Soleil, etc. Mais ils n'en agissaient ainsi que pour cacher au vulgaire les mystères de ce prétendu Osiris, qui leur étaient confiés sous peine de la vie. C'est ce qui engagea Démocrite Abdéritain de se faire recevoir au nombre de ces Prêtres, pour apprendre les secrets de la vraie Chymie, cachés sous les figures hiéroglyphiques des Egyptiens. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 1, seot. 3, c. 7.



D


Dabat. C'est le gui de chêne.

Dabestis. Tortue.

Dactyles. Peuples qui habitaient le Mont Ida. On dit qu'ils montrèrent les premiers à mettre le feu en usage pour les besoins et les commodités de la vie, et que c'est à eux à qui l'éducation de Jupiter fut confiée. On les appelait aussi Curetes, et Corybantes. Voyez le chapitre de Jupiter dans les Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées.

Daeneck. Voyez DUENEZ.

Daib. Or philosophique.

Daimorgon. La plupart des Anciens donnaient ce nom à ce qu'ils appelaient le Génie de la Terre, ce que ce même nom signifie; mais les Philosophes Hermétiques l'entendaient du feu qui anime la Nature; et dans le particulier, cet esprit inné et vivifiant de la terre des Sages, qui agit dans tout le cours des opérations du grand œuvre. Quelques-uns l'ont nommé Demorgon. Raymond Lulle a fait un traité des opérations de la pierre, qu'il a intitulé : Demorgon. Ce traité est en forme de dialogue, et Demorgon est un des interlocuteurs.

Damatau. Gomme des Philosophes.

Danaé. La Fable dit que Jupiter voulant jouir de Danaë renfermée dans une tour, s'y introduisit sous la forme d'une pluie d'or. Selon les Philosophes Spagyriques, il faut expliquer cette fable des opérations de la pierre Philosophale. La tour où Danaë était renfermée, est l'athanor ou four philosophique fait en forme de tour, dans lequel on met l'œuf, et dans cet œuf le mercure, représenté par Danaë, avec lequel on fait la jonction, ou, comme ils disent, le mariage du soufre représenté par Jupiter. Voyez les Fables Egypt. et Grecques, liv. 3, ch. 14, § 3.

Danaïdes. Filles de Danaüs, au nombre de cinquante, mariées aux cinquante fils d'Egypte. Danaüs ayant appris de l'Oracle qu'un de ses gendres le ferait périr, il engagea ses filles à tuer chacune son mari la première nuit de leurs noces. Hypermnestre fut la seule qui épargna le sien nommé Lyncée, qui en effet tua dans la suite Danaüs, et s'empara de ses Etats. La Fable dit que pour punition de leurs maricides, les Danaïdes furent condamnées par les Dieux à verser de l'eau dans un vase percé, jusqu'à ce qu'il fût plein. Voyez l'explication de tout cela dans les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées.

Danati. Poids de six grains.

Danaüs. Voyez DANAÏDES.

Danic ou Danich. Terme arabe que quelques Médecins et quelques Chymistes ont employé pour signifier une demi-dragme; Fernel pour six grains seulement, Agrigola et d'autres pour huit.

Dansir. Sable.

Daphnœus. Surnom d'Apollon. Voyez APOLLON.

Daphné. Fille du fleuve Pénée, en fuyant pour se soustraire aux poursuites d'Apollon, eut recours à son père, qui la changea en laurier. Voyez les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 3, chap. 12.

Darau. Gomme des Philosophes.

Dardanie. Premier nom de la ville de Troye, qui lui fut donné de son fondateur.

Dardanus. Fils de Jupiter et d'Electre, ayant mis à mort son frère Jasius, s'enfuit en Samothrace, et dé-là en Phrygie, où il bâtit la ville de Dardanie. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dé-voilées, liv. 6, chap. 1, et suiv.

Datel ou Tatel. Stramonium, ou Morelle furieuse.

Daveridon. Huile d'aspic.

Daviti. Poids de six grains d'orge.

Daura. Quelques-uns ont employé ce terme arabe pour signifier l'hellébore, d'autres l'or en feuilles. Rulland et Planiscampi.

Deab. Or vulgaire chez les Chymistes, et or philosophique, quand il s'agit de science Hermétique.

Déalbation. Terme de science Hermétique. Cuire la matière jusqu'à ce qu'elle ait perdu sa noirceur, et qu'elle soit devenue blanche comme la neige. On l'appelle autrement lotion ou lavement ; et c'est dans ce sens que les Philosophes disent, lavez le laiton jusqu'à ce que vous lui ayez ôté toute son obscurité.

Debessis. Tortue.

Décembre. Magistère au noir, ou temps de la putréfaction de la matière, ainsi nommé de ce que les Philosophes donnent le nom d'Hiver à cette opération, et que le mois de Décembre est le commencement de la saison où la Nature paraît oisive, engourdie et endormie. Quand ils disent Décembre E, ce terme signifie le magistère au blanc, parce que la neige tombe au mois de Décembre, et que la matière au blanc est comme de la neige; les Adeptes l'ont même quelquefois appelée de ce nom.

Décepte, Déception. Vieux mots que l'on trouve assez souvent dans Bernard Trévisan et dans Flamel, pour signifier tromperie des Souffleurs, des Charlatans.

Déceveurs. Trompeurs, affronteurs. Ce terme est gaulois, et se trouve souvent dans les Auteurs que j'ai cités dans l'article précédent.

Décoction. En termes de Chymie Hermétique, signifie l'action de digérer, circuler la matière dans le vase, sans addition d'aucune chose étrangère. Voyez. CUIRE.

Décuire. Signifie faire rétrograder une chose cuite du degré de cuisson qu'on lui avait donné; mais en termes de Chymie Hermétique, quelques Philosophes l'ont employé pour signifier la digestion, la cuisson de la matière des Sages. Voyez CUIRE.

Décomposition. Séparation des parties d'un mixte pour en découvrir les principes; c'est proprement l'analyse. Mais en fait de Philosophie Hermétique, il ne signifie autre chose que la réduction du corps de l'or des Sages à sa première matière, ce qui se fait par la dissolution au moyen du mercure des Philosophes.

Dédale. Le plus savant Artiste de la Grèce, habile Architecte, ingénieux Sculpteur, était fils d'Hymetion, petit-fils d'Eupoleme. Dédale fit le célèbre labyrinthe de Crète, dans lequel il fut renfermé avec son fils Icare, et duquel ils se sauvèrent au moyen des ailes qu'ils se fabriquèrent. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 3, c. 14, § 5.

Deeb. Pierre au rouge.

Défaillance. Deliquium, en termes de Chymie, est une résolution en liqueurs d'un corps sec et coagulé. Les corps qui participent du sel sont les seuls qui tombent en défaillance.
Il y a trois sortes de défaillances. L'une appelée descension froide, qui se fait en exposant dans une cave, ou autre lieu humide et frais, un corps coagulé ou calciné, sur un marbre, une table de pierre ou de verre, ou dans une chauffe d'Hippocrate. Ce corps s'y résout en liqueurs, et tombe dans le récipient mis au-dessous.
La seconde est la défaillance vaporeuse; elle se fait à l'air ouvert, qu'on appelle sub dio.
La troisième est celle que Rulland appelle Deliquium embapticum, défaillance par immersion. Elle se fait de deux manières : la première, en mettant le corps qu'on veut faire résoudre en eau, dans un vase à travers les pores duquel l'eau dans laquelle il est plongé ne puisse passer, ou dans une vessie, ou dans un vase de cire, afin que l'eau du bain puisse pénétrer et suinter.
Si la liqueur dans laquelle on plonge ces sortes de vases est chaude, c'est ce qu'on appelle défaillance au bain-marie. Lorsque la défaillance se fait dans l'eau froide, elle retient le nom de deliquium ou défaillance.
La seconde manière se fait aussi par immersion, mais le corps mis seulement dans un sachet de toile, ou plongé à nu dans quelque liqueur pour l'y laisser résoudre; comme l'on fait aux gommes, aux sucs coagulés, au sucre, etc. Dans ce dernier cas particulièrement, il faut choisir pour son opération des liqueurs par le moyen desquelles on fait la défaillance, qui puissent être aisément séparées du corps dissout, en cas qu'on veuille l'avoir tel; parce que la liqueur dissolvante et le corps dissout ont quelquefois des qualités contraires.

Degegi. Poule, ou chaleur de la poule qui couve, c'est-à-dire, la chaleur naturelle à la chose. Ainsi quand les Philosophes recommandent de donner au régime du feu de l'œuvre le degré de la chaleur d'une poule qui couve; ce n'est pas de faire un feu artificiel au degré de cette chaleur d'une poule, mais de laisser agir la nature avec le feu inné et implanté dans la matière, feu naturel pour le minéral, comme celui de la poule l'est pour l'animal.

Degrés de feu. Voyez. INSPISSATION.

Dehab, Deheb et Deheheb. Or des Philosophes.

Dehene. Sang.

Dehenes. Attrament.

Dehenez. Vitriol Romain. On l'a aussi appelé Decenec.

Dehim, Dehin et Dem. Sang humain.

Déjanire. Fille d'Œnée, Roi d'Etoile, fut poursuivie en mariage par le fleuve Acheloüs : Hercule en étant aussi devenu amoureux, combattit pour l'avoir contre Acheloüs, et l'ayant vaincu, il s'empara de Déjanire. Dans le temps qu'il l'emmenait, il trouva sur son chemin un fleuve large et profond qu'il lui fallait traverser : ne pouvant le faire, il confia Déjanire au Centaure Nessus pour la passer à l'autre bord. Nessus le fit, et l'ayant transportée de l'autre côté, il voulut lui faire violence. Hercule s'en étant aperçu décocha une flèche à Nessus, qui en mourut. Pour se venger d'Hercule, le Centaure dévêtit sa robe toute ensanglantée, la donna à Déjanire, en la priant de la remettre à Hercule, et de l'engager à la vêtir. Hercule, pour complaire à Déjanire, la reçut, s'en vêtit, fut surpris d'une fureur qui tenait de la rage, construisit un bûcher et s'y brûla, d'où il fut transporté au Ciel, et mis au rang des Dieux. Cette fable expliquée par les Alchymistes, est le symbole de la dernière opération du grand œuvre, c'est-à-dire, de la perfection de la pierre. Déjanire signifie la nature métallique, le Centaure, la matière purifiée devenue terre feuillée, ou au blanc, et Hercule le mercure philosophique. Lorsque la matière est parvenue au blanc, et qu'elle a passé par toutes les couleurs, elle n'a plus que le rouge, ou la couleur de sang à prendre, qui est celle de sa perfection. Lorsqu'elle est dans son état de blancheur, si on l'enivre de l'eau mercurielle, et que l'on augmente le degré du feu, comme celui de la canicule, Hercule alors, ou le mercure, prend le vêtement du Centaure teint de sang, c'est-à-dire la couleur rouge, qui est celle d'un homme en fureur, et se vitrifie, qui est le dernier degré de perfection.

Déïdamie. Fille de Lycomede, chez lequel Achille se cacha déguisé en femme, pour ne pas aller au siège de Troye. Achille devint amoureux de Déïdamie, obtint ses bonnes grâces, et en eut Pyrrhus. Voyez ce que signifie cette fiction dans les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 6.

Déiphobé. Fille de Glauque, autrement nommée Sibylle de Cumes. Ce fut elle que la Fable suppose avoir conduit Enée dans sa descente aux Enfers. Voyez à la fin du 6e liv. des Fables Egypt. et Grecq. dévoilées.

Delegi-Azfur. Mirabolans.

Délier le corps. En termes de Science Hermétique, c'est tirer le mercure de sa minière, où il est retenu comme par des liens formés par les parties hétérogènes avec lesquelles il est mêlé. Il se dit aussi de la putréfaction de la matière après sa dissolution. V. OUVRIR.

Déluge. Les Philosophes entendent par ce terme la distillation de leur matière, qui, après être montée en forme de vapeurs au haut du vase, retombe sur la terre comme une pluie qui l'inonde toute entière.

Dem. Sang humain.

Demogorgon. Voyez DAIMORGON.

Denequat. Borax.

Denoquor. Borax.

Densir. Sable.

Dents du Serpent. La Fable dit que Cadmus sema dans le champ de Mars les dents du Dragon qui avait dévoré ses compagnons. Philalèthe recommande à l'Artiste de s'instruire de ce que c'est que ces dents et les compagnons de Cadmus. Quelques-uns expliquent cette action de Cadmus de la première préparation de la matière des Sages, et Flamel en fait l'application à la seconde, c'est-à-dire à ce qui se passe dans le vase après la putréfaction. Celui qui lave, ou plutôt ces lave-mains qu'il faut continuer avec l'autre moitié, ce sont, dit Flamel, les dents de ce Serpent que le sage Opérateur sèmera dans la même terre, d'où naîtront des Soldats qui s'entre-tueront eux-mêmes. Ce sont donc les imbibitions du mercure.

Dénudation. Putréfaction de la matière, et sa dissolution. De-là, dit Flamel, sont sorties tant d'allégories sur les morts, les sépulcres, les tombes. Les autres l'ont nommée calcination, dénudatïon, séparation, trituration, assation.
DENUDATION PHILOSOPHIQUE. Les Chymistes Hermétiques ont employé ce terme, pour dire la purification de leur matière; c'est dans ce sens qu'ils ont dit : oh ! qu'heureux est celui qui a pu voir la Diane toute nue; c'est-à-dire leur matière purifiée de toutes hétérogénéités : ou leur matière dans le règne de la Lune, c'est-à-dire, au parfait blanc. Flam.

Denys. Voyez BACCHUS.

Déposer. En termes de Chymie, signifie une liqueur empreinte de quelques parties hétérogènes, qui s'en séparent et se précipitent au fond du vase dans lequel est renfermée la liqueur. On dit cette liqueur dépose, pour dire que ce qu'on y avait mélangé se précipite en forme de sédiment. Les eaux minérales déposent; les sirops mal cuits déposent le sucre, etc.

Dépouiller. Purifier la matière, séparer le pur d'avec l'impur. Il faut faire boire à outrance le vieux Dragon par le nombre magique de trois fois sept. Il dépouillera pour lors les vieilles écailles qui le couvrent, et il quittera cette lèpre qui l'infecte, comme Nahaman se: lava sept fois dans les eaux du Jourdain. D'Espagnet.

Deraut. Urine.

Derquet. Voyez VERNIS.

Derses. Les Alchymistes entendent par ce terme les vapeurs terrestres qui forment la sève, d'où naissent tous les végétaux. Rulland.

Descension. Distiller par descension, c'est proprement la filtration des liqueurs; mais en termes de science Hermétique, c'est la circulation de la matière.

Deseni. Mirabolans.

Dessécher. Cuire la matière, la fixer par la circulation, jusqu'à la perfection du soufre et de la pierre.

Dessication. Coagulation au fixation de l'humidité mercurielle. Dessous. Mettre dessous ce qui est dessus, et dessus ce qui est dessous, c'est spiritualiser les corps et corporifier les esprits; c'est-à-dire, en termes de Chymie Hermétique, fixer le volatil, et volatiliser le fixe. Ce qu'on appelle aussi la Conversion des éléments. Voyez. CONVERTIR.
Les Philosophes disent aussi que ce qui est dessous est semblable à ce qui est dessus, pour signifier que la partie volatile de la matière est de même nature que la fixe; qu'au commencement tout est venu d'une seule et unique matière; et que tout, c'est-à-dire le volatil et le fixe, retourneront à un, et ne feront plus qu'un corps.

Destruction. En termes de science Hermétique, signifie la dissolution radicale des corps dans le mercure philosophal; ou la réduction des métaux à leur première matière, qui est le mercure des Sages.
DESTRUCTION signifie aussi la noirceur, la putréfaction de la matière.

Détonation. Espèce de bruit ou de sifflement qui se fait quand les parties volatiles de quelques mélanges sortent avec impétuosité, ou sont fixées par l'aide d'un feu vif. Ce sifflement arrive, suivant les Philosophes, dans le moment de la projection sur le mercure.

Deue. Matière due, requise et véritable. Trévisan dit qu'il travailla quarante ans sur diverses matières, qu'il nomme, et qu'il ne put réussir, parce qu'il n'opérait pas sur la matière due.

Deveriden. Huile de nard ou de lavande.

Diaceltatesson. Spécifique pour les fièvres, inventé par Paracelse.

Diadème. Couleur rouge qui survient à la matière de la pierre, à la fin de chaque disposition ou opération.
Ne méprisez pas la cendre, car le diadème de notre Roi y est caché. Morien.

Diamant. Pierre parvenue au blanc.

Diamascien. Fleurs de cuivre.

Diamètre spagyrique. Equilibre ou tempérament des éléments dans la pierre.

Diane. Fille de Jupiter et de Latone, et sœur d'Apollon, naquit dans l'île de Délos, et quoique sœur jumelle d'Apollon, elle servit de Sage femme à Latone pour qu'elle mît son frère au monde. Elle se plaisait beaucoup à la chasse, où elle se faisait accompagner par plusieurs Nymphes. Un jour qu'elle se baignait avec elles, Actéon l'ayant vue nue dans le bain, cette Déesse, pour le punir de la témérité avec laquelle il s'en était approché, le changea en cerf. Alors ses chiens qui le méconnurent, se jetèrent sur lui et le dévorèrent. Diane devint enfin amoureuse du Berger Endymion, et allait souvent lui rendre visite, malgré le projet qu'elle avait formé de conserver toujours sa virginité. On la représentait avec un arc et un carquois plein de flèches; quelquefois avec une torche allumée, montée sur un char tiré par des biches, ou par un cerf et un taureau.
Les Anciens lui donnaient particulièrement trois noms; au ciel, ils l'appelaient Lucine, en terre Diane, et Proserpine aux enfers.
Diane est proprement la matière au blanc, couleur qui paraît dans l'œuvre avant la rouge appelée Apollon. Alors c'est Diane toute nue. Quand les Philosophes lui donnent le nom de Lune, ils entendent leur eau mercurielle. D'Espagnet dit que l'enseigne de Diane est la seule capable d'adoucir la férocité du Dragon philosophique. Philalèthe appelle cette enseigne de Diane, ou la couleur blanche, les Colombes de Diane. Voyez une plus ample explication dans les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 3, ch. 13.

Diapensia. Plante connue sous les noms de Pied-de-lion et Aïkimilla.

Diatessadelton. Précipité du mercure.

Dicalegi. Etain, ou Jupiter des Philosophes.

Dicté. Antre où naquit Jupiter. C'est le vase philosophique.

Dieux. Nombre d'Auteurs ont supposé que les Dieux du Paganisme avaient été des hommes que leurs belles actions, et les services qu'ils avaient rendus à l'humanité, avaient fait déifier; mais quand on remonte à l'origine des premiers Dieux connus du Paganisme, on voit clairement, quand on n'est pas aveuglé par le préjugé, qu'ils prirent naissance chez les Egyptiens. Hérodote nous l'assure en plus d'un endroit de son Histoire. Philon de Biblos, traducteur de Sanhoniaton, semble donner à entendre que ces Dieux, pour la plupart, avaient été des hommes tels qu'Osiris, Isis, Horus; mais quand on l'examine de près, on voit bientôt qu'il pensait comme Hermès dans son Asclepius, c'est-à-dire, que ces Dieux n'avaient pas été hommes, mais fabriqués par des hommes. L'idolâtrie a fait naître tous ses Dieux du mariage prétendu de la Terre et du Ciel, et puis de Vulcain et Mercure; ce qui a fait dire aux Alchymistes que toute la Fable n'est qu'une allégorie des opérations de la pierre philosophale, parce que Mercure et le Feu représenté par Vulcain, sont les principes de tout, l'un actif et l'autre passif. Les Egyptiens n'entendaient autre chose par Isis et Osiris, comme on peut le voir dans leurs lieux, et c'est des Egyptiens que les autres Nations ont tiré leur culte; il n'y a eu que les noms de changés. Les principaux, au nombre de douze, étaient six Dieux et six Déesses; savoir, Jupiter, Neptune, Mars, Mercure, Vulcain et Apollon, Junon, Vesta, Cérès, Vénus, Diane et Minerve. L'histoire de chacun prise à part, et relativement même l'une à l'autre, n'est inventée que pour cacher au vulgaire les mystères de la vraie Chymie, de même que les travaux d'Hercule, la conquête de la Toison d'or, le jardin des Hespérides, le siège de Troye, les voyages d'Osiris, de Dionysius ou Bacchus, l'histoire de Cad-mus, celle de Thésée, d'Amphytrion, en un mot, tout ce qu'Orphée, Homère, Hésiode, Hérodote, Virgile et les autres nous ont laissé sur les Dieux, les demi Dieux et les Héros, les Métamorphoses d'Ovide même bien entendues, conduisent au même but. On peut en juger par les écrits des Philosophes Spagyriques, qui ont employé très souvent ces fables pour rendre obscurs leurs écrits, comme avaient fait les Anciens. Voyez mon Traité des Fables Egypt. et Grecques dévoilées.

Digestion. Action par laquelle on met un corps liquide avec un fluide pour en faire le mélange en tout ou en parties, pour en extraire la teinture, pour les disposer à la dissolution, à la putréfaction, pour les faire circuler, et par ce moyen volatiliser le fixe, et fixer le volatil, au moyen d'une chaleur convenable. Presque toutes les opérations du grand œuvre se réduisent à la digestion, que les Philosophes ont appelée de divers noms, suivant ce qu'ils ont remarqué qui se passait dans le vase pendant tout le cours de l'œuvre. Ainsi quand ils usent des termes de distillation, sublimation, imbibitions, cération, inspiration, descension, cuisson, solution, coagulation, etc. ils n'entendent autre chose qu'une et même opération, ou la digestion répétée dans les médecines du premier, du second et du troisième ordre.

Dikalegi. Etain philosophique.

Dimension. Les Adeptes disent que leur pierre a les trois dimensions des autres corps; savoir, la hauteur, la largeur et la profondeur. Voyez-en l'explication dans leurs articles.

Diomede. Roi de Thrace, selon la Fable, était si cruel, qu'il faisait dévorer par ses chevaux les étrangers qui venaient chez lui. Hercule y fut, s'en saisit, et le fit manger lui-même par ses propres chevaux. Les Philosophes Hermétiques disent que Diomede représente le mercure philosophique, dont les esprits corrosifs, signifiés par les chevaux, dissolvent et mettent, pour ainsi dire, à mort les métaux avec lesquels on amalgame ce mercure; et qu'Hercule, qui est le symbole du soufre fixant et coagulant, donne le mercure philosophique à dévorer à ses esprits dans l'œuf philosophique. Fabri. Mais il me semble qu'Hercule serait plutôt le symbole de l'Artiste qui travaille sur ce mercure philosophique. Selon ce dernier sens, on peut expliquer les hôtes et les étrangers qui vont voir Diomede, par cette troupe de mauvais Alchymistes qui travaillent sur le mercure, représenté par Diomede, et qu'il fait dévorer par ses chevaux, c'est-à-dire, par ses esprits volatils qu'ils cherchent à fixer, et qui se ruinent dans la poursuite de ce dessein, et se trouvent comme dévores. Il n'en est pas de même d'un vrai Philosophe représenté par Hercule; il dompte le mercure et le donne à dévorer à ses propres chevaux, et en fait sortir un nouveau Roi, ou la pierre de projection, qui est le vrai or, et qui au lieu de tyranniser ses hôtes, les reçoit si bien, qu'il en fait des Rois semblables à lui.
II y avait un autre Diomede, fils de Tydée et de Déiphile, qui fut un des plus célèbres des Héros qui se trouvèrent dans l'armée des Grecs au prétendu siège de Troye. Voyez les Fables Egypt. et Grecq. dévoilées, liv. 5, ch. 11 et liv. 6.

Dionysiaques. Fêtes célébrées en l'honneur de Bacchus. Voyez le 4e livre des Fables dévoilées.

Dionysius ou Dionysus. Voyez BACCHUS.

Dircé. Femme de Lycus, exerça de grandes cruautés envers Antiope, première femme de ce Lycus, qui la répudia et la chassa pour Dircé. Les enfants d'Antiope, Zethès et Amphion, vengèrent les insultes faites à leur mère, en attachant Dircé à la queue d'un taureau indompté, qui la mit en pièces. Les Dieux, par commisération, la changèrent en fontaine. Voyez les Fables dévoilées, liv. 3, c. 14, § 6.

Disposition. Composé philosophique, appelé par Morien disposition, par Trévisan poids ou proportion, et par d'autres composition. C'est le mélange des trois principes combinés philosophiquement. Philalèthe dans son Vade mecum, dit qu'il faut prendre une partie du corps rouge ou blanc, qui font la fonction de mâle; deux ou trois parties de l'arsenic, qui fait l'office de la femelle; et quatre parties ou plus, jusqu'à douze, de l'eau de la mer des Sages. Que le tout étant bien mêlé, on le mettra dans le vase, lequel ayant été bien scellé, on le mettra dans l'athanor, et on lui donnera le régime requis.

Disque du Soleil. Les Chymistes Hermétiques ont quelquefois donné ce nom à leur mercure mêlé avec l'or philosophique.

Dissolvant. Les Philosophes Hermétiques donnent à leur mercure le nom de dissolvant universel, que Van-Helmont et Paracelse ont donné à leur alkaest. L'Anonyme, connu sous le nom de Pantaleon, dit que l'alkaest peut se tirer, et se tire de la même minière que le mercure des Sages, mais par des manipulations différentes, et qu'ils différent en ce que alkaest ne se mêle jamais avec les corps qu'il dissout; au lieu que le mercure s'y mêle si intimement, qu'il ne peut plus en être séparé par aucun artifice. Ce dernier Auteur est singulièrement estimé par les Alchymistes; ses ouvrages au nombre de quatre se trouvent dans le second volume de la Bibliothèque de Chymie curieuse de Manget.

Dissolution. Les Philosophes Chimiques n'entendent pas par ce terme la réduction simple d'un corps dur en liquide; mais la réduction d'un corps en sa première matière; c'est-à-dire, en ses principes élémentés, et non pas élémentaires; car ils n'ont jamais prétendu réduire l'or, par exemple, en air, eau, terre et feu, mais en mercure, composé de ces quatre éléments, quoiqu'il participe plus de l'eau et de la terre que des deux autres, comme tout le règne minéral.
Ils distinguent plusieurs dissolutions dans l'opération de la pierre philosophale; l'une imparfaite, et l'autre parfaite; la première est celle qui précède la putréfaction; parce que la dissolution proprement dite, ne se fait que dans le temps que la matière est au parfait noir. Tout leur œuvre, disent-ils, consiste dans la dissolution et la coagulation réitérées plus d'une fois.

Dissoudre. Réduire un corps solide en matière liquide. On appelle aussi cette opération, décomposition; et en termes propres de science Hermétique, réduction des corps en leur première matière; c'est-à-dire, l'or et l'argent des Philosophes en leur mercure, duquel ils avaient été formés. Dissoudre et coaguler deux ou trois fois sont toutes les opérations de l'art des Sages, ou Prêtres de l'Egypte.

Distillation (la). Est le cinquième degré pour parvenir à la transmutation des choses naturelles. Plusieurs Chymistes comprennent sous le terme de distillation, l'ascension, la cohobation, l'ablution, la fixation et l'imbibition. Cette opération subtilise toutes les eaux et les huiles. On tire par son moyen l'eau des liqueurs et l'huile des corps gras.
La distillation fixe beaucoup de choses quand elle est réitérée après la cohobation des liqueurs sur les fèces. Tous les minéraux aqueux se fixent par ce moyen. Elle change la nature et les propriétés des choses, d'amères elle les rend douées, et de douées amères; cela n'arrive cependant pas toujours.
DISTILLATION. En termes de Philosophie chymique, ne se dit que par similitude avec la distillation des Chymistes vulgaires. Le volatil de leur matière emporte et fait monter avec lui le fixe, ce dernier à son tour fait descendre le volatil; et cette circulation, qui se fait dans le vase scellé hermétiquement, est proprement la distillation philosophique, à laquelle ils donnent aussi les noms de conversion des éléments, circulation, cohobation, ascension, descension, sublimation, etc. qui ne sont qu'une et même opération dans le même vaisseau, sans qu'on le remue aucunement, depuis que la jonction et le mélange de l'or a été fait avec le mercure préparé.
DISTILLATION DES SAGES. Ce n'est autre chose que la circulation de la matière appelée Rebis.

Distiller en montant. C'est faire monter les vapeurs des matières au chapiteau qui couvre la cucurbite, au moyen du feu administré dessous l'alambic. Distiller en descendant, c'est mettre le feu au-dessus de la matière; il l'échauffé, raréfie les vapeurs, qui trouvant moins dé résistance dans le bas, s'y portent et tombent dans les vases placés dessous. On appelle cette opération Distillation contre nature. Géber, dans son Traité des Fourneaux, donne la figure d'un alambic pour distiller en descendant; mais quand il s'agit de science Hermétique, les termes de distiller en montant ou en descendant ne doivent s'entendre que de la circulation des matières dans le vase scellé.

Ditalem. Jupiter des Philosophes. Diviser. Voyez CUIRE LA MATIERE.

Division. Lorsque les Philosophes disent diviser, partager en deux ou plusieurs parties, il ne faut pas les entendre d'une division ou séparation faite avec la main, mais de celle qui se fait dans le vase, par l'aide du feu. C'est la putréfaction.
Doal. Or hermétique.

Dolet. Vitriol rouge, ou colcotar. Rulland. Ou plutôt la pierre au rouge, qui est le colcotar des Philosophes.

Don céleste. Terme de science Hermétique. C'est la matière du magistère, que Morien appelle le don de Dieu, le secret des secrets du Tout-puissant, qu'il a révélé à ses saints Prophètes, dont il a mis les âmes dans son Paradis. Entret. du Roi Calid.

Donner un feu doux. C'est-à-dire, administrer, faire un feu doux et lent. Donner à boire est la même chose que digérer, faire circuler la matière dans le vase, de manière qu'après s'être élevée en vapeurs, elle retombe sur la terre qui est au fond du vaisseau, pour l'abreuver. V. INSPIRER.

Doripe. Nymphe qui eut commerce avec Anyé, fils de Staphyle. Trois enfants en vinrent, Œno, Spermo et Elaïs. Voyez les Fables Egypt. et Grecques dévoilées, liv. 3, ch. 14, § 2.

Double. (Mercure) C'est le Rebis, ou le mercure des Sages, animé par l'or des Philosophes.

Douceur de Saturne. C'est la céruse, selon quelques-uns; et le sel de Saturne, suivant d'autres.

Dovertallum, ou Divertalium, ou Divertallum. Générations des mixtes par la combinaison des parties des éléments.

Draconites. Pierre que les Anciens disaient être formée dans la tête des dragons, d'où on ne pouvait l'avoir qu'en leur coupant la tête pendant qu'on les surprenait endormis. Elle est, selon Rulland et Albert, de couleur blanche; elle chasse tout venin, et guérit toutes morsures de bêtes venimeuses. Quelques-uns prétendent qu'on trouve de ces sortes de pierres dans la tête des serpents, des vipères et autres reptiles, et qu'elles ont la même vertu que les Draconites.

Dragon. Les Philosophes chymiques indiquent assez communément les matières du grand œuvre par deux dragons qui se combattent, ou par des serpents, l'un ailé, l'autre sans ailes, pour signifier la fixité de l'une, et la volatilité de l'autre.
Les Egyptiens peignaient ces serpents tournés en cercle, se mordant la queue, pour signifier, dit Flamel, qu'ils sont sortis d'une même chose, qu'elle se suffit à elle-même, et qu'elle se parfait par la circulation, indiquée par le cercle. Ce sont ces dragons que les Poètes ont feint être les gardiens du jardin des Hespérides et de la Toison d'or; Jason, selon la Fable, répandit sur ces dragons le jus préparé par Médée. Ce sont ces serpents envoyés par Junon au berceau d'Hercule, que ce Héros, encore enfant, déchira. Ce berceau signifie le berceau de l'œuvre ou son commencement. Ce sont ces deux serpents du caducée de Mercure, avec lequel il faisait des choses si surprenantes, et au moyen duquel il changeait de figure quand il voulait. Flamel dit avoir été déterminé à peindre les deux matières de l'œuvre sous la figure de deux dragons, par la grande puanteur qu'elles exhalent, et parce qu'elles sont un très violent poison; mais il ajoute que l'Artiste ne sent point cette puanteur, parce qu'elle est renfermée dans le vase.
DRAGON A TROIS GUEULES. C'est le même mercure lorsqu'il est animé, parce qu'il contient alors les trois principes chymiques, sel, soufre et mercure.
LE DRAGON EST MORT. Expressions qui signifient la putréfaction de la matière, lorsqu'elle est parvenue au noir très noir.
LE DRAGON. Gardien du jardin des Hespérides, représente la terre, cette masse informe et indigeste qui cache dans son sein la semence de l'or, qui doit fructifier par les opérations de l'Alchymie représentée par le jardin des Hespérides. C'est ce dragon représenté si souvent dans les figures symboliques de la Philosophie Spagyrique, qui ne peut mourir qu'avec son frère et sa sœur, c'est-à-dire, s'il n'est mêlé dans le vase philosophique avec le soufre son frère, et l'humeur radicale innée, ou eau mercurielle, qui est sa sœur, qui par sa volatilité le rend volatil, le sublime, lui fait changer de nature, le putréfie, et ne fait plus ensuite qu'un corps avec lui. Quand il n'existe plus sous la forme de terre ou dragon, alors la porte du jardin des Hespérides est ouverte, et l'on peut y cueillir sans crainte les pommes d'or, de la façon que l'expliquent les livres des vrais Philosophes spagyriques.
DRAGON AILE. C'est leur mercure, ou sperme féminin; le volatil de leur matière, qui combat contre le fixe, et qui doit enfin devenir fixe comme lui.
DRAGON SANS AILES. C'est le sperme masculin, le soufre, ou le fixe.
DRAGON DÉVORANT SA QUEUE. C'est la matière de la pierre lorsqu'elle circule dans le vaisseau philosophique. Les Sages emploient ce terme dans beaucoup de circonstances différentes des opérations du magistère. Lorsqu'il est préparé avant la jonction avec le fixe, ils l'appellent Dragon volant. Dragon igné, dont il faut incorporer le sang avec le suc de la Saturnie végétable. Dragon qui veille sans cesse à la garde de la toison d'or, ou de la porte du jardin des Hespérides; parce que le mercure philosophal étant très volatil, est très difficile à endormir, c'est-à-dire à fixer; et l'on ne peut le faire qu'avec le secours du suc des herbes que Médée indiqua à Jason.
DRAGON DEVORANT. Lorsqu'après avoir été mêlé avec l'or, il le dissout, et le réduit en sa première matière.
DRAGON ADOUCI. Mercure doux. Rulland.
Les deux Dragons de Flamel, sont le fixe et le volatil.
LE DRAGON IGNE. Dont le sang s'incorpore avec la Saturnie végétale, c'est le soufre des Philosophes qui s'unit avec le mercure.
DRAGON VOLANT. Voyez DRAGON AILE.
LE SANG DU DRAGON. C'est, chez les Chymistes vulgaires, la teinture d'antimoine.
DRAGON dit simplement. C'est le mercure.

Driff. Van-Helmont a donné ce nom-là au sable et à la terre vierge.

Duamir. Rullandus dit que c'est une espèce de serpent qui entre dans la confection de la thériaque.

Dudaim. Mandragore.

Duelech. Espèce de tartre qui se forme dans le corps humain et s'y pétrifie dans quelques-uns en pierre spongieuse particulièrement dans les reins et dans la vessie, et chez d'autres dans la poitrine; c'est pourquoi on en a vu qui crachaient des pierres.

Duenech. Nom que quelques Chymistes Hermétiques ont donné à leur matière au noir, qu'ils appellent encore le Laiton qu'il faut blanchir. On le nomme aussi Duenech vert ou Antimoine.

Duenege. C'est le vitriol.

Duenez ou Daeneck. Limaille de fer.

Dunequer. Borax.

Duzama. Ouvrage de la pierre.

Dyamassien ou Diamascien. Fleur d'airain.


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