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FLAMEL Le Livre des Laveures



LE LIVRE DES LAVEURES

NICOLAS FLAMEL


Ci commence la vraie pratique de la noble Science d'Alchimie. Le Désir désiré, et le prix que nul ne peut priser de tous les Philosophes composé, et des livres des anciens pris et tiré, ci en somme avons abrégé, afin qu'à toi, cher ami, appère être très certain l'argument de vérité de la plus excellente partie de la Philosophie, laquelle somme nous appelons la pratique d'Alchimie pour ce que des livres des Philosophes comme les rosés des épines je l'ai tirée et arrachée, car la chose qui est contraire à raison nuit à vérité. Pour ce les hommes de vérité avec toutes choses à elle appartenant, en icelle, par clair sermon et par droit ordre, et de mot à mot avec toutes les causes suffisantes avons baillé, avec toutes les choses qui en leurs livres ont (été) trouvées être nécessaires à l'ou­vrage accomplir, sans rien mettre de superfluité, ni rien celer apparte­nant à tout ledit ouvrage, pour laquelle chose je prie à Notre Seigneur Jésus-Christ que par sa grâce vous veuille donner l'esprit d'entendement. Et pour ce que ce livre est nommé vraie pratique d'Alchimie. Premièrement je mettrai la définition d'Alchimie.

La définition d'alchimie

Alchimie est une partie scellée de Philosophie naturelle la plus néces­saire de laquelle est constitué un art, lequel est non pareil à tous autres, lequel art enseigne de muer toutes pierres précieuses non parfaites à vraie perfection, et tous corps humains malades à moult noble santé, et à transmuer tous les corps des métaux en vrai soleil et en vraie lune par un corps médicinal universel auquel toutes les particularités de médecine sont réduites, lequel est accompli et fait manuellement par un secret régime révélé aux enfants de vérité par un moyen de chaleur tel comme Nature désire. Cher ami, c'est une science qui est nommée fleur réelle ou fleur de sapience, par laquelle est rectifié l'entendement humain par force d'expérience au regard de l'œil et de rurale connaissance, com­me il soit ainsi que telle expérience ne peut souffrir nulles probations fantastiques, mais donne voie pour entrer vivement en toute autre science en montrant à l'entendement comme on peut entrer aux vertus divines qui moult sont à celer, et ainsi par Nature entendons ce qui est de vérité, dont plusieurs fols croient que ce ne soit rien. Mais nous l'avons vue si c'est vérité ou non, et pour ce sera secret à homme qui l'a connue, pour ce que par telle science est jeté hors l'entendement de superfluité qui est contraire à toute vérité. Et comme il soit ainsi qu'en forte louange resplendit amitié, et en loyautés connues fleurit toute révé­rence, et aux constants véritables est trouvée loyauté en fruit qui est perdurable, et pour ce comme j'ai trouvé amitié et vérité en vous, je, comme familier ne vous refuserai d'écrire, en enseigne de singulier amour, le secret révélé aux Enfants de vérité apercevant la très agréable fiance que vous avez à moi. Ainsi comme évidemment je l'ai aperçue, et en infaillible expérience réellement connue. Et pour ce comme vérité soit en la personne qui expériment désir, avoir en Nature, et d'icelle soit donnée et non d'autre le puisse être. Ainsi comme il est écrit es auto­rités des Grecs qui disent garde vérité et tu auras louange en Dieu et expériment en Nature. Sinon non. Laquelle autorité il faut exercer en notre latin si nous voulons avoir vertu et expériment : et pour ce à vous comme ce fils de vérité s'approche le don de grâce qui est vérité pure sur le fondement de nature, et pour ce que es choses dessus dites, j'ai connu votre noble cœur hautement élevé en vrai entendement. Témoin l'exemple que j'ai aperçu de la vérité de votre personne, et pour ce ne reste autre chose, si ce n'est tant seulement à déclarer la voie droiturière que vous devez avoir pour obtenir la vraie et pure intention de notre maîtrise en propre ouvrage pour aconsuivir expérience fructueuse qui est secret de nature, trésor incomparable et clef, et terminaison de tout cours de physique. Ce livre sera divisé en deux principales parties. C'est à savoir en théorique et en pratique.

De la Théorique

Pour lequel trésor acquérir, vous, cher ami, devez en vous avoir» comme homme d'entendement réel, deux principales intentions si vous voulez en vous obtenir l'ouvrage philosophai qui est sur tout le cours de nature. La première intention ci est que vous devez acquérir engin naturel par lequel le mercure naturellement se puisse endurcir. La se­conde intention ci est de savoir et connaître la raison et l'effet par lequel s'endurcit et se congèle en succession intellectuelle selon la nature de l'altération successive qui se fait en la matière de nature, et afin que vous entendiez ces deux intentions. Je vous réponds à la seconde disent les vrais Philosophes que nul temps l'argent vif ne peut rien muer, si premièrement n'est mué à part et transformé d'une nature en l'autre, et ainsi comme il est transmué, tout ainsi après il transmue. Car quand il est dissous, après il dissout, et quand il est endurci et congelé, après il endurcit et congèle. Par quoi il appert que la raison pourquoi nous l'endurcissons et congelons est afin que après il puisse endurcir et con­geler et épaissir tout autre argent vif, non pas seulement en masse de métal, mais en médecine parfaite, étant en forme de poudre élixirique très pesante. Cher ami, entendez, car nulle chose ne se peut faire sans connaître de cause, et je vous ai jà dit que connaissance de la cause est que le mercure n'est transmué ni congelé si ce n'est par intention de transmuer et congeler, car par icelui transmué nous transmuons en l'espace d'une heure, et sans icelui transmué nous ne pourrions rien transmuer car transmutation ne se fait si ce n'est selon raison et force de Nature, et pour ce, quand la nature du mercure est une fois transmuée, elle transmue tout autre mercure en semblable nature, pour laquelle chose il appert, en retournant à la première intention, comme vous devez acquérir en vous engin naturel par lequel premièrement vous puissiez ledit mercure épaissir, endurcir et congeler par connaissance de cause à gagner un tel engin pour congeler ledit mercure. J'ai tout le cours de philosophie réelle discouru par maints travaux et contemplations pour le grand et fort amour de quoi j'étais surmonté, jusqu'à temps que je visse en icelle le droit ordre de Nature et le supplément qu'elle lui sait donner, car elle fort et clairement m'a réellement montré les causes par lesquelles l'argent vif tout par lui ne se peut transmuer par art, ainsi comme Nature le transmue en ses propres minières, et pour ce j'ai connu la cause de la vérité par laquelle les Philosophes ont dit que l'art ne peut ensuivre Nature, mais bien la ressemble en toutes les choses qui ressembler la peut, et si je vous disais toutes les causes, trop serait long. Mais en conclusion d'une des principales causes et réelles est pour ce car l'argent vif actuellement ne contient mie en lui tous les droits quatre éléments composés. Car notre pierre toute complète se fait de tous les 4 éléments actuellement composés, car les simples en l'art trop petit profitent pour ce que trop ont simples et longues actions de digestions, lesquelles l'art ne pourrait attendre par leur trop grande demeure ni information de chaleur par dehors, on ne leur pourrait donner par art qui fût bonne à l'exigence de leur simplicité. Et pour ce voyant Philosophie que en ce point l'art ne peut ressembler à Nature. Pour ce, car l'argent vif qui est la matière en laquelle Nature fait ses actions dedans les minières des métaux ne contient mie en lui les quatre éléments sinon trop simplement, et pour ce elle nous commande que icelui nous ne pre­nions en l'art, sinon pour un élément tant seulement, c'est à savoir pour l'élément de l'eau. Maintenant entendez bien, eau non naturée. Nous autres, qui sommes informés en raisons établies de Philosophie naturelle, savons qu'à l'art, premièrement sont nécessaires quatre principaux élé­ments naturellement composés. C'est à savoir terre fixe et feu fixe, et eau, et air naturels non fixes. Et est métier que cette terre et cet feu soient de la propre substance de l'argent vif. Car en autre manière jamais ne s'ajouteraient à eux s'ils n'étaient de sa nature et de sa matière.
Par laquelle chose il appert que comme cette terre et ce feu soient fixes et soient ou doivent être de la substance de mercure, en conclusion ferme devez tenir que telle terre et tel feu ne sont autre chose, sinon substance d'argent vif fixe, non pas que par art ait été fixé ni dépuré, mais ça a été par l'engin de l'œuvre de Nature, en fin or et en fin argent en sa propre minière en l'espace de mille ans. Lequel engin jamais l'art ne peut atteindre, et pour ce, Philosophie pieuse nous a donné à enten­dre qu'en supplément nous prenions le soleil pour père et la lune pour mère, car ils sont corps fixes luisants et teignants, et feu de nature digé­rant le susdit mercure, et icelui congelant et endurcissant après l'artifice de leur subtiliation. De ces deux corps, cher ami, nous tirons à l'aide du dessus dit mercure non fixe trois éléments, c'est à savoir, terre fixe, feu fixe et air non fixe, qui porte en lui la forme mercurieuse, et est appelé mercure animé de couleur naturelle, trait du plus profond des dessus dits corps fixes. Ainsi nous obtenons les quatre éléments. Or entendez en quelle manière ils prennent ensemble leurs mutations, par un exemple que je vous donnerai afin que mieux soyez avisé en fait de la chère pratique. Car nul temps fut Philosophe qui mieux la donnât à enfant qu'il eût comme je vous la donnerai. Je vous dis donc que l'eau ainsi comme nature froide et moite se mêle avec les végétaux et icelle reçoit autre mixtion et proportion. Et c'est par raison des choses qui se mêlent en icelle, par lesquelles choses ainsi mêlée elle reçoit en chacune décoction qualité de la chose mêlée. Car tout le procès de cet art ne ventille, si ce n'est en certaines proportions et compositions et transmuta­tions de qualité en autre tout ensemble, lesquelles compositions sont faites par mixtion de nature en enseigne de droit ordre d'icelle au regard de la forme spécifique de chacune proportion et composition, en enforçant l'instrument de Nature. Tout ainsi l'argent vif se vêt d'autre nature et d'autres qualités en prenant la nature des corps avec lesquels il se cuit. Car s'il se cuit avec or, nature d'or prendra et en nature d'or se retour­nera et congèlera. Pour laquelle chose répond Philosophie, et dit que nulle humidité plus promptement ne se convertit en or ou en argent que icelle en laquelle les qualités d'or ou d'argent sont par dissolution suffisemment introduites. Si comme est l'argent vif qui a été cuit en iceux et après tiré du plus profond de leur ventre, et si en Vénus ou en Jupiter le cuisez, semblablement prendra-t-il les qualités d'iceux, et par consé­quent en la nature d'iceux se retournera et se congèlera. Et ainsi de toutes autres espèces métallines, car les choses ne se font sinon selon leur nature, et il n'est rien qui soit (plus) forte chose que Nature. Donc comme Nature ne se peut fourvoyer de sa nature, si nous voulons faire or ou argent par Nature, il convient cuire les leurs espèces avec ledit mercure et mêler et dissoudre. Car ledit mercure est leur propre eau minérale, ainsi comme appert par sa forme métallique. Et en icelui mer­cure recevront lesdits corps mutations et conversions d'une nature en autre en telle manière qu'après ladite eau tirée du corps, toute leur nature en forme de mercure ainsi comme j'ai dit par l'exemple des choses végétales cuites en simple eau. Et ainsi comme la nature des corps est altérée en la devant dite eau de mercure, par conséquent leur couleur s'altère. Et dedans se muchera et s'amalgamera sous espèce de mercure, et pour ce l'on ne la peut voir jusques à la fin de son congèlement. Et je vous ai jà manifestement exemplifié pour avoir réel entendement com­me l'eau simple des fleuves est la première matière et nourrissement des végétaux, si elle est de toutes les choses animées et sensitives. Et pour ce, si aucunes choses d'icelles se cuit en elle, tantôt prendra la vertu et propriété de sa nature, et pour ce comme l'eau en son commencement soit souverainement froide en nature. Toutefois pour raison des choses chaudes qui sont cuites en icelle, tantôt œuvrera et manifestera effet de chaleur au tiers degré. Item, il n'est chose qui en substance de chair soit plutôt convertie que icelle eau en laquelle la chair est parfaitement cuite, ou soient prises choses cuites en icelle, ou l'eau par elle simplement après sa décoction soit prise et bue à la mesure et proportion de nature. Car adonc ne nuit point, mais profite mieux et aide, laquelle chose ne faisait pas l'eau crue et froide étant en sa première simplicité, mais était bien nuisible par raison de sa froideur crue qui est qualité mortificative.
Et pour ce l'eau de la chair après sa décoction n'est pas telle comme elle était devant, mais est son essence du tout convertible en nature de chair. Et par ce elle se prend pour viande et non pas pour médecine, car sans moyen elle est réductible en essence humaine. Tout ainsi par semblable manière et réelle, l'argent vif est la première matière de tous les métaux. Car ainsi comme l'eau commune des fleuves pour raison de simple homogénéité première et essentielle et commune qu'elle a en tous les végétaux et en tous les animaux reçoit la vertu de toutes les choses qui se cuisent en icelle. Tout ainsi le mercure reçoit et attire la vertu et la nature des corps des susdits qui en lui se joignent et se mêlent en leur décoction, et en l'essence d'eux après il se retourne. Et pour ce comme en son commencement le mercure soit tiré froid, il peut être fait chaud en bref temps et semblablement peut être fait attrempé avec les attrempés, mais c'est par un très subtil art et ingénieux. Et pour ce en l'ouvrage de Philosophie, nous ajoutons le mercure cru qui est esprit mercuriel cru ainsi comme eau portant l'enseigne d'espèce de métal avec les corps puis digérés, fixés, cuits et attrempés par l'engin de nature. C'est à savoir en or et en argent afin que par certaines décoctions se dissolvent en icelui, lesquelles manières je vous montrerai par pratique. Car comme d'homme ne se puisse engendrer que homme, ni or sans or, reste que selon le droit de Nature il n'y a rien à contraindre pour faire génération sinon les deux spermes qui sont principes de nature. Et toute­fois ces deux spermes nous n'avons pas actuellement. Si premier ne les tirons du soleil et de la lune par dissolution de leur corps et subtiliation. Ainsi comme ni de l'homme ni de la femme ne se peuvent ajouter leurs spermes en coït si premier ne sont tirés des rognons par délectation dissolutive faite par l'amour de nature libidineuse. Et ainsi comme il suffit à l'homme et à la femme leurs spermes, ainsi suffit-il à l'or et à l'argent leurs spermes par spécial quand les vraies semences sont épandues et mêlées en la chambre de la matrice en gardant manière ainsi comme requiert la différence du lignage de génération. Car en ladite matrice qui est le propre vaisseau de Nature auquel elle fait son transmuement, est faite la conjonction et la solution de l'un et de l'autre union, action, passion par force de chaleur de nature qui est ainsi comme chaleur de femme naturelle. Et ainsi nous procédons es arts de Philo­sophie si nous voulons que l'ouvrage demeure sans erreur, en telle manière que le corps féminin soit naturellement dissous en l'eau du dessus-dit mercure, laquelle se tienne actuellement dissoute à sa part. Et le mâle semblablement, en gardant la proportion. Si comme il appert es indagations et es secrets de Nature.
Cette théorique, cher ami, je vous donne, afin que vous ayez meilleure connaissance des choses qui se transmuent par la vertu de la pra­tique qui s'ensuit. Car tout temps se dit que tout homme est réputé pour bête qui ne sait rendre cause réelle de ce que réellement fait ou veut faire, et pour ce ayez ladite théorique recommandée en votre entende­ment, car nul temps fut Philosophe qui la bailla ainsi comme je vous fais.

La Pratique

Ci ensuit la pratique. Cher ami vous prendrez au nom de Dieu deux livres d'eau commune, et icelle distillerez par un cuir bien délié. Puis après prendrez une once de lune très fine affinée par cendres, et icelle mettrez dans une fiole en menues pièces tranchées à la grandeur ou lar­geur de votre ongle. Et après mettrez dedans toute votre eau, et mettrez tout cuire au bain par deux ou par trois jours naturels. Et c'est la pre­mière disposition de l’œuvre.
La seconde disposition est telle. Vous prendrez au nom de Dieu votre matière et la mettrez refroidir à part. Puis après vous verserez tout dans un plat de verre ou de terre plombée, et recueillerez avec une plume tout ce que trouverez de terre morte au-dessus, et icelle mettrez à part bien gardée. Après vous aurez un couloir de toile moyenne c'est à savoir une qui ne soit ni trop grosse ni trop déliée, et coulerez par icelui votre matière en un autre plat de verre bien large, et l'épreindrez bien jusqu'à ce que tout ce qui pourra passer de l'eau soit passé par ledit couloir. Puis après vous aurez un mortier de pierre et en icelui mettrez le corps qui est demeuré dans le couloir, et icelui vous broierez avec un pilon de bois en manière de sauce. Et quand vous verrez qu'il sera comme mol, vous passerez ce qui pourra passer par le couloir, puis le remettrez au mortier et l'abreuverez un peu avec l'eau qui soit pre­mièrement passée par le délié cuir que dessus vous ai dit, et l'abreuverez en manière de rosée, puis le broierez bien fort et l'abreuverez autre fois de plus en plus, ainsi comme si vous vouliez faire sauce, jusques à tant qu'il soit en manière d'eau. Toute cette sauce soit passée par le tiers couloir, puis la mettez en ladite fiole avec toute son eau, et étoupez bien votre fiole de bonne cire confite et la remettez cuire en bain par trois jours.
La tierce disposition est telle, c'est à savoir que tout en tout vous fassiez ainsi comme vous avez fait pour la deuxième disposition. En cueil­lant premièrement la terre morte, et icelle mettrez à part avec l'autre que dessus avez cueillie. Puis après en passant votre matière par le cou­loir moyen, et après en broyant le corps qui est argent vif fixe, et en abreuvant et mettant cuire, tout ainsi comme il est dit dessus par trois jours. Sachez, cher ami, que par telles décoctions, imbibitions et broyures, le corps qui est argent vif fixe moult fort et assubtilise dedans le ventre de mercure non fixe en telle manière que toute sa viscosité fixe se dissout dedans le mercure non fixe et se rend non fixe. Et est cette viscosité eau de corps en forme de couleur céleste, ainsi comme je vous montrerai quand vous œuvrerez. Et est appelée cette eau, feu et soufre, car elle arde et brûle tout corps ainsi comme expérience vous montrera, et dissout et congèle en humide radical, et quand le corps est privé de telle humidité, il demeure en poudre subtile discontinue, ainsi comme apperra après sa calcination. Donc comme telles dissolutions d'eau et subtiliation de corps soient faites par le bénéfice des dessus dites dispositions, ne veuillez être paresseux de recommencer et continuer icelles jusqu’à tant que votre matière soit venue au signe que je vous donnerai qui est tel. Vous pren­drez un petit de corps après son expression, et icelui petit mettrez sur une lame de cuivre ou de fer sur feu de charbon. Et si vous voyez que le corps se tourne noir, c'est signe de sa nature qu'il n'est pas assez cuit. Recommencez encore les devant-dites dispositions sur ledit corps jusqu’à tant que vous le voyiez en forme de terre blanche pâle sans forme métalline et sans noirceur. Adonc est le corps radical bien lavé par la première laveure.

LA SECONDE LAVEURE

Or s'ensuit la seconde laveure, en plus grande dissolution et subtiliation dudit corps radical qui est mercure fixe et lunaire. Car sachez que telles subtiliations nous ne faisons, sinon afin que le mercure fixe subtilié et sec puisse retenir et congeler le mercure non fixe qui est du tout simple et subtil. Car gros corps en simple, ni simple en gros jamais bien ne s'ajoutent selon, c'est à savoir si le fixe n'est fait simple comme l'autre. Et ceci se fait par diverses dispositions et prépa­rations ainsi comme vous verrez par expérience et degré de chaleur.
La première disposition de la seconde laveure, solution et subtiliation est telle. C'est à savoir que quand vous aurez essayé du petit que le corps se tourne en terre blanche, vous prendrez tout le corps et le mettrez en un vaisseau appelé condamphore fait de deux pièces l'une semblable à l'autre, duquel la forme je vous montrerai. En icelui vaisseau vous mettrez votre corps après son expression sans point d'eau. Après l'étouperez avec bonne cire confite qui est appelée, es secrets de cette Philosophie, but philosophai. Puis après metterez-le cuire dedans le bain par deux jours naturels. Cette décoction-ci est une manière de dessiccation par laquelle à l'aide de ses réitérations le corps du tout se retourne en manière de poudre moult subtile. Et partant est faite la première disposition de la seconde laveure.
La seconde disposition est que vous preniez votre vaisseau avec toute la matière et le mettez refroidir, et quand il sera froid, ouvrez-le. Et l'humidité que vous trouverez sublimée encontre le couvercle du condamphore, vous cueillerez avec une plume nette, et icelle mettrez à part. Après vous prendrez le corps sec que vous trouverez au fond, et le mettrez en mortier. C'est un corps qui volontiers se rompt. Broyez-le fort jusqu’à tant que vous verrez qu'il se retournera tout humide. Adonc le remettrez audit condamphore en bain par deux jours naturels. Et ainsi est faite la seconde disposition de la seconde laveure.
La tierce disposition est ni plus ni moins que la seconde. Faites-la donc tout ainsi comme il est dit en cueillant l'humidité que vous trouverez sublimée amont, et la mettez avec l'autre en broyant le corps jusqu’à tant qu'il soit fait poudre qui est un peu humide. Par telles décoctions trouverez que le corps perd de son humidité en chacune décoction et se dessèche à lent feu. Remettez-le donc cuire et dessécher jusqu’à tant qu'il soit fait poudre subtile en couleur de cendres. C'est la tierce disposition de la seconde laveure.
La quatrième disposition est faite ni plus ni moins et ainsi comme les autres jà dites. Par telle disposition trouverez que le corps sera en plus sèche poudre. Ainsi, cher ami, est achevée la quarte disposition.
Or s'ensuit la cinquième disposition qui est fait par autre infor­mation de chaleur sèche. Vous prendrez ladite poudre et icelle mettrez audit condamphore. Et après la mettrez sur cendres et lui donnerez feu lent simplement compost, lequel je vous montrerai en votre pratique quand vous œuvrerez. Car les degrés du feu par vertu de leur mesure qui œuvre à l'exigence de la nature font toute la besogne. En tel feu la laisserez par un jour naturel. Et c'est la cinquième disposition.
La sixième disposition est que vous laissiez refroidir votre vaisseau sans l'ôter du fourneau, et quand il sera froid vous prendrez votre poudre et la broierez au mortier. Mais que premier ayez cueilli toute l'humidité qui sera sublimée et mise à part tout par elle, car elle a autre vertu et autre pouvoir. Gardez-la bien étoupée dedans une fiole de verre, puis remettez la poudre dans le condamphore et le remettez sur cendre, et y faites un tel feu, comme dessus vous ai dit, qui est feu du premier degré. Et tel feu se doit continuer par cinq ou six heures, et après tout continuellement en icelui même degré composerez le feu de charbon jusqu’à tant qu'il soit feu de degré et demi. En tel feu sera votre matière par l'espace de seize heures. C'est la sixième disposition.
La septième disposition-ci est ni plus ni moins telle comme la sixième disposition jà dite, sinon que le feu est élevé jusqu’au second degré parfait. Mettez donc votre matière au degré de cette chaleur par un jour naturel et telle est la septième disposition.
La huitième disposition est semblablement comme les autres jà dites, sinon qu'en cette disposition la chaleur du feu est levée jusqu’au second degré et demi, dont le demi-degré est continué de flammes par un jour naturel ou par plus jusqu’ à tant que ladite poudre ne pourra plus rien sublimer.

DE LA TIERCE LAVEURE

Or s'ensuit la tierce laveure qui est faite par réversion de réduction en large dissolution pour aconsuivir plus grande subtiliation et solution dudit humide radical auquel se doit congeler et endurcir votre vif argent. Vous prendrez au nom du souverain créateur votre corps calciné et le mettrez en votre mortier et l'abreuverez de la première eau en manière de rosée faite par le délié cuir en abreuvant et broyant jusqu’à tant que tout soit bien incorporé. Puis après derechef l'abreu­verez et puis broierez fort jusqu’à tant que l'eau et le corps soient faits tout un. Et puis après l'abreuverez par plus grande imbibition. Toutefois que ce soit attrempement, et puis le broierez fort. Et ainsi l'abreuverez et broierez jusqu’à tant qu'il soit fait comme sauce claire, laquelle sauce vous prendrez, et tout ce que pourra passer d'icelle par expression vous passerez par le couloir moyen dedans un ,plat de verre. Et ce qui ne pourra passer vous retournerez à broyer en l'incorporant avec le mercure par imbibition en manière de rosée ainsi comme vous avez jà fait, en mouillant et en abreuvant jusqu’à tant qu'il soit comme sauce claire, c'est à savoir entre épaisse et claire. Puis après tout ce qui pourra passer par ledit couloir moyen vous passerez, et mettrez tout ce qui passera en l'autre plat que dessus avez passé. Et ce qui demeurera qui ne pourra passer, retournez à broyer, et abreuver et à incorporer comme vous avez fait. Et ainsi recommencerez jusqu’à tant que tout le corps sera passé par ledit couloir moyen. Et ceci se fait assez légèrement et tôt si bien entendez ladite disposition. C'est à savoir dedans deux heures ou un peu plus. Puis mêlez toute votre première eau simple avec tout ce qui est passé, et enfin que l'eau simple se continue en l'eau épaisse, passez tout par le gros couloir deux fois ou trois. Et puis mettez tout en une cucurbite de verre bien épaisse et qui soit tout d'une pièce avec son alambic, et que au-dessus de l'alambic y ait un trou bien large auquel entre un col de verre serré au-dessus de lui-même, lequel nous appelons respiral pour ce que en icelui se refroidissent les esprits aériens légers et fugitifs qui sont de grande attrempance. Ledit vaisseau je vous démontrerai en lieu et en temps. Ce-dit vaisseau avec toute la matière dessus-dite vous mettrez tantôt en bain-marié, et ayez en telle manière disposé par saine provision le feu que l'eau soit fervente quand vous mettrez le vaisseau dedans. C'est à savoir prête de bouillir, car le plus tôt que vous pourrez il est besoin que le fassiez bouillir, devant que le corps se discontinue de l'eau métalline en laquelle il a été continué. Faites donc tantôt feu afin que le bain bouille. Et tantôt comme il commencera à bouillir laissez le feu en ce propos, car toujours après il bouillira, mais que vous saurez une fois le degré du feu. En telle décoction bien continuée sera votre matière par huit jours naturels. Icelle est la première disposition de la tierce laveure, solution et subtiliation.
La seconde disposition de la tierce laveure est que vous prendrez votre vaisseau, le laisserez refroidir, puis après prendrez une plume de poule ou d'oie qui soit disposée à ce faire. Et par le trou de l'alambic par lequel entre le respiral vous ferez couler tout ce qui sera sublimé en la gouttière du nez de l'alambic par manière subtile. Et que vous ne perdiez rien, ni ne mêliez rien de ce du dessus avec ce de dessous, car tout ce qui est sublimé, il est métier que vous le cueilliez et mettiez à part avec ce qui sera sublimé de l'eau simple première pendant le temps des assessations, car c'est eau pour réduire et laver la terre. Et quand vous aurez ceci cueilli, enclinez votre vaisseau et faites choir toute votre matière par le trou en un plat de verre en telle manière que rien d'icelle ne se happe contre le vaisseau en frottant bien icelui. Ce métier est d'une plume longue et forte et bien nette, et ce qui sera sublimé en réfrigératoire, mettez-le semblablement avec l'eau sublimée que dessus aurez cueillie et mise à part pour réduire bien étoupée. Puis après vous prendrez votre matière, et icelle coulerez par le feutre moyen en l'épreignant, et vous trouverez votre corps endurci et habile. Pour mieux subtilier mettez-le dans le mortier et le broyez fort sans imbibition, jusqu’à tant que vous verrez qu'il se manifeste bien humide. Adonc ce qui pourra passer d'icelui par le couloir moyen en épreignant, faites passer à part. Et ce qui ne pourra passer derechef le broyez. Et de tout en tout faites ne plus ne moins comme j'ai dit en la disposition précédente de la présente laveure. Et broyant et en abreuvant et en passant tout par le feutre moyen et non pas par le gros.
Puis mettez tout en vaisseau de verre bien sagement, et après mettez dessus votre respiral et le luttez. Et tantôt le mettez cuire par la manière que j'ai dite ci-dessus. Telle est la seconde disposition du traité de la matière selon l'ordre de la tierce laveure faite par art pour avoir matière subtile au regard des principes de Nature. Et pour ce nous faisons de la chose grosse subtile et simple, afin qu'ils puissent promptement obéir aux actes qui sont principes de Nature quand viendront à génération. Et que les qualités sans moyens s'entrecuisent qui ont à faire ouvrages et souffrir par mixtion et composition naturelle.
La tierce disposition de la matière de la tierce laveure, si se fait de tout en tout ainsi comme est la seconde jà dite, faites-la donc car ce n'est que recommencer la disposition.
La quarte disposition semblablement est telle comme est la seconde et la tierce jà dites.
La quinte est faite en telle manière comme les précédentes ni plus ni moins. Faites-la donc en recommençant, et ne vous ennuyez car toute vertu est d'avoir patience en cet ouvrage bien continué par pratique droiturière. Et pour ce vous endoctrine le Philosophe par ces vertus qui dit : Si advenu t'était que par étudier de plusieurs choses, connaissance avoir, tu dois pratique retenir, et en œuvrant toujours à droit chemin tenir. Vertus tu dois prêter, à ton ouvrage patience donner car la plus grande sans défaillance entre les vertus est patience. La première erreur en cet ouvrage est de trop se hâter et pour ce longue demeure est élevée en cette maîtrise avec noble patience sans laquelle nul homme ne s'y doit mettre, car les corps en leur commencement sont de forte composition et pour ce ils ont métier de longue préparation par contraire opération. C'est à savoir que premier se calcinent philosophiquement, et puis se dissolvent ainsi comme nature requiert et non pas vulgairement. Et en telle manière se corrompent les deux corps lumineux en sublimation d'hu­mide radical, qui est eau permanente pour fixer tout ce qui n'est pas fixe. C'est à savoir par rétrogradation élémentaire jusqu’à tant qu'ils soient retournés en leur première nature. C'est à savoir en soufre et argent vif par contraires œuvres qui sont solution et congélation, non pas vulgales mais philosophales et naturelles. Donc vous pouvez en­tendre qu'il n'y a rien de secret en cet ouvrage, sinon la manière d’œuvrer, laquelle œuvre n'est autre chose sinon de disposer la matière en propre chaleur avec peu de différence graduée au regard de Nature. Ainsi que pourrez sentir par la pratique que je vous donne, les tein­tures s'ardent par trop grand feu et par trop fort mouvement pour laquelle chose garder vous ne devez leur donner autres chaleurs sinon icelle que je vous déclare. En autre manière rien ne feriez. Volon­tiers vous donnerais les raisons, mais trop serait long. Entendez seule­ment à la pratique ainsi comme je vous dis sans passer son terme, jusqu’à tant que l'ayez accomplie par ses journées ordonnées. Et ainsi Nature ne pourra traspasser ses propres mouvements. Si par aide d'art et d'entendement la matière est bien disposée par dehors. Nature a donc merveilleusement œuvre par-dedans. Continuez donc bien ces dispositions que je vous donne au regard de Nature jusqu’à tant que tous ses mouvements soient parfaits. Car il est métier que conti-nuement vous disposiez sa matière par ses journées jusqu’à tant qu'elle ait accompli tous ses mouvements. Et adonc se reposera-t-elle en forme d'élixir parfait. Vous pouvez avoir trois bonnes patiences en tant que vous verrez que votre matière toujours se changera mainte­nant en odeur, maintenant en couleur, maintenant en mollesse, main­tenant en dureté, maintenant en l'un, maintenant en l'autre, desquelles choses vous pouvez entendre les raisons philosophales. Notable. Vous devez noter que ni plus ni moins que vous avez œuvré et pratiqué à la lune, vous pouvez œuvrer et pratiquer au soleil en prenant pour lune soleil. Et telle eau et autant comme vous avez mise à la lune, mettez au soleil et (en) tel vaisseau et en tel mortier et en tel feutre pour couloir, et toutes les dispositions, et toutes les laveures. Et tels feux comme je vous ai dit ci-dessus comme au blanc vous ferez au rouge, car vous pouvez œuvrer ou de l'un ou de l'autre ou de tous deux, mais vous devez savoir que la souveraine pierre des Philosophes est faite des deux corps luminaires chacun par soi et en même fourneau, et en tels vaisseaux, et par telle pratique comme j'ai dit ci-dessus et comme vous verrez en la pratique.

DE LA QUARTE LAVEURE

Or s'ensuit la quarte laveure et se rend régime par différence. La première disposition sur la quarte laveure est telle. Vous prendrez le vaisseau avec toute la matière et le mettrez refroidir, et ce qui sera sublimé faites couler avec une plume par la gouttière du nez de l'alambic ainsi comme dessus avez fait es dessus-dites dispositions et le mettez avec l'autre sublimé qui est son pareil. Puis après versez toute la matière qui est au vaisseau dedans un plat de verre et la coulez par le feutre moyen par forte expression et ce qui demeurera à passer broyez-le fort au mortier de pierre et passez faisant ainsi comme il est dit en la première et seconde disposition de la première laveure, c'est à savoir jusqu'à ce point que tout le corps soit passé par le feutre moyen et non plus. Puis après prenez toute la matière coulée et la recoulez autre fois par le délié cuir par suave expression, et le corps que vous trouverez dedans le cuir, mettez-le dedans le condamphore sans point d'eau, et faites après tout ainsi comme il est dit en la première disposition de la seconde laveure ni plus ni moins.
La seconde disposition sur ladite quarte laveure est ni plus ni moins et telle comme est la seconde disposition de la seconde laveure. Faites-la donc tout ainsi, car autre chose n'y a que faire.
La tierce disposition semblablement se fait ainsi comme la tierce de la seconde laveure.
Et la quarte ainsi comme la quarte.
Telles dispositions ne sont que réitérations de décoctions jusqu’à tant que la poudre corporelle ne puisse rien sublimer par le degré de l'action de la chaleur du bain, et tel est le terme de cette décoction. Attendez donc le terme puisque vous le savez jusqu’à tant que vous y soyez venu, ne vous ennuyez de disposer la matière en recom­mençant et en cuisant jusqu’à tant que vous voyiez que la matière soit venue audit terme. Ne lui ajoutez plus grande action de chaleur, ni ne veuillez venir au terme devant le temps requis à Nature, car l'information par dehors lui serait trop dommageuse et serait de mau­vais entendement contraire à celui de Nature. Et pour ce Nature ne pourrait ce qui lui manque de son entendement si l'information par dehors ne lui était propre au mouvement de son entendement. Car ainsi comme dit le Philosophe, l'ouvrage de Nature n'est autre chose qu'ouvrage d'entendement. Par quoi il appert que l'entendement de bon maître est équipollent à l'entendement de Nature comme il aide à informer la chaleur par dehors au vouloir de l'entendement de Nature œuvrant, et toute sa matière. Et pour ce dit un des Philo­sophes modernes que tel maître d'entendement naturel est ainsi comme compagnon de Nature, car comme par son réel entendement il connaît naturellement que Nature a son certain temps par droite mesure qu'il faut conserver et garder au regard des enseignements qu'elle lui démon­tre, lesquels ledit maître notablement connaît tant en son empreignement et enfantement comme en son nourrissement. Et ainsi Nature ne peut passer ses propres mouvements, mais accomplit tous ses moyens gradués pour venir à l'entendement de sa perfection. Comme donc vous sachiez et ayez la connaissance du terme de Nature par enseigne démontrable, continuez-lui ses dispositions dessus-dites jusqu’à tant qu'elle soit venue au terme dessus-dites. Et après vous lui donnerez autres dispositions différentes par information de chaleur sèche.
Or s'ensuit la quinte disposition, faite par information de chaleur sèche sur la quarte laveure et est que vous mettiez la matière sur cendres, tout ainsi comme j'ai dit au chapitre de la quinte disposition de la seconde laveure. Toutefois, souvenez-vous que premièrement vous ayez cueilli tout ce qui sera sublimé par la chaleur du bain, et mis à part avec les autres eaux pareilles en vertu et en séparation. Car toutes les eaux qui du corps sec par le bain seront sublimées en leur poudre noire, vous devez mettre à part tout en un lieu et en fioles bien lutées. Et tout ce qui sublimera par cendres mettez-le autre part, car c'est huile et âme naturelle. Et ce que vous séparerez de l'eau simple par l'alambic pendant les autres œuvres semblablement mettez à part tout bien luté chacun à sa part. Car chacun a sa force et sa vertu. Et chacun œuvre selon sa force en tant comme il est métier à sa nature.
La sixième disposition sur la quarte laveure de votre matière faites-la ainsi comme je vous ai dit au chapitre de la sixième dispo­sition de la seconde laveure ni plus ni moins.
La septième disposition est aussi semblablement faite comme la septième de ladite seconde laveure ni plus ni moins.
La huitième disposition de cette laveure se fait semblablement ainsi comme la huitième disposition de la seconde laveure. Faites-la donc ni plus ni moins. Le terme de cette dernière disposition sans autre réitération est de continuer toujours le feu jusqu’à tant que tout soit sublimé ce qui pourra sublimer. Continuez donc le feu sec bien gradué ainsi comme je vous ai dit à la huitième disposition de la seconde laveure jusqu’à tant que tout ce qui pourra jeter de son ventre soit tout dehors et sublimé en haut. Ainsi nos médecines se calcinent en dissolvant, et en calcinant se dissolvent et fort se assubtilient. Car en autre manière ne se pourraient mondifier. Et pour ce nous calcinons icelles et subtilions afin que mieux se dissolvent et plus tôt se mettent en union avec ces choses simples, c'est à savoir avec les esprits. Si elles ne se dissolvaient, jamais ne se mondifieraient ni jamais n'auraient fusion ni ingression, car en dissolvant elles se mondifient de toutes ordures et salesdenités sulfuriques qui sont de tout en tout étrangères à la nature de l'argent vif, lequel tant seule­ment a la cause par perfection que nous avons métier. Et pour ce icelles subtilions par calcination afin que mieux se dissolvent, car terre fixe simple ou assimplifiée plus tôt par dissolution se retourne en nature d'eau que ne fait la grosse. La cause pourquoi nous retournons icelle en nature d'eau, c'est afin que après par raison de sa subtilité se puisse incorporer avec les esprits et retourner en air et en feu. Car en autre manière la dessus-dite terre ne se pourrait convertir en air, si premier par artifice n'était retournée en eau, comme Nature ne puisse du contraire passer à autre fin (si) ce n'est par la vertu de son moyen qui est eau. Et pour ce quand la terre est tournée en nature d'eau, adonc est-elle plus subtile qu'elle n'était devant, et plus claire, et plus nette, et plus uniforme, et plus volatile par lesquelles qualités elle après se convertit et se transmue en acte spirituel d'air et d feu. Donc pour faire telles conversions qui sont opérations de nature nous calcinons nos médecines afin que mieux s'assubtilient, et icelles dissolvons afin que mieux se mondifient, et mieux se firent, et mieux se fondent, et que les corps par le bénéfice d'icelles puissent acquérir impression, fusion, et ingression en altération. Toutefois s non mie en eau vulgar, mais en eau mercurielle s'accomplit.
Question : quelle et quand est la différence qui e;st entre l'eau vulgale et cette eau mercurielle en forme et en vertu et en lignage ?
Ce n'est mie à demander aux hommes mondains, corporels et terrestres, mais aux hommes contemplatifs et qui de Heur humanité pénètrent jusqu’aux premières causes les secrets de la Nature en œil de divin entendement. Toutefois peu y en a aujourd'hui, et pour ce science réelle se perd par défaut d'entendement. Car jà soit ce que le souverain conducteur créateur et rédempteur ait formé homme afin qu'il soit signé de la carate de la béatitude éternelle, o de monstrance de lignage pour savoir la vérité. Toutefois l'abreuvement o de la grossesse de sa mixtion luteuse terrestre et charnelle empresse tant la dignité de l'essence spirituelle que l'humaine pensée trop fort s'en obscurcit et se musse en entendant aux choses terriennes. Et mêmement les amis de ce monde précipités en mondanités et mensongeries. Et iceux ne peuvent pas voir les choses réelles de Nature hautes et profonde lesquelles sont amalgamés les secrets de Nature, et les expériences qui se font par icelle. Cher ami, en tout temps la vérité relluit es choses claires célestes et réelles, et telles comprennent vérité, car elles sont substance de vérité. Mais es choses obscures noires et terrestres est tout mensonge, qui est contre toute vérité. Et pour ces la propriété de tels est de ne comprendre jamais vérité, qui est essence divine et digne. Usons donc notre vie en vérité si nous voulons voir expérience en Nature. Si nous tenons près de nous vérité, vérité no-»us aimera. Et nous donnera de son fruit. Sinon, non.

LA QUINTE LAVEURE
de plus grande subtiliation sous différence

Après s'ensuit la quinte laveure pour aconsuivir plus grande dépuration, solution et subtiliation qui est faite sous autre différence de plus grand accomplissement sur l'humide radical. Et premièrement de la disposition première, vous prendrez au nom de Dieu votre poudre sèche qui est mercure fixe et le mettrez en mortier. Recueillez premièrement toute ce que d'icelle se sera sublimé par cendre, et mis à part bien étoupé, et après subtilement vous abreuverez ladite poudre de la première eau par imbibition en manière de rosée faite par le délié feutre. Et subtilement l'abreuverez jusqu’à tant qu'elle soit toute bien incorporée. Et faites par tout ainsi comme il est dit au chapitre de la première disposition de la tierce laveure. Car autre chose n'y a que faire. Et c'est la première disposition de la quinte laveure.
La seconde disposition de la matière sur la quinte laveure se fait ni plus ni moins comme il est dit es chapitres de la deuxième disposition de la tierce laveure. Et ainsi la faites.
La tierce disposition semblablement se fait ainsi comme la tierce. ou la seconde maintenant devant dites.
La quarte disposition se fait tout ainsi comme j'ai dit de la seconde et de la tierce dessus dites. Et la quinte semblablement est faite ainsi. Toutefois souvenez-vous qu'en chacune décoction desdites dispo­sitions de la quinte laveure vous soustrayez la moitié du temps. C'est à savoir que la matière ne soit en décoction sinon quatre ou cinq jours naturels en chacune disposition.
Or s'ensuit la sixième disposition qui change toute l'information de la quinte laveure par différence connue, faite par chaleur moyenne-oient sèche. Réservant autre manière laquelle je vous déclarerai étant en la pratique. Car les manières des différences graduées font changer
la matière et muer de matière en autre et de bon en meilleur en propre altération sans se départir de nature. Et se fait ladite disposition ni plus ni moins comme il est dit au chapitre de la première disposition de la quarte laveure car cette ci ne change point encore.
La septième disposition est semblablement faite ainsi comme la seconde de la quarte laveure, ne elle ne prend point encore différence d'information. L'enseigne qui fait connaître quand vous devrez changer l'information à la matière, c'est quand elle aura perdu l'espèce mercurieuse et sera en poudre morte. Adonc telle enseigne ainsi comme messager de Nature vous certifie qu'à la Nature vous pouvez changer l'information sans préjudice de sa propriété. Toutefois si elle avait encore en aucune partie forme ou espèce mercurieuse, continuez-lui les dessus-dites dispositions immédiatement dites jusqu’à tant que vous verrez qu'elle soit poudre morte qui porte en son ventre feu ardent. Adonc prenez votre poudre morte et icelle mettez en bain qui continuellement bouille par un jour tout entier sans ôter ni sans mettre, icelle est la propre différence. Et si vous voulez savoir pour quelle intention ceci se fait, je vous le dirai. L'intention est pour mieux assubtilier le corps. Et se fait ladite subtiliation par la vertu de cette différence trop bien sans passer les moyens de Nature, car comme le corps soit fort subtilié par les dessus-dites dispositions en parties moult subtiles par Nature dépurées, jusqu'à ce pas de décoction, c'est afin qu'il prenne plus grande quantité de mercure qu'il ne faisait en son commencement. Et c'est pour certaine mesure de rétention en manière de masse. Ainsi comme appert par poids après la restauration de ses humidités, et expressations faites par le délié feutre de la chose épaisse, et découlation de la chose plus claire. Car plusieurs parties menues fixées avec plusieurs parties menues volatiles s'assemblent et se mêlent en telle manière que ce qui du volatil est plus radicalement assemblé se retient par le fixe. Et tout celui se convertit en huile ainsi comme chose plus chaude en nature. Et de tant que le corps est fait plus subtil, de tant plus s'adjoint au plus profond du mercure, et plus retient de sa radicalité. Et c'est la cause pourquoi il croît en masse. Donc sont aveugles et trop ébahis les ignorants de gros entendement que quand ils croient le corps passer par le feutre sans autre réitération, étant tout temps en forme d'eau vulgale courante, ils sont trop ébahis quand après le voient en plus grande masse qu'il n'était devant. Car ils ignorent les causes. Ils ne savent venir à leurs œuvres pour ce qu'ils ne les entendent mie, et croient que ce soit un, et c'est un autre. Et pour ce ils laissent tout gâter quand ils voient que le corps n'a pu venir à leur intention, c'est à savoir en dissolution d'eau vulgale. Ne ils ne croient point qu'il soit autre dissolution. Ne regardant mie la possibilité de Nature, laquelle jamais ne veut ni ne souffre que son humidité radicale se puisse convertir en toute eau vulgale froide, car ce serait contre la raison de sa chaleur radicale et contre la raison de sa propriété substanciale. Mais bien s'incrudit en soi assubtiliant.
Cher ami ceci n'est que fontaine de chaleur naturelle qui désire être longuement et perdurablement en individe espèce. Et pour ce en nourrissement de sa chaleur l'art au regard de Nature lui ordonna certaine humidité de laquelle il se nourrit si comme je vous dirai. Par quoi il appert que le bon maître l'amende en amendant et le mauvais la détruit en corrompant en cuidant la convertir en eau vulgale, non entendant d'où procède la vertu de sa rétention et accroissement qui vient tant seulement de sa subtiliation. Ne disent mie les Philo­sophes que les corps ne sont subtiliés si ce n'est afin qu'ils puissent retenir les esprits en masse et avec eux ajouter et unir. Toutefois ladite subtiliation n'est point faite sans dissolution. Mais ladite disso­lution n'est pas faite en eau vulgale mais en eau mercurielle trop fort chaude laquelle après se résout tout en huile qui est humide radicale et naturel duquel se nourrit la chaleur dessus-dite de l'humide radical subtiliée par dissolution au tiers degré. Si comme je vous montrerai s'il plaît à Notre Seigneur en gardant sa créature en lieu et en temps. Toutefois en retournant à la déclaration de ladite différence par laquelle le corps prend plus grande subtiliation, vous devez savoir que comme le corps soit parvenu aux dessus-dits degrés de subtiliation, et par la vertu d'icelle, incorporé avec le mercure retienne à lui les plus grosses parties mercurieuses de l'eau qui correspondent à la subtilité de son degré sans nul autre moyen. Il advient que les dites parties de l'eau retenues avec lesdites parties fixes subtiliées se cuisent en icelles. Et petit à petit se dessèchent et se mêlent, et s'endurcissent et se congèlent en poudre terrestre. Et les parties fixes encore plus s'assubtilient, et les unes s'incorporent avec les autres et se lient ensemble. Car quand le corps se couple et se lie avec les esprits qui se congèlent, adonc se subtilient plus jusques à tant qu'il advient que tout se sublime en vapeurs en forme de poudre blanche et sèche qui après congèle le mercure. Et ainsi est notre dissolution faite par voie de subtiliation et sublimation tant seulement en eau congelée qui après congèle la non-congelée. Voyons, cher ami, quelle est notre solution, et entendez de combien se fourvoient les ignorants de notre maîtrise qui par défaut d'entendement qui est gloire céleste et chose divine et digne, croient que le nôtre ouvrage se doit du tout retourner en eau vulgale. Mais il n'est mie ainsi. Car nature métallique ne le pourrait souffrir, et vécussent-ils mille ans. Mais je vous dis, cher ami, en foi de vérité prouvée que tant seulement icelui vous subtiliez autant que vous pourrez. Et divisez ses parties l'une de l'autre en contrition et assation, en retournant le sec avec l'humide et l'humide avec le sec. Car tant seulement pour faire subtiliation a été trouvé l'ouvrage de telle solution. Cher ami, jamais la conjonction des corps avec les esprits ne se peut faire jusqu’à tant que les corps soient subtiliés en manière d'esprits. Et leur subtiliation avec les esprits se fait par dissolution, contrition et assation d'iceux avec les esprits. Continuez donc comme homme de ferme et réelle volonté les dessus-dites dispositions par leur temps, car métier est qu'en leur feu se mêlent tout par eux, en les gardant de l'ardeur du feu jusqu’à tant qu'ils soient conjoints et embrassés l'un avec l'autre. Et leur copulation et conjonction soit en chaleur lente jusqu’à tant qu'en leur feu se soient desséchés. Et sachez que l'un art l'autre autant que Nature requiert. Et l'un démêle l'autre, et l'un conforte l'autre, et l'enseigne à combattre contre le feu. Ainsi les éléments s'allègent en cuisant à lent feu. Et retournent en étranges natures, car le corps en l'eau liquéfié se fait non liquéfié, et l'humide se fait épais en desséchant. Et ainsi le corps est fait esprit et l'esprit corps teignant et fort combattant contre le feu pour laquelle chose, dit le Philosophe, si tu sais convertir les éléments tu trouveras ce que tu demandes. Et convertir les éléments n'est autre chose, si ce n'est faire de l'humide sec et du sec l'humide par la manière que je vous dis. Et le faisant fixe, car quand le corps est bien lié avec les esprits par couple naturelle, adonc il est fait esprit et du tout volatil, lequel est besoin qu'après soit fixé comme je vous dirai en sa fixation. Or en retournant à la pratique, faites une clef. Cette clef signifie récep­tion d'une liqueur puante en forme d'argent vif particulièrement traitée de la matière terrestre, scorieuse qui est issue de la terre naturelle et radicale en ses lavations et subtiliations. Et la traire en la guise que je vous dirai. Et pour ce faire vous prendrez au nom de Dieu icelle terre morte laquelle je vous ai dit que vous cueillissiez d'une plume et missiez à part es chapitres de la seconde et conséquente disposition de la première laveure. Et icelle mettrez en une carabasse toute de verre, qui ait l'entrée aussi large, ou plus, comme le fond, et mettez l'alambic dessus bien luté au regard de sa disposition avec son respiral, et le mettez en fourneau sur cendres, et lui continuez le feu du premier degré par un jour naturel. Sachez que du ventre de cette mauvaise bête terrestre et envenimée jettera la dessus-dite liqueur en forme de mercure puant par sublimation.
Cette liqueur laquelle vous trouverez sublimée au-dessus encontre l'alambic vous cueillerez avec un pied de lièvre, car avec une plume vous ne la pourriez cueillir, car elle est trop grasse et onctueuse, et pour ce elle tient trop encontre l'alambic. Cueillez icelle et la mettez à part, car par ceci pouvez entendre la putréfaction de la terre en la réduction et congélation. Puis après prenez la terre qui est demeurée noire et brune au fond de l'alambic car encore tient-elle en son ventre une autre substance qui est de mercure fixe et est de la propre nature de l'humide radical et se séparera par autre disposition. Cher ami, vous devez entendre réellement que la force et la propriété de Nature est telle que toujours tire à elle par l'amour universel que Dieu le Glorieux a mis en ses pièces par similitude de lignage tout ce qui est ou peut être de sa propre nature. Et toute autre chose étrange refuse, car elle n'est mie de sa nature et pour ce avec la nature du non-fixe. Nous tirons la nature fixe et la jetons et la lavons et la séparons de toutes ses ordures par raison de vertu amoureuse qui est entre nature fixe et nature volatile en certaines et diverses dispo­sitions qu'elle nous a montrées en prenant conséquemment exemple au regard de ses forces avec l'aide d'engin, lesquelles avons eu d'en­tendement réglé tout instrumentalement à la possibilité de Nature, lesquelles dispositions je vous enseignerai, mais que vous ayez en vous de ne promulguer le secret qui tant soit à celer, car le monde s'en corromprait et après je serais cause de la damnation de tous. J'ai devant Dieu mon excuse, car par intention de la tenir secrète, icelle je vous donne tant seulement pour vous aider et pour en faire bien sans que le monde en sache rien. Et sous tel entendement je prie à la souveraine vérité qu'elle vous donne à voir expérience de vérité par laquelle vous vous puissiez aider et non en autre manière. En retournant à la pratique, mettez la terre que je vous ai dite qui est contre nature en un mortier, et pour tirer la nature pure mercurieuse qu'elle tient en son ventre, abreuvez-la en manière de rosée de la première eau passée par le délié feutre, et broyez tout ensemble. Adonc vous verrez comme l'eau tirera les parties radicales qui sont de sa nature, et en icelles s'incorporera. Et les autres du tout refusera, car elles ne sont mie de la proportion de sa nature ni de sa clarté. Mettez-y plus d'eau, toujours par imbibition en manière de rosée en broyant jusqu’à tant que tout ce qu'elle aura tiré soit bien clair. Et puis séparez l'eau par le feutre délié et il vous demeurera de l'humidité radicale ce qui était au ventre desdites fèces. Et recommencez ceci tant de fois et jusqu’à tant que ne trouverez plus rien au ventre desdites fèces et de l'humidité radicale. Après jetez tantôt icelles fèces, car elles ne valent rien pour ce, car elles ne tiennent point de l'honorable nature de métal, mais du tout sont contraires à elle. Ainsi comme par expérience se peut connaître à la nature de laquelle se fait notre médecine, comme vous pouvez informer par double expérience. La première est que lesdites fèces ne se peuvent ajouter avec l'argent vif, ni l'argent vif ne les veut prendre, en démontrant qu'elles ne participent de rien à sa nature. Ainsi comme par la seconde expérience vous vous en pouvez certifier. Car si icelles vous retour­niez en corps par descension, tantôt verriez icelles retourner en nature de verre qui est hors de nature de métal, de laquelle tant seulement nous faisons notre maîtrise en dépurant icelle de toutes ordures et en laquelle nulle autre chose nous n'ajoutons qui soit étrange, ni poudre, ni eau, ni nulle autre chose du monde. Et sous ceci, cher ami, vous pouvez entendre que notre maîtrise ne requiert point multi­tude de choses ni plusieurs. Suivez tant seulement une nature, une pierre, une médecine à laquelle nulle chose ne s'ajoute qui soit étrange, ni est amoindrie. Sinon que les superfluités s'en ôtent en tirant tout ce qui est de la nature pure de l'argent vif ainsi comme je vous ai dit es causes de sa nature. Œuvrez donc et usez de la noble Nature, car icelle tant seulement est cause de perfection si comme vous verrez en votre ouvrage ni jamais elle ne se peut amender sinon toujours en sa nature. Sachez (le) certainement. Subtiliez donc bien icelle et purgez de toutes ses ordures ainsi comme je vous ai montré et ensei­gné. Et ne vous ennuyez si vous voulez voir haut et merveilleux expériment en la voie de Nature, lequel expériment est par les rurals du monde réputé pour un enchantement.
Notable. Ici devez noter comme il est noté devant. Que toutes les eaux du soleil, comme il est dit de la lune, tant par le bain comme par cendres soient mises chacune à part bien étoupées, car les eaux blanches sont pour blanchir, et les rouges pour rougir. Et les terres aussi chacune par soi soient subtiliées, et que la liqueur puante dont il est fait mention ci-dessus soit tirée de la terre scorieuse du soleil à part ainsi comme il est dit de la lune. Et aussi soit tiré l'humide radical des fèces après la distillation de la liqueur puante et mise à part au soleil comme il est dit à la lune, car c'est une même pratique tant au blanc comme au rouge, mais que chacune soit faite à part soi jusqu’à la conjonction des terres comme vous verrez en pratique quand vous serez en universelle réduction. Et de cette conjonction devez entendre quand votre ouvrage est fait sur la grande pierre des deux vifs argents fixés en un même degré, mais quand l'ouvrage est fait d'un des deux corps tant seulement soit du soleil ou de la lune, il n'y faut point de conjonctions de terre. Mais toutefois la médecine est trop plus noble et trop meilleure, tant à la projection sur argent vif et à transmuer tous métaux en vraie perfection d'or et d'argent, et à donner parfaite santé à tous corps humains, faite des deux corps luminaires qu'elle ne serait du tout seul par lui. Vous devez ici composer les principes de Nature au grand ouvrage, en telle manière et par telle mesure, vous prendrez au nom de Dieu premièrement pour faire les principes de Nature trois onces de la terre de l'or subtiliée et une once de la terre de la lune. Et mêlez tout ensemble sur le por­phyre en les abreuvant de soixante-douze onces de votre eau gardée es devant-dites dispositions. Et de quatre onces de la liqueur puante. C'est à savoir que l'eau et ladite liqueur soient du compost rouge en broyant et en abreuvant jusqu’à tant qu'ils soient bien incorporés l'une avec l'autre et eau toute bue et que ce soit en manière de rosée. Après mettez la matière au condamphore et puis au bain comme il est dit ci-après à la pratique. En faisant toutes les dispositions qui s'ensuivent. Et ainsi comme vous avez fait au rouge vous ferez au blanc. C'est à savoir en prenant trois onces de la terre subtiliée de la lune et une once du soleil. Et les mêlez et abreuvez en manière de rosée et broyez avec l'eau blanche et avec la liqueur puante blanche par tel poids, par telle mesure et par telle manière comme il est dit au rouge en procédant à la pratique comme il est dit ci-après. Toute­fois si vous n'aviez tant de terres comme il est dit ci-dessus, retournez toujours au poids que je vous dirai. C'est à savoir que si n'aviez desdits compost tant au rouge comme au blanc de chacun qu'une once, il vous faut dix-huit onces d'eau. Et pour chacune once de cha­cun compost une once de liqueur puante. Voire rouge au rouge et blanche au blanc. Et broierez et abreuverez en manière de rosée comme j'ai dit. Et si vous voyez en broyant sur le porphyre qu'il saillît de la matière aucunes gouttes de votre eau, ne la remettez mie avec la matière, mais les laissez couler hors du marbre en une casse qui sera mise dessous le porphyre. Et ainsi faites comme il est dit jusqu’à tant que l'eau soit toute incorporée avec la terre. Et puis mettrez tout en votre vaisseau. Et aussi y mettrez ce qui est dégoutté en ladite casse. Et si la matière ne peut (être) contenue en un vaisseau, si la mettez en plusieurs. Et ne broyez pas la liqueur puante sur le marbre, mais la mettez avec toute la matière dedans le vaisseau ou dedans les vaisseaux. Et ainsi faites cuire au bain en cueillant toujours ce qui montera à mont. Et n'ôtez point votre matière jusqu’à tant qu'elle soit dure et tâtant d'un bâton net et aigu à chacune fois que vous ôterez ce qui sera en haut élevé. Et quand elle sera en masse dure, prenez ce qui sera élevé et le mettez avec l'autre dessus cueilli. Puis prenez votre matière et la mettez sur le marbre et la dépecez par pièces et la broyez un peu. Et puis la remettez en vaisseau et puis au bain, et ainsi faites jusqu’à tant que par le bain ne pourra rien sublimer. Et puis la mettez au feu sec de cendres, et ce qui sublimera mettez à part en une autre fiole. Et puis la broierez et remettrez au dit feu, et puis cueillez ce qui sublimera et mettez avec l'autre. Et ainsi faites jusqu’à tant que de lui ne pourra rien sublimer par ledit feu de cendres. Et puis calcinez votre matière à plus fort feu, et icelle calcinée, remettez le moite sur le sec et le remettez en bain. Et cueillez derechef ce qui montera ainsi comme il est dit ci-devant tant que par le bain ne pourra plus rien monter, toutefois en cueillant toujours ce qui monte et mettre à part comme il est dit ci-dessus. Et puis la mettez en feu sec et cueillez tout ce qui sublimera par le feu sec et mettez à part en un autre vaisseau. Et tant de fois recom­mencez lesdits ouvrages dessus-dits jusqu’à tant que les matières soient toutes blanches. Et puis enforcerez le feu tant que lesdites matières ne puissent rien sublimer. Et puis les abreuverez chacune de son eau, puis les remettez en bain. Et vous verrez qu'après plusieurs imbibitions et décoctions et calcinations réitérées que la calcination au der­nier durera près de quinze jours, en cueillant toujours ce qui montera. Et quand cette longue calcination sera faite vous l'abreuverez chacun de son eau et les mettrez en bain. Et lors verrez que ce que vous vouliez faire en quinze jours se fera en moins d'un jour. Car votre matière congèlera si fort votre eau que la matière sera dure en masse en moins d'un jour comme dit est. Et puis lui redonnerez de l'eau en plus grande foison et puis la remettrez au bain. Et ainsi faites jusqu’à tant que l'eau soit congelée et que par le bain ne puisse rien monter. Et puis sur cendres jusqu’à ce que par les dites cendres ne puisse rien monter. Puis le mettez en un vaisseau de terre duquel la gueule soit plus large que le fond et soit de très forte terre et fort haute, et puis bien verrée, et ait un couvercle de verre qui accollera la gueule dudit vaisseau comme fait un alambic.
Et asseyez votre vaisseau sur le fourneau sur bandes de fer. Et faites très fort feu de flamme tant que toute la matière fonde en enforçant le feu jusqu’à tant que la matière se sublime en manière de farine blanche. Adonc ôtez le feu et prenez ladite farine et l'abreuvez de son huile, c'est à savoir blanc au blanc. Et y ajoutez autant de ferment blanc comme il y a de farine. Et puis le mettez au bain. Et ce qui sublimera mettez à part. Car cette eau est plus animée et plus exhubérée et plus approchée en nature de métal que n'était la première. Et est proprement nommée azoth. Et puis quand rien plus ne pourra sublimer par le bain mettez-le sur cendres en les calcinant. Et ce qui se sublimera amont mettez à part bien gardé et étoupé. Car c'est huile précieuse pour insérer et donner fusion à la médecine. Et des terres qui demeureront au fond vous ferez votre conjonction et votre grande réduction. En abreuvant par mesure ainsi comme il est dit ci-après en la septième laveure. Et au rouge faites semblablement c'est à savoir en l'abreuvant de son huile avec son poids de ferment rouge. Mais vous devez savoir que ladite farine de l'or qui est élevée blanche doit être premier rubéfiée avant que vous y rajoutiez le ferment comme ci est. Et la rubéfiez par telle manière : vous la met­trez en une écuelle de verre et y mettrez de son eau rouge et la mêlerez jusqu’à tant que tout soit bien incorporé. Et puis le mettrez sur le mar­bre et lui donnerez de son eau encore tant qu'elle ne soit ni trop molle ni trop dure. Et puis la mettrez en son vaisseau et la mettrez sur cendres. Et ce qui sublimera vous remettrez sur les fèces avec de l'autre eau. Et ainsi faites jusqu’à tant que ladite farine soit toute vermeille au fond. Et puis l'abreuvez comme dit est de son ferment. Et en tirez les éléments tant au blanc comme au rouge comme j'ai dit ci-dessus. Et puis faites votre conjonction des deux terres et la grande réduction comme j'ai écrit ci-dessus. Et ceci comme il est écrit au tiers régime et au chapitre de la septième laveure.
En retournant à la pratique pour faire la huitième disposition de la cinquième laveure, vous prendrez tout ce que vous avez tiré du ventre des fèces mauvaises et contre nature et l'ajouterez tout avec la poudre natu­relle dessus-dite, encore que tout soit humide radical et naturel en broyant et en incorporant tout ensemble sans nulle autre humidité jusqu’à tant qu'elle soit toute bien mêlée. Puis après prenez l'humidité puante liqueureuse que dessus vous ai dite, laquelle avez tirée des fèces mauvaises scorieuses par sublimation. Et icelle toute incorporez avec ladite poudre radi­cale en broyant et en abreuvant par imbibition en manière de rosée jus­qu’à tant qu'elle soit toute bien incorporée ou bue. Après mettez ladite matière ainsi abreuvée dedans le condamphore bien luté, et la mettez cuire en bain par deux jours naturels. Icelle est cette dicte huitième disposition.
Or vous devez ici noter que si vous voulez l'ouvrage accourcir, vous devez transporter la disposition du devant-dit chapitre ou paragraphe de la quarte disposition de la seconde laveure en le faisant là et non mie ici en continuant sur icelle longue décoction ainsi comme je vous ai dit en la devant-dite présente disposition. Et après continuez tout en la ma­nière que vous dirai à présent qui est que vous devez saillir en vous transportant de ladite quarte disposition de la seconde laveure à la tierce ou à la quarte laveure. Et abrégerez votre ouvrage de tant comme se monte le temps des dispositions qui sont en icelles et (en) cette (présente). Tou­tefois vous devez savoir que de tant qu'elle faudra de perfection en la préparation, de tant sera l'ouvrage moindre en sa projection. Mais tou­jours fera aucune ouvrage petite ou grande selon sa préparation. Veuillez donc bien préparer votre pierre, car jamais n'appartient qu'homme puisse bien œuvrer sinon de la chose bien préparée. Cher ami, préparation est trésor de la chose et miroir de l'accomplissement. Donc, si parfaites pré­parations vous faites à la pierre, vous ferez après en icelle accomplisse­ment parfait. Car d'autant comme vous lui défaudrez en sa préparation, d'autant elle vous défaudra et sera moindre son pouvoir en la projection. Pour ce, dit Nature, aide-moi et je t'aiderai, entendez et voyez ce que je vous dis.
Puis après, en retournant à la pratique pour la neuvième disposition de cette cinquième laveure, vous prendrez votre matière dessus-dite, et ce qui sera sublimé d'icelle vous cueillerez avec une plume et le garderez à part. Et puis broierez votre matière au mortier. Et si vous la voyez en poudre sèche, mettez-la en bain par quinze jours. Et si elle n'était droitement bien sèche, c'est à savoir que vous y sentissiez de l'humidité de l'argent vif, ne le mettez cuire sinon par deux jours jusqu’à tant qu'elle soit desséchée en poudre morte comme cendre vive apparente en la raie du soleil sous l'ombre. Adonc la cuisez par un jour naturel. Icelle est cette disposition neuvième.
La dixième disposition de la quinte laveure est que vous preniez votre matière après les quinze jours, et ce qui sera sublimé cueillez et mettez à part avec celui-ci dessus bien étoupé. Puis après broyez votre poudre, et si vous voyez que par sa subtilité elle s'en aille en fumée, ne la broyez plus tant qu'elle sera sèche, ni ne l'ôtez jà du vaisseau. Mais tantôt que vous aurez cueilli ce qui sera sublimé d'icelle, lutez arrière votre condamphore. Et la remettez cuire en bain bouillant par trois jours naturels. Et cette disposition recommencerez jusqu’à tant que rien d'icelle poudre ne puisse plus sublimer par la chaleur du bain.

DE LA SIXIEME LAVEURE

Or s'ensuit la sixième laveure en différence. Et premièrement de la première disposition. Vous prendrez votre poudre. Et cueillerez tout ce qui sera sublimé d'icelle et mettrez à part avec ses autres sublimations semblables. Puis après abreuverez votre poudre par imbibition en ma­nière de rosée faite par le délié feutre de la première eau une fois sublimée par soi. Et broyez tant et jusqu’à ce que l'eau soit bien incorporée avec lesdites poudres. Et que rien n'appère de ladite eau et soit faite imbibi­tion fort étroitement, car il n'est pas besoin que la terre se revivifie par trop grande imbibition et inhumation. Mais tant seulement se fait ladite imbibition afin que la terre mieux se vide et se décharge de toute humi­dité sans adustion. Puis après mettez votre matière au bain et lui donnez feu non pas de parfait degré pour cette fois. Et lui continuez par un jour naturel, et telle est cette disposition première de cette sixième laveure.
La seconde disposition est ni plus ni moins ainsi comme est la pre­mière jà dite de la sixième laveure, sinon que le feu est fortifié jusqu’au degré parfait absultement et un peu plus. Continuez-lui par un jour naturel. Cette disposition recommencez en broyant et en abreuvant et en calcinant, et toujours en enforçant le feu chacune fois et jusqu’à tant que au dernier rien d'icelle ne puisse sublimer, mais demeure toute sèche, vide de toute humidité. Et quand la terre sera fixe sous couleur pâle privée de sa parfaite noirceur, recommencez ladite manière jusqu’à tant que vous voyiez que rien de ladite poudre ne pourra évaporer en fumée sur une lame de fer, de cuivre ou d'argent ignifiée. Itel est le terme de cette lavation et en telle manière séparons-nous les huiles par lavations d'eau et dessications de feu, par laquelle chose il appert que l'eau ainsi comme esprit tire l'âme des corps. Et quand elle se tire hors des corps, elle demeure toute conjointe en l'esprit pour ce car il est son propre lieu et son propre rétinacle. Entendez sainement, car l'âme n'est autre chose sinon teinture dissoute en l'esprit, et ainsi comme la teinture des teinturiers qui se déporte en l'eau par dissolution et après dedans toute l'eau ils mettent leurs draps dedans qu'ils veulent teindre. Et puis. s'en va l'eau par dessication et demeure la teinture fixe avec leurs draps. par raison de son oleigénité. Tout ainsi est-il de l'eau de l'esprit en laquelle se porte la teinture de l'air, car quand icelle nous faisons retour­ner dedans le corps, premièrement (je) la vois en terre blanche en feuil­les, et tantôt par action de chaleur se dessèche l'eau spirituelle et de­meure l'âme fixe au corps qui est la teinture de l'eau. Ainsi par l'eau se tire l'âme des corps et en iceux. Toutefois jamais ne s'y retourne jusqu’à tant que le corps premièrement soit glorifié et bien lavé en sa première eau simple, et retourne en terre blanche enfeuillée. Adonc commande Hermès qu'en telle terre préparée et enfeuillée vous semiez l'eau que dessus avez tirée. Car c'est ce qui la retiendra et la congèlera, et épaissira en élixir parfait.
Ici commence le tiers régime de la pierre qui est nommé réduction
Le tiers régime de la pierre est réduire l'eau moite sur la terre sèche. Afin qu'elle récupère l'humidité perdue. Et pour ce que je vous ai noté ci-dessus, que la pierre parfaite est faite des deux corps parfaits et deux éléments qui sont secs, durs et pierreux. C'est à savoir le feu et la terre lesquels se concordent en sécheresse. Et pour ce ensemble se doivent préparer, car ils ont une même préparation. Conjoignez donc la grossesse de feu avec la terre après l'extraction de l'air. Et les préparez ensemble pour le temps abréger. Et afin que la mixtion d'iceux soit bonne et que la préparation ne soit confondue, et que l'un puisse bien teindre l'autre, et qu'ils ne puissent ardoir sur la bataille du feu. Et pour ce, c'est le plus sûr de les préparer ensemble et le plus prochain. Et leur préparation est afin qu'ils rencontrent plus grande humidité qu'ils n'ont perdue en leur calcination. C'est à savoir ce qu'ils avaient perdu, et outre la cin­quantième partie d'eux. Car le corps calciné est discontinué pour ce que de tout point il est de son eau privée. Et pour ce qu'il est sec et vide et a très grande soif, il boit volontiers son eau moite et pour ce que ci après s'ensuit la conjonction des deux terres avec la septième laveure qui est universelle réduction sur le nourrissement de la terre. Cher ami vous devez savoir avant que vous encommenciez ladite septième laveure ensuivante qui est universelle sur le nourrissement de la terre et réduc­tion de son eau universelle, vous devez faire un grand secret en nature lequel je vous dirai. C'est à savoir qu'avant que vous sépariez vos élé­ments vous devez savoir que tout pèse. Or prenons ainsi que l'eau et la terre pèsent ensemble douze onces, et qu'après la séparation et calcination que vous ayez de la terre blanche une once. Ce sont onze onces qu'elle a perdues en sa calcination et est vidée de toute son humidité. Et aussi vous devez faire semblablement au rouge et mettre chacun à part. Et puis ainsi comme je vous ai dit avant que vous encommenciez ladite septième laveure vous joindrez vos deux terres. C'est à savoir la grossesse du feu avec la terre de la lune. Et les abreuverez de l'eau blanche petit à petit, ainsi comme je vous dirai en ladite septième laveure jusqu’à tant qu'ils aient bu ce qu'ils avaient perdu en la calcination, et outre la cinquan­tième partie d'icelle. Or ici devez noter un grand secret sur l'exubération et accroissement de la vertu de l'eau. Car après votre conjonction des terres et que vous aurez encommencé à faire votre réduction, c'est à savoir après l'espace de six semaines ou de deux mois, vous devez prendre un peu de votre matière environ le gros d'un poids ou moins, et le mettre sur le porphyre et abreuver de votre eau blanche. Et sachez que merveilleusement votre eau s'épaissira et s'engrossira en telle manière que la couperiez au couteau par pièces tant sera visqueuse. Et puis lui donnez toujours de votre eau, et toujours elle s'épaissira. Et sachez que ledit petit de votre matière accroîtra en vertu nutritive, deux livres d'eau, si les avez, en abreuvant et en broyant. Et a cette eau moult plus de vertu pour nourrir votre terre qu'elle n'avait devant. Et de cette eau ainsi multipliée en vertu vous nourrirez votre terre ainsi comme je vous donnerai par pratique tout au long des dispositions de la septième laveure en gardant mesure selon l'ordre de Nature.

LA SEPTIEME LAVEURE
Et est universelle sur le nourrissement de la terre.

Or s'ensuit la septième laveure qui est faite par réduction en réver­sion de différence universelle. La forme de laquelle est métier que vous entendiez par différences séparées au regard de la nature de chacune substance. C'est à savoir de la terre, de l'eau et de l'air chacun par elle séparément. En recourant aux actions et passions et que chacune desdites substances peut souffrir es œuvres selon sa nature. Et par différence universelle ayant regard à toute la substance universelle qui est des trois natures dessus-dites. Et à son œuvre que vous lui devez donner par droite information, faite par trois diverses mesures de chaleur selon la propriété de la nature de chacune desdites substances. Ainsi, cher ami, convient entendre Nature par entendement élevé. Et aussi tant généralement que particulièrement par la connaissance de ses différences substantielles. Car différence substantielle est cause de son effet et des accidents qui sont en elle. Pour ce veuillez savoir qu'en toute charge doit avoir certain poids, et en toute mesure manière, et en chacun ouvrage, besogne. Il appert donc s'il est métier qu'es œuvres de nature vous ayez entendement pour connaître les causes si vous voulez droit œuvrer, en disposant la matière et prêtant information à l'intention de Nature. Là où mieux vous entendrez Nature, mieux saurez la forme de ses œuvres. Et tant plus proprement entendrez les formes de ses œuvres, tant mieux les œuvrerez par manière de mesure. Entendez donc l'ouvrage de la présente laveure en la matière de nature de différence à différence, et en quelle manière se fait, car il est métier qu'à la terre vous lui ôtiez sa mort et la retourniez en vie. Sa mort n'est autre chose sinon sa grossesse. Cette grossesse vous lui ôterez par dissolution d'une différence. Et encore il est métier que de l'eau vous ôtiez la fumée par dissolution d'autre différence, et de l'air sa noirceur par fréquente dissolution. Maintenant je vous montrerai par chapitres comme vous les ferez en pratique. Et notez bien tout ce que je vous dirai, car en cette laveure se fait solution et congélation tout ensemble par mesure de Nature. Vous prendrez au nom du Souverain Créateur, Dieu Glorieux, votre terre [Notez ceci que si votre ouvrage est sur la grande pierre vous devez faire ici la conjonc­tion des deux terres. Et icelles abreuver comme il est dit en cette présente laveure. C'est à savoir autant de l'une que de l'autre] calcinée, et icelle abreuverez de la première eau sublimée par imbibition en manière de rosée. Et la broierez fort jusqu’à tant que l'eau n'y appère point. Cette imbibition se fait trop étroitement par petites abreuvements au regard de la vertu de la terre et de ce qu'elle aura perdu en sa solution. Si donc vous voyez qu'au regard de son perdement la terre ne pourrait plus boire de l'eau sans la perdition de sa forme terrestre, petit et étroitement l'abreuveriez. Et gardez comme vous ferez, car elle appète plus que sa chaleur ne peut digérer ni convertir. Et toute conversion se fait en lieu muché, c'est à savoir dedans le ventre de la terre. Ainsi comme la conver­sion de la viande se fait en l'estomac et es autres lieux muchés, car en tout temps la chaleur digérante est en lieu muché qu'on ne peut voir. Et illec se fait la mutation. Toutefois différence y a de la qualité par la raison de la vertu attrayante, car la bouche attire la chose impure et indigeste, et la vertu radicale la chose pure et digeste. Et pour ce elle est comparée au cœur qui attire son nourrissement au milieu de sa cham­bre. Et illec le convertit parfaitement en sang. Et après l'envoie à tous les membres nutrimentaux pour garder et attremper leur humidité radi­cale et vitale. Donc donnez à boire à la terre petit à petit, qui est corps radical par étroite imbibition en manière de rosée. Et longue broyure, car si l'eau n'est bien incorporée au plus profond de la terre, rien ne vaut du tout. Ni elle ne doit jamais apparaître après sa broyure. Gardez donc que la chaleur en laquelle est la vertu de votre terre ne se suffoque par trop grande imbibition, car après elle ne pourrait tant digérer ni con­vertir. Et pour ce vous devez savoir que plut tôt se convertit petite chose et divisée que ne fait trop grande chose et non divisée en quantité. Quand je dis divisée, entendez qu'elle lui soit donnée par petites parties menues et étroitement par abreuvements en forme de rosée. Car maintenant il est temps que la terre use de ses pouvoirs tout bellement et lui avissant la vertu petit à petit. C'est à savoir que la terre convertisse l'eau en elle par congélation, non pas que l'eau convertisse la terre en elle par liqué­faction, ainsi comme a fait es autres lavations. Si ce n'est par manière moyenne en convertissant l'un et l'autre, c'est à savoir la terre et l'eau, car maintenant ils sont approchés à la nature d'une moyenne conversion, car la terre ne peut l'eau muer que de sa nature par vertu de la nature de l'eau qui se transmuera. Toutefois la conversion de l'eau se fait au ventre de la terre et la conversion de la terre se fait dedans le ventre de l'eau par différence causée pour avoir tiré l'huile qui n'est pas semblable à la vulgale.
Car il est frère germain de l'eau mercurielle. Et ceci est la secrète préparation de la terre, et se fait par telle intention qu'elle, par abreuve­ments, recouvre plus grande humidité qu'elle n'avait perdu en sa calcination. Et pour ce, comme elle soit moult sèche et vide de toute humidité, elle a forment grande soif, et pour ce volontiers elle boit quand on lui donne en restauration de la chose perdue. Mais que vous gardez bien qu'elle ne boive outre mesure. Ici est le miroir des sages en l'intention de physique pris par exemple au regard de nature qui nous sustente. Benoît soit Dieu le Glorieux qui nous fait savoir, traire et connaître science de science. Et c'est la première disposition.
La seconde disposition si est quand vous aurez donné à boire à la terre par mesure de suffisance et en propre manière, icelle mettrez au condamphore en tiens chaud par sept jours ou par huit. Ainsi comme je vous montrerai en temps et en lieu. Cette information de chaleur par dehors se fait pour aider à la chaleur naturelle afin que par certains mou­vements digère la substance moyenne de l'eau qui est de nature d'air, in­corporée en la terre et en humide radical congelé et épaissi en résolvant la subtile fumée eaueuse adustive et crémative qui est en son ventre par la terre déportée. En vous faisant savoir que quand ladite substance moyenne mercurieuse est incorporée avec la terre devant qu'elle s'en puisse fuir. Adonc elle est faite une chose avec l'autre, ne jamais l'une ne se sépare de l'autre, mais ou du tout la substance moyenne comme elle sort mercurieuse et volatile, s'envole avec la terre fixe, ou la terre fixe demeure du tout en tout avec la chose volatile. Et ceci se fait selon la vertu de l'un qui surmonte la vertu de l'autre, ainsi comme je vous mon­trerai en temps et en lieu. Cher ami en la digestion de cette moyenne substance mercurieuse. La terre jette maintes superfluités, et par espécial,, deux, l'une terrestre et l'autre flegmatique, ainsi comme l'homme jette merde et urine par les digestions qu'il fait des viandes qu'il prend. Car quand ladite substance moyenne s'épaissit et se retient au ventre de la terre, adonc la chaleur naturelle excitée par l'information de la chaleur du dehors résout et sépare de leur dite substance une fumée eaueuse adustive et fort subtile et venimeuse laquelle était mêlée avec elle. Et se fait parce qu'elle n'est mie de sa nature. Peu y en a qui sachent cette séparation pour ce qu'elle se fait es chambres secrètes de Nature. Toute­fois, cher ami, vous la pouvez bien entendre au regard de l'exemple que dessus vous ai montré. Car Nature toujours tire et retient les choses de sa nature, et les étranges refuse. Entendez ci de la nature plus propinque avec les choses plus propinques à elle. Et pour ce comme ladite fumée eaueuse ne soit mie propinque à sa nature. C'est ce qu'elle sépare de ladite substance moyenne qu'elle retient en elle ainsi comme chose plus pro­pinque à sa nature, et plus tôt réductible. Adonc nature s'allège de nature et l'étrange sépare. Et ainsi de l'eau qui est encorporée en la terre vous ôterez la fumée. C'est à savoir en décoction légère hebdo-madale. Sachez qu'en la séparation de cette fumée eaueuse trop volatile et fuyante, la substance de l'eau se convertira et s'épaissira en substance de corps aérien qui est nature de métal. Nous l'appelons aérien car il est de la complexion de l'air au regard des autres substances jà dites. C'est à savoir de l'eau, et de la terre, et au regard de ses œuvres. Car il n'est rien qui soit cause de perfection, si ce n'est cette substance par raison de sa très puissante complexion ainsi comme dirons en ses particula­rités. Toutefois il la faut rectifier et dépurer de sa noirceur en laquelle est de tout en tout incorporée selon la rectification et dépuration que sa nature souffre ou peut souffrir. Cher ami, ladite noirceur vient de ladite fumée eaueuse corrompant qui par la chaleur naturelle se résout. Et se sépare de la devant-dite substance de l'eau par le moyen de la bonne in­formation de chaleur du dehors excitant la vertu mouvante et infor­mante qui est en la matière de la chaleur et de l'esprit. Icelle noirceur laisse la dessus-dite fumée par ses fèces en toute et par toute ladite substance aéreuse épaissie qui est transmuée en humide radical. Et icelle fait apparaître par toute la matière. Et sont ses fèces noires de la substance onctueuse corrompante participante en fixion. Et pour ce elle se sépare plus tard de la matière pure en laquelle elle est incorporée, car plus fort et plus profond s'adjoint en icelle par raison de son onctuosité, et par conséquent de la fixion de sa substance ne se peut du tout élever ainsi comme fait la dessus-dite fumée par raison de sa subtile substance et volatile. Quel engin donc se peut trouver à séparer icelle de sa pure nature, je vous le dirai. Ainsi comme mes pères m'ont appris par doc­trine entendible réglée par entendement élevé. Vous devez savoir que ladite nature pure honorable est une substance à laquelle Dieu le Glorieux a donné telle propriété qu'elle ne se peut trouver en substance qui soit d'autre nature. Car la propriété de ladite nature pure est tant forte par le grand symbole qu'elle tient, elle en elle sur toutes les autres choses minérales qui de toute en toute surmonte le feu. Ne jamais depuis qu'elle est une fois épaissie par feu ne peut sentir être surmontée. Mais depuis qu'elle est fixe s'allège et se repose quand elle peut être longuement au feu.
Ainsi semblablement fait-elle en tous feux selon le degré de sa fixa­tion ou tolération pour laquelle chose comme elle par le symbole qu'elle tient en nature de métal soit fait métal, pour ce tant seulement elle contient en elle tout ce que nous avons métier en notre maîtrise. Ainsi comme nous déclarerons en la détermination de l'argent vif. Car toutes les autres choses, comme elles soient combustibles s'exterminent au feu. Et enflambées défaillent. Retournant donc au propos de séparer ladite substance noire qui est onctueuse corrompante, disent les Philosophes :
Qu'icelle est qui a en elle deux causes de corruption. C'est à savoir substance inflammable par raison de son onctuosité, et féculence terres­tre par raison de sa substance fixe exterminable. Pour la première corrup­tion qu'elle a de par son onctuosité, ni elle ne se tient longuement encon­tre le feu, car c'est huile combustible. Ni elle ne peut faire tenir autre substance comme elle soit huile combustible et impermanente, car non tant seulement elle même s'arde et se corrompt. Mais en ardant, sa même substance corrompt, et arde toute autre, et noircit tout l'ouvrage. Pour ce gardez que la propriété de la pure substance ne s'arde. Gardez-la de combustion par l'eau qui la défend par imbibition. Par l'autre corrup­tion qu'elle porte de par sa substance terrestre, ni elle n'a fusion, ni ne peut avoir ingression. Mais si elle est fixée, tantôt elle retardera et défen­dra droite fusion. Et encore fixer ne se peut si premier n'est calcinée. Et depuis qu'elle est calcinée, par artifice du monde, jamais après ne se peut fondre, car en substance de terre morte du tout en tout se retourne sous espèce métalline. Et pour ce cette substance corruptible prise d'entre les soufres corrompants et corruptibles qui sont contre la nature de l'argent vif, et contre perfection. Comme donc à la séparation d'icelle ladite vile substance comme elle soit en elle corruptible ne puisse longuement durer encontre le feu. Icelle convient du tout exterminer et séparer de la nature pure de l'argent vif qui plus longuement dure encontre le feu. Laquelle chose n'est mie faite sans degré de feu aidant à la Nature pure. Et icelle défaut de toute adustion, car la séparation de la première substance onctueuse est besoin que premier se fasse quand on est à la réduction, au regard de la souffrance de nature pure par cer­taines actions de chaleur par réitération jusqu’à tant que par sueur la chaleur en chasse la crasse qui couvre la face au dragon en forme de noir­ceur. Et par telles informations réitérées le subtil humide onctueux cor­ruptible comme il soit défaillant en feu se sépare de la substance fixe terrestre corruptible en forme de vapeur onctueuse et puante fort subtile. Et demeurera sa substance fixe toute exterminée en terréité fixe de laquelle jamais la pure nature de l'argent vif n'a après cure, mais du tout la refuse. Car l'adhérence d'icelle avec la nature pure de l'argent vif n'y était mie sinon par raison de son onctuosité qui était incorporée avec elle, laquelle maintenant elle a perdue. Car l'onctuosité tient symbole en nature et fait le moyen conjonctif par lequel divers monstres se font. Car elles prennent conjonctions naturelles, les natures qui sont de divers lignages. Et qui ceci ne sait, il n'est mie en son procès vrai Philosophe, ni rien ne sait de l'amour universel qui est es rarités de toute nature. L'autre substance terrestre fixe, comme elle n'ait point d'amour ni de colligénée avec la pure nature de l'argent vif par raison de son onctueuse perdition, nous icelle du tout séparons de la nature pure, et c'est par accident double. C'est à savoir en tant qu'elle a perdu et en tant comme après la nature pure épaissie et congelée se sépare d'icelle terrestre fixe par sublimation. Et par ceci évidemment appert comme jamais ladite substance terrestre ne se peut séparer par lavation simple. Comme tout temps demeure en l'eau son onctuosité, appert semblablement la forme de sa dissolution et les termes d'icelle. Comme en tout temps nous ayons métier d'humidité radicale et fixe voire subtiliée pour épaissir la nature pure de l'argent vif, appert encore plus la séparation de sa terréité cor­ruptible. Comme elle ne se fasse mie par elle mais par accident et la séparation de son onctuosité. Comme elle se fasse par elle et par accident, car l'argent vif la refuse. Et par elle, car elle est de nature volante non stable. Et par lesdites causes pouvez connaître si homme rustique de gros entendement peut faire ce magistère sans acquisition ou connaissance de cause ou de doctrine démonstrative. Comme sans la connaissance de la différence desdites substances nul homme ne puisse venir à la perfection de notre dissolution. Car ainsi comme il y a degrés de différences substantielles, ainsi y a degré de différences de chaleur de feu correspondant à icelle.
La tierce disposition, en retournant donc à la pratique est pour séparer la substance onctueuse qui cause la noirceur en la substance aéreuse de nature jà dite. Devez savoir que sa séparation se fait par autre information de plus grand feu tantôt administré à l'exigence de l'essence pure de nature après la devant-dite décoction hebdomadale. Et elle se varie en fortitude selon l'accroissement de la chaleur de nature et selon la conversion de la plus grande viande qu'elle prend. Car, comme au commencement selon l'ordre de nature elle ne se nourrit sinon à petit d'eau et après en plus grande quantité, ainsi comme par exemple nous prévoyons à l'éducation des enfants. Par conséquent au regard de la quantité de sa substance convertie qui lui a été donnée de l'eau après sa décoction hebdomadale graduellement, nous lui varions ladite information par dehors au regard de ce que dit est. Pour ce comme il y a trois cou­leurs principales, noire, blanche, rouge. Tout temps que vous verrez la terre noire, imparfaite sera et non compile. Enforcez donc chacune fois ladite information en fortifiant le feu petit à petit en la calcination jusqu’à tant que voyiez la terre toute blanche par la force du feu. Car ainsi comme la chaleur agente en l'humide onctueux engendre noirceur par la propriété de sa substance, ainsi la chaleur agente en la matière sèche engendre blancheur selon la propriété d'icelle. Et c'est la tierce disposition par laquelle nous ôtons la noirceur de l'air.
La quarte disposition-ci est universelle au regard de doctrine. Et c'est que tant de fois recommencerez toutes les trois devant-dites dispo­sitions en enforçant chacune fois la chaleur de la tierce information au regard de ce que j'ai dit, jusqu’à tant que la terre soit bien blanche. Et tout le temps qu'elle ne sera blanche, ne cessez de la abreuver. Et en icelle imbibition broyez-la fort. Et après autre fois la calcinez sans autre chose faire. Car l'eau et le feu tant seulement lavent la terre. Et l'obs­curité noire qui est en icelle de tout en tout ôtent d'icelle. Et pour ce sa préparation se fait toujours en l'eau. Et icelle la garde de toute adustion. Et telle que sera la pureté de l'eau, telle sera la pureté de la terre. Et tant plus sera préparée, lavée et dépurée, d'autant plus elle sera blanche. Ne vous oubliez pas de broyer la terre. Et de l'abreuver par longues broyures jusqu’à tant qu'elle soit sèche. Et ne vous ennuyez de recommencer ceci plusieurs fois. Car la terre ne peut jamais porter fruit sans fréquente irrigation. Et si la trituration n'est bonne, c'est à savoir qu'elle soit longuement continuée jusqu’à tant que l'eau soit faite un corps avec la terre, jamais ne vous profitera. Gardez donc que vous ne cessiez de les broyer et dessécher jusqu’à tant que l'eau soit sèche, et la terre blanche. Car la dessication faite par forte broyure et assation fait la terre blanche. Toutefois gardez que vous n'abreuviez pas la terre si ce n'est après sa dessication petit à petit par longue trituration. Et pour ce faire ayez métier d'avoir certain poids. Afin que trop grande séche­resse qui peut venir, ou par trop grande assation ou trop petite imbi­bition. Ni trop grande moiteur qui peut venir par le contraire, c'est à savoir ou par trop petite assation ou par trop grande imbibition puisse corrompre l'ouvrage. Pour ce est-il commandé que vous cuisiez tant votre matière en desséchant comme votre imbibition requiert ou tant que son humidité a muché de sa sécheur. Et après sa sécheur dissolvez tant icelle en abreuvant comme son assation pourra avoir desséché. Toutefois au regard de sa siccité, donc chacune fois tout temps après sa calcination de la terre versez de l'eau en attrempant ni trop ni trop peu. Car s'il y a trop, la chaleur s'en suffoquera et s'en aliénera. Et s'il y a trop peu, la matière ardra. Et sa propriété défaudra qui participe en longueur et lar­gesse et profondité. Pour ce gardez que souefvement vous le fassiez par ses termes, et non pas trop hâtivement. C'est à savoir en abreuvant la terre de huit jours en huit jours par longues broyures, et après en la cuisant en bain. Et puis en calcinant jusqu’à tant qu'elle soit blanche. Et ainsi par telles règles se nourrit notre enfant. Afin que lui nourri selon les règles puisse après régulièrement œuvrer sans passer les termes de son nourrissement que l'art lui a donné, ainsi comme fait le disciple sous la vertu de la discipline qu'il a eue de son maître. Et sous ce point-ci prouvent les Philosophes comme tout homme de raison doit être réglé par Nature en tant que nature perfective lui représente si entende­ment auquel il se doit informer et régler comme il doit sous toutes les puissances de l'âme le plus souverain en dignité pour acquérir toute perfection. Autrement si son entendement n'était réglé en tous ses actes, jamais les autres forces de l'âme il ne pourrait adresser ni informer pour acquérir vérité et perfections en toutes choses, si premier magistralement n'était réglé et informé par volonté d'homme constant en prenant exem­ple à la perfection et sagesse de Nature, laquelle par son entendement fait ouvrage d'entendement. Or entendez sous différences pourquoi nous endoctrinons la nature du mercure par certaines manières de nourrisse-ment sous les règles de mesure et de proportion en tant qu'il est possible. Vous devez savoir que comme en tout le monde ne se puisse trouver chose plus adhérente aux natures des métaux, ni qui soit plus amiable en elles que l'argent vif en sa nature fait. Pour ce le mêlons-nous en icelles natures. Et après le fixons en feu lent. Toutefois cette mixtion se fait par préparation et subtiliation desdites substances c'est à savoir fixe et volatile en tant que le volatil se puisse bien retenir par le fixe, laquelle rétention et fixion se fait en amourant la nature dudit mercure, et en l'assourgeant en la chaleur du feu par longue constance, et en nourris­sant et en augmentant sa chaleur naturelle jusqu’à tant qu'il puisse souffrir tout feu. Et ceci toutefois se fait sous certaines règles afin qu'il informe et puisse faire œuvre sous l'information réglée que l'art, par l'en­tendement de bon maître, lui aura donné, au regard de sa nature premiè­rement connue. Car comme nous avons intention de congeler l'argent vif en petite heure, et icelui soit cru luteux et flegmatique, et avec tout ce, légèrement s'enfuit et s'envole du feu sans inflamation et fort subtil. Pour ce est il besoin que nous ayons aucune médecine qui tantôt subite­ment devant qu'il s'en puisse fuir se puisse mêler en icelui et au plus profond de sa nature bien fort adhérer. Et en icelui fort conjoindre et amasser par menues parties et très subtiles afin qu'icelles s'épaississent en retenant (de) sa substance tant seulement ce qui est de sa nature pure selon le plus et le moins de sa propriété. Et qu'icelle chose le digère et mondifie en petit d'heure. Et que par sa fixion icelle retienne et con­serve au feu jusqu’à tant que l'on lui puisse bailler plus grande chaleur au regard de sa souffrance pour consumer et dégâter son humidité fleg­matique qui n'est point de sa perfection. Et encore plus qu'elle le conver­tisse tantôt en un moment en soleil et en lune. Par le bénéfice de cet ouvrage, pouvez comprendre non pas tant seulement la forme de la pro­jection mais semblablement l'intention de tout le magistère. Et par ceci est prouvé que nulle chose ne peut avoir plus grande convenance en la nature de l'argent vif que ce qui est de sa nature. Donc tous les Philo­sophes sages déterminent qu'en la nature d'icelui nous accomplissons ladite médecine. Et par engin lui prêtons forme de médecine, lesquels engins sont inclus sous cette récapitulation. L'intention de laquelle est que vous preniez le mercure fixe blanc et rouge, et qu'icelui soit préparé et subtilié avec la nature du volatil par ses engins, jusqu’à tant que la subtile substance d'iceux ensemble, blanche toutefois à la lune et rouge au soleil, puisse être parfaite avec la mixtion. Et ce qui la doit teindre, qui est chose plus connue à sa propre nature substantiellement que quel­que chose qui puisse être au monde. Après ceci s'achève la médecine en magistère. Et avec tous ses engins premièrement connus et trouvés par entendement réglé. Lequel par sa propriété s'adjoint plus à l'argent vif jusqu’à tant qu'il fonde légèrement, et l'épaississe et convertisse en soleil et en lune vraie par préparation philosophale d'icelui. Toutefois cette préparation pour la plus grande partie doit-on entendre en la forme de la mixtion. C'est à savoir en la manière propre par laquelle la mixtion se fait. Car de la seule manière de le faire prend la mixtion forme de laquelle naît la seconde vertu en notre médecine. Item, et par cette forme de mixtion se dispose sa matière mêlée à recevoir forme spécifique de vrai élixir de laquelle naît la tierce vertu en notre médecine par certaines différentes causes en la matière de nature, et est accomplissement de là chose. Jaçoit ce que par réitérations se puisse varier de mixtions en plus grandes vertus au regard des principes matériels déjà subtiliés par sem­blable manière. La forme donc de la mixtion en laquelle vous vous devez entendre est en la manière de l'assemblée des choses qui sont à mêler tout ensemble, laquelle se fait par voie de réduction. Observez les règles qui sont à la doctrine de la perfection intellective de Nature, car présup­posé qu'en poids et en mesure quantitative autant eût du compost en un mêlé comme en l'autre. Toutefois en l'un ni en l'autre desdits mêlés viennent les parties du composant sous le nombre de cent ou de plus. Car les éléments peuvent venir en un mêlé à moindres parties, et en l'au­tre sous plus grandes parties en nombre. Et en l'autre mêlé viennent les parties du composant sous le nombre de cinquante. J’ai pouvez connaître que la forme de rassemblement ou de la compréhension d'iceux ensem­ble se varie en l'un et en l'autre. Car varier la proportion des choses mêlables ensemble est chose nécessaire afin que l'assemblée se varie par différence causée, et par conséquent la forme. Ceci tant seulement en notre maîtrise appert au bon maître ingénieux par expériences naturelles, et non à autre. Par lesquelles causes jà dites vous pouvez comprendre deux raisons si vous voulez, par lesquelles pouvez obtenir la forme de parfaite mixtion. La première raison est la subtiliation élémentaire et préparatoire tant du fixe que du volage faites ensemble jusqu’à leurs parties élémentales à nature dépurées. Cette subtiliation et préparation s'accomplit par les différences des trois divisions de notre magistère ainsi comme je vous montrerai tout à plein par voie de pratique en temps et en lieu, car par les différences de la première ne se peut faire pour ce qu'à l'art trop peu aide Nature, mais par les différences de la seconde trop bien se fait en très noble préparation. Et c'est par raison de la nature qui lui a été préparée par la première division. Et par les diffé­rences de la troisième division s'accomplit du tout en tout. La seconde raison pour obtenir la forme de mixtion parfaite si est la manière de faire rassemblement des choses qui se doivent mêler toutes ensemble. Et cette manière ainsi comme j'ai démontré en la septième laveure par réduction et par composition et par conjonction de très menues parties premièrement dissoutes et assubtiliées par imbibitions menues et incor­porations de l'humide avec le sec, et du sec avec l'humide faites par tri­turations longues, et décoctions hebdomadales et calcinations naturelles par plusieurs réitérations d'imbibitions, contritions, décoctions et calci­nations, afin que la substance flegmatique du mercure se sépare et l'humi­dité née se puisse retenir en digérant. Et en cuisant par la chaleur de notre soleil, jusqu'à tant qu'elle s'épaississe, afin qu'elle, épaissie par telle information, puisse après semblablement épaissir autre mercure par la vertu de sa première règle. Car nous ne voulons pas qu'icelui épaissi transmue en forme de médecine et épaississe toute la substance de l'ar­gent vif, sinon tant seulement les parties radicales plus propinques, les­quelles se doivent convertir en nature d'or ou d'argent selon la forme de son mêlé. Et en ceci est tout l'ouvrage des Philosophes en cette maîtrise. Car ainsi comme la nature simple de l'argent vif en sa terréité a été par art domptée sur le feu au regard de sa perfection, et avec règles spéciales altérée et enseignée, étant en nature propre par certaines formes de mixtion et division.
Tout ainsi par telle manière ladite matière enseignée par assouagement et coutume dedans le feu changera et œuvrera quand après est appli­quée avec autre argent vif cru. En retenant et épaississant tout ce qu'il trouvera en icelui de sa semblable nature, et en refusant tout ce qui est à elle flegmatique et terrestre. Voyant perfection en nature qui par art se tire de puissance en acte, ladite perfection en son ouvrage vient de sa propriété, laquelle dite nature mercurieuse a prise de la manière de la mixtion faite en sa coction ainsi comme dessus ai dit. En telle manière que l'opération qu'elle fait tout temps suit la forme de sa mixtion. Com­me donc la forme est en la manière de faire et son ouvrage dépende d'icelle, gardez donc comme vous constituerez sa forme par opération. Ni comment la ferez. Ni par quelle œuvre elle la peut prendre. Et enten­dez-la bien premièrement. Car si par aucune des réductions naturelles vous la pouvez mêler en telle manière que la plus grande partie de l'humidite en sa décoction et inspissation se puisse conserver et fixer au regard de la raison de sa subtilité, tant plus grande partie de l'humidité de l'argent vif à elle tirera et épaissira, et congèlera. Ceci est le feu qui ainsi par artifice est engendré, et s'appelle chaleur naturelle lieutenant et vi­caire du soleil. Pour ce car il fait en un moment ce que la chaleur du soleil fait en mille ans. Et sachez que son humidité mieux se conserve en sa mixtion quand plus est subtiliée et préparée. Ainsi comme vous verrez en la seconde division par raison de ses différences au regard de la première division, et en la troisième encore plus, au regard de la seconde et de la première.

Incident universel pour réformer l'entendement sur le nourrissement de la pierre, et comment ce n'est autre chose, sinon mouvement fluant de chaleur naturelle.

Vous devez savoir par connaissance de réel entendement que quand il advient que les parties de l'humide radical continuement se dessèchent, aidant à ceci la chaleur par dehors en résolvant toute l'humidité née, adonc s'ensuit la mort au corps. Pour ce car il n'a mie en lui humidité vivificative en laquelle la chaleur naturelle s'échauffe. Et ceci manifes­tement appert es ouvrages des calcinations selon le plus et le moins. Mais quand par maintes fois est abreuvée et par petites parties divisées et mêlées en cuisant souvent tant seulement à résoudre la fumée eaueuse et dessécher et épaissir son humidité radicale, adonc la chaleur naturelle s'augmente et s'accroît et le feu se multiplie. Et ainsi nourrissement n'est sinon mouvement fluant de chaleur naturelle qui a position, dont disent les Anciens que le corps animé n'est mie que nombre numérant, et lui-même mouvant. Car le compost tout temps est de plusieurs par­ties continuées et divisées lesquelles tout temps se nourrissent, et tout temps défluent. Car en tout temps il y a flux et déperdition pour ce lui convient-il tout temps donner nourrissement afin que flux se fasse et restauration tout temps jusqu’à tant qu'il soit venu à son terme. Et ainsi appert que tout nourrissement se fait par éjection et rétention de parties diverses. Car la rétention tout temps se fait de partie du nour­rissement par raison de l'assimilation qu'elles ont en nature avec le nourri. Mais l'éjection est faite des parties dissemblantes à nature et contraires à unité. Et pour ce c'est chose nécessaire que tout nourrisse­ment porte en lui fèces. Toutefois chacune part du nourri est nourrie. Par les choses dessus-dites vous soit déclaré la sublimation du mercure et la séparation de sa substance terrestre, et de sa superflue aquosité qui sont les parties dissemblantes en contrariété à la substance moyenne mer-curieuse laquelle tant seulement de semblables parties en nature propre se nourrit et s'accroît et se multiplie, toute autre chose étrange refusant. Et si vous voulez savoir de quoi le nourrissement se confit, je vous dis que de sel de nature et d'eau vulgale. Car l'eau qui est mercure vulgal par sa stérilité se mêle avec le sel de nature dissout afin qu'il soit fait nourissement roratif et subtil dont disent les Philosophes que jaçoit qu'au­tre bénéfice nous ne puissions avoir de l'argent vif. Sinon autant qu'il nous rend les corps subtils et roratifs en les transformant en sel de nature de métal suivant forme métalline, assez nous suffit. Car ce sel comme il soit nature de métal assubtiliée par dissolution au ventre dudit mercure aide fort à faire le nourrissement par raison de sa similitude en propre nature, et par la stypticité de sa salinité laquelle en l'universe décoction par résolution de son humidité subrefluable a acquis et gagné acuité sulfurique en chaleur, et par conséquent impression refrénant et corrigeant l'aquosité qui lui vient de par le nourrissement digestible, sans lésion ou séparation de l'humidité innée. Et pour ce sitôt comme l'art a mêlé l'humidité nutrimentale avec le corps par imbibition en manière de rosée et longue broyure. Après, Nature mue et informée par chaleur de dehors meut et informe toute sa matière et emplit tout le corps de vapeurs nutritives en telle manière que les superfluités d'icelles vapeurs qui sont dedans, ainsi comme entour la superficie, sont jetées dehors par résolution faites par la chaleur innée de l'humide radical coagulé avec l'aide de la chaleur du dehors à lui correspondante. Toutefois premièrement, en attrayant s'épand de tout en tout par dedans et noie les choses de dedans qui sont à l'entour de lui, ainsi comme choses lavant et torchant. Et adonc quand se veut jeter dehors, elle démontre sa superfluité par éjection et écorce noire, ainsi comme s'appartient avec la partie de laquelle écorce l'aquosité simple de l'argent vif s'en va. Et devez savoir que la devant-dite écorce est la superfluité de notre vinaigre coagulé et exterminé ainsi comme en fuliginosité de corps onctueux. Et ainsi par telle manière se sépare le véhicule de l'autre nourrissement dedans la matière en laquelle se fait la digestion de l'humide radical.

Comment se doivent observer les deux termes pour acquérir mesure en l’œuvre de Nature

Nous avons dessus-dit que trop grande imbibition ou trop grande dessiccation peut bien l'ouvrage corrompre. Mais petite imbibition ne peut faire mal. Mais qu'il lui soit administré de son contraire, c'est à savoir de dessiccation tant que ce requiert à la petitesse de ladite imbibition. Ni petite dessiccation ne peut faire mal. Mais que semblablement lui soit administrée eau par imbibition tant qu'en requiert à la petitesse ou por­tion de son assation. Et est ci dessus-dit que desséchiez tant votre matière en cuisant que votre dissolution requiert. Et après sa sécheur la dissolvez tant en abreuvant quand elle aura défailli en son assation. Trop et peu sont termes fort contraires de multitude et de paucité.
Mais le trop est en tout temps hors de la latitude de mesure. Mais petit qui est contre le terme de trop est en tout temps dedans les fron­tières de la mesure de Nature. Et pour ce est-il terme fort à louer. Soit en abreuvant ou en desséchant par quoi petite imbibition requiert tout temps petite dessiccation. Et petite dessiccation requiert en tout temps petite et étroite dissolution, mais petite dessiccation. Et trop grande imbi­bition ou petite imbibition et trop grande dessiccation comme ils soient termes remots extraines et contraires du moyen vertueux, jamais en iceux mesure ne se peut trouver. Pour ce que le trop est en tout temps la confusion du peu. Ainsi comme le peu ne peut trouver mesure en la­quelle se puisse reposer par la forte aigre pointure que son contraire lui donne en tant quand il peut, semblablement. Et si les deux dispositions se font toutes ensemble tant seulement par le terme du trop, c'est à savoir que l'imbibition soit trop forte, et sa dessiccation semblablement trop forte. Il appert que comme tels termes transgressent les termes de Na­ture, en icelui ne devez quérir mesure ni proportion. Et pour ce disent les Philosophes, souef et petit à petit la terre abreuverez, cuirez et calci­nerez. Toutefois quand je dis peu je le dis au regard de la vertu de la terre. La proportion duquel peu a assez grande latitude dedans les termes de la mesure de Nature. C'est que moins peut-on errer par peu que par trop.
Et plus tôt se corrige l'erreur du peu que du trop. Car l'extrémité de la petite imbibition rien ne peut faire au regard de la vertu forte de la terre convertissant à l'attrempement sa sécheur. Mais par successive imposition et suave dessiccation tôt se rectifie. Et pour ce comme entre ces deux termes soit à observer forme et manière par lesquelles puis­sions venir à icelui vertueux moyen dedans lequel l'espèce de nature métalline se doit sauver. Et par ainsi nous devons recourir aux deux effets contraires qui procèdent de la vertu opposite des deux termes des­sus-dits par opération lunatique ou éclipsatique par différence proportion-native ainsi comme effet de cause. Et comme effet de cause ne peut être bien connu sans cause. Premier devons énarrer les causes dont je vous dis qu'en tout temps effets contraires procèdent de causes contraires, et la contrariété de l'un fait tout temps connaître la diversité et contrariété de son autre contraire, étant sous contrariété pure ou sous différence de contrariété. Et de cette dernière naît différence de concordance par la­quelle nous venons à l'amour de nature substantielle en tous ses acci­dents, car différence substantielle tout temps est cause de l'effet de nature et de tous les accidents qui sont en elle. En retournant donc à la déclaration des causes afin que mieux puissiez connaître ses effets en toutes leurs œuvres qui dépendent d'icelle, savoir vous fais que les dits termes sont pris en cet ouvrage selon que diversement sont contractés, ou bien, ou mal, ou moyennement. Par quoi appert en savoir les con­tracter est toute la manière d’œuvrer et tout le secret de cet art. Disons donc premier que le terme de calcination est cause de dessiccation et de corporalité et de mortalité et de fixion et de difformité et de disconti­nuité. Et de ceci entendez avec la latitude de son moins ou de son plus selon qu'il est contracté par mesure ou sans mesure. Car selon ce qui est contracté selon se montre propre effet par quoi il appert que propre ou­vrage tout temps démontre œuvre propre. Et toutefois ouvrage propre on ne peut savoir ni connaître sans entendement, dont disent les Philo­sophes que tant plus l'homme œuvre proprement d'autant doit-il avoir entendement, par quoi si nous voulons avoir ouvrage propre il nous con­vient avoir propre entendement pour régler l'ouvrage selon les différences contrariantes ou concordantes à l'intention de Nature qui est cause de perfection. Car propre et dû entendement fait faire propre et dû ouvrage. Et propre et dû ouvrage fait obtenir propre et due vertu de laquelle vient perfection en toutes choses morales et naturelles. Notez ceci car c'est doctrine universelle et pour sauver vous-mêmes des peines d'enfer. L'au­tre terme contraire à calcination est inhumation faite par imbibition. Et cette est cause de ramoitir la chose sèche, d'épaissir la chose corporelle, de revivifier la chose mortelle, de faire mouvoir et voler la chose fixe. De faire légère la chose pesante, de faire uniforme et une, la chose dif­forme et divise, et de continuer leur espèce métalline en vertu de la nature du moyen métallin. Ces choses-ci sont qui mettent et fixent au corps mort caléfaction et animation qui sont cause de vie corporelle. Mais qu'ils soient faits en manière due propinque à la mesure de l'actif principe de nature en forme de moyen. Et que les inhumations soient faites avec cha­leurs mesurées et proportionnées aux effets de nature, et avec froideur complexionnées. C'est à savoir que les chaleurs soient dérompues par les froideurs, et les froideurs semblablement soient dérompues par les cha­leurs. Itel acte mixtié qui est entre froid et chaud met les âmes dedans les corps pour attremper iceux afin que plus grande vertu puisse recevoir de plus grande arme et de plus grande puissance pour venir à plus grand attrempement. Car comme l'âme soit attrempée de sa nature, métier est qu'elle attrempe les corps non attrempés, et qu'elle se mette avec œuvres de mesure ainsi que dit est. Car mais que les ouvrages dédits termes c'est à savoir de assessation et imbibition après la décoction hebdomadale soient faites par manière de mesure et de proportion, esquelles sont les vertus qui après œuvrent les choses de nature. Car tout le fruit de cet art au regard de Nature tant seulement se ventile en proportion et com­position. Comme donc notre compost ait métier qu'il soit proportionné, métier est que tel moyen vous obteniez par vertu des œuvres mesurées au regard de sa nature. Et quand plus ses œuvres par manière de mesure sont faites regardant toujours à la raison de la forme de la nature du moyen que vous voulez composer, d'autant nécessairement ladite nature représentera forme de moyen compost par noble proportion en longitude, latitude. Et profondité participant avec nature d'argent vif de l'un côté, et de l'autre avec élixir parfait. Comme donc itel moyen soit par vertu de ses œuvres mesurées il se démontrera formellement entre sec et hu­mide, et entre chaud et froid, et entre dur et mol, et entre fixe et volant. Et ceci vient d'imbibition mesurée et d'assation proportionnée. En telle manière attrempons-nous le sec avec l'humide, et l'humide avec le sec, et le chaud avec le froid, et le froid avec le chaud, et le dur avec le mol, et le mol avec le dur, et le volant avec le fixe, et le fixe avec le volant. Car métier est que chacun souffre longuement en propre mouvement, et prenne altération et change l'un de l'autre, jusqu’à tant qu'ils soient venus à la nature dudit moyen par les œuvres proportionnées au regard de sa nature. Et au regard desdites choses pouvez comprendre le con­traire, c'est à savoir que si de tout en tout l'esprit humide s'est dessé­paré du corps par trop forte assation et proportionnation, jà le compost ne tournera entre mol et dur, ni le sec ne demeurera attrempe par l'hu­mide. Comme jà il se soit desséparé d'icelui, mais sera du tout désat-trempé quand le terme de l'assation aura été ineptement élevé sur le terme de la droite tolération de l'humidité qui conserver et coaguler se doit avec le sec pour retenir la chaleur de nature. Comme elle soit cause de vie et de mouvement d'ingression, et de pénétration, et de teinture. Ni l'humide ne pourra avoir persévération ni fixion permanente s'il n'était coagulé et lié avec la nature du sec. Car la chose sèche comme elle soit esprit fixe, retient le volatil qui ne s'en peut fuir par feu qui soit. Et en nulle chose de nature ne se peuvent trouver tels esprits fixes radicaux sinon dans le soleil et en la lune. Et pour ce en dissolvant les esprits fixes, nous coagulons et fixons nos esprits volatils. Et ainsi de tels esprits fixes faisons médecine pour convertir les métaux. Et sur ceci fort et collaudablement Geber dit aux enfants de vérité par doctrine réelle. Et est chose fort à noter que si par aucune médecine voulez con­vertir les corps, il est métier qu'il se fasse par le bénéfice des esprits fixes permanents avec bonne ignition dissous, car en telle dissolution ils gagnent impression et ingrès dedans les corps par raison des esprits volatils avec lesquels ils se lient. Et les esprits volatils gagnent fixion et permanence avec les corps teignants et persévérants. Et en autre manière ils n'y demeureraient point, ni dedans d'autres ils n'auraient d'ingrès. Et l'esprit volant est de telle nature que d'autant comme l'esprit fixe est de sa propre nature de fixion permanente encontre le feu, d'autant le volatil se fixe avec lui. Pour ce prenons-nous les esprits fixes du soleil et de la lune comme nous voulons fixion d'autres corps avec droite fusion. En­tendez donc la dissolution desdits esprits fixes et radicaux non pas en extrémité que de tout soient à retourner en eau, mais en médiocrité qui est faite avec la rétention et coagulation, et mutation des esprits volatils avec les fixes en gardant la mesure quand vous œuvrerez qui est entre trop et trop peu d'assation et d'imbibition.

Pourquoi est faite assation.

Nous faisons l’assation moyenne pour deux causes. L'une est afin que les parties convenables et inflammables des soufres onctueux corrom­pants et corruptibles se délient et se desséparent des esprits fixes calcinés, lesquelles parties convenables par la continuité d'icelles avec l'argent vif se défendent au feu devant leur calcination. L'autre cause si est afin que l'humide volatil coagulé et lié avec le fixe radical se dessèche de toute-humidité flegmatique, et en forme de chaux de nature de métal se retour­ne. Et non pas en forme de métal ni en pièces grandes, mais en menue chaux. La cause pourquoi il se congèle en menue chaux est par raison. de la grande terréité sèche des esprits fixes entremêlés avec la substance dudit humide volatil en parties très menues. Et par raison de telle incor­poration et entremêlement se trouble la continuation dudit humide, et par conséquent se cause porosité en sa chaux par où entre le nourrisse-ment multiplicatif. Et par ceci pouvez entendre que l'imbibition doit être sèche en tant comme le sec doit surmonter sur l'humide. Et la qualité de l'eau souffrir de la qualité de la terre comme la sienne substance soit à transmuer en terre. Toutefois la terre telle sera que sera la nature de l'eau terminée afin que la porosité de la terre fixe ne se perde par trop grande continuité d'imbibition. Car si les parties calcinées de la terre fixe se continuaient en l'argent vif, jamais l'argent vif ne se pourrait terminer, car la qualité sèche de la terre qui doit chevaucher sur l'humide serait morte. Et ainsi l'humidité ne se pourrait convertir en chaux de nature, mais se coagulerait en corps imparfait. Item la sulfuréité étrange ne s'en pourrait jà voler mais se continuerait dedans le ventre de l'argent vif et se défendrait encontre le feu. Ni le feu ne pourrait jà passer en argent vif en telle manière qu'icelui ne pût ni ardoir ni élever. Gardez donc que porosité ne se perde en la matière, afin que ladite sul­furéité corrompante s'en puisse fuir et voler, et le feu qui passe par icelle du tout ardoir et élever. Ainsi ferez les parties rares du fixe et du volage amasser tout ensemble en telle manière qu'en cendre par discon­tinuation de rarité se convertiront. Et en telle rarité se fait la chaux de nature de l'humide nutrimental. Mais notez bien assation et imbibition. Encore y a autre cause pourquoi assation doit être mesurée avec restau­ration de l'humidité. Et c'est pour garder la nature pure d'ardoir, et icelle multiplier. Itelle mesure est cause de perfection pour faire les chaux de nature avec pourrimens des essences de nature, après lesquels pourrimens verrez aussitôt les scintilles blanches. Itelle enseigne montre la terre quand elle commence à blanchir et est vivification des corps et mortification des esprits. Entendez voir faits par mesure, car d'autant que l'esprit se mortifie d'autant le corps se vivifie. Pour ce que la mortification de l'esprit est cause de la vivification du corps. Qui donc par mesure ne sait mortifier nul temps il ne saura les corps vivifier. Et qui les corps par mesure ne sait revivifier, jà nul esprit il ne saura mortifier. Si donc tu veux savoir où tu trouveras mesure, va-t-en à l’œuvre de Nature. Et si tu veux faire ainsi comme fait Nature tout temps prendra l'ouvrage de mesure. Sachez que l'effet est le fruit de tout le cours de Philosophie, qui seulement dépend du terme de mesure au regard de Nature, laquelle mesure est difficile à trouver en toutes choses, et plus en l'unes qu'en l’autres. Ainsi n'est-il mie à chacun à trouver en cercle, mais tant seule­ment au sage géométrien et réel en nature.

Pourquoi est faite imbibition.

Nous semblablement faisons l'imbibition par mesure pour deux causes principales. L'une si est que comme les esprits fixes soient cause de la perfection des corps imparfaits et rétinacles des volatils et iceux soient mêlés avec les sulfuréités comburantes et combustibles en la racine de nature. Pour ce les convient-il attremper après leur calcination par imbibitions d'eau afin qu'elle les garde d'ardoir en la racine de leur nature. Et non mie tant seulement les fixer mais les coaguler et amasser avec iceux. Comme ils soient par petites parties mêlées avec les combu­rants en telle manière que l'une partie ne peut défendre l'autre par la cause de la discontinuation. L'autre cause est pour séparer et dissoudre la substance terrestre fixe et unie en la racine de nature pure, laquelle en autre manière, ni par calcination ni par engin de feu (ne) se peut séparer ni mondifier de la substance terrestre féculente et impure, la­quelle soit fixée par extermination de calcinations et d'assations. Et pour ce elle demeure fixée en manière d'écorce noire vitrificatoire. Et l'autre qui est de séparation nous séparons par sublimation et élévation de sa volatilité qu'elle a prise de l'argent vit volatil avec lequel s'est amassée et unie par raison de convenance naturelle qu'il a avec elle. En autre manière nous ne la pourrions bien monder ni séparer d'icelle sinon avec telle résolution, élévation et ablution des parties fixes et volatiles avec telle mixtion comme nous avons dit. Car l'argent vif retient toujours tout ce qui est de sa nature et l'étrange refuse. Et pour ce quand aucun vous dira que vous nettoyez les corps par calcination, entendez de la substance terrestre combustible qui n'est mie unie en la racine de sa nature. Car la substance de la terre unie ne se peut nettoyer par calcination si ce n'est par la manière que j'ai dite, c'est à savoir ou avec la substance volatile de son argent vif élevant icelle par sublimation et laissant la substance terrestre qui est contre sa nature, ou avec la médecine faite après de tel argent vif sublimé et dissous avec forte et bonne ignition qui puisse icelle musser. Et attremper, sceller et convertir par le bénéfice de sa grande lucidité et resplendeur, et convertir en or et en argent par sa fixation. Ou icelle du tout en tout se sépare du mêlé par sa perfec­tion. Notez bien donc mesure en l'ouvrage de nature, car avec elle obtien­drez tout ce que vous voudrez. Encore plus devez noter que ainsi que nous avons deux termes par extrémité contraire hors de la latitude de la mesure de l’œuvre de Nature, ainsi avons-nous par iceux deux morts qui sont deux destructions en la matière de Nature. Et pour ce itelles morts qui viennent de la qualité de tels extrêmes contraires ne sont point de l'intention de Nature, mais sont hors de la raison de son entende­ment. Car jaçoit ce que comme sécheur et froideur sont qualités mortificatives non ne veut prendre d'iceux sinon autant que touche la mesure de sa perfection par manière de retenir par mortification, et avec manière de faire mouvoir et aller par vivification dont je vous dis que vivification se fait par humidité et chaleur car c'est chose de vie et de mouvement. Mais mortification se fait par sécheur et froidure, car c'est chose de toute débilitation pour mieux savoir connaître et élire iceux qui œuvrent à la proportion et à la mesure de Nature, et laisser échouer iceux qui œuvrent hors de proportion et contre mesure de Nature. Disons donc en réduisant lesdits termes en confrontation et débilitation que toute débi­litation vient de trop ou de peu. C'est à savoir de trop grande et de trop petite imbibition et de trop grande et de trop petite calcination. Car en ces deux termes sont les extrêmes qualités mortelles. Par trop grande imbibition et inondation d'eau la chaleur naturelle s'éteint par ingrossation et le corps se roidit et s'endurcit par trop grande froidure outre proportion. Et par trop grande calcination la chaleur se perd et la teinture s'arde par raréfaction ou subtiliation de l'humide radical qui du corps se dissout par trop grande chaleur outre proportion, lequel humide est sujet et propre rétinacle de la chaleur naturelle. Et pour ce si ledit humide auquel la chaleur naturelle s'est alentie devant que d'être coa­gulé ou se tienne par naturelle inspissation, jà n'aurez corps en vie la­quelle vie est la noble complexion que le corps prend dudit humide coagulé et de ladite chaleur retenue en lui. Et en ces deux ensemble conjoints sont retenus les vertus des étoiles qui font œuvrer ladite matière coagulée portant enseigne d'espèce de métal. Appert donc que si tel humide vivificatif nous voulons coaguler avec toute sa chaleur complexionale, comme elle soit fugitive et spirituelle, métier est qu'en cha­leur mesurée soit à conserver à l'exigence de la tolérance de son essence jusqu’à tant qu'il s'épaississe. Et par raison de son inspiration acquiert aucun terme par approximation à fixation par lequel puisse petit à petit souffrir élévation de plus grand feu. Comme donc débilitation vienne de trop et de peu tant en l'imbibition qu'en la calcination jà est démontré de par ses contraires que tout temps la mesure d'iceux sera cause de confortation. Pour laquelle chose vous devez savoir qu'en tant de ma­nières vous pourrez la vertu factive de la pierre conforter, et quand icelle vous pouvez débiliter, car autant quand un des deux contraires est dit et connu d'autant est son contraire fermement retenu et su ainsi comme nous dirons en général au chapitre de confortation. Parlant donc de mesure qui fait à confortation je dis que comme siccité grande et humidité trop grande soient cause de débilitation, mesure de sécheur et mesure d'humidité sera cause de confortation. Or prenez les termes qui sont en latitude de mesure. C'est à savoir calcination et imbibition en laissant tous ceux d'extrémité sachez que le terme de calcination qui est en latitude de mesure selon le plus et le moins ouvre tout temps eh débilitation par lui, et en confortation par accident. En débilitation par lui en tant que purge la chose qui naturellement se termine, comme nulle purgation se puisse faire en radicalité sans aucune débilitation ni perdi­tion d'humide radical. Mais en confortation il œuvre par accident, comme il soit dedans les termes de la mesure de nature jà dite, en tant quand il fait à la conservation de son humidité. Et à sa coagulation et termination sans la plus grande perdition de radicalité. Semblablement tout au con­traire comesuratif de nature qui participe en différence de concordance et non pas de contrariété ainsi comme font les extrêmes remots qui sont hors de mesure vitale. Le terme d'imbibition qui est en latitude de mesure selon le plus ou le moins œuvre en tout temps en confortation par lui en tant quant il restaure la chose perdue. Et ramoitit la chose sèche, et vivifie la chose morte, et enforcit la chose faible, et accroît la chose diminuée, et attrempe la chose désattrempée et l'apporte à plus grand attrempement. Et en feu garde icelle d'ardoir, et maintes autres choses fait. Itelle confortation qui est faite par lui avec imbibition me­surée œuvre à Rencontre de la débilitation dessus-dite faite par lui par calcination proportionnée. Mais en débilitation elle œuvre par accident, c'est à savoir en tant qu'elle œuvre à la construction de l'humide radi­cal lequel se réduit en confortation par raison de la mesure de son imbi­bition. Et ainsi vous avez que en quantes manières pouvez la vertu de votre propre débilité en tantes manières conforter. En calcinant tant votre matière que votre imbibition requerra, et après en abreuvant tant icelle que la calcination pourra avoir desséché.
Toutefois gardez-vous et de trop grande calcination et de trop grande imbibition. Œuvrez donc tant seulement par les termes que vous trouverez en la latitude de mesure. Car chacun d'iceux correspond à son pair avec différence de concordance, de laquelle vient l'amour de colligence et de toute attrempance. Cette différence de concordance si est que comme par raison de calcination mesurée soit métier que sécheresse en la matière tout temps ait seigneurie à la réduction de l'humide. C'est ce que tout temps en l'ouvrage induit débilitation. Et approximation de l'humide au terme d'aucun signe de mort, pour ce que telle siccité est qualité mortificative. Mais toutefois jà par calcination mesurée ne pourra tant avoir desséché ni mortifié que par imbibition proportionnée encore plus sur la débilitation et mortification soit confortée et vivifiée en plus grande vie et en plus grande vertu. Ainsi par telles qualités mesurées mortifions-nous les esprits. Et vivifions les corps par éjections et appo­sitions. Car assation mesurée œuvre par éjection et rétention. Et par éjection et rétention mortifions iceux. Et imbibition est faite par appo­sition mesurée. Et itelle apposition œuvre à la revivification et rescussitation de la chose morte. Et ainsi avec les esprits morts les corps se rescussitent en mortifiant les esprits par assation. Et en rescussitant les , corps par imbibition et inhumation de la chose sèche et morte avec la. chose humide et vive et animée. Comme donc soit ainsi qu'il convienne tout temps à conforter les esprits mortifiés pour revivifier les corps. Et iceux retourner en nature de ferments attrempés et animés, et ledit con-fortement et revivifiement se fasse par nature vive des esprits humides vivificatifs. Nécessaire chose est qu'ils soient fort exhubérés et bien ani­més par chaleur de graisse naturelle. Et en la manière de faire cette exhubération se fait multiplication de teinture, car quand tel esprit par le corps se transmue, adonc il commence de l'accroître en quantité, et de le nourrir tant matériellement que formellement. Et quand il appert en ceci, il s'infuse dans le corps par successive imbibition en manière de rosée. Adonc attrempez la chaleur consomptive des esprits mortifiés en revivifiant iceux. Et par conséquent leur restaure leur perdition en répa­rant et accroît et multiplie toute leur substance, car matériellement et formellement est de leur propre nature. Et pour ce il se transmue en la propre substance d'iceux. Si donc dédits esprits vous n'abreuvez votre terre par apposition en manière de rosée tantôt par la chaleur du feu qui est dedans le corps sec tous les esprits morts se confondront, et les tein­tures s'ardront en combustion hâtive. Pensez donc d'abreuver iceux avec la rosée de pluie d'été pour attremper iceux de chaleur. Et soit fait après leurs dessiccations, en mêlant et incorporant par contrition l'humide avec le sec, le vif avec le mort, l'esprit avec le corps jusques à tant qu'ils soient faits tout un en forme de terre sèche. Et mettez cuire. Ainsi les corps se garderont de combustion. Et par ceci devez connaître par enten­dement réel propinque à la réalité de Nature la sage. Que comme itelle eau spirituelle jà dite soit matière de la nôtre pierre ou du compost mêlé : vous pouvez affirmer qu'elle nourrit et accroît les esprits devant-dits selon la manière jà dite. Car la chaleur naturelle des esprits jaçoit que ainsi comme chaleur naturelle soit tout temps attrempée, n'a métier de se refroidir. Toutefois comme elle soit intense et fort excitative de par les fumosités concluses du compost a métier du bénéfice de l'imbibi-tion de la première eau attrempant icelle à la réparation des esprits. Car la chaleur est tout temps consomptive des fumosités d'iceux en résol­vant. Et pour ce si en leur propre eau n'étaient abreuvés à restaurer leur chose perdue tantôt s'ardrait leur humidité radicale avec laquelle s'échauffe et multiplie la chaleur naturelle qui est la teinture substancielle avec tous ses accidents. Par laquelle chose si l'humide radical s'arde, tantôt se suffoquera la chaleur naturelle qui est en lui et périra et ardra sa substance du tout comme il n'y ait point de l'humidité aéreuse substantielle en laquelle et de laquelle il se puisse substanter ni par elle multi­plier. Et ainsi se perd toute la teinture. Pour ce sachez que toute l'étude des Philosophes a été aux imbibitions. Car depuis que la matière du soufre et de l'argent vif a été mise en amour avec large et due dissolu­tion binale. C'est à savoir premièrement de l'humide cibal exhubéré, et puis du radical résout liquéfié et pourri en quantité d'humide exhubéré amassé et sublimé avec l'eau résoute premièrement de sa propre nature, et après dépurée par séparation et rectification de ses parties élémentales selon la manière de leurs propres différences. Tantôt au regard de Nature entendirent les autres dits Philosophes que pour avoir chose de perfec­tion en nature convienne icelle obtenir par voie de nourrissement par mixtion faite de petites et diverses parties de l'humide et du sec tout ensemble mêlés par étroite proportion. Et de conforter la vertu de sa terre et du feu par vertu de leurs eaux par imbibition au regard de la succession de lignage, lesquelles vertus immenses sont en toute la matière universellement, tant es élémentales qu'es célestes. Et pour ce à icelle proportion de forme ou de mixtion de la chose que nous entendons aduire par sublimation en forme de pur soufre sec, nous faisons les imbibitions par portion étroite, afin que forte digestion se célèbre dedans l'humide et forte conversion d'icelui en sec se fasse. Car jà savons que toute vertu qui a à convertir plutôt et mieux et plus fermement convertit le petit divisé que ne fait grande quantité et non divisée. Car le nôtre soufre a métier qu'il soit plus fort digéré que n'est le métal. Pour ce est-il besoin que la confortation de la vertu convenante jà se fasse par étroite imbi­bition en manière de rosée. Et ainsi par les choses qui confortent la nature dudit soufre, est aidée la vertu naturelle d'icelui afin que par forte digestion induisent pureté et luminosité en la manière de nature, en telle manière se fera cette nôtre préparation et purgation, effet et œuvre de nature optative et effective. Et ainsi comme propre instrument sera orga-nicalement effet de l'art. Car l'art n'œuvre point quant à l'effet de la préparation naturelle. Comme ladite préparation ne soit sinon œuvre de nature. Et pour ce l'art ne la peut faire sinon tant seulement organicalement disposant et administrant, aidant et desséchant à la matière de nature. Et adonc ladite nature ainsi comme sage et discrète par entendible cure, œuvre à la purgation et préparation de sa perfection. Or afin que vous n'ignoriez la vertu et pouvoir de cette honorable nature, vous devez savoir que nulle forme spirituale excepté l'âme qui est dissoute des corps qui peut mouvoir sa matière de laquelle est effet et perfection par mouvement de génération. Et pour ce premier nous dissolvons les corps afin qu'après dissous résolvent la matière de leur nature par mouvement de génération. Et quand ils sont dissous nous les appelons âmes et vertus et pourvois par raison des œuvres qu'elles démontrent selon le plus et le moins au regard des natures auxquelles sont converties et transmuées. Car les vertus desdites âmes sont tant de grands pouvoirs qu'elles de tout en tout par raison de leur substance muable subtile et spirituelle participent en fixion selon le plus et le moins mouvant le plus profond de la matière de nature. Et icelle fort assubtilient en dépurant. Et après la transmuent partout en pures et vraies formes ressemblant aux-dites âmes, laquelle chose jamais ne pourraient faire si premier par mixtion naturelle ne se mêlaient avec les matières de nature jusqu’au plus pro­fond d'icelles. Et pour ce illec font leur mouvement et transmutation. Et ainsi font-elles des naturels corps esprits, et des matières terrestres formes de nature céleste. Ces âmes nous appelons esprits et formes et vertus et natures célestes. Et pour ce dit Fledus au livre de la secrète compagnie :
0 nature céleste qui ainsi convertissez tous les corps en esprits. Pour ce je vous dis que sans elle ne se peut faire noirceur. Ni blancheur ni rou­geur. Mais par icelle se fait toute perfection avec l'avantage que Dieu lui a donné de la haute vertu muable liée avec la basse vertu fixe. Itelle vertu haute nonobstant qu'elle soit matérielle en son altitude, vainc et déconfit toutes choses basses par la cause de sa similitude, rareté et subti­lité, et acuité, et toute chose rare œuvre en toute chose épaisse. Et ceci est la nature honorable qui transmue les choses corporelles en formes précieuses. Benoît soit Dieu maître et créateur de toutes natures qui de telle vile matière, comme elle soit corporelle et corruptible, a créé tant de précieuses choses sans aucune mortalité ou corruptibilité, laquelle est appelée ciel environnant, et contenant la terre, et tout ce qui a métier en forme sphérique et ronde. Et petit monde au regard du grand par raison de son intégrité, et esprit et âme par raison de sa perfection incor­ruptible, et première nature des lignages homogénéens, et forme des formes. Car la terre et la chair se prennent en ciel et esprit. Si donc l'esprit vainc la chair, la terre montera au ciel tout sublimée honorée, et exaucée. Car comme ladite vertu active de ladite âme ou dudit esprit se transmue par toute sa matière naturelle, icelle fait ressembler à elle. En faisant d'icelle matière corruptible forme incorruptible. Afin que par la vertu de telle assimilation fasse effets univoques ou équivoques. Et ceci est propriété de formes. C'est à savoir tout temps faire et œuvrer en la matière de nature par mouvement jusqu’à tant qu'icelle transmue en forme semblant à elle par la vertu incorruptible de sa perfection. Et de corruptibilité l'ait porté à incorruptibilité. Item la nature simple essen­tielle est le premier mouvement de la souveraine nature muable, et du repos après sa perfection. Car adonc le mouvement de la souveraine nature muable se repose en lui-même sans corruption aucune. Si en telle simple et essentielle nature première les corps sont premièrement conver­tis et retournés par le pouvoir de leurs formes, jà en nul temps leurs. espèces nous ne pourrions transmuer. Si vous voulez plus grande con­naissance avoir de la propriété des vertus transmuantes, regardez la vertu. animative que Dieu a mise tant aux plantes qu'aux pierres. Toutefois comme ladite vertu était occulte à humain lignage pour ce les trouverez exposées plus à plein les propriétés et les vertus d'icelle es livres des bêtes et des pierres et des plantes par vertu de Philosophie. Toutefois en ce livre vous les exposerai avec toutes ses propriétés en ensuivant la nature de nos pierres avec toutes les vertus transmuantes, laquelle nature jamais ne se peut avoir avec ses propriétés ni voir actuellement ses œuvres si premier n'est tirée du soleil et de la lune par tierce disso­lution.
La première dissolution est faite pour dissoudre la vertu simple dudit soleil et de ladite lune. C'est à savoir l'humidité visqueuse et mer-curieuse en laquelle se continuent les parties terrestres et fixes de l'hu­mide radical sulfurique et pour lier icelle avec l'esprit cru.
La seconde dissolution est faite par large dissolution et réduction. desdites parties radicales fixées, subtiliées et desséchées en poudre subtile en leur propre eau, laquelle premier a été résoute d'iceux et liée avec l'esprit cru. Et en cette eau toutes lesdites parties corporelles se dépor­tent universellement en manière de corps fondu ou liquéfié sans faire aucune résidence. Et ceci ne se peut faire par le mercure cru pour ce qu'il déffaut en vertu et en puissance agent. Cette vertu et puissance agent est la viscosité des corps qui a été résolue dedans le mercure cru qui est dit esprit, et tient le moyen entre le corps et l'esprit. Car le corps et l'esprit tout ensemble s'ajoutent en cette dissolution par raison de la participation et affinité naturelle que le corps et l'esprit ont avec la nature dudit moyen. Et pour ce comme itel moyen tient en lui de la nature du corps et de la nature de l'esprit, ajoutez-les ensemble en forme de solution liquéfactive. Et en cette solution s'engendre l'amour de nature et la similitude de toutes les parties en un symbole naturel par raison du mouvement universel que ledit moyen fait par toutes les par­ties naturelles avec la puissance propinque qu'il tient de par l'âme du corps. Et semblablement la vertu attractive s'en confirme et s'en accroît par toutes les parties du compost. Par itelles vertus acquises l'esprit qui après la vacuité des parties de son corps faite par continuée résolution et division élémentale se retourne en corps par imbibition en manière de rosée faite par voie de réduction. Mieux fait son mouvement dedans le corps et au plus profond, et mieux s'en transmue en enforçant la vertu appétitive de toutes les parties engendrées par amour de similitude de parties en union naturelle et ferme, laquelle vertu tire par raison de son amour le nourrissement ressemblant à elle en vertu et en matière au milieu et au plus profond de la chambre de sa radicalité. Et illec en accomplissement le transmue. Et pour ce tel radical attirant est comparé au cœur et non pas à la bouche, car le cœur radical tire le plus digéré et dépuré. Et la bouche tire la chose indigeste et impure. Et pour ce il est dit au livre de veiller et de dormir. Que le cœur au milieu de sa cham­bre attire le nourrissement. Et illec l'accomplit. Et l'envoie aux membres par chacune veine. Notez donc la vertu et la nature de ce premier moyen qui ainsi par sa vertu active rend la matière toute homogénée en liqué­faction par dissolution. Car en autre manière l'agent naturel ne pourrait transmuer sa matière en la réduction si premièrement ne rend icelle toute homogénée et simple par vertu de son action. Et ceci entendez de l'agent dessusdit qui mêmement inspire à donner et terminer en icelle forme substancielle que naturellement vous demandez, c'est à savoir en forme d'élixir parfait. Et par ceci pouvez connaître par réel entendement que jamais la matière naturelle ne se transmue ni ne se convertit en sa perfection naturelle si ce n'est par l'agent naturel propinque à sa nature. Car la matière en sa transmutation en tout temps reçoit les œuvres en forme en suivant la nature de l'agent duquel elle prend corruption et transmutation. Et pour ce est-il besoin que la matière passive et la forme active soient de tout en tout de la nature du lignage spécifique. Toutefois comme ceci ne puisse entrer en l'entendement des vulgals, pour ce ainsi comme sophistiques en entendement font les œuvres sophisti­ques, si comme font iceux qui en étranges feux œuvrent et en étranges principes actifs remots de toute l'espèce de nature de métal. Et même­ment iceux qui en eaux fortes vitrioliques et saisugineuses dissolvent les corps, et puis en forment pierres terrestres hors de toute proportion, et de toute espèce de toute la nature des métaux. Car ainsi le requiert ledit principe actif qu'ils lui ont mis qui est du tout en tout contre la nature du métal. Car lui étant d'autre forme et d'autre matière et d'autre action inspirant tant seulement à la nature dont il est partie, disproportionne la nature de métal par étrange mixtion en forme terrestre. Et par l'action véhémente de la chaleur adurante crème et arde tout ce que devrait nour­rir l'humide radical, et encore il sépare ledit humide radical de toute la latitude de nature métalline, et la retourne en nature propre dudit agent étant d'autre proportion, comme selon la vérité de nature la pro­priété de chacun agent soit d'accomplir la matière qu'il transmue en la forme et espèce de sa propre nature. Car puisque la matière passive a reçu fermentation et assimilation du dissolvant actif, nécessaire chose est qu'en sa forme se termine selon le droit de toute nature, ne jamais nature souffre le contraire. C'est à savoir que la matière comme elle soit passive puisse transmuer l'actif en sa nature. Ainsi comme la matière active fait la passive tout généralement, pour ce si vous ne connaissez la nature de notre feu œuvrant à l'espèce de pur métal, rien ne vaut du tout. Car icelui comme il soit mis en la latitude de la mesure de la plus noble et souveraine nature de métal. Tant seulement il œuvre étant en la latitude de mesure par proportion spécifique sans passer les termes de sa propre nature. Tout ainsi entendez du froid constrictif qui est conditionnellement en la matière passive. Qui ne soit substantiellement de nulle matière étrange ou remote à la nature de l'actif. Mais lui soit en forme, en vertu et en puissance le plus propinque en nature que vous pourrez. Car jaçoit ce que la matière passive soit vraie et naturelle, si étrange froid y a outre la vraie condition de l'agent par trop grande appo­sition, exprimera tant l'humide radical par induration que toute la cha­leur se suffoquera de l'actif, et perdra du tout son mouvement. Car tout l'humide s'en est allé par la grande constriction du froid auquel humide la chaleur naturelle s'échauffait et de sa substance se nourrissait. Et par ce défaut la pierre de plus ne se peut fondre ni liquéfier sans apposition de chose chaude et humide. Si donc voulez avoir ces deux instruments, querez le feu mâle qui est actif principe sur tous les autres en forme essentielle dedans le ventre du soleil, car illec le trouverez sans nulle faute. Et le froid qui lui est conditionné en nature propinque ainsi com­me féminin est dedans l'humide matériel et nutrimental trait de dedans le ventre de la lune. Et de ces deux argents vifs tant seulement se fait tout ce que vous demandez mais que vous vous avisiez aux vertus qui transmuent et à la multiplication de leurs pouvoirs et de leurs forces, laquelle multiplication se fait par voie de très forte mixtion, et non en autre manière. Et mixtion forte jamais ne se fait si tout ce qu'a été mêlé ne se sublime en vapeurs. Adonc par petites parties et menues est faite la colligation et mixtion sans jamais séparer. Et de telle mixtion insépa­rable vient la vertu qui œuvre et transmue en suivant la raison et la nature de sa mixtion. Quand donc vous voudrez multiplier la vertu qui transmue, icelle multiplierez avec forte mixtion de sublimation.
Pour ce de la seconde dissolution nous passons à la tierce qui se fait par voie de réduction par imbibition d'étroite roration pour multiplier ladite vertu et l'avoir plus forte en forme et espèce d'autre moyen laquelle forme ensuit la raison de sa mixtion et dissolution en vapeur sèche en manière de poudre blanche. Et en ce moyen est la vertu multi­pliée par tierce et étroite mixtion et dissolution. Et est de plus fort transmuement et convertissement en autre forme et formes par raison de l'approximation à fixation. Et si encore plus voulez multiplier les vertus dessusdites, ne vous chaille sinon de recommencer lesdites trois disso­lutions. Et d'autant que icelles recommencerez d'autant les vertus trans­muantes vous multiplierez, laquelle chose est grand secret à Nature. En­tendez toutefois par apposition de nouveaux ferments. Et tout ceci n'est sinon corps subtilié par dissolution, contrition et assation avec les esprits. Par telles subtiliations se fait la conjonction des corps et des esprits sans séparation. Et la subtiliation n'est sinon dissolution en eau et union uni­verselle d'eux et des esprits par laquelle chose il appert que comme la tierce dissolution soit effet des deux autres et acte principal de toute notre maîtrise. Et icelle ne se puisse faire sans la connaissance des choses qui font à la confortation et débilitation desdites vertus desquelles peut venir attrempement et désattrempement selon le plus et le moins de confortation et débilitation. C'est ce que nous ne devons mie ignorer. Comme donc la pierre en sa réduction retourne en plus grande siccité qui est qualité mortificative, faites en telle manière que la chaleur infuse par l'humide igné se refroide par roration d'humide nutrimental. Et après que sa chaleur naturelle par trop grand feu ne se résolve, sinon tant seulement le flegme. En autre manière elle retournera plus froide que devant, et ainsi sera perdurablement morte. Par lent feu, donc liez la substance de l'argent vif avec le soufre, en telle manière que d'icelle qualité terrestre se puisse retourner en nature d'air animé par apposition et réduction d'eau exhubérée et sublimée. Et après en nature de feu par réduction d'huile chaude et moite. Par feu lent, faites ceci jusques à tant qu'elle se fixe petit à petit par succession d'œuvres limitées, et de cha­leur fortifiée à l'exigence de son essence. Et tant que se débilite par assa­tion mesurée, autant illec devez conforter par imbibition proportionnée mêmement en plus grande viande si métier est au regard de la quantité de la chaleur convenante. Ne buvez si vous ne mangez, ni ne mangez si vous ne buvez. Autant de fois que vous l'abreuverez, autant de fois la dessécherez. Toute l'intention de cette maîtrise n'est autre chose sinon en ces deux termes quand est à la manière d'ouvrer. Toutefois que vous ayez premièrement les eaux et les huiles bien attrempées et rectifiées. Car de la leur propre substance se fait la nôtre pierre. C'est à savoir des terres d'iceux sublimées et retenues par vertus des moyens successifs par engin de réduction et mixtion, solution et putréfaction. Et nous faisons putréfactions avec propre chaleur due qui corrompt premièrement l'humide animé par mixtion, et après le termine en la forme et en la nature de laquelle chaleur est par caléf action. Et ceci se fait par raison de l'évaporation retenue en sa mixtion par raison de la vertu basse fixe liée avec la haute volatile. Gardez donc que telle vapeur ne s'en vole de sa comixtion par étrange chaleur jusqu’à tant qu'elle soit liée avec la fixe, car tôt se perdrait. Pour ce disent les anciens Philosophes que tout temps putréfaction est quand le terminant vainc l'humide terminé par sa chaude sécheur. Car en sec est la vertu rétentive et en chaud la vertu qui termine son humide. Et ainsi en la chose mêlée tout temps le sec termine l'humide volatil en retenant sa vapeur encontre la chaleur par colligence de fixion et volatilité.

Maintenant je dirai comme la terre est sublimée et blanchie.

Et pour ce que par plusieurs réitérations d'imbibitions avec forte broyure et fréquente assation la plus grande partie de la quantité de mercure est dégâtée. Il faut encore que le rémanent qu'elle tient de flegme par réitération de sublimation soit semblablement ôté. Et pour ce quand la terre aura bu la cinquantième partie d'elle, vous devez savoir que quand la terre aura bu la cinquantième partie et sera venue au terme de parfaite blancheur vous la devez laisser refroidir et l'ôter du vaisseau, et la mettre en une cucurbite de terre bien forte et bien verrée qui ait la gueule plus large que le fond. Et son alambic soit de verre tout propre, ainsi comme il vous sera démontré par figure à la fin du livre et en ce vaisseau tantôt sera sublimée avec le plus fort feu que vous pourrez. Et ici devez noter et savoir pourquoi le Philosophe dit tantôt : La raison est telle, si vous sublimiez votre terre à feu attrempé l'humide se sublime­rait et le sec demeurerait au fond. Et pour ce vous commande le Philo­sophe que tantôt vous fassiez le plus fort feu que vous pourrez, afin que la matière fonde à coup, et que le sec retienne le moite, et le moite défende le sec, jusqu’à tant qu'elle monte en manière de poudre très blanche. Et quand vous verrez votre terre très blanche comme neige et se tenir com­me poudre morte aux spondilles de l'aludel, adonc vous l'ôterez du vais­seau. Et derechef la sublimerez sans ses fèces. Car si vous la sublimiez avec ses fèces, jamais ne les pourriez départir. La poudre que vous trouverez sublimée sur les fèces est cendre de cendre ou cendre tirée de la cendre sublimée et honorée. Et ce qui demeure au fond c'est la cendre de quoi le dessous est vitupéré et damné. Et n'est que lie et écorce et noirceur obscure de laquelle nous n'avons point de métier. Faites donc séparation entre le clair et l'ord. Car quand elle montera comme très blanche neige adonc est la chose accomplie. Vous devez savoir que quand il dit que vous la preniez sagement, qu'il ne s'enfuie en fumée, c'est-à-dire que quand il est sublimé que le plus tôt que vous pourrez que vous mêliez la partie dudit soufre duquel vous voulez faire élixir au blanc avec son eau et son ferment ainsi comme il est dit en la fixation et élixir de com­position. Car si vous le laissez envieillir il se pourrait bien perdre et gâter. Et de l'autre partie vous devez faire votre soufre rouge au rouge ainsi comme il est dit au chapitre ensuivant de la composition du soufre rouge. Or le cueillez donc sagement qu'il ne s'enfuie en fumée. Car c'est le bien que nous querrons, la terre blanche en feuilles qui coagule, et la présure, cendre de cendre, arsenic, et soufre blanc lequel selon Aristote est la chose très bonne que les Athéniens doivent prendre afin que d'icelle fassent argent. Or œuvrez donc de lui à la lune. Car il est accompli et en cette manière se parfait le soufre blanc non ardent. Vous devez savoir que si vous apercevez que lesdites fèces tinssent aucune chose de l'hono­rable nature moyenne, vous les devez derechef abreuver de votre eau blanche exhubérée et gardée en abreuvant et calcinant ainsi comme il est dit dessus. Et puis en sublimant à plus fort feu que vous pourrez jusqu’à tant que ce qui est l'honorable nature monte comme neige très blanche et quand vous n'y trouverez plus rien jetez-les hors car ils ne valent rien.

De la composition du soufre rouge à l'or.

Si donc vous voulez avoir soufre à or, dissolvez votre soufre blanc dessus cueilli en l'eau rouge par contrition et imbibition et légère décoc­tion.
Lui dissolu vous le coagulerez en pierre par manière de réduction. Lui coagulé derechef le dissolvez en l'eau rouge. Et derechef le congelez. Tiercement en cette même eau le dissolvez. Et puis sublimerez tout par très lent feu. Maintenant l'ouvrage de l'artifice se dore, et digère. Car ce qui monte en haut en semblance de poudre est soufre blanc. Et ce qui demeure au fond dessous est soufre rouge teint comme écarlate, et clair afin que de lui les alchimistes fassent or. Sachez que ce soufre-ci convertit l'argent vif par artifice en vrai or. Par les choses dessusdites il appert manifestement que les Philosophes ont dit vrai laquelle chose les fols cuident que ce soit chose impossible. C'est à savoir qu'il n'est qu'une pierre, une médecine, une nature mercurieuse, car tout naît de lui, une disposition et un ouvrage et un vaisseau pour faire ensemble soufre blanc et rouge. Et pour ce que quand vous verrez ladite blancheur au vaisseau apparoir, vous devez croire qu'en icelle blancheur est la rougeur mussée. Ne il ne vous faut pas ladite blancheur mettre à part, mais toujours cuire jusqu’à tant que tout soit rouge, comme par exemple quand je me lève au matin et je vois que mon urine est blanche et indigeste tantôt je connais que j'ai peu dormi. Et me recouche à mon lit. Et quand j'ai assez dormi mon urine devient jaune, laquelle jauneur n'est autre choses si ce n'est digestion accomplie. Ces choses dessus-dites est la vraie composition du soufre blanc et rouge non ardent pour laquelle chose par le quart régime est accompli l'élixir parfait à parfaire tout métal impar­fait en vrai soleil et en vraie lune. Et par ceci appert manifestement que sans ce soufre-ci ne se peut accomplir ou composer élixir parfait. Pour ce que de sa nature il a propriété de congeler le mercure et fixer et dessé­cher par raison de sa sécheresse. Là où je vous ai dit dessus qu'il faut cuire jusqu’à tant que ce soit tout rouge, c'est à savoir par décoction légère jusqu’à tant que tout soit soufre rouge fixe duquel le signe sera quand de lui ne pourra rien sublimer adonc certainement sera la décoction accomplie.

Le quatrième régime qui est de fixer le soufre sur le corps fixe.

Le quart régime est de fixer le soufre blanc et rouge sur le corps fixe afin que le soufre blanc soit fixé sur argent et le soufre rouge sur or. Car selon Pithagoras, si argent vif de corps tiré n'est coagulé en soufre blanc souffrant le feu, il ne peut adresser sa voie à parfaite rougeur. Pour ce donc ne travaillez point votre corps en choses esquelles vous ne pou­vez advenir car vous cherriez en double erreur. Œuvrez donc sagement et non mie à l'aventure. Car sans ferment vous n'aurez point ni soleil ni lune, mais autre chose qui n'est mie en cure de nature si vous ne préparez votre soufre avec corps duquel vous l'avez préparé au commencement. Cher ami quand je vous dis que le soufre blanc se doit fixer sur argent et le rouge sur or n'entendez mie que ce soit or et argent ainsi comme l'on les vend. Mais en faisant votre ouvrage vous devez avoir gardé des terres d'or et d'argent subtiliées et calcinées sur lesquelles terres vous devez fixer votre soufre blanc au blanc et rouge au rouge. Conjoignez donc le soufre avec le corps fixe afin qu'il engendre son semblable, et soit fait élixir à tout ce que vous conjoindrez. Car quand il sera conjoint avec le corps il ne cessera point d’œuvrer jusqu’à tant qu'il ait tout converti. Et pour ce quand vous voudrez fermenter, mêlez le soufre avec le corps afin que tout soit fait ferment. Car le ferment ramène notre soufre à sa nature, et couleur et saveur en toute manière. Et pour le fer­ment blanc sera au blanc, et le rouge au rouge, comme il appert. Car si vous aviez mis le ferment d'argent avec le soufre d'or il le ramènera en sa nature. Mais non mie en sa couleur, et au contraire. Ne mêlez pas donc le ferment d'un soufre avec l'autre soufre, car le ferment d'or c'est or, et le ferment d'argent est argent. Et n'y a d'autre ferment sur terre. Car la chose ne peut fixer qui ne se peut fixer ni oncques ne fût fixe. Et pour ce en toute fermentation vous devez noter le poids de chacun afin que la somme du soufre volatil ne surmonte la somme du corps fixe. Autrement le lien de mariage se tournerait à s'enfuir avec l'esprit non fixe. Et pour ce, dit Platon, si un peu de ce soufre est jeté sur moult de corps, entendez que les trois parties soient du corps et une de soufre, en telle manière qu'il y ait sur lui puissance et il le convertira tantôt en poudre laquelle aura la couleur comme la couleur du corps sur lequel l'esprit est jeté. Et pour ce que les soufres ne peuvent entrer aux corps si ce n'est par le moyen de l'eau. Comme elle fasse le mariage entre le soufre et le ferment en toute épousaille. Premièrement vous mettrez com­me dit Avicenne la terre, car elle est de côté le ferment. Secondement vous mettrez l'eau, car elle est de côté la terre. Tiercement vous mettrez l'air, car il est de côté l'eau. Quartement vous mettrez le feu, car il est de côté l'air, toutefois ne mettez point de feu en élixir au blanc, car il s'accomplit de trois éléments esquels n'a point de feu. Mais le rouge de tous les quatre s'accomplit. Œuvrez et clouez, dissolvez et noyez, lavez et desséchez. Car l'eau est moyen de conjoindre les teintures des autres. C'est à savoir de l'huile et du feu. Et je vous dirai un mot de Philosophie. Si premièrement vous mettiez l'huile et puis la terre, l'huile serait morti­fiée en la terre. Car l'eau n'y pourrait entrer. Et si vous mettez l'eau et puis l'huile, l'huile se tiendra sur l'eau. Et si vous mettez l'eau et puis la terre, l'eau sera plus pesante que la terre. Fixez donc l'eau avec la terre afin qu'elle se conjoigne à elle. Car si un des quatre avez tué, tous les autres sont morts. Si l'un a plus d'âme que l'autre, il ne vaut rien. Appro­priez donc le ferment qui est âme devant la fermentation afin qu'il soit poudre calcinée dissolue et endurcie. Si donc tu n'appropries bien ton ferment, la maîtrise ne vaut rien. Et notez que cela pareillement n'est autre chose que subtiliation du ferment par dissolution en l'eau de la pierre.

De la réduction de l'eau sur l'élixir au blanc.

Et pour ce, donc vous abreuverez trois parties de lune pure, c'est à savoir subtiliée et calcinée comme est dit dessus. Et c'est le ferment avec le double de son mercure très net, blanc et rectifié. En broyant tout ensemble bien fort en un mortier de porphyre jusqu’à tant que le mer­cure ait bu le ferment et soit fait comme beurre en telle manière que l'on ne puisse rien sentir dudit ferment. Puis après vous lui ajouterez du dessus-dit soufre blanc sublimé et congelé une partie. Ce soufre est la chose qui dessèche le mercure en la terre et le fixe par le moyen de l'eau. Car elle fait le mariage entre le corps et le soufre et le ferment. Et puis on lui donne l'huile. Et adonc on lui donne fusion métallique et fluante. Et ainsi appert que l'huile fait fluer, et la terre fait dessécher et fixer. Item quand la matière est sublimée après l'incération de son eau, adonc le soufre par le moyen de l'eau entre au mercure. Et en entrant le trans­perce et le coagule et dessèche, et adonc quand les parties du mercure aucunement s'épaississent par feu, jamais ne se peuvent plus élever. En retournant au propos, quand vous aurez ajouté une partie de votre soufre blanc sublimé et congelé en broyant tout ensemble jusque’à tant qu'ils soient comme un corps. Et puis l'incererez avec une partie de son eau blanche. Et le mettez sublimer en enforçant dessous le feu petit à petit jusqu’à tant que de lui soit sublimé tout ce qu'il y a de volatil. Et puis le laissez refroidir, et le tirez hors. Et ce qui sera élevé aux côtés du vaisseau avec une partie de son eau remettez sur ses fèces, en abreuvant et desséchant jusqu’à tant qu'il soit comme pâte. Et le remettez subli­mer, et ainsi continuement recommencerez la contrition, imbibition, assation et sublimation en enforçant toujours le feu jusqu’à tant que le double de son eau soit fixé avec la terre et que rien de lui ne puisse nullement sublimer. Et réduisez toujours ce qui monte au-dessus sur ce qui au-dessous demeure fixe jusqu’à tant que tout soit au-dessous fixe. Car le soufre fixe, c'est-à-dire la terre, comme il soit coagulant et coagulée, c'est-à-dire desséchée. Naturellement coagule son mercure. Et ceci se fait par fréquentes réitérations de sublimations sur son mercure. Car nul sou­fre plus promptement congèle le vif argent a profit enquel en sa substance ledit argent vif est converti tant par nature que par l'engin de l'art. Com­me vous avez par exemple de la terre et de l'eau. Car quand l'eau se mêle avec la terre, la terre la boit par sa sécheresse, et l'épaissit, et la fait semblable à elle par sa grossesse. Car toute chose sèche naturelle­ment désire humidité. Et pour ce il faut qu'elle soit de sa nature, autre­ment avec elle jamais ne s'incorporerait ni ne se continuerait avec les parties du sec afin que avec les parties du sec soit continué. Et pour ce il faut que l'expérimenteur de cette science pleinement connaisse les forces de nature et fermement à icelle s'adjoigne, c'est à savoir Appetitive par laquelle la substance de la pierre attire à elle du mercure tant comme elle a besoin. Et c'est par la vertu élémentative que désire remplir ce qui est vide. Et pour ce elle est nommée appétitive ou attractive. Rétentive par laquelle elle retient par raison et puissance élémentaire en désirant remplir ce qui est vide. Digestive est celle qui transmue la chose retenue d'une disposition en une autre comme de coaguler l'argent vif en subs­tance de soufre. Et puis ce soufre autre argent vif. Et cette vertu lui vient du feu musse et infixé en la substance de l'argent vif. Et c'est le feu de nature musse et révélé aux enfants de vérité avec lequel ils peu­vent faire en un jour ce qui se fait par la chaleur du soleil en mille ans. Car ainsi comme la présure de l'agnel par sa propriété coagule le lait en fromage, ainsi ce feu-ci par sa nature mussée coagule le mercure. Mais ce ne le peut faire si ce n'est pas notre magistère. Expulsive est une vertu par laquelle nature déboute ce qui n'est mie de sa nature. Car elles sont contraires. Car nature est suffisante à toi et à elle en toutes choses de quoi elle a besoin en sa perfection. Comme elle soit sage et soucieuse en l'incarnation de son corps, c'est-à-dire en continuation du sec avec le moite, laquelle sollicitation n'a point de fin. Suffise vous donc de disposer légèrement par dehors, car suffisamment elle œuvre par dedans à sa per­fection. Les mouvements d'elle sont à elle adhérents par une voie et par un ordre. Et par une manière meilleure et plus certaine que nul ne pour­rait penser. Lesdits mouvements sont moult continus et uniformes, par lesquels le sec est incéré avec l'humide. Et l'humide est continué par le sec. Et pour ce au magistère des Philosophes doit être préparation. Et en patience longue opération sans point se hâter. Et nature ne pourra transpasser ses mouvements si elle n'est empêchée par aucun contraire. Car elle a certain temps à concevoir et enfanter, à nourrir, à œuvrer. Et pour ce quand la terre aura conçu elle attend l'enfantement. Et quand elle aura eu enfant nourrissez-le jusqu’à tant qu'il puisse souffrir tout feu. Et adonc vous pourrez faire de lui projection.

De la réduction de l'air sur l'élixir blanc.

Et pour ce donc quand l'eau sera avec la terre. Et fixée en la terre, broyez-la. Et l'abreuvez en manière de rosée avec une partie de son air. Et la mettez sublimer en faisant dessous feu premièrement lent et puis plus fort jusqu’à tant que par continuée réitération de sublimation et continué mouvement tout soit fixé au fond. C'est à savoir un poids et demi de son air, adonc par un jour et une nuit vous ferez dessous fort feu. Le second avec la nuit plus fort, et le tiers jour avec la nuit vous ferez feu très fort comme hors de fonture. Ainsi l'air se fixe avec l'eau en la terre, car la nature aéreuse se réjouit de la nature aquatique. Et au contraire la nature de la terre contient la nature aéreuse. Et la nature aéreuse enseigne la nature aquatique à combattre contre le feu. Car quand l'air encontre fuient, c'est-à-dire l'eau lors la fine est partie. Car l'oiseau qui a plumes c'est-à-dire l'eau ou l'esprit est retenu de celui qui n'a nulles plumes, c'est-à-dire la nature aéreuse au-dessous de la terre.

De l'incération de l'élixir blanc au blanc.

Prenez donc de la mine cristalline que vous trouverez au fond une once et Pincerez par l'incération dernière en dégouttant dessus goutte à goutte en un tendre creuset sur feu lent, de son air blanc dessus-dit jusqu’à tant qu'il fonde comme cire sans fumer. Adonc l'éprouvez sur la lamine ignitée. Si se fond hâtivement comme cire, adonc elle est incérée. Et si elle ne le fait réduisez-la à cération goutte à goutte de son huile blanche jusqu’à tant qu'elle fonde comme cire sans fumer et ceci est le commandement de tous les Philosophes que quand par sublimation vous aurez fixé la très nette partie de la terre, que vous recommencerez la sublimation du rémanent des parties non fixes sur elle, c'est à savoir de l'eau et de l'huile jusqu’à tant que icelle semblablement se fixe. Et puis essayez sur le feu si elle aura bonne fusion, adonc suffisamment a sur elle recommencé la sublimation. Sinon recommencez sur elle fois après autres la sublimation de la partie non fixe, jusqu’à tant qu'elle fonde comme cire sans fumée. Adonc l'ôtez du feu et la laissez refroidir, car c'est élixir accompli, et de prix inappréciable lequel convertit tout Corps imparfait en lune infinie. Jetez donc de lui un poids sur cent par­ties de mercure lavé et ce sera lune pure meilleure que de minière et aussi si vous faites projection. Un poids sur cent de corps imparfait il les trans­formera en très vraie lune. Les manières de la composition de ce très vrai élixir je vous ai baillé par complet sermon auquel élixir sans doute vous pouvez venir. Or vous excitez donc par grande sollicitation à la manière desdits régimes. Et d'iceux sans faute trouverez la vérité laquelle n'est pas faite par elle ni comme aucuns croient par miracle, mais par art se parfait, et par opération. Œuvrez donc duquel vous voudrez. Car outre ce conseil je ne vous saurais meilleur conseil donner.

De la manière de composer l'élixir au rouge.

Par telle manière semblable se fait l'élixir au rouge, c'est-à-dire au soleil, si pour chacune chose blanche vous mettez chose rouge et au lieu du ferment de la lune vous mettez ferment du soleil. Et l'eau du mercure soit rubéfiée avec le feu de la pierre, car en tout ouvrage rouge rien n'y entre si n'est rouge. Comme en tout ouvrage blanc rien n'y entre s'il n'est blanc. La préparation de la médecine du soleil non ardent se fait par l'ajoutement du soufre rouge par manière de fixation et calcination avec trois parties de son ferment préparé avec industrie administrée par­faitement par manière de maintes solutions et sublimations, et par main­tes réitérations jusqu’à tant que le non-fixe avec le fixe soit fixé au-dessous. Car la manière de cette fixation et solution est par réitérations de sublimations du demeurant de la pierre non fixe avec le fixe en con-joignant ingénieusement par petites parties jusqu’à tant que le fixe s'élève avec la partie non fixe, et derechef soit fixé afin qu'il se tienne fixe. Et par ceci appert que l'eau fait le corps volatil et puis fixe. Et quand trois parties de son eau rouge seront avec lui par cette manière fixées, adonc soit abreuvé avec son huile rouge par imbibition en manière de rosée et sublimée (tant) de fois après autres avec lui jusqu’à tant que tout soit fixé au-dessous. C'est à savoir trois parties comme il est dit de l'eau. Adonc le mettez par un jour et nuit en fort feu ainsi comme il est dit au blanc afin que mieux se dépure et se fixe avec lui. Puis en prenez et l'incérez en un creuset sur le feu avec son huile rouge en dégouttant goutte à goutte jusqu’à tant qu'il fonde comme cire sans fumée. Et soit faite toute une chose. C'est à savoir l'huile avec lui, c'est à savoir avec l'élixir. Etant et pénétrant et profondément teignant et per­manent. Jetez donc un poids de lui sur mille parties de lune ou de mer­cure lavé. Et ce sera soleil très vrai en toute examination moult meilleur que celui qui vient des minières.
Car l'or et l'argent faits par le dessus-dit élixir passe l'or et l'argent de ladite minière en toutes ses propriétés. Et pour ce disent les Philo­sophes que leur or et leur argent ne sont pas or et argent vulgals, car il leur est ajouté une grande adjonction de teinture. Et persévérance au feu par les propriétés de plusieurs opérations et d'utilité à débouter de toutes maladies.

De la multiplication des médecines et comment se fait multiplication.

Si lesdites médecines quand elles ont été fixées et déterminées avec leurs huiles jusqu’à tant qu'elles fondent comme cire vous dissolvez en mercure blanc ou rouge jusqu’à tant qu'elles soient faites eau claire. Et puis en légère décoction les congèlerez, et avec leurs huiles les incérez sur le feu jusqu’à tant qu'elles fondent légèrement. La vertu d'icelles sera multipliée en la projection. Et si icelle une fois du moins quand elles sont dissolues vous distillez en cent doubles multiplierez et aug­menterez leurs vertus. La manière de la multiplication desdites méde­cines est que vous dissolviez une chacune espèce d'icelles singulière­ment en son eau par inhumation. Inhumation est en son eau et sans elle non. Puis séparez les éléments par distillation. Premièrement en recevant l'eau par distillation, puis l'huile et la terre demeureront au fond.
Retournez l'eau par sublimations sur la terre jusqu’à tant qu'elle la boive toute. Et qu'elle soit fixée avec elle. Puis l'abreuvez de son huile et de sa teinture jusqu’à tant qu'elle soit fixée avec elle et fonde comme cire. Jetez donc de cette médecine un poids sur quel­que corps que vous voudrez. Car en cent doubles se multipliera la teinture. Et si une partie d'icelle premièrement convertissait de quel­que corps que ce soit cent parties, secondement convertira mille, tierce-ment dix mille, quartement mille milliers, quintement milliers infinis en vrai soleil et en vraie lune. Et pour ce il est à noter que tant plus la médecine est dissoute, sublimée et coagulée, tant mieux et plus abondamment œuvre. Car en chacune dissolution elle acquiert dix poids en sa projection. Ne veuillez pas donc être ennuyé en la réitération des solutions, sublimations et coagulations, car en elle la médecine est mieux digérée, unie et fixée, et plus parfaitement œuvre. Par ceci appert que la réduction en dite solution et sublimation est la subtiliation du premier degré. Et pour ce sublimation et solution se doivent entendre par réduction.

Comment vous devez entendre sublimation et dissolution.

Toutefois ne croyez pas que je die ici solution afin que l'élixir de tous points soit ramené en eau si comme au commencement.
Mais que vous le subtiliez tant que vous pourrez, et divisiez ses parties en fixion conjointe c'est à savoir par réduction du moite en sec, et son sec soit réduit au moite, et le gros en simple. Pour ce que donc la vertu fixative par la mixtion du subtil des éléments est engen­drée. Et par la mixtion des subtiles parties du corps et de l'esprit et la conjonction d'icelles vertus se fait par dissolution. Et par subli­mation se fixe, et pour subtilier fut trouvé l'ouvrage de solution et non pour autre chose qui se fait par réduction, pour laquelle chose la conjonction des corps avec les esprits est faite avec dissolution c'est à savoir du sec au moite. Et non mie avec sublimations. Et cette conjonction devez entendre de la réduction. Car les corps n'ont besoin si ce n'est de la subtiliation qui se fait par réduction afin que mieux se conjoignent avec les esprits c'est à savoir avec ses eaux propres. Et leur subtiliation est en eau de dissolution, mais cette dissolution se fait avec la congélation de l'esprit. Car la dissolution tire la pierre de puissance à effet. Pour ce qu'elle la fait du tout être subtile. Car quand les corps se subtilient les esprits avec eux de tout point ou universellement se mettent en union. Et jamais par nul engin d'ensemble ne se peuvent séparer si comme il appert en la réduction et sublimation. Car non mie tant seulement l'esprit par soi se sublime, mais aussi le corps unit et conjoint avec l'esprit. Et l'esprit lié avec le corps par subtil engin pareillement et uniformément se sublime comme tout homogène. Et aussi le corps est fait de subtile nature comme l'esprit. Car la confirmation des esprits avec les corps est faite quand les corps se font subtils afin qu'ils puissent retenir les esprits. Et pour ce, qui pourra les corps préparer avec la première subtilité il aura la fin qu'il désire. Car en la conjonction des esprits avec les corps doit être toute l'intention de l'œuvrant. Et la conjonction d'iceux avec les corps se fait quand les corps se subtilient en manière d'esprits. Et les corps sont faits subtils comme les esprits par disso­lution contrition et assation des corps avec les esprits. Entendez donc ce que j'ai dit, car tout est profitable, et n'y a rien de superflu en tous mes dits. Si tu ne l'entends recommence ta leçon ou leçons afin que tu entendes tout. Et ramène chacun chapitre es chapitres. Et chacun chapitre vous soit une leçon. Et mêlez l'un avec l'autre. Car l'intention de l'un œuvre l'intention de l'autre afin que l'un fasse entendre l'autre par souvent étudier. Car la plante qui est souvent labourée ne peut être de fruit privée. Car voyez donc et entendez, et selon cela œuvrez. Car ce que nous avons dit vient en ligne de vérité, mais que vous ne soyez repris d'aucune chose avoir failli, car si tu n'es déçu par ton ignorance ton labeur ne sera jà privé de fruit. Et pour ce si les choses vraiment écrites n'avez entendu, ne m'en reprenez mie. Mais bien votre ignorance qui est ennemie de science. Car vous êtes infortuné par défaut de sens. Comme celui à qui Dieu ne rétribue oncques aucun bien, ni aussi ne lui veut ouvrir la mémoire afin qu'il n'entende nos dits, ni par conséquent qu'il ait aucune théorique. Car par vrai enten­dement est acquise théorique, sans laquelle nullement l'on ne peut avoir pratique. Et pour ce nul ne peut de léger en pratique se reposer duquel la pensée est à théorique renoncer. Les extrêmes de cette théo­rique au premier côté est assidûment étudier selon les dits des Philo­sophes et les entendre. En second pratique par laquelle il peut faire tous expériments qu'il voudra. Et chacun en ramener de puissance à effet. Le moyen donc à entrer en cette science est véritable théorique sans laquelle rien ne peut passer d'ignorance à science, c'est à savoir à pratique. Théorique donc est une disposition moyenne par laquelle l'on passe d'un contraire à l'autre. Et ainsi l'on peut dire que l'on acquiert droite science.

La manière de faire la projection de l'élixir et est multiplication en quantité.

C'est chose grave que de fondre mille milliers de parties ensem­ble. Et pour ce quand vous ferez la projection vous la ferez de cette manière. Prenez cent parties de mercure lavé et le mettez en creuset sur le feu. Et quand il commencera à bouillir mettez une partie de votre élixir appareillé comme dessus est dit sur lesdites cent parties de mercure lavé. C'est à savoir du mercure du corps tiré, lavé et rectifié et gardé. Et tout se fera médecine, sur autre mercure lavé. Puis jetez une partie de cette médecine congelée sur cent parties de mercure lavé, c'est à savoir du corps tiré comme dessus en un creuset bouillant sur le feu. Et encore tout sera médecine. Puis jetez une partie de cette médecine dernièrement congelée sur cent parties de mercure lavé. Et il sera tout or ou argent très bon à toute épreuve, selon que le premier élixir sera rouge ou blanc. Maintenant vous avez multiplié votre médecine première en quantité ou en tout ou en partie. Car d'une once vous en avez deux cents onces, mais non pas en semblable vertu comme était la première médecine. Si vous ne la multipliez par dissolution et congélation, car en la manière que nous avons dite elle pourrait multiplier en vertu infinie, et après en quantité. Et c'est la pratique du Rosier des Philosophes. Extraite en bref de leurs livres, laquelle n'a point de superfluité. Ne rien d'icelle ôter à parfaire les corps imparfaits en infini soleil et lune, selon que l'élixir a été préparé et subtilié. Et aussi il a vertu efficace sur toutes autres médecines des médecines et guérit toutes infirmités tant en chaudes qu'en froides maladies. Pour ce qu'il est d'occulte et subtile nature, il conserve la santé et enforce la vertu. Du vieil il fait jeune et reboute du corps toute maladie, et ôte le venin du cœur, et ramollit les artères, et dissout les choses contenues au poumon, et le navré guérit et console. Il mondifie le sang et purge ce qui est contraire es spiritualités. Et quand ils sont nets il les conserve. Et si la maladie est d'un mois il la guérit en un jour, et celle d'un an il la guérit en douze jours. Et si elle est très ancienne et de long temps il la guérit en un mois. Et pour ce n'est mie sans cause si cette médecine est requise sur toutes autres médecines, car, qui l'a, il a le trésor incomparable. Cher ami vous avez d-dessus par pratique comme la projection se fait un poids sur cent de mercure de corps rectifié. Et tout se fait médecine. Et qu'un poids desdits cent encore sur autres cent parties du pareil mercure est toute méde­cine. Et puis un poids de la dessus-dite médecine ainsi multipliée s'il chert sur cent parties de mercure lavé il multipliera toujours. Vous devez savoir qu'est ce mercure lavé sur lequel l'on fait projection pour le convertir en or ou en argent.
Sachez que quand vous aurez multiplié votre médecine en vertu et en quantité et d'icelle vous voulez faire projection sur mercure vous le devez préparer et laver en cette guise. C'est à savoir en la manière qu'il a été dit au commencement de la pratique jusqu’à la seconde laveure jusqu’à tant qu'il soit purifié et lavé de toute sa terre scorieuse et noire. Car il est transmué de froid en chaleur et plus approche à nature de métal que n'est le mercure cru. Et de ce mercure si vous en pouvez faire grande foison en plusieurs fioles tout en une fois en un fourneau à bain en la manière qui est dite en la première laveure au commencement de la pratique.

De la récapitulation de toute la maîtrise.

Pour ce donc que de tous les régimes avons traité avec toutes les causes suffisantes. Reste en bref récapituler toute la maîtrise afin de la retenir en mémoire. Je dis donc que toute l'intention de tout le souverain ouvrage n'est autre chose que de prendre la pierre connue par les chapitres dessus-dits. Et continuer sur ladite pierre l'ouvrage de sublimation du premier degré afin qu'elle soit mondifiée et nettoyée de toute ordure. Et puis après avec ce qui est dissolu soit subtiliée la terre blanche ou rouge jusqu’à tant que matière vienne à la dernière subtilité. Et au dernier soit faite volatile. Puis après soit fixée avec les manières de fixer jusqu’à tant qu'elle demeure en l'âpreté du feu. Et puis après la pierre fixe avec la partie non fixe gardée par manière de sublimation et de solution soit faite volatile. Et puis fixe. Et derechef le fixe soit fait volatil. Et aussi derechef le volatil fixe jusqu’à tant qu'il fonde comme cire. Et puis altérer en infini soleil et lune. Et en ceci est accompli le secret très précieux qui est en ce monde ici le plus grand secret. Et le trésor de tous les Philosophes.

Ce présent livre est et appartient à Nicolas Flamel
de la paroisse Saint-Jacques-de-la-Boucherie lequel
il a écrit et relié de sa propre main.

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