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ANONYME L'Etre Suprême et ses lois

*
Anonyme

Etude scientifique et philosophique obtenue 
médiumniquement par X... sous la dictée 

du

Baron du POTET



L' ETRE SUPREME ET SES LOIS


PARIS P. LEYMARIE LIBRAIRE-ÉDITEUR
42, RUE SAINT-JACQUES, 42
1906




CHAPITRE PREMIER

Le principe de vie.

Qu'est-ce que la vie? Comment la vie existe-t-elle et pourquoi
Ce sont, hélas, des problèmes ardus que les hommes se sont toujours posés sans parvenir à les résoudre. Je vais essayer de vous initier à ce principe et je tâcherai de faire mon possible pour me faire comprendre.
Le principe de la vie est Un ! mais composé d'une infinité de variétés de ce principe d'où découlent toutes les manifestations adéquates aux milieux dans lesquels elles se forment.
Pour qu'il y ait vie, il faut qu'il y ait une intelligence qui gouverne cette vie.
Cette intelligence est l'Etre Suprême qui gouverne l'Univers et qui l'a soumis à ses lois, cet être suprême se nomme Dieu dans notre langue. Il est l'Ame, le Pivot, la Force, l'Énergie en un mot, qui actionne les rouages compliqués que l'on nomme les systèmes universels.
Oui, les systèmes universels, car il, y a plusieurs systèmes différents entre eux, suivant les effets qu'ils sont appelés à produire.
Ces effets proviennent tous d'une cause différente en apparence, mais dont la cause primordiale est Dieu, âme de l'Univers, foyer central d'où découlent et où viennent converger toutes les forces de la nature.
Appelez-le comme vous voudrez, c'est tout simplement un terme de comparaison. Le mot n'est rien, c'est la conception de cette immense force qui est tout. Du reste, les hommes lui donnent un nom différent suivant leurs langues, même celui de Néant qui est encore une forme d'absolu, et la désignation linguistique qu'ils donnent de l'Être Suprême n'a qu'une différence secondaire.
Cette âme, cette puissance, n'est pas, comme le catholicisme l'a enseigné, un être matériel, créé de la même substance que nous ; non, mais un être invisible à nos sens, impalpable, impondérable, en un mot éthéré, dont nous ne soupçonnons même pas la conformation.
Cet être éthéré englobe tout l'Univers dans son Lui-même, il est partout, puisque tout ce qui est l'Univers est lui. Il voit tout, il sait tout, puisque tout ce qui se fait est une partie de lui-même et que lui-même est partout.
Alors puisque Dieu n'est pas un être dans le sens où nous le comprenons, qu'est-ce donc ?
C'est un fluide !
Ce fluide est universel, c'est-à-dire qu'il est répandu dans toute la nature et qu'il régit ses lois.
Ce fluide qui est le centre de la vie, la cause qui est en Dieu est le fluide vital universel.
Comment ce fluide vital engendre-t-il la vie ? C'est ce que nous allons expliquer.

Le fluide vital initial est Un, mais composé de fluides secondaires inférieurs. Ces fluides ne sont pas en repos, car s'ils étaient immobiles, la vie ne pourrait être, pour qu'il y ait vie il faut qu'il y ait mouvement.
Ces mouvements, imperceptibles à nos sens, sont ce qu'on appelle la loi des vibrations.
Les fluides dont j'ai parlé plus haut, ont des vibrations différentes suivant les effets qu'ils ont à obtenir, ces effets étant inhérents à leur nature particulière.
Il est encore une autre cause, c'est que, d'après leur nature, ces fluides subissent une loi d'attraction et de répulsion.
Ce sont ces forces attractives et répulsives qui maintiennent l'équilibre du système planétaire.
En effet, tous les astres, quels qu'ils soient, sont sou¬mis aux mêmes lois ; étant baignés, saturés du fluide vital universel, ils sont solidaires les uns des autres, et la preuve en est qu'un changement géologique ou autre survenu dans une planète, produit des perturbations dans les planètes ses voisines et dans la vie organique de ces planètes. Vous en voyez journelle¬ment les effets sur la terre, soit sur les végétaux, les animaux et les hommes.
La cause engendre les effets et les effets déterminent d'autres causes qui engendrent d'autres effets, etc. C'est le mouvement perpétuel dont tant d'hommes ont cherché en vain à résoudre le problème.
Je ne m'étendrai pas davantage sur cette question qui est plutôt du domaine de l'astronomie qui n'est pas le but de cet ouvrage.
Je parlerai des transformations innombrables des fluides, depuis leurs états primitifs, jusqu'à la matière tangible.

CHAPITRE II

Le fluide vital et ses transformations.

La matière et ses :apports avec le fluide vital.

Le fluide vital ou cosmique comprend, comme je vous l'ai dit, une infinité de variétés de ces fluides, parfaitement solidaires les uns des autres et cepen¬dant ayant une nature spéciale déterminée.
Les molécules atomiques de ces fluides s'attirent et se repoussent, se combinent, se décomposent et produisent des effets différents.
La raison par laquelle ces effets se produisent provient de la loi des vibrations. Ces vibrations sont de différentes natures suivant leur amplitude déterminée par la loi des nombres.
Cette loi est très importante, car elle sert à reconnaître la qualité de chaque fluide par sa couleur, (pour les Esprits s'entend) car les sens matériels des hommes sont trop grossiers pour distinguer les nuances de ces fluides.
J'ai dit nuances, car vous ne savez sans doute pas que chaque fluide a sa couleur propre, depuis les nuances les plus foncées jusqu'aux nuances les plus claires, dont vos sens imparfaits ne se font aucune idée. Tout cela dépend de la vitesse des vibrations et de cette vitesse dépend le degré de densité de chaque fluide.
Les fluides grossiers restent à la surface de la Terre, dans notre atmosphère, et les plus légers, les plus éthérés, en suivant l'échelle de progression, occupent des altitudes de plus en plus hautes, suivant leur degré de pureté.
Évidemment les fluides les plus purs, les plus éthérés, en suivant l'échelle de progression possèdent la faculté d'influencer les fluides inférieurs.
Cette influence exercée sur ces fluides secondaires, détermine entre eux un mouvement qui réagit et détermine ainsi un changement atomique moléculaire, qui, tout en étant encore éthéré, n'en devient pas moins de plus en plus matériel, puisque les molécules combinées de chaque fluide ont déterminé de nouvelles propriétés à la résultante de ces fluides.
Ils deviennent, par conséquent, en descendant progressivement l'échelle des fluides, de plus en plus matériels.
En se trouvant en contact directement avec les fluides de plus en plus grossiers des différentes pla¬nètes, ils se condensent progressivement, deviennent de plus en plus lourds, de plus en plus tangibles et arrivent, par transformations successives, à produire la matière telle que nous la voyons.
Chaque résultante de la combinaison de ces fluides détermine des matières de différente nature, (et vous savez combien elles sont innombrables) ; c'est ce que vous voyez journellement dans la nature.
Tout, sans exception, provient de la combinaison de certains fluides, favorables au milieu dans lequel ils  vivent » pour ainsi dire, et des formes matérielles innombrables, différentes entre elles par leurs affinités et la nécessité des besoins naturels pour lesquels elles sont créées.
Je vous ai dit, plus haut, que les fluides étaient différents suivant l'échelle qu'occupaient les différentes planètes.
Évidemment, cela se comprend : plus ces planètes sont avancées dans l'échelle des mondes, plus la matière devient affinée, plus éthérée, en un mot de moins en moins tangible, car il faut bien comprendre la loi de progression.
Les fluides grossiers en vertu de la loi de la pesanteur, occupent les espaces inférieurs dans l'échelle des mondes. Dans ces mondes, la matière étant composée de fluides tout à fait bruts, cette matière est, par conséquent, brute, lourde et grossière, suivant l'essence et le poids spécifique des fluides qui l'ont formée.
D'où vient la différence de pesanteur des corps dans les différentes planètes ? Nous prendrons pour terme de comparaison la Terre qui est une des planètes les plus inférieures de l'échelle des mondes.
Cette différence provient des différences du poids spécifique des fluides qui ont formé ces planètes. Dans les mondes supérieurs où les fluides sont plus purs, plus légers, la matière est plus subtile, tout en étant composée des mêmes éléments des différents milieux ; mais ces éléments fluidiques étant plus légers à cause de leur dureté, de leur éclat, flottent pour ainsi dire au-dessus des fluides grossiers comme l'huile flotte au-dessus de l'eau, cela se continuant à l'infini, jusqu'à la perfection fluidique de la matière éthérée.
Quant aux fluides grossiers, comme je vous l'ai dit, par leur combinaison, leur condensation plus tangible, ils sont la conséquence de leur affinité et produisent, suivant leur état, des catégories d'êtres distincts comme forme et comme vie, comme effets de toutes sortes, causes innombrables, mais dont la cause commune est Une, qui est le fluide vital ou cosmique universel d'où découlent les innombrables variétés d'espèces vivantes dont est peuplé tout l'Univers.




CHAPITRE. III

La vie organique.

Nous avons passé en revue les transformations générales du fluide vital universel jusqu'à la matière tangible.
Nous allons maintenant expliquer comment cette matière vit et pourquoi elle vit.
Je vous ai dit que la vie ne pouvait être sans le mouvement. Ce mouvement initial est la loi des vibrations.
Tout vibre dans l'Univers, tous les fluides ont leur mode de vibration suivant leur degré d'amplitude, réglé, comme je vous l'ai dit, par la loi des nombres ; ils se condensent progressivement, et, étant un tout formé par la force attractive, ils s'agglomèrent autour de leur centre, forme géométrique unique commune à tous les astres, circonférence multiple donnant l'explication de l'Infini, puisque dans cette forme sphérique on ne peut trouver ni commencement ni fin.
Arrivée à une condensation tangible, cette « quantité d'émanation » du fluide vital forme donc une planète qui va subir encore des transformations sans nombre jusqu'à ce qu'une croûte sphérique se produise, enveloppant cette planète et dont les éléments matérialisés, qui ont produit cette croûte, se trouvent épars, de-ci, de-là, et sont restés où les a surpris leur état de condensation, de matérialisation. C'est ce qui explique que les gisements des différents métaux se trouvent disséminés, éparpillés sur le globe : marbres, pierres précieuses, etc...
Certains fluides de nature spéciale se sont dégagés de la masse en ignition (car j'oubliais de vous dire que le frottement moléculaire, produit par les vibrations de la matière fluidique, occasionne une certaine chaleur, source de la vie matérielle).
Donc, ces fluides, dégagés de la masse et dont les propriétés spéciales ne s'aggloméraient pas avec cette masse, se condensaient autour et formaient une couche plus ou moins épaisse.
Ces fluides, que la chimie a appelés gaz oxygène et hydrogène, par leur condensation se sont combinés et ont formé un autre corps, liquide celui-là, que l'on appelle eau. Nous allons voir que cet élément va subir ou faire subir des transformations à la masse autour de laquelle elle se forme.
A cette période de transformation où la croûte planétaire n'a encore que la constitution d'une pâte plus ou moins homogène, comparable à une sauce consistante qu'une cuisinière ferait chauffer à un certain degré d'ébullition, vous voyez bientôt cette sauce consistante se soulever, s'affaisser en une quantité plus ou moins grande, plus ou moins haute, de demi-sphères ou cônes et dégageant de la vapeur d'eau; de même la formation des planètes, malgré que la comparaison donne une faible idée de l'état d'une planète correspondant à cette période.
Cette eau, dont j'ai parlé, étant formée de globules mélangés d'oxygène et d'hydrogène, et la densité de ces globules étant plus petite que la masse d'oxygène entourant les planètes, reste à la surface de cette masse, tant que le poids spécifique du mélange n'est pas supérieur à la masse du fluide qui le soutient. Sitôt que cet équilibre est rompu, cette eau, en vertu de la loi d'attraction, tombe sur la masse ou la croûte de cette planète, se résoud en vapeur d'eau, et plus légère que le milieu ambiant, va se reformer en eau à des altitudes variables.
Ceci se renouvelle jusqu'à ce que la chaleur superficielle de la croûte planétaire soit équivalente à la masse liquide qui l'entoure. C'est à cette période que commence la vie organique proprement dite.


CHAPITRE IV

Les Minéraux.


Les savants ont longtemps contesté la vie organique des minéraux; cependant, comme les deux autres règnes de la nature, les minéraux vivent et meurent.
Puisque les vibrations sont une preuve indiscutable du mouvement et que tout mouvement est certainement l'effet d'une cause vitale, donc les minéraux vivent, mais d'une vie organique inconsciente, et pour ainsi dire mécanique.
En effet, prenez un morceau d'acier, par exemple, soumettez-le pendant un laps de temps déterminé à une certaine température calorique, les molécules de ce métal se dilatent. Trempez-le, dans cet état, dans un bain d'eau froide, ou même, dans un courant d'air qui le refroidit, les molécules se resserreront avec une force incroyable et rendront cet acier dur et cassant. Ce phénomène indique clairement qu'il y a eu changement, ou plutôt mouvement, dans l'état moléculaire de ce métal, donc, il y a mouvement, et par conséquent il y a vie, puisqu'il y a sensibilité.
Tout organisme quelconque qui change de milieu et qui, de ce fait, change de conformation primitive, prouve, par cela même, que le mouvement moléculaire produit par ce changement, provient d'une cause intelligente qui est une des nombreuses modifications du fluide vital.
Un autre exemple: tout le monde sait qu'un barreau de fer aimanté produit un changement moléculaire dans un autre barreau de fer ; celui-ci est attiré ou repoussé suivant l'un ou l'autre pôle qu'on lui présente. II se produit, par conséquent, un phénomène de vitalisation qui met en mouvement le barreau de fer. Ici encore, il y a vie puisqu'il y a mouvement. Qu'est-ce qui a occasionné ce mouvement ? C'est toujours le fluide vital. Quelle que soit la façon ou la forme par laquelle se manifeste un mouvement, ce mouvement provient toujours du fluide vital universel, cause initiale de toute vie.
Chaque fois qu'un changement moléculaire se produit dans un corps quelconque, qu'il soit fluide ou matière tangible, il y a mouvement, par conséquent, il y a vie ! 

Tout vibre dans l'Univers, rien ne reste en repos, car le repos absolu serait la mort, le néant ; comme ni la mort, ni le néant n'existent, il y a donc une cause intelligente qui préside, qui règle les lois mécaniques universelles, et qui est l'intelligence suprême, qui par sa loi immuable, rend solidaires les unes des autres, toutes les manifestations des forces mécaniques, dont l'une ne pourrait changer sans que ce changement se répercute parmi les autres forces ses voisines.
Les minéraux, par conséquent, par suite de cette loi, subissent les modifications nécessaires à leur amélioration ou perfectionnement de leurs états spéciaux et aux milieux ambiants auxquels ils appartiennent par leurs affinités moléculaires.


CHAPITRE V

Les Végétaux.

Puisque les minéraux ont été engendrés par la condensation des différents fluides inhérents à leur conformation spéciale, les végétaux doivent avoir une cause identique, nous essayerons de le démontrer.
L'eau est un liquide où se produisent le plus facile¬ment les manifestations embryonnaires de la vie organique végétative.
Pourquoi ? parce que c'est un conducteur facile pour le transport et le développement des germes organiques. Comment ces germes organiques se développent-ils et quelle en est la cause ?
L'eau, par son extrême pondérabilité, s'est imprégnée, saturée, au contact prolongé de la terre et des différentes couches géologiques, formées par une quantité innombrable de germes trouvant un milieu approprié à leur éclosion, progressent plus ou moins rapidement et donnent naissance à des êtres variés, d'espèces différentes, quelquefois se ressemblant, ayant une certaine parenté, suivant les affinités des fluides qui ont formé ces germes. Ces êtres, car ce sont des êtres, vivent, sentent, respirent, meurent, tout comme les minéraux ; mais ces êtres sont déjà plus perfectionnés, l'âme qui les anime n'est pas encore consciente de leur état, mais cette âme existe, elle les guide dans leur existence, les prévient dans leurs besoins journaliers, dans leur évolution. Ces êtres, qui sont déjà animés, sont des végétaux.
Chaque famille, chaque espèce a sa conformation particulière et sa vie est réglée par des lois inflexibles, dont elle ne peut se départir. Les végétaux suivent une loi de progression, depuis la racine informe, en passant par l'échelle des espèces innombrables, jusqu'à la plante sensitive, et même l'animal - plante, qui tient tout à la fois de la plante par sa conformation et de l'animal par ses meurs et ses habitudes.
Ici nous voyons une progression très sensible, la plante sensitive n'est plus un être organique inconscient, l'âme que cette plante sent, souffre, respire, vit, meurt, et qui sait si elle ne pense pas?
Évidemment la notion du moi n'existe pas encore, mais elle pense peut-être automatiquement, mécaniquement, comme mue par une force invisible et qui cependant règle sa vie organique, comme tous les êtres animés.
Suivons la loi de progression : la plante animale a l'avantage sur les autres végétaux : c'est que non seulement elle vit de la vie organique proprement dite, mais qu'elle se meut, perçoit comme un animal, voit comme lui, et, souvent, se nourrit d'animaux. Tels sont: le corail, l'éponge, la méduse, etc... ; elles ont un organisme bien plus compliqué, et aussi leurs besoins vitaux sont en rapport avec les milieux dans lesquels elles vivent, se reproduisent et meurent pour renaître. Je dis: meurent et renaissent, car les fluides qui composent ces êtres retournent, par la dissolution de leur organisme, dans le Grand Tout et servent de nouveau à la reproduction de la même espèce.
Pour que la reproduction des espèces se fasse d'une manière rationnelle, il faut qu'ils obéissent à certaines lois. Ces lois sont les mêmes pour tout être organisé : ce sont les lois de l'harmonie et de l'amour, conscientes ou inconscientes. Les espèces subissent ces lois en vertu de la loi d'attraction qui fait sympathiser les êtres de la même espèce entre eux.
Le germe que contiennent ces êtres est toujours puisé à la même source qui est le fluide vital universel, mais alors ce fluide étant décomposé en une infinité de fluide s secondaires, appropriés aux espèces, est déjà matérialisé, et c'est en vertu de cette loi d'attraction universelle, que se communiquent les germes nécessaires à la reproduction des êtres, qui se multiplient à l'infini, jus¬qu'à la transformation progressive de certaines espè¬ces, qui arrivent, après d'interminables transformations et les nécessités de la loi de progression, à quitter l'enveloppe et la forme végétative, pour adopter celle plus élevée dans l'échelle des êtres : celle des animaux proprement dits.


CHAPITRE VIII

L'homme.

L'homme a-t-il été créé, tel qu'il est, ou est-il la conséquence d'une transformation progressive de son être?' L'homme, comme tous les animaux dont il fait partie, a subi et subit encore la loi d'évolution, de progression ; mais son essence initiale est ce qu'il a toujours été et ce qu'il sera toujours : un homme.
D'après la théorie que je vous ai exposée tout à l'heure, il est incontestable que toutes les espèces d'animaux ont commencé par un germe embryonnaire, à l'état latent dans la nature, et que l'homme n'est pas exempt de cette loi. Il semble que l'être suprême ait voulu créer des êtres qui, étant une émanation de son fluide vital, afin que ces êtres puissent le comprendre, ou du moins en aient la faculté, il ait donné à ces êtres, qui sont nous-mêmes, et que l'on appelle hommes, des dons spéciaux que d'autres animaux ne possèdent pas, et, par cela même, ait permis à ces hommes de remonter jusqu'à leur source qui est Dieu, en évoluant, en progressant par le travail.
Nous reviendrons un peu plus tard sur ces dons du Créateur, qui font de nous des êtres supérieurs, et que l'on nomme l'intelligence, le libre arbitre et la volonté. Tous les hommes, quels qu'ils soient, à quelque race qu'ils appartiennent, proviennent tous du même fluide initial ou germe unique qui les a créés. La seule différence qui existe entre eux est la différence de couleurs, de types, de mœurs et de coutumes; la raison de ces différences, dans la même espèce, est l'influence des milieux dans lesquels sont nés, ont évolué et progressé les germes, identiques entre eux, qui ont engendré le genre humain. Les climats différents, la lutte pour la vie, ont forcé ces êtres simples, brutes, dans les premiers âges de l'humanité, à recourir à certains moyens qui, prenant corps, pour ainsi dire parmi eux, les transformèrent progressivement. Les habitudes et les besoins journaliers de la vie se sont modifiés, trans¬formés, et des changements progressifs de cette évolution colossale, sont sorties des civilisations plus ou moins évoluées, dans l'échelle de progression de l'Humanité
L'homme est le seul être de tous les animaux qui a une religion, et qui a conscience de son état, puisqu'il est une émanation directe du créateur. Tous les autres animaux, en descendant l'échelle de progression des êtres animés, possèdent cette conscience, mais qui est plutôt l'instinct de conservation, car la faculté du moi n'existe pas chez les animaux autres que chez les hommes, même à l'état sauvage; la faculté du moi existe chez l'homme, mais ici il faut tenir compte de l'échelle de progression de l'état plus ou moins avancé de ces hommes.
Comme les animaux, ses frères inférieurs, l'homme, à l'état sauvage, comme à l'état de civilisation, possède, à l'état latent, l'intuition, la connaissance de sa force, de ses capacités et de ses facultés. Le plus fort détruit ou asservit le plus faible ; c'est la loi du plus fort qui a toujours gouverné jusqu'à ce jour. Pourquoi? parce que l'homme est un animal et que, comme les autres animaux, ses frères, il est dompté par la matière.
La progression, l'évolution de l'homme, dans la théorie matérialiste, ne le fait pas monter d'un éche¬lon dans l'échelle des êtres. Il peut être un grand savant, et ignorer les lois fondamentales de la créa¬tion et de la formation des mondes, et ses relations avec l'Etre Suprême, créateur de l'Univers. Si l'évolution morale est nulle chez lui, il sera un être inférieur, comparativement à un autre de ses semblables, qui, ne connaissant pas les sciences matérialistes, plus ou moins obscures, aura compris et perçu le grand problème de l'au-delà.
Les temps sont encore éloignés où les hommes comprendront ce qu'ils font, et quel est leur but. Mais ce mouvement viendra, et c'est la doctrine du spiritualisme qui leur enseignera les mystères de la nature, incompréhensibles pour la plupart d'entre eux aujourd'hui.
Quand cette doctrine aura pénétré les masses, quand les hommes comprendront ce qu'ils sont, et quel est leur but, ils marcheront tous, la main dans la main. Les races unies dans un même but commun, éclairées par le flambeau de la vérité et de la science, feront disparaître les frontières, ces barrières conventionnelles qui sont autant de causes de rivalités, de guerres acharnées qu'elles se livrent entre elles, étudieront une langue unique universelle, travailleront tous à leur émancipation morale d'un commun accord, et, sans délaisser les jouissances de la terre, enseigneront, guidés par les esprits supérieurs, la plus belle, la plus noble des philosophies, la morale la plus pure que le Christ ait enseignée et qui est le Spiritualisme, la Religion de l'Avenir.


CHAPITRE IX

La vie intellectuelle.

Dans la première partie de cet ouvrage nous avons traité du fluide vital universel et de ses nombreuses transformations matérielles jusqu'à la matière tangible. Nous avons vu pourquoi et comment cette matière vit organiquement, mais nous n'avons pas traité de la vie intellectuelle de cette matière. C'est le but de la seconde partie de cet ouvrage.
Nous avons vu que la matière vivait, qu'elle se mouvait, en un mot, nous avons passé en revue les transformations et les évolutions de la vie organique. Mais, cette matière étant inerte par elle-même, elle ne peut se mouvoir que si une autre force vient la solliciter et annihiler sa résistance passive, en un mot, la vitaliser.
Il existe plusieurs forces qui actionnent cette matière et ces forces, nous allons les énumérer. Vous savez qu'en mécanique, pour déplacer un corps inerte, il faut une force supérieure à la résistance passive de ce corps. Cette force est donc indépendante de ce corps, et cependant, au moment où son action est en jeu, elle est solidaire avec ce corps.
Cette force dépense de l'énergie et cette énergie se transforme en travail. Le travail produit est le coefficient de la combinaison de cette force multipliée par l'énergie et qui s'énumère en kilogrammètres pour les mouvements mécaniques inconscients et conscients. Les mouvements mécaniques conscients sont réglés par une force intelligente, et cette force a des phases, des degrés différents, suivant l'affinité des fluides qui la composent, et aussi suivant la nature de la matière et les organes qui servent à faire mouvoir cette matière.
Il faut bien comprendre que, dans la transformation des fluides, il y en a qui, par leur pureté, leur éclat, leur nature supérieure, restent en dehors de la matière et ne s'agglomèrent pas avec elle.
Ils la pénètrent, l'entourent, mais, tout en étant solidaires avec elle, ils conservent leur indépendance. Ils servent tout simplement à diriger la matière parmi les innombrables manifestations de la vie organique. Pour que la matière se meuve, il faut, comme je vous l'ai dit, que des forces indépendantes la fassent mouvoir, ces forces sont encore des fluides, mais ces flui¬des, par le fait même de leur nature, ne peuvent faire mouvoir cette matière.
Pour qu'il y ait mouvement, il faut qu'il y ait une intelligence qui règle ces mouvements, mais encore là, l'intelligence ne suffit pas, et pour que des mouvements inconscients se transforment en mouvements conscients, il faut une autre force, bien plus subtile, qui est la volonté 1 Nous y reviendrons plus tard.
Donc, voyez comme tout s'enchaîne. Un corps inerte possédant une force fluidique, inconsciente dans son essence même, en étant imprégnée, mais cette force conservant son indépendance, tout en étant solidaire avec la matière. Telles sont nos données.
- Mais, me direz-vous, cette force directrice, de quelle autre force est-elle redevable?
- Cette force n'est redevable d'aucune force, car c'est une partie du foyer central de l'Être Suprême. C'est une émanation de la volonté divine, en un mot, c'est l'âme, et cette âme est la cheville ouvrière de tout l'organisme dont est composée cette matière quelle qu'elle soit. C'est elle qui voit, prévoit, perçoit et ordonne, mais comme son affinité fluidique est très subtile, elle ne peut pas elle-même actionner directement la matière. Elle se sert pour cela d'intermédiaires fluidiques, qui sont, comme je vous l'ai dit, l'intelligence, que l'on appelle instinct chez les animaux, mais qui n'est en somme qu'un degré dans l'échelle de progression d'évolution des êtres animés, et cette intelligence ou Instinct, comme vous voudrez, met en mouvement la force fluidique, qui s'affine avec la matière, et ce corps fluidique, par son action plus matérielle, actionne directement les organes du corps matériel et le résultat se transforme en action mécanique, ce qui fait que la matière peut se mouvoir.
Je ferai ici une comparaison mécanique fort simple des mouvements des corps matériels. Voyez une machine à vapeur. Elle est construite spécialement pour exécuter différents mouvements ou différents travaux adéquats à la nature de ses organes. La composition de la matière qui a servi à construire cette machine, le fer, provient de fluides grossiers matérialisés. Cette matière, par elle-même, vit de la vie organique inconsciente, puisqu'elle est sensible, à l'influence de la température, mais elle ne peut se mouvoir par elle-même. Pour qu'elle se meuve, il lui faut une force, une puissance, une énergie. Cette force est un fluide qui est la vapeur d'eau. Cette machine possède bien, dans sa chaudière ou générateur, cette force à l'état latent, mais elle ne se meut pas pour cela. Il faut une intelligence qui mette en action cette force fluidique, qui actionnera les organes de cette machine. Mais là encore, l'intelligence ne suffira pas. Il faudra une volonté qui ordonne à cette intelligence de mettre en mouvement la force fluidique qui actionnera les orga¬nes de cette machine, et cette volonté, cette intelligence, est le mécanicien qui est indépendant de la machine, qui en est l'âme, qui en est solidaire, puis que la machine ne peut se mouvoir sans sa volonté. Il en est de même dans tous les corps organiques innombrables qui ont été créés pour les besoins inhérents à leur nature spéciale et pour le but que litre Suprême leur a assigné par sa volonté, qui est l'émancipation intellectuelle des êtres par le travail et la loi de progression et d'évolution universelle.
Nous avons passé en revue les forces intellectuelles de la matière. Nous allons essayer d'analyser ces forces en commençant par les animaux-plantes, et en pre¬nant des points de comparaison qui ne seront peut-être pas toujours à l'avantage de l'homme.
S'étendre plus longuement sur cette chaîne intellectuelle serait dépasser le but de cette étude. Nous parlerons de la seconde phase de la vie des êtres qui comprend une infinité de variétés de sensations, de perceptions plus ou moins intelligentes, suivant le degré d'élévation de l'être dans l'échelle spirite.
Nous avons parlé des variations de la vie organique : les animaux-plantes, dans la première partie de cet ouvrage. Parlons un peu de leur vie intellectuelle et de celle des animaux en général.
Toute proportion gardée, les animaux-plantes, ou si vous voulez les zoophytes, comme les appellent les savants naturalistes, ont une âme, une intelligence, et Dieu, dans son immense sagesse, dans sa bonté infinie, a bien fait les choses. Il a permis à ces organismes embryonnaires de progresser intellectuellement comme physiquement. Pour le profane, les immenses végétations sous-marines, produites par l'agglomération de ces zoophytes, tels que les coraux, et qui, fait très curieux, ont formé des îles entières, sont tout simplement dues à la multiplicité des germes, et à la fécondité presque spontanée de ces germes qui engendrent des êtres de la même espèce; mais encore, quoique étant de la même espèce, les naturalistes ont certainement remarqué que ces êtres vivants possédaient plusieurs couleurs qui les distinguaient entre eux. Pour le vulgaire, les couleurs proviennent de causes chimiques inconnues. Mais pour celui qui comprend l'échelle de progression, ces couleurs indiquent une différence très marquée dans le degré intellectuel de ces êtres. (Cette comparaison peut être prise également pour le genre humain : il est indéniable que la race blanche ait la supériorité intellectuelle sur les autres races de couleur, et cependant toutes les races proviennent de la même espèce, qui est l'humanité tout entière.
Tous les êtres animés sont intelligents, mais il y a des degrés dans cette intelligence, et quoique l'homme ait la prétention de détenir le record, il est souvent au-dessous de certains animaux.


CHAPITRE XII

Le Libre arbitre

Nous avons nommé le libre arbitre. Nous allons étudier cette impulsion qui donne, à l'homme principalement, la notion du bien et du mal, car lui seul est capable de pouvoir analyser convenablement cette force, car c'est une force, puisque c'est une impulsion qui domine l'être en bien ou en mal, cela dépend du degré d'intelligence, du milieu où se développe cette intelligence et des circonstances qu'il rencontre dans la vie sociale. Il choisit, pour ainsi dire, son terrain et selon celui qu'il prendra, il récoltera ce qu'il aura semé. Il est responsable envers lui et son créateur de ses actes. Tant que ses actes ne portent pas préjudice à la société collective, dont il est l'un des membres, il est libre. II sera ce qu'il se fera lui-même dans sa position sociale, suivant qu'il aura choisi la route qui conduit à l'élévation du cœur, à la noblesse des sentiments, ou celle qui conduit à l'abrutissement de l'être par sa vie déréglée, ses vices et ses passions matérielles.
Mais il faut aussi tenir compte des conditions et des circonstances dans lesquelles s'est débattu l'être humain dans la lutte pour la vie. Il peut ne pas être seul responsable de ses actes, surtout dans les pre¬mières années de son existence, et, tout enfant, avoir sous les yeux de mauvais exemples. Ces mauvais exemples deviennent des suggestions, à force d'être répétés, et malgré que le sentiment du bien prime souvent. celui du mal, il lutte moralement pour commencer, mais les mauvais fluides, dont il est entouré, absorbent ceux, plus faibles, du bien, et, ne voyant aucun bon exemple devant lui, ses facultés intellectuelles s'atrophient. II est bercé dans le mal et ne voit absolument que le mal partout, sa conscience est morte, ses sentiments sont nuls, et, obéissant à ses mauvais instincts, à la passion du mal, il répand le mal autour de lui.
Cet être est-il responsable de ses actes ?
Vous me répondrez : oui, puisqu'il possède son libre arbitre. Eh bien, moi, je vous répondrai : non ! il n'en est pas responsable entièrement. Il y a été poussé par des forces invisibles qui sont les suggestions qu'on lui a répétées, étant enfant, et les mauvais exemples qu'il a constamment eus sous les yeux.
Devenu homme, ses passions et ses vices ayant étouffé les bons sentiments, il n'a donc plus son libre arbitre, puisqu'il ne connaît qu'une seule route qu'on lui a toujours fait suivre : celle du mal.
Mais alors, me direz-vous, à qui donc attribuer la responsabilité des actes de cet homme ? A la société, à la collectivité d'hommes dont il fait partie, et si cette société a des droits pour se défendre des attaques individuelles, elle a aussi des devoirs à remplir vis-à-vis de chaque individu de la collectivité, comme l'individu a des droits et des devoirs vis-à-vis de la société, dont il est un des membres.
Cette société a-t-elle rempli ses devoirs vis-à-vis de cet être humain ? Non. Et pourquoi ? Parce qu'elle s'en soucie peu et que les lois ayant été dictées par les plus forts, ils les ont faites à leur profit sans se soucier si elles porteront préjudice à certaines catégories d'hommes.
La bonté, la sagesse, l'amour, et surtout la justice, n'étant pas l'apanage de ceux qui ont fait les lois sur cette malheureuse planète, il s'en suit que le plus fort gouverne au détriment du plus faible, et que, l'éducation morale étant négligée, sinon complètement nulle, il en résulte un affaissement moral dans la masse en général, et plus particulièrement chez certains êtres humains, dans certains milieux immoraux et morbides. Il s'en suit que ces êtres font des révoltés, et la société, n'ayant rien fait pour les ramener vers le bien, récolte à son tour ce qu'elle a semé, c'est-à-dire le mal.
La société se contente de s'emparer de l'individu, lui reproche le mal qu'il lui a fait sans se douter que c'est elle qui est coupable, que, si elle use si facilement de ses droits, elle pourrait user, non moins facilement de ses devoirs et ramener vers le bien, vers les sentiments élevés de l'humanité civilisée, des frères égarés dont le seul reproche est de n'avoir pas reçu d'éducation morale. Le libre arbitre n'existant réel¬lement que par la connaissance du bien et du mal, l'individu aurait eu des chances de progresser plutôt du côté du bien que du côté du mal, mais ne connaissant pas le bien, n'ayant qu'une route à suivre, celle du mal, puisqu'on ne lui a enseigné que celle-là, il n'a pas hésité, et comme un voyageur égaré, parcourant une route inconnue, il a marché, sans cesse, s'enfonçant de plus en plus dans les ténèbres, jusqu'à ce que, rencontrant un obstacle, il vienne s'y briser en maudissant les hommes, ses frères, lui-même et jusqu'à son Créateur. Cet obstacle, c'est la loi inflexible qui punit celui qui y a contrevenu, c'est la loi des hommes, mais ce n'est pas la loi de l'Etre Suprême. Les hommes qui ont établi cette loi n'ont envisagé que le côté matériel, ils n'ont pas cherché s'il existait d'autres causes qui engendrent les mêmes effets ? Non, puisqu'ils ont toujours nié les forces invisibles. Pour eux, un homme qui fait le mal est un être nuisible qu'il faut supprimer de la société, sans se douter que c'est la société qui l'a poussé au mal.
Le libre arbitre n'existe qu'en tant que l'homme est sain de corps et d'esprit. Les hommes qui se sont désignés pour juger cet homme qui a fait le mal, ont-ils eux-mêmes leur libre arbitre ? Qui en répondra? Qui le prouvera ? Qui est-ce qui prouve que ces juges, s'ils s'étaient trouvés dans les mêmes conditions, n'auraient pas agi comme lui?
Le corps, étant matière, peut être visité et ausculté par les praticiens de la science médicale, mais, l'esprit, la conscience de l'homme, peut-on les ausculter, les peser, et encore seraient-ils bien sûrs de leur diagnostic, ceux qui chercheraient à analyser les forces invisibles enfouies dans les profondeurs de l'âme humaine ? Pour moi, ils risqueraient de se fourvoyer, car, sachez-le bien, nul être humain ne peut sonder la conscience de son semblable. Cette conscience n'est visible dans ses grandes profondeurs que pour le Créateur qui est omniscient, et, par conséquent, des hommes ne peuvent juger leur semblable avec connaissance de cause, parce que les causes qui ont engendré le mal, dont s'est rendu coupable cet homme, leur échappe. Ils ne les connaissent pas, puisqu'ils ne les ont pas étudiées, et que, les auraient-ils étudiées, ils ne les comprendraient peut-être pas.
Dans l'état actuel de la civilisation terrestre, les lois sont caduques et ne répondent pas aux besoins du Progrès et de l'Emancipation des êtres. La peine de mort devrait être abolie, car aucune créature quelle qu'elle soit, n'a le droit de supprimer l'existence d'un autre. Si Dieu a donné la vie à un être, c'est à lui seul à la lui retirer quand il le juge à propos, et celui qui tue son semblable est un criminel, aussi bien dans le sens individuel, que dans le sens collectif du mot.
Si un homme a commis un crime, est-il toujours responsable? A-t-on bien étudié quels sont les mobiles, les circonstances qui l'ont conduit à commettre son crime ?
Est-on bien sûr que cet homme possède son libre arbitre? N'a-t-il pas été influencé par des causes inconnues, indépendantes de sa volonté?
Pour éclairer, et surtout pour tranquilliser la conscience des juges, on leur dépêche de prétendus savants, qui, orgueilleux de leur savoir, et ayant entendu dire que la science était infaillible, et que, par conséquent, eux, possédant cette science, sont infaillibles aussi, font des expériences, basées sur les connaissances matérialistes, ne voient absolument que la matière, ne conçoivent pas, ne peuvent pas concevoir qu'il existe des forces invisibles, qui n'en sont que plus redoutables, parce qu'elles se dérobent à nos sens ; par conséquent ils affirment avec un aplomb imperturbable que tel effet matériel ayant été engendré par telle cause matérielle, l'accusé est reconnu coupable, sans circonstances atténuantes. C'est donc la peine de mort que le malheureux subira.
D'autres, reculant devant l'effrayante responsabilité morale, et leur conscience, leur faisant entrevoir toute l'horreur d'un pareil châtiment, reconnaissent à ce malheureux des circonstances atténuantes, et le condamnent aux travaux forcés.
Sont-ils bien sûrs, ces hommes qui ont condamné un de leurs semblables, que cet homme soit coupable; sont-ils bien sûrs qu'ils ne condamnent pas un innocent, comme cela se produit malheureusement beaucoup trop souvent ? Non, n'est-ce pas. Leur conscience est troublée, et malgré l'apparence de leur impassibilité, une réaction se produit en eux : c'est le doute, c'est le remords, c'est la voix de la conscience qui leur parle et qui leur dit : e As-tu ton libre arbitre pour condamner cet homme? es-tu bien sûr de n'avoir pas reçu l'influence de forces étrangères à la tienne? connais-tu toutes les forces invisibles? qui te prouve qu'il soit innocent? mais qui te prouve qu'il soit coupable? Il va expier peut-être pour un autre. S'il est innocent, c'est un effroyable supplice pour lui et sa famille. S'il est coupable, de quel droit t'ériges-tu en souverain maître de la vie de cet homme? N'y a-t-il donc pas d'autres moyens, de l'empêcher de nuire, et surtout de tâcher de lui inculquer dans sa conscience le repentir, le remords, et de l'amener progressivement sur la route du bien. Est-ce que cela ne serait pas préférable, plutôt que de le supprimer brutalement. »
Voilà la voix de la conscience d'un honnête homme, mais combien peu l'entendent, combien peu la comprennent, enchaînés par les préjugés de leur caste, ne connaissant de la loi que le côté matériel. Ils s'abritent derrière leur procédure et condamnent mécaniquement, mathématiquement, comme ils respirent et comme ils pensent.
La justice humaine actuelle est barbare. Heureusement que le Spiritualisme, quand il sera connu, l'améliorera, car elle ne répond plus aux besoins de la civilisation actuelle.


CHAPITRE XIII

La volonté.

La volonté! Combien peu d'hommes connaissent cette force redoutable, mais aussi, bienfaisante, suivant la raison pour laquelle elle est employée.
La volonté est la force des forces, la puissance des puissances. C'est elle qui veut, et parce qu'elle veut, elle peut:. Vouloir, c'est pouvoir. Cette force supérieure est le partage des hommes qui ont une âme bien trempée, et, comme dans tout ce que nous avons vu précédemment, cette force a des degrés différents et subit l'influence des milieux, toujours en vertu des mêmes lois immuables qui font, des êtres animés, des êtres conscients ou inconscients.
La volonté existe aussi bien chez les animaux que chez l'homme, et l'on voit journellement des hommes d'une volonté de fer échouer vis-à-vis de celle de certains animaux. Mais ici, c'est la volonté irraisonnée, l'entêtement; il ne faut pas confondre la volonté avec l'entêtement.
Un homme qui possède une forte volonté, raisonne sur ce qu'il va faire, il pèse les conséquences de ses actes. En connaissant les causes, il peut en déterminer les effets et réciproquement. Fort de lui-même, il impose sa volonté et fait agir un intermédiaire comme il désire, et malgré la résistance de cet intermédiaire.
L'entêtement n'est pas de la volonté. Un homme entêté prétendra que tels effets sont produits par telles ou telles causes. Il ne cherche pas à comprendre si la cause engendrant les effets est rationnelle et logique! Non, il voit superficiellement une raison à cette cause, s'y attache, fait corps avec elle et, à tort ou à raison, ne veut pas en démordre, cet homme sera peut-être difficile à mater, mais il ne possède pas de volonté, c'est de l'entêtement, c'est-à-dire une idée fixe enracinée par une cause imaginaire.
Nous allons étudier la physiologie psychique de la volonté.
La volonté est la force invisible la plus subtile et la plus puissante de la création; elle est maîtresse des facultés mentales de l'homme. C'est l'âme, la cheville ouvrière des forces intellectuelles de l'homme. C'est elle qui dirige et soutient toutes les autres facultés.
Sans la volonté, l'homme n'est plus qu'une épave désemparée, flottant au gré des passions. Les nations sont souvent gouvernées, et les hommes et les animaux maîtrisés par cette force redoutable.
Il ne faut pas confondre l'arrogance avec la volonté. Les hommes qui sont arrogants ne possèdent qu'une faible volonté ; ils se contentent de crier, de faire beaucoup de tapage dans les ordres qu'ils donnent. Ils n'ont aucune force de volonté pour influencer les autres et souvent se font moquer d'eux. La véritable force se reconnaît facilement. Les hommes qui la possèdent gouvernent et maîtrisent les autres hommes sans efforts apparents, rien que par le regard, la parole, le geste, la dignité du maintien, ils influenceront leurs sembla¬bles, rien que par leur présence. Ce n'est pas un sentiment de crainte, c'est un sentiment de respect inconscient. D'où proviennent ces effets surprenants? De la polarité fluidique des forces invisibles, qui, étant supérieures chez certains hommes, attirent et absorbent les effets fluidiques d'autres hommes. Le cerveau, ayant perçu les vibrations fluidiques de la volonté supérieure, change en action cette perception, et l'individu agit comme si c'était par sa volonté propre, mais cette volonté étant absorbée par une autre force supérieure à la sienne, il ne fait absolument que ce que l'autre individu veut bien qu'il fasse.
Ces effets sont toujours produits par la loi des vibrations, déterminée par la loi des nombres. Beaucoup de personnes s'imaginent faire ce qu'elles veulent, quand elles ne font que ce que d'autres veulent bien qu'elles fassent, et cela inconsciemment.
Allez le leur dire, vous serez tournés en ridicule et cependant cela est.
Personne ne veut admettre qu'une autre personne lui fasse faire ce qu'elle ne voudra pas, et cependant cela se voit tous les jours (je parle ici des personnes libres de leurs actes.)
La volonté n'a pas de limites. Elle est comme l'âme, dont elle est l'émanation la plus subtile. Elle peut atteindre au plus haut sommet des créatures humaines, et d'un humble être obscur en faire un être puissant. qui soumettra tous ses semblables à sa volonté. Vous en avez des exemples frappants dans l'histoire de tous les peuples. Napoléon, par sa volonté extraordinaire, a soumis à sa puissance les hommes les plus puissants du globe terrestre.
La volonté est une force incommensurable, qui isolée, ne peut faire grand chose, mais une fois connue, étudiée, appropriée aux circonstances par la masse des hommes, unifiée pour un but déterminé, produira des effets considérables, pourra aller au-devant des événements, même les conjurer, mais aussi il faut que cette volonté formidable, unifiée par les forces fluidiques de la puissance intellectuelle humaine, soit dirigée dans un but louable, à l'émancipation de la race humaine et à son évolution progressive vers les Per¬fections unifiées de toutes les humanités universelles.




CHAPITRE XIV

Conclusions.

Voilà résumées en peu de lignes les lois immuables de l'Être Suprême. Ces lois s'enchaînent les unes dans les autres, de façon à former une chaîne sans fin, un cycle mobile où l'on ne peut trouver, ni commencement, ni fin.
Ce cycle est l'Univers entier, et chaque chaînon de ce cycle représente une Unité solidaire du système. Nous sommes partis d'un point conventionnel : le principe de vie. En fait, ce principe ne commence nulle part et se trouve partout. Quel que soit le point de départ initial où l'on se trouve, on est forcément amené au contact de la source vitale de la vie, puisque c'est un cycle. Tous les points, où les chaînons qui forment ce cycle, convergent vers un centre unique, et reviennent de ce centre unique vers la circonférence de ce cycle : c'est le mouvement perpétuel déterminé par la loi d'attraction universelle et les différentes lois secondaires, inhérentes au système universel.
Ce centre unique, nous l'avons démontré, c'est l'Être Suprême, ou fluide vital universel, qui est la source du principe de vie, d'où découlent et où viennent converger toutes les forces de la nature. Nous avons passé en revue les transformations du fluide vital, ses rapports avec la matière, la création de la matière et ses principales évolutions autour d'un centre unique.