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PERNETY Rituel Alchimique Secret du Grade de Vrai Maçon Académicien.




RITUEL ALCHIMIQUE SECRET 
DU GRADE DE VRAI MAÇON ACADÉMICIEN

(Extrait)

Dom Pernety

1770

*

Grade de Vrai Maçon Académicien

Grade de Vrai Maçon Chimique


Dans ce grade la Loge se nomme Académie, les assemblées, séance ; le vénérable s’appelle très sage; le premier surveillant, premier sage ; le second, second sage, et tous les autres frères académiciens.


Décoration de la Loge

L’académie sera teinte de noir avec des colonnes blanches et rouges placées de distance en distance, elle sera éclairée de trois lumières posées en triangle. Le tableau de l’académie sera garni de tous les instruments nécessaires pour le travail du grand oeuvre.


Ornement des académiciens

Le tablier doit être doublé et bordé de rouge pavot, sur la bavette, il y aura une croix avec deux lettres V.M. une de chaque côté brodé en or ; sur le milieu du tablier, il y aura un soleil brodé en or avec ses rayons, sur les côtés en brodé aussi en or les lettres suivantes :

D C (Dieu Crée)
N P (Nature Produit)
A M (Art Multiplie)

Les gants seront blancs bordés de noir et de rouge. Tous les académiciens auront à la main droite une baguette de fer. Le Bijoux se portera en camail ou en sautoir, et sera attaché à un ruban blanc, noir et rouge. On trouvera à la fin de ce grade les figures tracées du grade et petit bijou, et celle du tableau de l’académie et du tabler.


Signe

Le premier est de porter la main droite en équerre sur la bouche, la réponse est de faire la même chose de la main gauche et après tous les deux les laissent tomber sur la ventre les deux mains croisées et regardent le ciel et la terre.


Attouchement

L’attouchement est de se prendre les deux mains et se baiser sur les deux joues et sur le front.


Mot sacré

Jehova, qu’on prononce j.e.h.o.v.a.


Mot de passe

Metraton (intelligence qui préside aux métaux)

(Note de L.A.T. :  Metraton est une autre forme de Metatron)


Le nom

Le nom, est amateur, qui signifie l’intelligence qui préside aux métaux.


Age

L’age, il y a longtemps que je ne compte plus.


La marche

On partira de l’occident ayant la main gauche sur la bouche en équerre, et tenant de la main droite la baguette allongée en avançant vers l’orient, on fera un pas d’apprenti, un de compagnon et un de maître, on placera ensuite les pieds en équerre. On croisera les deux mains sur le ventre et on saluera le très sage et tous les académiciens à droite et à gauche.


L’ordre

L’ordre est de croiser les deux mains sur le ventre ayant la baguette à la main droite.


La batterie

On frappera dix coups de cette façon 1.2.4.3.


Statuts


Article 1

L’académie ne pourra être composée tout au plus de quinze, et elle tiendra ses séances au moins une fois par mois.


Article 2

Nul maçon n’y sera admis s’il n’a passé par quelques grades philosophiques, tels que ceux de l’aigle noir, du soleil et de Rose Croix, et s’il n’est chrétien, discret et savant.


Article 3

Chaque académicien sera obligé de faire à son tour, une dissertation sur la matière qui sera proposée par l’académie, et les dissertations ainsi que les délibérations, les discours et les réceptions seront enregistrées et écrites en caractères maçonniques adoptés par l’académie et dont on trouvera les figures à la fin de ce grade.


Article 4

Chaque académicien sera obligé de porter toujours sur lui le petit bijou de l’académie, et de se rendre exactement aux séances indiquées, à moins que des affaires indispensables les en empêchent et dans ce cas, ils seront obligés de dire les raisons qu’ils ont eu de s’abstenir, sous peine de trois livres d’amende au profit des pauvres.


Article 5

Il y aura un tronc destiné pour les amendes, et une caisse où chaque frère sera obligé de mettre tous les ans un louis de 24k pour les manipulations, et où les écrits de l’ordre seront enfermés. Ce tronc ainsi que cette caisse seront garnies de trois serrures dont une des clefs sera entre les mains du très sage, l’autre du premier sage et la troisième entre les mains du second sage, et on n’en pourra faire l’ouverture que quand l’académie sera assemblée.


Article 6

Si quelque académicien tombe malade, tous les académiciens seront obligés de le visiter une fois par jour et de lui procurer tous les secours spirituels et temporels dont ils pourraient avoir besoin.


Article 7

Un des académiciens venant à mourir, on aura soin de retirer les bijoux, le tablier, les gants et les écrits, et pour marquer de la douleur qu’on ressent de sa perte, on portera sur l’anneau du bijou une petite rosette noire pendant l’espace de trois mois, on observera de ne jamais effacer du registre le nom du frère défunt.


Article 8

Environ quatre jours après le décès d’un académicien, tous les frères académiciens se rendront à l’académie, on y proposera le sujet qui doit remplacer le défunt et les académiciens après en avoir conféré entre eux, donneront leurs avis par scrutin secret et, nul ne pourra être admis, s’il ne réunit en sa faveur tous les suffrages.


Article 9

Après qu’on aura fait l’élection, le très sage députera un académicien pour avertir le candidat du choix que l’académie a fait de lui ; il lui dira de se préparer pour remercier l’académie de la faveur qu’elle a bien voulu lui faire, et pour faire en même temps l’éloge du défunt dont il va occuper la place.


Article 10

Dans ce grade il n’y a que trois officiers, savoir : le très sage, le premier sage et le second sage, tous les autres académiciens remplissent chacun à leur tour et à la volonté du très sage, les autres différents emplois.


Article 11

L’élection des officiers se fera tous les ans, à la pluralité des voix, le jour de la Saint-Jean l’Evangéliste patron de l’académie. Ils ne pourront jamais être confirmés.


Article 12

Dans ce grade on n’admet point de frère servant. Les deux derniers reçus en auront la fonction.


Article 13

Les académiciens comme étant les seuls vrais maçons jouiront de tous les privilèges accordés à tous les autres différents grades de la maçonnerie.



Ouverture de la Loge

Les académiciens étant décorés de leurs tabliers, de leurs gants et de leurs bijoux, et ayant en main leurs baguettes, le très sage frappe avec la sienne un coup, qui sera répété par les deux sages et il dira « à l’ordre sages académiciens », ce qui étant exécuté, le très sage demandera au premier sage :

Demande. Premier sage quel est votre devoir ?
Réponse. Très sage, c’est de m’assurer si les frères ici présents sont vrais maçons.
D. Faites votre devoir.
R. Alors le premier sage fait le tour de l’académie et exige de chacun le signe, le mot et l’attouchement. Il vient ensuite et dit au très sage : « Très sage, tous les frères ici présents sont vrais maçons. »
D. Second sage, quelle est votre obligation ?
R. Très sage, c’est de m’assurer si l’académie est à l’abri des yeux et des oreilles vulgaires.
D. Remplissez-là.
R. Le second sage s’en étant acquitté, dit : « Très sage, nous pouvons commencer nos opérations, nous sommes en sûreté. »
D. Premier sage, à quelle heure s’ouvre l’académie ?
R. Très sage, à toute heure.
D. Les matériaux sont-ils prêts ?
R. Oui, très sage.

Le très sage : « Puisque tous les frères ici présents sont vrais maçons, que nous sommes à l’abri des yeux et des oreilles vulgaires, que l’académie s’ouvre à toute heure et que les matériaux sont prêts, premier et second sages, annoncez à tous les académiciens, que l’académie est ouverte et que nous allons commencer nos opérations ».

Alors le très sage, frappe les coups que le premier et second sage répètent.

On fait le signe, on dit : « Gloire, Louange et Honneur au Créateur, Paix, Bénédiction et Prospérité aux vrais maçons. » et les mains étant croisées sur le ventre, on se fait respectivement une profonde inclinaison.

Et après le très sage frappe un coup, que le premier et second sage répètent, et dit : « Premier et second sage, demandez aux académiciens, s’ils ont quelque chose à proposer pour le bien de l’académie. ».

L’académicien qui doit faire la dissertation se lève et en fait la lecture, après laquelle tous les académiciens applaudissent ou battent dix fois des mains. L’académicien répond aux battements de mains par le même nombre, et toute l’académie ayant mis en délibération la matière qui doit se traitée dans la séance suivante, le très sage la propose à haute voix à celui qui doit être chargé de la traiter, et tous ensemble vont examiner le travail et mettre tout en règle.

Si il y a une réception à faire, le premier sage dit : « Très sage, il y a un philosophe maçon dans la chambre de préparation, que l’académie a jugé digne d’être admis parmi nous ».

Le très sage demande de nouveau le consentement de l’académie qui doit le manifester en frappant de la baquette sur le pavé.


Réception

Le consentement étant donné, le très sage députe un des académiciens pour préparer le candidat.

Celui-là après avoir salué le très sage et tous les académiciens sort de l’académie, va trouver le candidat et lui dit : « Philosophe, êtes-vous toujours dans la disposition de parvenir au grade de vrai maçon ? ». Si il répond oui, il lui ordonne de se dépouiller de tous ses métaux, de quitter son habit, sa veste et ses souliers, et retrousser les manches se sa chemise sur le bras. Il lui lit ensuite les mains derrière le dos, lui bande les yeux et le conduit par le bras à la porte de l’académie, et frappe en vrai maçon.

Le premier sage dit au très sage : « On frappe à la porte en vrai maçon ». Le très sage dit au premier sage de prier un académicien d’aller voir ce que c’est.

Celui-ci ayant frappé à la porte les coups, lorsqu’il a répété, il ouvre et dit : « Que voulez-vous ? laissez-nous opérer ».

Le préparateur répond : « Je vous amène le candidat qui a été admis par l’académie. Ayez la bonté de l’annoncer au très sage, et aux académiciens ».

Le député ferme la porte, se met à l’ordre entre les deux sages, salue le très sage et dit : « Très sage, le préparateur nous amène le candidat que nous avons admis ».

Le très sage dit : « Ordonnez son entrée s’il est en règle ».

Le député ayant salué le très sage et les académiciens, vient à la porte, frappe en vrai maçon et les coups ayant été répétés par le préparateur, il ouvre la porte et dit au sage préparateur : « Faites entrer le candidat s’il est en règle ».

Alors le préparateur l’introduit, le poste à l’occident entre les deux sages. A un pas de distance en allant à l’orient, il doit y avoir (ce qui ne se pratique que le jour des réceptions) une terrine où l’on aura mis de l’esprit de vin, du mercure et du sel, qu’on allumera), et qui seule éclairera l’académie.

Le très sage dira ensuite au candidat :

D. Philosophe maçon que demandez-vous ?
R. Très sage, je demande d’être admis dans votre auguste académie si vous m’en jugez digne.
D. Sages académiciens, jugez-vous le candidat digne d’être admis parmi nous ?
R. Tous les académiciens auront soin d’observer un profond silence pendant toute la réception. Pour marquer leur consentement, ils frapperont ensemble leurs baguettes sur le pavé.

Cela étant fait, le très sage dit au premier sage : « Puisque l’académie juge le candidat digne d’être admis parmi nous, faites le voyager en cercle, en équerre et en triangle. »

Les trois voyages faits, on placera le candidat à l’orient, et le très sage ordonne au premier sage de lui débander les yeux et de lui faire considérer la terrine.

Tous les académiciens seront en ce temps-là à l’ordre.

Après que le candidat aura considéré pendant l’espace de quatre minutes la terrine, le très sage ordonne au premier sage de l’amener au pied du trône pour prêter son obligation, où étant arrivé, il se mettra à genoux et répètera avec le très sage l’obligation suivante.


Obligation

Je promets, parole d’honneur et sous peine d’avoir les lèvres clouées et le ventre ouvert, de ne jamais révéler ni directement ni indirectement à qui que ce soit, les mystères qui vont m’être développés. Le grand Jehova me tienne en Sa sainte et puissante garde.

Et tous les académiciens répondront : Amen !

Quand le candidat prête son obligation tous les académiciens doivent se ranger autour de lui, et lui mettront leurs baguettes sur la tête.

L’obligation portée, les académiciens se remettent à leurs places, et le très sage délie les mains du candidat en lui disant : « Par le pouvoir que j’ai reçu et du consentement de l’académie, je vous constitue vrai maçon et vous permets de jouir de tous les privilèges accordés à cet auguste grade ».

Il lui donne ensuite le signe, les mots, le décore des bijoux, du tablier et des gants et de la baguette, et lui ordonne de s’en aller faire reconnaître à tous les académiciens.

Cela fait, on étend le tableau sur le pavé, sur lequel on place trois chandeliers en triangle. On lui fait faire les trois pas, et ayant pris sa place au côté droit du très sage, il prononce son discours auquel le très sage répond par le discours suivant .


Discours du très sage

« Sage académicien, la science dans laquelle on vient vous initier, en vous confiant le grade de vrai maçon est la plus ancienne des sciences. Dieu, le créateur débrouillant le chaos. Elle est la plus universelle, toutes les autres empruntent d’elle, leurs principes. Elle est la plus nécessaire. Sans elle l’homme n’est que ténèbres, infirmités et misères. Elle est émanée de la nature, ou plutôt c’est la nature elle-même perfectionnée par l’Art. Elle est fondée sur l’expérience. Dans tous les siècles, elle a eu des adeptes, et de nos jours une foule d’artistes y consument en vain leurs biens, leur travail et leur temps, c’est que bien loin d’imiter la noble simplicité qui la caractérise, et de suivre les voies droites qu’elle leur trace, ils la parent d’un fard qu’elle ne peut souffrir et s’égarent dans le labyrinthe, où une folle imagination les entraîne, de là ces railleries piquantes de ces profanes, qui, sans respect pour Dieu, sans égard pour la nature, sans estime pour l’art, tournent en dérision nos plus sérieux mystères. De là, les satyres grossières de ces ignorants qui trop appesantis par leurs sens, pour s’élever à la sublimité de nos connaissances, blasphèment tout ce qu’ils ne peuvent comprendre. De là, le vicieux les affectent et ces indolents qui, à moins qu’un esprit habile et une main laborieuse ne fasse pour eux tous les frais de la découverte et du travail, méprisent tout ce qui ont ni la force d’imaginer, ni le courage d’exécuter. De là, enfin, les libellistes injurieux de ces téméraires, qui avec une hardiesse pleine de mauvaise foi, osent mettre la vérité de leur science hermétique au rang des inventions humaines, de populaires superstitions sans autre motif que l’envie d’en infirmer l’authenticité et l’impassibilité d’en détruire le témoignage.

Abandonnons les enfants des ténèbres et ces ennemis d’eux-mêmes, à toute la honte de leurs idées vaines et inconséquentes. Pour nous vrais enfants de la lumière et sincères amis de l’humanité, qui voyons dans ses enseignements et les pratiques la vérité clairement énoncée. Gouttons à long trait les douceurs qu’elle nous présente. Jouissons avec reconnaissance des avantages qu’elle nous procure, et animés d’un même saint transport, ne cessons d’exalter la toute puissance et la miséricorde infinie de Dieu qui se plaît à humilier les grands et à élever les humbles.

N’attendez pas cependant, sage académicien, que nous vous aplanissions d’abord les obstacles qui se rencontrent dans cette science ; ce serait faire tant à régler vos études, et en votre sagacité nous nous appliquerons plutôt en vous indiquant les sources dans lesquelles devrez puiser, nous vous mettrons dans la voie droite que vous devez tenir.

Il me reste plus qu’à vous exhorter de marcher sur les traces du grand homme dont la présence nous fut si chère et si utile et dont le souvenir nous sera à jamais précieux. Ses talents et ses vertus lui acquirent nos suffrages et lui ont mérité vos éloges. Sa perte causera toujours nos regrets et nos larmes. Daigne le grand Jehova jeter sur nous un regard favorable à nous faire marcher avec patience et persévérance dans la pénible mais savante carrière que vous allez courir. Ce sont les voeux qu’a pour vous l’auguste académie, qui se félicite de vous posséder et qui vous regardera comme toujours un de ses plus cher nourrisson. Le premier sage va maintenant vous donner l’explication du tableau. Ensuite je vous ferai l’instruction.

Prêtez une oreille attentive, vous apprendrez dans l’une et dans l’autre la noblesse de vos droits, l’étendue de vos obligations et la grandeur de nos espérances. »


Explication du tableau

« Vous voyez d’abord, sage académicien, en haut du tableau, un triangle lumineux et un grand J au milieu. Le triangle représente un Dieu en trois personnes, et le grand J la lettre initiale du nom imprononçable du grand architecte de l’univers. Le cercle ténébreux signifie le chaos que Dieu créa au commencement, et la croix qui est dedans signifie la lumière par le moyen de laquelle il développa le quatre qui signifie les quatre éléments qui en résultèrent. Le triangle, les trois principes que le mélange des éléments produisent.

Ce qui entoure le cercle étoilé, désigne le firmament. Le cercle étoilé, sont les eaux que Dieu a mis au-dessus du firmament. L’autre grand cercle avec les signes et les planètes, dénote le zodiaque, le cercle du milieu l’eau et la terre. La croix qui le surmonte, signifie que à même Dieu qui créa l’univers par sa toute-puissance, il le rachète par sa bonté. Les quatre figures qui l’entourent sont l’emblème de l’air et des quatre vents.

L’homme, le soleil, la plante que l’on voit sur la surface de la terre, sont l’image des trois règnes de la nature, savoir : l’animal, le minéral, et le végétal, qui par le moyen du feu élémentaire et du feu central que la rosée met dans une agitation continuelle, viennent à leur perfection. Les deux plus hautes lettres signifies que Dieu crée. Celles qui sont au-dessous, que la nature produit. Et les deux plus basses, que l’art multiplie. L’autel des parfums nous marque le feu que l’on doit donner à la matière. Les deux tours, les deux fourneaux humides et secs dans lesquels l’on doit travailler. Le tube dans lequel on doit chercher le degré du feu que l’on doit lui donner. Et le cercle étoilé désigne le firmament du ciel que nous voyons. La boule, le creux du chêne qui doit entourer l’oeuf philosophique, ce qui est au-dessous la baguette qui sert pour remuer les matériaux. Et les deux figures surmontées d’une croix ne sont autre chose que le vase de la nature et de l’art dans lequel on doit faire le double mariage de la femme blanche avec son serviteur rouge et duquel double mariage naîtra un roi très puissant.

Nota : que le premier sage doit encore faire l’explication philosophique du grade d’apprenti compagnon et maître maçon.


Instruction

D. Qui êtes-vous ?
R. Je suis vrai maçon.
D. Donnez-m’en des preuves.

R. On fait le signe, on donne le mot et l’attouchement.